Cf. avec le n° [CVI
3. A la fin du volume se trouvent des notes additionnelles du xvie siècle relatives à la famille des Fontenailles, seigneurs d’Auber et de Marigny ou Marigné.
Limbourg s’est fait sentir même en province, loin de la capitale, et jusqu’à une époque assez tardive. On peut constater le fait à Cheltenham, dans un nouvel exemplaire de la Traduction française de Tite-Live, par Pierre Bersuire, en un très gros volume in-fol. à deux colonnes (n° 266), relié aux armes de la Vieuville et qui paraît avoir figuré à la vente Chardin. Une longue note contemporaine placée à la fin du volume le rend très précieux. On y apprend, en effet, que le manuscrit a été terminé en 1440, qu’il a été exécuté pour un personnage appelé Jean de Vy, que 1 on sait d’autre part avoir été échevin de la ville de Metz, et enfin que le copiste qui l’a écrit s’appelait Jehannin de Rouen, et 1 auteur des nombreuses miniatures qui l’illustrent maître Henry d’Orquevaulz. Bien plus, la dernière peinture du livre, qui est divisée en deux registres superposés, nous donne les effigies, marquées d’un caractère d’individualité très accentué, de ces trois personnages : en haut le possesseur à genoux, en prière devant la Vierge, reconnaissable à ses armes : d’or à la bande de sable chargée de trois châtelets d’argent; en bas, l’écrivain et le miniaturiste assis chacun à leur table de travail. La miniature ou maître Henry d’Orquevaulz s’est ainsi représenté en personne est, jusqu a présent, le plus ancien exemple à date certaine qui ait jamais été signalé d’un portrait d’artiste français peint par lui-même. Par malheur, le miniaturiste dont le nom, les œuvres et jusqu à la physionomie nous sont ainsi révélés n’est, compare aux véritables maîtres comme les frères de Limbourg, qu un praticien de second ordre. Au point de vue de l’art proprement dit, ce manuscrit laisse à désirer ; mais il n’en constitue pas moins un monument du plus haut intérêt pour l’histoire de l’art en Lorraine au moyen âge 1 .
La série des volumes enluminés notés par moi comprend encore deux manuscrits qui sont contemporains de l’epoque où florissait l’école des Limbourg, mais qui ne s’y rattachent en aucune façon.
[XXXV]. Un exemplaire de la version latine du Songe du Vergier, petit in-fol. à deux colonnes (n° 253), avec deux peintures très faibles.
[XXXVI]. Et le Roi Modus (n° 3641), petit in-fol. de 0m295