Canton de Neufchàtel, arrondissement de Laon (Aisne
lui vouloit faire; — du moine que Nostre-Dame deflendi du deable (jui le vouloit tuer eu guise de lion; — du clere qui mit l'anel au doit de Nostre-Dame; — des miracles de Nostre-Dame de Soissons; — de la faine de Loon ( Laon ) qui fu délivré du feu par le miracle Nostre-Dame; — des cinq joie Nostre-Dame; — cy commence les are Nostre- Dame, etc., etc. »
C'est donc la vierge Marie qui devait tenir la principale place dans l'illustration du livre, comme dans le poème lui-même. L'idée apparaît des la première page peinte, sur ce frontispice (Pl. 12), et ces scènes « dont la Sainte Vierge est l'héroïne principale avecson divin Fils », dit avec raison M. l'abbé Poquet qui voit, dans la partie supérieure de la miniature, le tableau de la maternité divine et, dans la partie inférieure, celui de la souffrance suprême de la mère frappée dans le fruit de ses entrailles.
<( Dans les six tableaux rangés de droite et de gauche. l'Ancien et le Nouveau Testament, dans ce qu'ils ont de figuratif et de réel relativement à l'idée principale du sujet, s'y sont donné rendez-vous, en doctrine et en personne, les paroles et les choses. C'est l'emblème et la vérité, le symbole et la personnification en présence, se traduisant, - interprétant mutuellement et faisant de cette composition, tout a la loi> idéale el vraie, une des [dus belles et îles plus ingénieuses que nous connaissions.
Je ne puis suivre M. l'abbé Poquet dans l'ample étude qu'il I faite de cette belle composition traitée en vitrail et offrant au peintre verrier une des meilleures inspirations qu'il puisse désirer et trouver1; je veux seulement faire remarquer quelle complète ressemblance présentent entre eux la miniature de ma Planche 1 1 et le panneau central de l'étage inférieur du frontispice des Miracles de ta *<in)!<- Vierge [Pl. 12). Même attitudi du Christ, même étoile de la ceinture, même support de la croix, même disposition de la Vierge et de l'apôtre; seulement, sur la Planche 11. .Marie fait de la main gauche un
1. Dans son livre daté du 1857, M. l'abbé Poquet disait déjà : u Qui: nous serions rliarmc dr voir cette grande pag< de notre manuscrit, qui est tout à la fois un drame lugubre et consolant, reproduite sur m» uir.nu innd< rie s ' <;•■■! .. des compositions de ce genre, fortement empreintes de symbolisme et d'iconographie religieuse, que «louent s'alla, le i nos peintres verriers dans la résurrection de l'art catholique qu'ils poursuivent avec tant de lèle. C'est le seul moyen d> vivifier leurs œuvres et de donner de la chaleur et du ton à leurs dessins, tout en restant dans les bornes d'une s ,-, création. » Son vœu de dix ans, la libéralité des paroissiens de M. l'abbé l'oquet vient de lui permettre de le transformer en réalité. Le frontispice de Gautier de Coincy va être peint sur verre pour le chevet de la remarquable é^bs. romane que M. l'abbé Poquet vient de construire en entier avec les ressources qu'il a su trouver dans son lèle ipotti tique, dans les offrandes de sa paroisse et dans l'inépuisable bienveillance de l'Kmpereur.
geste de désolation, et, sur la miniature de Gautier de Coincy, le désespoir tord ses mains jointes par la passion; mêmes costumes que la même main semble avoir plissés. Evidemment, ces peintures sont absolument contemporaines, avec leurs fonds quadrillés, avec leurs mariages de couleurs gouachées, avec leurs expressions de physionomies et leurs gestes encore roidis par un restant d'inhabileté et l'absence d'études sérieuses du corps humain.
Voici ce que M. l'abbé Poquet dit des illustrations du livre :
« Miniatures. — Ce qui rehausse à nos yeux ce manuscrit et lui donne un immense intérêt artistique, ce sont les soixanle-dix-huit dessins historiés placés en tête de chaque légende. Ces dessins, quoique enchâssés dans un petit cadre de sept à huit centimètres sur cinq à six de hauteur, n'en sont pas moins des tableaux achevés, retraçant presque toujours de la manière la plus tine et la plus heureuse l'idée principale et saillante du miracle, quel que soit le nombre de personnages qu'exige le sujet. Telle a été l'impression que ces charmants médaillons ont faite sur nous, que nous ne craignons pas d'être taxé d'exagération en disant que presque tous sont extrêmement remarquables par la pureté du dessin, quoiqu'un peu roide, et par la vivacité du coloris, aussi bien que par le choix et le genre de la composition. C'est dans l'ensemble et la perfection de ces divers caractères, habilement combinés, que consistent la puissance de l'artiste, l'éclat et la beauté de son œuvre. Que la vue se repose avec douceur sur ces touchantes et délicieuses productions du miniaturiste religieux! Comme les yeux contemplent avec plaisir ces candides et silencieuses figures! comme le cœur se délecte sans bruit en face de ces poses naïves! Sous ces arcades étroites, ne dirait-on pas qu'il y a tout un monde qui vit, respire et s'agite? Comment retracer ces décors variés, ces draperies moelleuses, ces visages parlants, ces attitudes sévères de moines, de saints, toujours empreintes d'une indéfinissable mélancolie religieuse? Quelles couleurs vives après des siècles d'existence, des frôlements continuels! Quel pinceau vigoureux et sûr de lui-même! Quel prodige de patience et de talent n'ont pas demandé ces ravissantes images, parfois légères et badines comme celle de la nonnain qui sort du monastère sur une haquenée et dit adieu à son cloître pour s'en aller au siècle qu'elle quittera plus tard afin de redemander la paix à la solitude; plus ordinairement graves et pieuses, représentant des scènes attendrissantes comme celle de ce moine de la bouche duquel on vit sortir, après sa mort, cinq roses blanches; tantôt radieuses et angéliques comme celle de la douce Vierge apparaissant à une jeune fille au milieu d'un jardin parfumé de fleurs; tantôt lugubres, sombres, horribles, lorsque le poète introduit dans sa narration les monstres informes de l'empire de Satan.
« Le fond de ces soixante-quatre belles miniatures, quoique varié dans la disposition et la nature des ornements qui rappellent les riches inventions des peintures à fresque, est ordinairement identique pour le même tableau, à moins qu'il ne figure sur le premier plan un intérieur d'éditice. Les détails d'architecture et les motifs d'encadrement sont du plus gracieux effet et ne gênent en rien la perspective qui est toujours bien observée, quoique un peu forcée. Ici, c'est un
religieux qui sort du monastère; la légère aiguille du clocher gothique apparaît derrière lui dans le lointain. Là, c'est un évoque couché tout habillé sur son lit de repos; la Vierge, qui vient l'avertir pendant son sommeil, s'incline doucement vers lui. appuie une main s :r son oreiller, tandis que de l'autre elle touche la draperie azurée et doublée de rouge qui le couvre; en arrière de la reine des anges, deux vierges, à l'ondoyante chevelure, coiffées d'un cercle au nimbe d'or, semblent causer. Plus loin , la scène change : un démon au corps velu, mains d'homme, pattes d'ours, oreilles de chauve-souris, visage adieux et grimaçant, présente une physionomie des plus effrayante. On peut dire, sans crainte de se tromper, de ces incomparables peintures qu'elles joignent à une ingénieuse décoration une mise en scène magnifique; les costumes, les draperies moelleuses l llottantes, la linesse et la convenance! des ligures, la vérité des attitudes, la disposition des personnages, tout annonce qu'une main habile et exercée a passé sur Cet admirable livre.
Parmi les soixante-quatre miniatures que .M. l'abbé Poquel a >i brillammenl décrites, j'ai choisi pour les reproduire : dans le texte, celle où le moine Théophile se voue
au diable, et. sur ma Planche 13, la vignette du miracle IX. du n moine que Noslre-Dame deffendi du déable qui le VOUloil tuer en guise de lion : Celle du miracle XIX, < de la nonain
que Nostre- Dame délivra de granl
lilasme et de grant peine ; celle du
miracle Wlll. du larron que Noslre-Dame Bonstinl par trou jours enfin celle du miracle XXXVI, <i<
la nonain qui lessi l'abboie et g' en ala au siècle.
Il esl une admirable page qu'il
eût fallu donner aussi; c'est celle des
" Saints de Nostre-Dame : rien de plus riche, rien de plus élégant, rien de mieux composé que ce splendide dessin avet ses six panneaux a personnages qui se détachent sur d'opulents fonds d'arabesques ou de quadrilles de mosaïque, le tout accompagné d'un texte en capitales d'oi d'onciale fantaisiste noyées dans le filigrane; mais un simple Irait ne rendrait pas convenablement telle merveille d'agencement et de couleur.
L'idée que je veux donner de ce beau manuscrit ne serait pas complète, si je ne m'occupais pas de ses détails d'ornementation. Voici ce qu'en dit M. l'abbé Poquet dans son introduction, page xvi :
« Ornements. — Chaque page est divisée en deux colonnes séparées et comme encadrées de deux gros traits polychromes, d'où jaillissent par intervalles des feuilles de vigne nuancées de couleurs éblouissantes. A la tête de chacune de ces pages, ce trait d'encadrement s'étale, se hérisse, s'ouvre en deux branches, se contourne, se tourmente en serpentant et se termine assez ordinairement par quelques traits feuillagés, ou des chimères ayant pour queue des expansions végétales de la plus grande finesse (Pl. 13). Le milieu de la page est coupé par un petit rinceau léger, gracieux, qui se contourne sur la ligne principale et s'achève, en s' échappant au loin, par trois feuilles de vigne épanouies en festons au-dessus du texte. D'autres petits rameaux projettent, de distance en distance, leur tête lancéolée semblable à une espèce de dard. Au bas des pages, un double ornement de végétation s'allonge et circule en volutes feuillagécs, en faisant sans cesse briller aux regards étonnés de nouvelles étincelles d'or et de pourpre, d'azur mélangé de rouge ou de blanc dont l'assemblage produit le plus charmant effet; l'or, avec son reflet chatoyant , y domine toujours et. y règne en maître.
« Lettres majuscules. — Outre ces ornements déjà si nombreux, l'œil suit encore avec une vive curiosité toutes les lettres majuscules, grandes et petites. C'est là, on peut dire, que la main du dessinateur et son léger pinceau se sont exercés avec un rare bonheur. C'est là que sur un fond d'or se jouent mille traits de plume, mille entrelacs gracieux et mille méandres qui se fuient, se croisent, s'éloignent, se rappiochent, se mêlent sans se confondre, pour s'éloigner encore. On distingue, dans ces petits chefs-d'œuvre de patience et d'adresse, les combinaisons les plus variées et les plus compliquées, et on dirait que pour les exécuter on a eu recours à tout ce qu'il y avait de plus simple et de plus difficile à la fois; des enroulements, des expansions de végétaux affectent les formes les plus bizarres et en font les principaux frais. Indépendamment de ces. grandes majuscules, qui ont trois ou quatre centimètres carrés, on en remarque une foule innombrable d'autres qui, quoique de bien moindres dimensions, n'en sont pas moins d'une grande beauté d'exécution et d'une délicatesse infinie. »
Ces belles miniatures, ces lettres étincelantes, n'aurait-il pas suffi, pour les décrire, de ces charmants vers de Gautier de Coincy lui-même sur un livre qu'il mettait aux mains d'une apparition de sa « Nostre-Dame » bien -aimée à un moine tombé dans un sommeil extatique?
Entre ses mains un si beau livre Eonques si bel veu n'avoit, Et tout maintenant qu'il le voit, Desus son lit sans sus, ce li semble.
Ses ij main* a jointes ensemble, S'est devant li agenouilliez.
Si le deprie à yex moilliez Qu'ele li doint faire savoir Qu'en ce biaux livre puet avoir.
Ce saint livre tout maintenant Qu'ont en sa sainctc main tenant La Mère-Dieu li a ouvert.
El si li monstre à découvert A son doigt l'entituleure.
Ou livre vit une escripture.
D'au premier chef jusqu'à la fin.
De vermillon faite et d'or fin.
La lettre estoit si frémianz.
Si bien tournée et si rianz.
Qu'il sembloit que Dieu l'eust faite Et à ses bêles mains portraile.
En dormant lut la letre d'or Que qu'il aloit de d'or en d'or.
(Planche 14.)
Sainte Bible. Trois volumes in-folio majeur, sur vélin et reliés en maroquin rouge.
Dans une trop courte notice que M. de La Prairie, président de la Société de Soissons, a consacrée en 18/i9 à ce beau manuscrit1, je trouve l'opinion qui avait alors cours à la Bibliothèque de Soissons et qui fait venir cette Bible soit de l'abbaye de Prémontré, soit de celle de Saint-Ived de Braisne. Je crois plus volontiers, avec M. Delisle, conservateur des manuscrits à la Bibliothèque Impériale et dont la complaisance n'est égalée que par sa science et par sa modestie, que ce manuscrit a plutôt appartenu à la bibliothèque d'une grande famille, pour l'un des ancêtres de laquelle il aura été spécialement écrit, qu'à une abbaye ou à un établissement religieux. Les collections conventuelles enfermaient plutôt les commentaires latins que les traductions en langue vulgaire qui furent multipliées pour les rois, pour les princes, pour les riches particuliers, entre les mains desquels la Révolution les trouva pour s'en emparer lors de la saisie et de la vente du mobilier des émigrés.
Pour certain, cette Bible n'appartint pas à Prémontré dont elle ne porte point l'attache conaue, probante et qui ne manque jamais : la fiche aux armes de ce couvent et au nom du R. P. Lécuy. Si elle provient de Braisne, ce n'est point de l'abbaye de
1. Bull, de la Soc. hist. et arch. de Soissons. T. III, p. 73.
Sa i n t- 1 ved , mais de lu bibliothèque du comte d'Egmont-Pignatelli , dernier seigneur de cette ville et qui, en 1788. fit parlie de l'assemblée provinciale du Soissonnais. Ce sont bien ses armes que nous offre, à l'intérieur de la couverture de deux volumes, une fiche gravée à l'eau-l'orte et dont voici le blason : Deux écussons enveloppés d'un manteau timbré d'une couronne ducale. Premier écu qui est d'EgmODl : Ecartelé au premier et au quatrième de gueules chargé de sept cherrons d'or; au deuxième, d'oraux trois marmites de sable; au troisième, d'argent aux deux fasces bretessées de gueules; sur le tout, parti au premier d'azur, au deuxième d'or au lion de sable. Deuxième écu qui est d'alliance : Ecartelé au premier et au quatrième à la bande d'azur, et au deuxième et nuatrièmc de gueules au lion d'argent. »
Dans son étude de 18Û9. M. de La Prairie avait été frappé de ce fait que ce manuscrit n'était pas, comme son titre semblait l'indiquer, une BÎmple copie de la Bible, mais une traduction, il aurait pu dire libre et trop libre, du texte des Saintes Écritures: texte précédé et suivi de commentaires et de gloses, d'interprétations que le sujet ne semble pas toujours comporter, de souvenirs inspirés par' l'histoire païenne et par la philosophie grecque, de témoignages encyclopédiquei de la science au moyen ùxe. physique, astronomie, géographie, h' tout mêle ii la superstition du temps. Ce bizarre et curieux assemblage avait intéressé le studieux archéologue soissonnais, pendant qu'à l'aide d'une copie pleine de fautes il cherchait ii préciser les dates du travail primitif en latin, de sa traduction en fiançais et de la confection matérielle de la copie elle-même qu'il avait entre les mains.
En tète du premier volume, on lit (elle préface ■ prohesme . i de l'auteur de la traduction •.
«*Cy commence la Bible hystoriaulx ou les tiystoires cscolaslres. C'est le prohesme de celuy qui mist ce livre de latin en francois.
« Pour ce que li deahles, qui cliascun iour empesche, destourbe et enordist lescueurs des hommes par oiseuse et par mil la/, quil a tendu/, pour nous prendre entre nos cueurs. com cil qui oneques ne cesse de gaitier comment il nous puisse mener a pechié pour nos ames mener en son puant enfer avecques luy, est il métier a nous clers et prestres de sainte église qui devons estre lumière du monde, que nous après nos heures et nos oraisons entendons a aucune l>onne n'uvre? Sy que ly pères des dampnés ly deahles, quant il nous vient assaillir de ses ordes temptations, ne nous traisse oiseux , par quoy il ait achoison de légèrement entrer en nos cueurs et nous face cheoir en pechié,
premièrement par pensée et après par euvre. Si devons sur toute bien , fuir oisiveté et entendre touiours a faire aucune bonne euvre qui à Dieu plaise et au deable soit contraire et ennuyeuse. Et pour ce que ly deables, quy moult de fois ma faict pechier par oiseuse, ne puisse mais trouver, mais touiours esloigné d'aucune bonne œuvre quy a Dieu plaise, ai ie, quy suy prestres et chanoines de Saint-Père Daire de l'arceveschié de Tremem 1 , à la loenge de Dieu et de la Vierge Marie et de tous saints, et après au proufit de tous ceux qui ceste œuvre verront, et à la requeste d'un mien espécial amy quy moult désire le proufit de marne (mon âme), translaté les Livres hystoriaulx de la Bible de latin en françois en la manière que ly maistre en traitte en Hystoires Escolatres, en laissant des hystoires ce dont il n'est mie mestier de translater, et suivant plainement le texte des livres hystoriaulx de la Bible. Si prie à tous ceulx quy ces translations lyront que sy il y a aucune chose à reprendre en l'ordenance de romans que ils me aient pour excuse, car, sur l'ame de moy , je ny ai riens mis ne adiousté fort pure vérité, si corne ie l'ay trouvé en latin de la Bible et des hystoriaulx les escolâtres, et quy les vouldroit regarder on y pourroit certainement prouver la pure vérité de toutes les translations, comment je les ay traités du latin mot à mot, ainsi comme ie les raconte. Si rens grâce à Dieu de l'espace de vie et de la santé et de tant de sens qu'il ma presté , tant que jay si grant œuvre et si saincte parfaitte et accomplie. Et prie à tous ceulx quy lorront qu'ils veuillent à Dieu prier pour moy et pour celuy pour qui amour je l'empris qu'il nous veuille tenir en son service et après nous mort nous doint régner avec les saints en Paradis, cil qui vit et règne et régnera sans fin par les siècles des siècles. Amen.
« En l'an de grâce mil CC quatre vins et onze, au mois de iuing auquel je suis nés, et en quarante ans accomplis, commençai-ie ces translations, et les eus parfaittes en l'an de grâce mil CC nonante et un, ou iour saint Remy, fu ie esleus et fait doyen de Saint-Pere Daire dont ie estoie chanoisne , si comme devant est dit. »
L'examen du « prohesme » de la Bible historiaulx de Soissons conduisit tout d'abord M. de La Prairie à affirmer qu'elle avait pour auteurs à la fois un écrivain qui l'avait rédigée en latin et un traducteur-commentateur qui l'avait « translatée » de latin en français; que le premier avait été doyen de Trêves, et le second prêtre-chanoine, puis doyen de « Saint-Père Daire; » enfin qu'on pouvait considérer la date d'octobre J 291 comme celle de la fin du travail de traduction, bien qu'il fût assez difficile de comprendre comment, si cette œuvre immense avait été commencée au mois de juin de la même année, elle avait pu être menée à conclusion en si peu de temps, c'est-à-dire en quatre à cinq mois.
Il existe à la Bibliothèque Impériale plusieurs copies de la Bible historiaulx ; elles