‹ Les manuscrits a miniatures de la bibliotheque de SoissonsChapitre 22 sur 25 · LS · texte numérisé non relu

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Olle de I ouvrage de Pierre Comestor par Guyart Des Moulins ile\ait lès faire oublier toutes. Pendant longtemps, elle remplaça le texte même des Écritures; on la copia et recopia partout pendant plus de cent ans, ce qui explique la présence de m\ exemplaires du seul format in-folio majeur rien qu'à la Bibliothèque Impériale. 11 n \ ;i peut-être pas, dit M. Leroux de Lincy, une bibliothèque de province possédant des manuscrits français du moyeu âge qui n'ait un exemplaire de la traduction de Guyarl Des .Moulins.

Il n'avait pas voulu seulement faire oeuvre de translateur, quoiqu'il affirme, dans son prohesme, qu'il n'a fait que suivre « ly maislre en bystoires escolatres et plainemenl '( le texte des livres hystoriaulx de la Bible. » Il ne faudrait pas l'en croire sur parole (le prétendu traducteur, ainsi que le démontrent l'alil>é Hive et M. Leroux de Line \ . ne se gêna pas pour substituer fréquemment ses interprétations à celles de son de\anciei et pour changer parfois l'économie du travail de celui-ci. Il \ lit entrer certaines parties que Pierre Comestor n'avait m commentées, ni même insérées dans soc livre, pai exemple les Paralipoinenes . Esdras, le Livre de Job, le> P>auiues de David, les Paraboles de Salomon, les Prophètes, les Kpilres de saint Paul et l' Apocalypse.

Est-ce à lui aussi, ou bien a l'auteur de la copie de SoissOOS, qu'il faut attribue! L'intercalation d'hymnes, du symbole de saint Athanase et de litanies (pie M. de La Prairie signale à la suite des psaumes?

Quelle est la date de cette copie? A certains ornements d'architecture, le Bavant président de la Société de Soissons croit reconnaître le \\ siècle, même fort avance. Je ne puis partager cet avis, et j'attribue l'écriture et l'illustration du manuscrit en question au XIV* siècle. C'est le style de cette époque, c'est sou dessin, c'est sa couleur; ce sont se> fonds quadrillés de miniatures, ses costumes, son architecture militaire. Au x\ siècle, les miniaturistes oui abandonné, pour d'autres motifs plus compliqués et autrement dispose?, et variés, ces bordures courantes et banales a branches de lierre, dont ma Planche l 'i montre l'emploi abusif et monotone qui dure déjà depuis le mu' siècle.

J'ai peu il dire, d'ailleurs, des miniatures elles-mêmes. Biles ne sni lent en iien de ce (pie toute une époque a fait. Avec beaucoup de finesse, de la sécheresse même, ce «pu tient à l'emploi du trait délimitatif à la plume et il l'encre noire, elles n'ont rien qui les mette en vif relief. L'équivalent est partout. Certaines copies de la même traduction, a

la Bibliothèque Impériale, dépassent de beaucoup celle-ci, dont la grande miniature en tète de la Genèse a même singulièrement souffert. Je signale cependant comme une belle page le quadruple dessin réuni dans le cadre de branchages et qui ouvre les Paraboles de Salomon. J'en donne une portion en ma Planche Une autre grande miniature, représentant toutes les tribus qui ont pénétré dans la Terre Sainte, mérite aussi d'être signalée pour sa composition originale, son agencement, sa dimension et sa conservation. Celle de l'évangile de saint Matthieu manque.

Les dessins de détails foisonnent. Il en est beaucoup de médiocres. Il faut, d'ailleurs, remarquer que le miniaturiste ne s'est pas toujours inspiré des passages les plus saillants des livres ou des sujets qu'il illustrait, ce qui le fait tomber dans la banalité. Le peu de distinction de l'écriture aussi autorise à croire à un travail fait ou précipitamment ou par des artistes de second ordre.

De grandes et belles majuscules, mais d'un type trop connu, accompagnent chaque miniature, et des initiales de moindre taille, bordées de feuillages, parsèment le texte.

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