PLANCH E LXXI
Beauvais. — FAUTEUIL GOUVERT EN TAPISSERIE
Epoque Louis XVI.
BEAL'VAIS.
monise pittoresquement avec l*ornementation qui l'accompagne. Le coloris est toujours dans des nuances fines, legeres et fraiches. Soit en tentures, soit en ameublements, la tapisserie sortie des ateliers diriges par Oudry peut 6tre proposee comme modele de gout dans 1 'invention ei de bonne execution technique.
Nous ne reviendrons point sur la querclle qui surgit, a cette epoque, entre la Manufacture de Beauvais et celle des Gobelins, sur les luttes que le directeur artistique de la premiere eut a soutenir contre les entrepreneurs de la seconde; ces incidents ont ete exposes en detail, dans la premiere partie de cet ouvrage. Mais les succes d'Oudry, a Beauvais, peuvent expliquer la confianCe qu'il avail en lui et la tenacite qu'il apporta dans sa lutte contre les tapissiers de grande Manufacture.
En 1754, Besnier sc retira de I'enlreprise de la Manufacture de Beauvais; Oudry ne voulut point assumer seul la lourde responsabilite d'etre l'unique directeur d,e l'6tablissement. M. de Trudaine, conseiller d'Etat, proposa Andre-Charlemagne Charron, parent du receveur general de la generality de Paris, comme successeur de Besnier. Un privilege de vingt ans, analogue a celui des precedents entrepreneurs fut accorde a Charron, qui conclut avec Oudry une convention speciale dont nous connaissons les principals dispositions :
Oudry prenait en mains la direction artistique de la Manufacture; independamment de la fourniture des tableaux et de l'entretien de lecole de dessin pour les apprentis, dont il continuait d'etre charge^, il s'engageait a suivre Texecution des tableaux par lui fournis, et de ceux que Charron ferait faire, comme aussi d'instruire les ouvriers et les compagnons travaillant dans l'etablissement, soit pour le dessin, soit pour le coloris. II devait, en outre, corriger les tapisseries fabriquees dans la Manufacture. II clait, en consequence, tenu de faire annuellement six voyages a Beauvais, pendant lesquels le contre-maitre et le commis avaient ordre de derouler les ouvrages de tapisseries et meubles se trouvant sur les metiers. Oudry devait continuer egalement a veiller a l'examen des soies et laines envoyees a la Manufacture par le sieur Meriel, teinturier des Gobelins. II avait droit pour ses peines au dixieme des benefices realises par Charron dans l'exploitation de la Manufacture ; il lui etait, en outre, alloue 3,000 livres de traitement annuel.
Le garde des sceaux de Machaux contresigna la convention.
Oudry mourut a Beauvais, le 30 avril 1755, pendant un de ses sejours.
BEAUYAIS
II etait age de soixante-neuf ans; sa mort causa une vive emotion parmi les ouvriers qui 1'aimaient filialement. II laissait deux enfants nes de son mariage avec Marie-Marguerite Froisse. Oudry fut inhume dans l'eglise Saint-Thomas. Sa pierre tombale, enlevee pendant la Revolution, a ete retrouvee, il y a quelques annees, dans un jardin, par M. Dieterle, 1'avant-dernier directeur de la Manufacture. II obtint qu'elle fut placee dans l'eglise de Saint-Etienne.