M. Ghuyer, op. cil., p. ig
6. ld., p. 198. « On sait que ce fut Torcy, le neveu de Colbert, qui présida à l’inventaire des tableaux de Gaignières
facile de voir que la forme bien interprétée de la barbacane et la lecture des lettres inscrites viennent se combiner pour donner le nom de Antoine. En effet, le corps trapéziforme de l’engin donne A; N se lit; T est formé par l’appareil, et sa barre par la tringle supérieure; O est représenté par le nœud de la cordelière qui contient l’I ; N et E se lisent'.
Nous ajouterons, pour en finir avec les marques singulières qu’on peut relever sur les manuscrits ayant appartenu au Grand Bâtard, que le Ms. Harley 2967 du British Muséum, Missel avec calendrier, est le plus personnel des volumes exécutés pour ce grand seigneur. Il contient à profusion toutes les particularités que nous venons de signaler, devise, emblème, livrée, etc. Mais en plus il nous montre, peint de plusieurs couleurs et d’une façon évidente, un motif qu’on retrouve souvent dans quelques autres des manuscrits d’Antoine, mais dessiné d’une façon plus discrète. Si nous en parlons, c’est qu’à notre connaissance il n’a jamais été signalé et qu’il figure dans le second volume de la Cité de Dieu de Turin, parsemé dans toute la bordure. Il consiste en une sorte de tronc écoté, branche d’arbre avec rameau coupé, les deux bouts taillés en biseau. En terme héraldique, c’est un chicot , mais, en réalité, nous pensons qu’il représente un des montants de la croix de saint André. Nous savons que les princes de la maison de Bourgogne avaient ce saint pour patron et qu’ils lui marquaient une dévotion particulière. Philippe le Bon, Charles le Téméraire, le Grand Bâtard et les grands seigneurs de leur temps portaient les insignes de cette croix sur leurs bannières3.
Mais revenons au manuscrit de Turin. Le Grand Bâtard le conserva avec ses autres livres dans sa bibliothèque de La Roche en Ardennes, où il resta probablement jusqu’à l’époque où, comme nous l’avons dit plus haut, une vente dispersa aux quatre coins de l’Europe les richesses qu’elle contenait 3. Il arriva plus tard dans la librairie ducale des princes de Savoie, et c’est en 1720 que Victor-Amédée II en fit distraire le premier volume qui prit place dans la bibliothèque de l’Université4. On sait le triste sort qui lui était réservé.
Miniatures . — Au nombre de 22, une en tête de chaque livre, elles occupent à peu près la moitié de la page. Elles sont entourées d’un petit cadre de o"’,020 de largeur, qui les isole de la large bordure du feuillet. Cet encadrement est rempli d’ornements coloriés, qui varient, à chaque livre, pour chaque miniature. Ces peintures sont
en juillet 1717 et qui apposa son cachet au clos de ces toiles ». Voir notre Planche XLIH , a, qui a été photographiée sur le Recueil P C 18, fol. 3o, de la Bibl. Nat., Cabinet des Estampes, Armoiries et Devises des rois et seigneurs français.
1. On remarquera que, sur les sept lettres qui forment le nom d’ Antoine, cinq sont inscrites et deux sont figurées. Le choix de ces cinq lettres ne peut être un effet du hasard.
2. Cf. Mémoires de Jean de Haynin dans Documents historiques inédits, publiés par M. Champollion-Figeac, tom. III, pp. 486 et 487- « Les archers de corps du conte de Charolais avoient une croix de sainct Andrieu de deux bastons neutilleux {noueux] dedans un fusil et C et Y es deux cotés dudit fusil, tout d’orfaivrerie. Ceux du seigneur de Ravestein avoient palloz tout rouges, atout la croix de Sainct Andrieu blanche. Ceux du bastart de Bourgogne avoient paltoz rouges atout la croix de sainct Andrieu blanche ». Ceux du comte de Saint-Pol n’avaient pas la croix de saint André, mais, ce qui confirme notre dire, l’auteur signale ce fait comme une anomalie. Dans le Ms. 5io4 de la Bibl. de l’Arsenal, Instruction d'un jeune prince, exécuté pour Charles le Téméraire, nous voyons la croix de Saint-André, au fol. 5, et au fol. 66, dans l’initiale, les deux basions neutilleux. Enfin, dans le Ms. franc. 9198 de la Bibl. Nat., Miracles de Notre-Dame, on voit, au fol. 1, le duc Philippe présenté à la Vierge Marie par son patron et par saint André. Ce dernier, protecteur de la famille, est à genoux devant sa croix en sautoir, qu’on a appelée aussi : croix de Bourgogne.