‹ Les manuscrits a miniatures de la bibliotheque de SoissonsChapitre 20 sur 25 · Aire, ville de l'Artois, département du Pas-de-Culais · texte numérisé non relu

Aire, ville de l'Artois, département du Pas-de-Culais

Quoi qu'il en soit, et pour en revenir au grand nombre d'exemplaires de la Bible hystoriaulx ou écolâlre, à elle seule la Bibliothèque Impériale en possède six, tous manuscrits in-folio majeur comme celui de Soissons; tous comme lui écrits pendant le cours du xive siècle, de l'avis des plus habiles paléographes, les Paulin Paris, les Leroux de Lincy, les Delisle; tous comme lui ornés, absolument dans le même style, de miniatures nombreuses, vignettes et initiales ; tous comme lui commençant par le « prohesme » que j'ai textuellement reproduit plus haut : « Pour ce que li déables, etc.; » tous portant la mention de l'époque exacte à laquelle fut terminée l'œuvre du traducteur. Les manuscrits de Paris me fourniront bientôt l'occasion de prouver combien est fautive la version de Soissons sous ce rapport. Ils figurent au catalogue de la Bibliothèque Impériale sous les numéros 6702, 1 vol. ; — 6702 (3 et 4), 2 vol.; — 6703, 1 vol. ; — 6704, 2 vol., avec la mention que ceux-ci ont appartenu aux ducs de Bourbon, Jean II (m. en 1456), et Pierre II (m. en 1513) ; — 6705, 2 vol.; — et 6705 (nos 3 et 4) , 2 vol. *.

Dans les manuscrits 6702, 6703, 6704 et 6705, le traducteur n'est pas nommé; mais on trouve le nom de Guyart Des Moulins dans le prohesme des manuscrits n"s 6702 (3 et 4) et 6705 (3 et 4).

J'ai dit que les deux dates si voisines de juin 1291 et de la Saint- Remy (octobre) de la même année ont singulièrement gêné M. de La Prairie dans les notes qu'il communiqua, en juin 1849, à la Société de Soissons et où il retranscrivait ainsi ces mentions d'époque telle qu'il les lisait sur le manuscrit n° 198 : « En l'an de grâce mil CC ( quatre vins et onze, ou moys de iuing ouquel je fus nés, et en (pour axjant) quarante « ans accomplis. Commençoi-ie ces translations et les eus parfaittes en l'an de grâce « mil CC nonanle et un, ou iour sainct Remy, fu ie esleu et fait doyen de Saint- Pere « Daire, etc. » Il ne faut pas noter là seulement des fautes d'une ponctuation qui, d'ailleurs, ne paraît pas avoir encore, en ces temps reculés, de règles sûres et de méthode, mais une lourde faute d'attention à la charge du copiste du manuscrit soissonnais, faute que nous révèle la lecture des dernières lignes du prohesme du manuscrit (5702 de la Bibliothèque Impériale. Celui-ci contient en effet tout un membre de phrase passé dans la Bible n° 198 de Soissons. et je lis dans ce manuscrit 6702 de Paris cette

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