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PENDANT LA SECONDE PERIOOE DU REGNE DE LOUIS XV

En lTli't, Mm" de Pompadour ctaiL morte. Si la creation do Sevres if avail ele, corame on l'a si souvenl 6crit, qu'un caprice de la favorite, la Manufacture, apres si morl, eut sinon disparu, loul au moins elle cut soulferl el langui. Mais l'etablissenien! artistique reposait sur des bases plus s6rieuses; il re-pondait au developpemenl de l'arl et de l'industrie de la nalion. Sa prusperile ne re^ut aucnne alteinle de la disparilion de Mmc de Pompadour. Le roi con- • linua a Sevres sa haule protection personnelle, s'inleressa passionnemcnt a ses travaux, se preoccupantde sesbesoinsel surveillant ses progres, avec une bienveillance pcrsistanle. Tous les ans, au mois de decembre, on exposait, dans une des salles du palais de Versailles, les produits nouvellemenl sortis des ateliers. Les Memoires du temps fonl frecpuemment mention de ces expositions fort suivies par la Cour et par la Ville. Une lettre en date du 2 Janvier 1774, publiee dans I'Espion Anglais, nous montre le roi presidant lui-meme a l'organisalion de l'exposilion. « Au jour de fan, y est-il dit, on apporte dans la galerie de Versailles les porcelaines de Seve les plus belles, et S. M. en fait la distribution auv Seigneurs pour leur argent. Elle fixe le prix elle-

meme, qui n'est pas a bon marche. » Les nouvellistes et chroniqueurs du temps consignent, en outre, un certain nombrc d'anecdotes curieuses relatives a ces expositions. II en est qui sont fort instructives, et nous apprennent que les plus limits personnages de ce temps ne se faisaienl pas toujours remarquer parleur deliealesse et par leur discretion. Un jour, Louis XV apercut le comic de... qui, prenant une jolie tasse, la mettait leslement dans sa poche. Le lendemain, le comte voyail arriver chez lui un employe" de Sevres qui lui presentait, avee la facture, la soucoupe qu'il avait oubliee. Lne autre fois e'est un abb6 qui rccule devant une acquisition, dont le pri\ lui parait trop eleve pour sa bourse : et le roi, qui s'apereoit de son hesitation, le decide, en lui promettanl un benefice, etc.

Mais ce qui contribua surtout a donner de l'inleret a ces expositions, e'est que la Manufacture traversait alors une de ses phases les plus brillantes. Sevres, en effet, produisit, a celte epoque, des pieces tres importantes, des services considerables. Lorsque le roi de Danemark vint, a la fin de l'annee 1768, visiter I'etablissement, Louis XV lui fit prdsent d'un grand service de table, fond lapis cailloutc, de 180 pieces, que Bachaumont n'eslime pas moins de 100,000 ecus. Ce service fut complete l'annee suivante par la remise de 197 pieces secondares, dont la fabrication figure, surles registres de la Manufacture pour la somme de 32,918 livres'.

Pendant cette meme periode, la Manufacture execute les celebres vasi's dits de Fontenoy*, qui constituent un des types les plus precieux de sa fabrication, par leur forme et par leur decoration.

Comnie piece historique, il faut signaler encore le service a the de Cresset, dit « edition de porcelaine de Vert Vert», que possede actuellemenl le nmsee d'Amiens. Vers 1770, le president de Rosset s'etait mis en tele de composer un poeme sur l'agriculture. II desirait que cette ceuvrc, iharg.ee d'immortaliser son nom, fut imprimee avec le luxe des plus beaux livres. II l'adressa a son ami Bertin, alors ministre, pour que ce travail fut confie a l'imprimerie royale. Bertin lut le poeme et le trouwi faible, incorrect, peu digne d'etre publie. Cependant, n'ayant pas le courage de resister au desir du president, il cut 1'idee de faire revoir et corriger le poeme par un bon poete. II demanda ce sen ire a

Ce service r»t expose acluellement dans la ehambre dile de porcelaine, an musee historique de Rosenborg, a Copenhague.

= Vendus en 1881, a la vente Double, 170,000 francs. Cot amateur les avait paves 30.000 francs. Nous reproduisons plus haut un de ces beaux vases.

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