Tome II, p. 106, Pl. M
(Planche 16.)
Le Pèlerinage de la rie humaine, Le Pèlerinage de Vâme* I *« * t i i in-folio sur vélin. Appartenait à Prémontré.
C'est une des nombreuses copies «In poème m\stico-religieux <pie (iuillanine de Guilleville*, moine et ensuite prieur «le l'abbaye de Chàlis, au diocèse deSenlis. ecriMl. de 1330 à 1358, à l'imitation du célèbre roman de la Rose. La Bibliothèque de Soissone ne possède pas l'œuvre originale écrite en vers el remaniée par l'auteur lui-même danla première moitié du \iv' siècle, ni même la première traduction qu'à cent ans de là environ il l/|3.r)), un chanoine de Saint-Louis de la Saulsaie. au diocèse d'Kvreux .
lit et dédia à Jean, duc de Bedlord. >< oncle du roi et régent de France, ainsi que le constate une dédicace qui se lit en tète du manuscrit n" (i'JHH de la Bibliothèque Impériale, (V Pèlerinage de l'âme et delà ne humaine, ijrand in-folio sur velin . écrit h illustre il la fin du xiv" siècle2.
Le chanoine de Saint-Louis de la Saulsaie n'avait livre au public que la première partie du livre de Guillaume de Guilleville, te Pèlerinage de la ru- humaine. En
1. Morori, dans son Dictionnaire historique, t. V, ••.lit. de 1 7.V.», dit : Guillaume do Guilleville, moine de Cltcauv « vers l'an 1321, est OOflDU sous le nom de de (iuillevillA et de de Carolarn, paire qu'il fut moine de Chalis. »
2. Ce. n'est pas le seul exemplaire du livre de Guillaume de Guilleville que possède la Bibliothèque Impérial' M. Paulin Paris, dans son livre remarquable les Manuscrits français île la llihlwtliè<iiie du roi. tomes III, IV et V, ni signale plusieurs antres tout aussi beaux : n" l>W2, in-folio majeur, xiV si«V|e; 012, petit in-folio; 7210, in-i, daté <li 1393 ; 7210 bis, grand in-i, fcrtl en I (IV par Gaultier le Lièvre, de Lepore, et 7311, çrniid in-l, du W siècle aussi.
un prêtre d'Angers reprit l'œuvre et l'acheva en « convertissant de ryme en prose françoise, » travail qui lui donna peu de peine, on le verra, la deuxième partie, le Pèlerinage de l'âme, et une troisième suite, le Pèlerinage de Jésus-Christ, qui ne se trouve pas dans le manuscrit soissonnais, omission peu regrettable d'ailleurs, s'il faut en croire l'abbé Goujet qui a consacré à Guillaume de Guilleville une intéressante notice1, car cette dernière partie manque complètement d'invention, je ne dirai certes pas d'intérêt; c'est l'histoire en vers de la vie de Jésus-Christ jusqu'à la descente du Saint-Esprit. Les faits, empruntés aux quatre textes des Evangélistes , sont semés de réflexions morales, saupoudrés d'originalités et de traditions bizarres que l'époque comportait et explique. Le manuscrit de Soissons commence par cette dédicace :
« Jhesus, Maria. — En l'honneur et gloire de Dieu tout puissant et pour obéir à la requeste de très haulte et excellente princesse et ma très redoubtée dame Jehanne de Laval, par la grâce de Dieu royne de Jhérusalem et de Sicille, duchesse de Bar et comtesse de Provence2, je très humble clerc, serviteur et subject d'icelle dame, demeurant à Angiers, indigne de moy nommer pour évader gloire vaine, réputant Iadicte requeste pour espécial commandement, me suys mis à convertir de ryme en prose françoise le livre du Pellerinage de la vie humaine, et y commençay-je au mois de février en l'an qu'on disoit mil quatre cens soixante quatre, soubz la noble correction et bénigne interprétacion de Iadicte dame et de tous aultres qui mieux le sauront, s'il leur plaist, disposer et amender, et le porsuivant à mon povoir, principalement la sentence et l'entendement de l'acteur du celuy livre qui fut notable clerc et religieux nommé frère Guillesme de Guilleville3, en l'abbaye de Chaalis près la cité de Senlis. »
Vient ensuite le prologue que le manuscrit 6988 de la Bibliothèque Impériale, image fidèle de la première pensée de l'auteur, nous donne en ces termes :
A ceulx de ceste région Qui point n'y ont de mansion, Ainsi sont tous, com dit saint Pol, Riche, povre, sage et fol, Soient roys, soient roynes, Pèlerins et pelereines, etc.,