LA MANUFACTURE SOUS LA REVOLUTION
Les evenements qui precederent la Revolution n'avaient pas ete sans troubler profondement Industrie ct le commerce de luxe. La Cour et la Ville etaient exelusivement preoccupees d'inlrigues politiques. Le Tr6sor se trouvait a sec et en cl6pit des emprunls de M. de Calonne, absorbes en grande partic par les financiers et par les courtisans, il n'y avait pour ainsi dire plus d'argent pour subvenir aux services publics. La noblesse etait endettee, et la riche bourgeoisie serrait ses ecus, en prevision d'tm avenir, qui s'annoncait sous les couleurs les plus sombres. Des etablissements comme Sevres et les Gobelins devaient fatalement souffrir les premiers et le plus cruellement, d'un 6tat aussi critique. En 1789, Hetllinger ecrivait a son neveu Ott : « Notre manufacture se trouve en grand embarras pour continuerla fabrication. Nous ne manquons pas deprecieusesmarchandises, mais d'acheteurs, et par suite d'argent, pour payer nos artistes et ouvriers qui, sans fortune, ne peuvcnt pas temporiser (sic). » Le 8 septembrc de lameme annee, M. de Montucla, dircctcur des Butiments civils, dit a Regnier : « Plus je reflechis, Monsieur, sur lelat des choses, plus je me convaincs de la
iiecessite de trouver lc moyen de diminuer la fabrication d'un bon tiers. II en resultera une epargne proportionnee sur tous les objets de consommation. D'aillcurs, tout ce qui tient au luxe est sabr6 pour quelques annees. Paris s'aneantit peu a peu. Tous les gens opulents vont planter des clioux dans leurs terres. Voila la raaison d'Artois flambee pour longtemps. 11 y aura de fortes reformes chez le roi, cbez la reine, chez Monsieur, etc... Les Seigneurs de la Cour sont mines. A quoi parer avec cela, ayant probablement deux mois a payer en Janvier, de seizeadix-sept mille livres chacun? En verite, soit dit entre nous, je crains fort que nous ne subsistions pas jusque-la, ou si nous allons la, que ce ne soit pour quelques mois apres, a moins de quelque expedient que je ne vois pas; il me paratt que nous sommes dans un danger imminent. Enfin, je vous le dirai franchement, je ne vois pas de quel bois faire fleche. Personne ne paie Tancien ; on n'ach&te presque pas en ce moment; j'ai tous les cr6anciers (ou du moins une bonne partie) de la Manufacture sur lc corps ; je serai bientot oblige de m'absenter ou de me cacher. »
En presence d'une silualion de jour en jour plus grave, le roi songea un instant a abandonner la Manufacture de Sevres ; il demanda au comte d'Angiviller un memoire a ce sujet. Le rapport que lui adressa le surinlendant des Batimenfs, a la date du 7 aout 1790, conciut avec beaucoup de bonnes raisons. a la conservation des ateliers : « Sa Majeste, y est-il dit, a saisi les consid6rations et les motifs personnels qui exigent en quelque sorte qu'elle essaie, au moins pendant un temps quelconque, de maintenir cette Manufacture ; de conserver a la France un art qui l'honore, un commerce qui attire l'etranger en ecarlant sa fabrication personnelle ; d'arracher a la misere 2 a 300 ouvriers qui n'ont et ne peuvent avoir d'autre ressource qu'un etat dans lequel ils ont vieilli ; enfin de se garantir de la perte immense qu'on ferait en demontant un etablissement, qui porte en lui-meme une masse active tres considerable tant par la valeur de son sol et de ses batiments que par les approvisionnemcnts de ses magasins, qui seuls representent une valeur de 1,300.000 livres, independamment de environ 40,000 ecus de recouvremcnts certains, tandis que ce meme etablissement doit a peine 200,000 livres. » Ce plaidoyer energique porta ses fruits. Le roi, convaincu par toutes ces bonnes raisons, ecrivit au bas du Memoire : « Je garde la Manufacture de Sevres a mes frais. mais je veux qu'on en diminue
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et regie la depense de maniere qu'ellc ne depasse pas cent mille 6cus. » En consequence, on elaboraun nouveau reglement pour l'adrainistration de l'ctablissement. II fut decide qu'unc ligne de demarcation serait tracce entre la nouvelle et I'ancienne gestion, que les fonds remis mensuellement pour les dcpenses de la Manufacture seraient uniquement employes a solder ce qui ctait du lant aux ouvriers qu'aux employes et fournisseurs, a partir du commencement dc 1791, sans aucune confusion avec les dettes anterieurcs; que pour payer ces dernieres dettes, on emploierait les rentrecs dcs sommes dues pour raison des vcntcs des annees anterieurcs ,i 1790, ainsi quo lc produit desvenles qui sc fcraient pendant l'annec 1791, ct cela jusqu'a enticr acquittement.
Ces mesures etaient a la fois vigoureuses et emprcintcs d'une certaine prudence; mais les evenements se succedaienl avec une foudroyante rapidile. L'organisalion nouvelle recul a peine un commencement d'execulion. Au milieu des dcsaslres poliliques (|ui preparaient la decheancc dc la monarchic, le roi ne pouvail guere s'occupcr dc sa Manufacture. Lc 12 aoilt 1792, une loi chargeait le ministre dcs Contributions publiques, de l'administration des Domaines et Batiments de la listc civile. Un ancien administrateur dcs Salines de la Franche-Comte, Haudry, fut designe par lc ministre Claviere pour diriger la Manufacture dc Sevres. Pcu apres, l'administration des Manufactures nationales etait remise au ministere de l'lnterieur. Holland maintint Haudry avec lc litre de comniissaire, tout en conservant a Regnicr et a Hetllinger lcur situation de co-directeurs ; mais Haudry ne resta point longtemps en fonctions. Le departement du Jura reclamait avec instance son retour a radministration des Salines, et il s'en alia sans qu'on songeat a lui donner un succcsseur. De leur cote, Regnicr et Hetllinger ne tarderent point a etre inquictes en raison de la situation qu'ils avaient occupee a la Manufacture avant la Revolution. On les maintenait a la tete de Sevres, mais en exer^ant sur tous leurs actes administratifs et prives une surveillance continuelle. Lc 3 avril 1793, le maire de Sevres, assiste de l'officier municipal, du procureur de la Commune et du greffier, se transportait dans les bureaux d'Helllinger, procedait a lasaisie despapiers de la Manufacture et les envoyait a Paris. Quelques mois apres la Commission des monuments nommait une delegation, composee de Sergent, Lemonnier, Boizot et Masson, pour inspecter les travaux. Enfin, au mois de septembre, tout le baut personnel etait arrete. Cette "grave mesure etait
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prise a la suite d'une denonciation adressee au Comite de salut public par le Comite de surete generale de Sevres.
Regnier, Hettlingcr, Salmon et Caton ne resterent que deux jours en prison; la Convention decida, par decretdu 18 septembre, qu'ils seraient reconduits de Paris a Sevres pour y rester sous la garde de quatre gendarmes, jusqu'a l'achevement des travaux des commissaires, que la Convention y avait envoyes avec mission de faire une enqueue sur l'organisation et le fonctionnement de l'etablissement. En meme temps la Convention deleguait un de ses membres, Battelier, pour administrer provisoiremcnt la Manufacture. Le lendemain de son arrivee a Sevres, le nouvel administrateur nommait inspecteur de la Manufacture le citoyen Chanon, chef des fours et chimiste qui avait signe la denonciation; mais la confiance du delegue de la Convention etait bien mal placee. Chanon se signala rapidement par des malversations, par des detournements de fonds et de pieces, et moins d'un an apres sa nomination, il fut destitue et incarcere a son tour. Battelier nese borna pas a cette nomination deplorable. Sous pretexte d'executer desreformesradicales, il fitde nombreuses radiations dans le personnel; il supprima la place de directeur et celle de caissier. II revoqua le titulaire de cette derniere place, Barrau, sous l'inculpation d'avoir neglige de faire payer des sommes considerables dues par des emigres, et parce qu'il avait ete fait, pendant son absence, une recette de 13,000 livres de faux assignats. Les biens de Barrau furent en outre sequestres et on le mit en demeure de faire rentrer toutes les creances dans le delai d'un mois. Enfin l'organisation interieure fut transformee, accommodee aux principes alors enhonneur, et l'election pour tous les hauts emplois substituee aux nominations directes par le gouvernement.
Mais une reaction en faveurd'Hettlinger s'etait produite, entre temps, au sein du Comit6 d'Agriculture, charge de la haute administration de Sevres. Celui-ci, se reclamant de sa qualite de Suisse, avait demande, a diverses reprises, a etre elargi et a quitter le territoire francais. Deja, a la date du 18 fructidor an II, le Comite de salut public, dans une note adressee aux representants du peuple, membres du Comite destruction publique, s'etait oppose a ce depart. II avait declare que, loin de permettre au citoyen Hettlinger de quitter le territoire de la Republique prancaise, il fallait, au contraire, l'indemniser et lui restituer la place qu'il avait deja occupee. L'agence du Comite d'Agriculture proposa. pcu
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apres, de faire payer a Hettlinger les appointements de sa derniere annee dc gcstion, soit 3,500 francs, a condition qu'il resterait en France. EnQn, le 13 pluviose an III, lc Comite reorganisait, une fois de plus, l'administration de la Manufacture et reintegrait dans leurs emplois deux des victimes de Chanon, Hettlinger et Salmon.
Hettlinger, Salmon et Francois Meyer, constituant un Comite directeur, furcnt, en consequence, charges de L'administration; le peintre Lagrenee ctle sculpteurBoizoteurentla partie artistique; et un nouveau reglement redige par Berthollet, divisa tons les travaux et emplois en 9 departements : 1° les fours, pates, couvertes et etuis; 2° la porcelaine tendre; 3° la porcelaine dure; 4° la sculpture; 5° la peinture; 6° la chimie; 7°lc four despeintures; 8° les tours mecanique et particulief; 9°lacomplabilite.
Ce fut le 21 pluviose an III, que Lh6ritier, membre de la Commission d' Agriculture et des Arts, vint installer les trois directeurs. En presence de tous les artistes, employes et ouvriers, il reintcgraegalement Lagrenee comme chef du department de la peinture. Battelieravaitrevoquece dernier pour cause de modcrantisiue; mais le Comite de surveillance revolutionnaire, section des Tuileries, lui avail delivre un certificat attestant ainsi son civisme : « II est gcneralement connu pour un homrae de probite et bienfaisant par gout, ainsi que toutc sa famille. II a rempli en silence tous les devoirs de bon ciloyen ». Les ouvriers de S&vres le reclamaient, en outre, avec instance. Caton peintre, employe depuis quarante-six ans a la Manufacture, chef de l'atelier de peinture et Fontaine, employ6 depuis quarante-trois ans comme decoralcur, Fun et l'autre destitues par Battelier, furent en memo temps relablis dans leur ancienne situation.
Le Comite directeur ne demeura pas longtemps au complet. Meyer donna rapidement sa demission ; il eut comme successeur Wetter, qui se retira presque immediatement, ne se sentant pas les talents d'un administrateur, dit-il dans une lettre a la Commission d'Agriculture et des Arts. Apres lui, Darcet, professeur de chimie au College national, fut nomine co-directeur.
On comprend que tous ces bouleversements successifs joints a la durete des temps n'avaient pas contribuc a rendre Sevres bien florissant. Les comites varies que la Convention avait charges de reformer l'administration interieure de la Manufacture, les reglements successifs qui avaient et6 mis en vigueur, puis abandonnes, les destitutions et les reintegrations des directeurs, et des chefs de service, enfin la fabrication
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arreted et reprise sans aucune suite, avaient singulierement compromis la situation artistique et financiere. Depuis longtemps, les artistes, et les ouvriers n'etaient pas paycs, ou ne recevaient que de legers acomptes sur leurs salaires, et Ton s'etait vu oblige de donner des subsides en nature pour les empecher de mourir de faim. Les Archives nationales sont remplies, pendant la periodc revolutionnaire, de petitions, ou pour justifier les deraandes urgentes de secours se trouve cxposee la misere atroce qui sevissait alors.
Afin de faire face a toutes ces reclamations si legitimes et si pressantes, le ministre de l'lnterieur se decida, en juillet 1793, a ordonncr la vente d'une partie des porcelaines de la Manufacture. On estimait qu'en pieces peintes ou sculptees, il en exislait dans les depots et a Sevres pour plus de 300,000 francs. En consequence, la Commission du commerce et d'approvisionnements passa un contra! avec un sieur Empaytay, ncgociant a Paris, pour l'exportation de 230,706 francs de ces porcelaines, et par l'intermediaire de Lignereux, marchand a Paris, elle ecoula dans la capilale pour 33,204 francs de porcelaines en rebut blanc.
Ces ventes successives furent toutefois impuissantcs a combler le deficit, d'autant plus que la somme entiere n'entra point dans la caisse de la Manufacture ; elle servit en grande partie a acquitter d'autres dettes publiques. Les directeurs se virent alors obliges de sacrifier au paiement d'une partie des salaires des ouvriers ce qu'ils recevaient de leurs appointements, et d'emprunter a des amis pour permettre de terminer des services. Afin de parer aux nccessites les plus urgentes, le gouvernement faisait delivrer tous les deux mois a la direction de la Manufacture 92 sacs de farine, destines a la nourriture des ouvriers. Mais cetle farine etait souvent de si mauvaise quality qu'on ne pouvait 1'employer. Le 23 vendcmiaire An V, Hettlinger ccrit au ministre del'Interieur que « dans la livraison qui a ete faite par le magasin de Chartres, il s'est trouve cinq sacs d'une farine infecte et si mauvaise qu'il sera difficile meme de la donner aux animaux. » Quant aux subsides, il n'en est plus question. Dans une lettre du meme temps adressee par Hettlinger a son neveu Ott, nous relevons l'aveu suivant, qui se passe de commentaires. « Presque plus d'argent. II me reste encore quelques bagues ornees de diamants et une tabatiere garnie de perles. Ma derniere somme en especes, 40 louis, je la garde precieusement pour le dernier besoin. Je tache, en attendant, de me tirer d'affaire avec
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les assignats, puisque heureusement le Gouvernemenl nous fournit quclque viande et du pain ; sans ccla nous mourrions presque de fairn. » La detresse d'ailleurs etail a son comble. Des lc mois de thermidor les artistes et les ouvriers de la Manufacture avaient adresse au ministre de I'lnterieurune petition signee de 140 noras, dans laquelleils se plaignaient den'avoirpas ete payes depuis quatre mois. « Ccs inibrlunes, y est-il dit, ont epuise leurs ressources ; plus de credit chez les marchands cmi leur fournissaient les objets de premiere necessity. Les proprietaires des maisons ou ils logent les expulsent, et ils sont poursuivis par les agents des contributions. » Le ministre repondit aux directeurs de Sevres qu'il etait dans l'impossibilite de faire payer l'arri6re. 11 sc bata d'ajouter comme consolation que l'elat de detresse. dans lequel se trouvaienl les finances publiques, ne pouvait pas durer et qu'il esperait qu'au moyen de mesures nouvelles le Gouvernement pourrait se liberer d'une partie des sommes dues a la Manufacture. L'arricre a ce moment s'6levai1 ii environ 300,000 francs. Ces promesses ne furent point tenues. Le ministre de l'lnlerieur reclama a son collegue des Affaires etrangeres, de Talleyrand, le montant des presents diplomaliques.qui depassait 90,000 francs. Celui-ci repondit que n'ayanL pasde credit ouvert a la Tr6sorerie depuis longtemps,ilne pouvait donner le moindre acompte. Enfln, en l'an VII, le banquier Perregaux avanca 5,000 franco sur la demande du cbcf de la division des Manufactures au minislere de l'lnlerieur. Ne pouvant obtenir le remboursement de celte somme, il demanda a eliv pa\r en marcbandises, ce qui lui fut accorde. La situation s'aggravait de plus en plus; les directeurs adresserent au ministre de l'lnterieur la lettre suivante, qu'on ne peut relire encore aujourd'hui, sans elre douloureusement emu pur tant d'inforlunes.
1" Floreal an VII.
« Les expressions nous manquenl pour vous peindre les miseres, la desolation, le desespoir de tous les ouvriers dont la majeure partie manque absolumenl des moyens d' existence, de pain. Cinq mois, moins un cinquieme, de salaires et appointement leur sont dus. La direction n'a point recu de fonds la decade derniere, le cbef de la comptabilite n'annonce pas qu'elle puisse en recevoir dans le cours de celle-ci. Ayez pitie, Citoyen Ministre, nous vous en supplions, de tous nos maux, de toutes nos peines. Donnez-nous, dans cette decade, les moyens de soulager les pauvres malheurcux artistes et ouvriers, procurez leur ceux d'avoir du
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pain el des vivres, car nous osons vous le repeter, ils sont dans la plus cruelle des miseres et la Manufacture est exposee a une dissolution complete. »
Cette touchante supplique etant demeuree sans effet, le 14 prairial, les artistes cnvoyerent aupres de Francois de Neufchateau une delegation, ayant a sa lete le doyen de la Manufacture, un ouvrier de quatre-vingt-deux ans, nomine Coppelle. Le ministre accueillil avec une grande bonte les petitionnaires, mais il ne put que leur adresser des paroles bienveillantes, sans prendre aucun engagement formel pour le payement de ce qui leur fetail du. II fll renvoyer a Dubois, le chef de la 4" division, le textc du discours prononce par Bouillat, peintre de paysages, avec l'annotation suivante : «Reponse urgente, secours qu'on ne peul differer ; aviser aux moyens. Est-cc qu'il n'y aurait pas moyen d'avoir un magasin de Sevres a Paris? Ecrire au ministre des Finances. »
Quinze jours apr£s, les ouvriers d6puterent de nouveau aupres du t'.nnseil des Cinq Cents, cinq de leurs camarades, Gerard, chef adjoint aux fours de peinlure. Troyon, repareur, Paris, rrpareur en pate tendre, Godin, repareur en pate dure et Legrand, portier, pour 'remettre une petition sign6e par lout le personnel de la Manufacture. Ils demandaient que le Conseil nommat une commission chargee de s'occuper des moyens de prevenir la disorganisation de la Manufacture et de leurfaire accordcr une somme provisoire, de-limV a leur permettrc de pourvoir a leur alimentation, en attendant que des decisions fussent prises pour assurer le salaire des ouvriers. Cette nouvelle demarche ne donna que desresultals platoniques, ainsi qu'une troisieme petition, adressee le 8 thermidor, au Directoire. Le Conseil des Cinq Cents designa trois de ses membres qui, apres avoir recn et entendu les delegues, redigferent un rapport, hi dans la seance du 27 messidor, rapport, a la suite duquel le Conseil adressa un message au Directoire, l'invitant a prendre les mesures o^cessaires pour faire payer le plus promptement possible aux ouvriers de Sevres ce qui restait du sur les 100,000 francs votes pour Tan VII. Quant au Directoire, il fit remettre la nouvelle petition au ministere de l'lnterieur, avec injonction d'avoir a prelever la plus forte somme possible, sur les fonds decadaires.
En depit de leur situation precaire et de leurs souffrances, les ouvriers de la Manufacture continuaienl. cependant, a produire avec activity. Un rapport, Ires curieux, dresse a la date du 12 floreal, an VI, par le bureau