‹ Les manufactures nationalesChapitre 5 sur 61 · CHARLES LE BRUX · texte numérisé non relu

CHARLES LE BRUX

D'apres le portrait peint par Largilliere.

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dominatrice se retrouve, en effet, dans tous les travaux des artistes de son epoque, de ceux monies qui n'ont avec la peinture que des rapports fort eloignes; en sorte qu'on pourrait ecrire de hu, avec raison, qu'il a ete non seuleraent l'inspirateur, mais le createur d'un style.

Apres avoir longuement parle de Le Bran, nous allons, maintenant, passer rapidement en revue les personnages qui furent aux Gobelins ses plus actifs collaborateurs. Nous avons dit que le nombre des artistes qui travaillerent sous sa haute direction fut considerable. Les peintres, a eux seuls, figurent dans ce nombre pour pres de ISO; mais de tous ceux que Le Brun employa comme collaborateurs assidus, c'est-a-dire qu'il associa a ses ouvrages et qui, travaillant sur ses indications directes, mirent, si Ton peut dire ainsi, la main a la pate avec lui,il n'en est aucun, peutetre, qui soit plus estime et plus estimable que Vander Meulen, « paintre flamand », comme le qualifient les Comptes royaitx.

L'abbe deMarolles, qui, dans une suite de quatrains amphigouriques, marquantplus de bonne volonte que d'esprit poetique, a bien voulu nous parler des principaux artistes de son temps, occupes aux Gobelins, ccrit, a propos de Le Brun :

Ne voit-il pas sous lui la main de Vandermeule Cc peintre si scavant, qui fait voter les darls Serrer les escadrons sous les grands estendars Et qui presse les bleds par le fer et la meule. II depeint les combats et les prises de villes. Bruxelles l'a fait naitre, admirant ses travaux, Et craint en meme temps de lui voir des rivaux: Elle en est etonnee entre tous ses asiles.

Mieux renseigne encore que l'abbe poete, et pour cause, Le Brun luimeme, dans une lettre datee du 10 mars 1673, n'hesitait pas a dire en quelle estime il tenait ce precieux collaborateur. « Le sieur Vander Meulen, ecrit-il, estun peintre fameux selon moy, que le Boy a appele de Flandres pour collaborer a de grands tableaux representant les vues de toutes les maisons royales ; il a deja fait celles de la plupart des villes de Flandres avec les environs, qui sont d'une delicatesse merveilleuse. On travaille a

mettre ses beaux dessins en tapisseries, dont il a grave plusieurs en taille douce. » Enfin, lorsqu'en 1673, ce precieux collaborateur se prcsenta a I'academie royale de peinture, il y fut admis d'une facon extraordinaireraent ilatteuse, et qui montrequel cas on faisait de son talent. « Le sieur Francois Vander Meulen, peintre, natif de Brusel, lit-on dans les Procesverbaux ' , c'est presante prian l'Academie d'avoir agreable de le rescevoir an la Compagnee. L'Academie, cognoissant la capasite extraordinaire dud. Sr Vander Meulen et les emplois continued qu'il a pour les ouvrages du Roy, sens s'arrester aux formalitez d'usage accoutlumees l'a resceu en calite d'Academicien, dont il a preste serraen et ensuite pris seance. » Du reste, a defaut de ces temoignages des contemporains, I'oBUvrequ'a laisse Vander Meulen est assez considerable pour attester a la fois son grand talent, sa conscience etonnante, sa precision et surtout sa facilite de travail. Car, independamment de cet oeuvre peint ou graved, que tout le monde connait, les cartons du Louvre et les portefeuilles de la Manufacture des Gobelins contiennent de nombreux dessins. executes par 1'habile artiste, avec une souplesse de crayon, une science et une slirete tout exceptionnelles. Bien mieux, si nous en croyons Mariette, cene serait la qu'une mince fraction de son oeuvre, car Boulle, qui avait acquis de la veuve la plus grande partiede ses dessins les x it disparaitre, en 1720. dans l'incendie qui devora ses ateliers au Louvre.

Vander Meulen recevait pour son travail un appointcment fixe de 6,00(1 livres — appointement considerable pour l'epoqueet qui represeiiterait, aujourd'hui, pres d'une trentaine de nolle francs. — C'est, du moins, cetle somme qu'on lui voit emarger annuellement dans les Comptes des Bdtimens du Roi. Independamment de l'argent verse pour ses « gages, appointemens cl entreteneiuenl », il avait aux Gobelins un atelier et sans doute un logement avec jardin, car, tons les artistes de la Manufacture > etaient Log6s, en vertu de I'edit de fondation. C'est dans cet atelier que se formerent ses eleves, entre autres, Ant.-Francois Baudouin qui l'aida dans l'execution de ses grands ouvrages, et a qui cette collaboration valut dans la suite le titre de « peintre ordinaire des conqufetes du roy dans l'hotel des Manufactures des Gobelins ». Cc titre fut porte par un autre eleve de Vander Meulen, Martin surnomme « Martin des Batailles - qui, lui aussi, l'ul attache a la personne de Louis XIV. Recom-

I'ublio dans les Archives de I'arl francais, I. II. \>. 6.

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