‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 146 sur 272 · Vite di uomini illustre del secolo XV (éd. 1859), p · texte numérisé non relu

Vite di uomini illustre del secolo XV (éd. 1859), p

4. Nous y trouvons les armes et même le nom d’Inigo d’Avalos : Ms. Harlev, 33o5, Aristotelis Ethica, per Leonardum Aretinum traducta. « Iste liber datus fuit mihi Ynico de Davalos per spectabilem Jacobum de Ardiciis, ducalem Camerarium, die Jovis 27 Aprilis anno i44o ». Le Ms. Add. xi 951, Quinliliani Declamationes, sur vélin, de style espagnol, porte les armes des d’Avalos.

5. Cf. Léon Dorez, Les Manuscrits à peintures de la bibliothèque de Lord Leicester, à Holkham Hall, Paris, Leroux, 1908, in-fol., p. 68. L’auteur cite trois manuscrits ayant appartenu à don Inigo.

Notre présent exemplaire de la Cité de Dieu se retrouva plus tard dans la bibliothèque du Duc de Sussex, et c est en 1844, à la vente de cette collection célèbre, que le British Muséum en fit l’acquisition.

PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, MSS. FRANC. 18 et 19. i473

Saint Augustin, la Cité de Dieu.

Traduction et Commentaibes de Raoul de Pbaelles.

VOIR PLANCHES XLVII à LXIX incluse.

Description generale. Deux vol. très gr, in-fol. Très beau vélin. Dimension des ff. : H. o ,5ioxom,370. Justification : om, 350X0”, 235. 2 colonnes avec o“,023 d’intervalle : 56 lignes.

Le Ms. 18 contient les dix premiers livres du traité, précédés des prologues, de la table des chapitres, de l’extrait des Rétractations et des explications de Raoul de Praelles. Il comprend 2 ff. blancs, 252 numérotés en chiffres romains rouges, dont le premier est A, le second 1 et le dernier 25i, et 2 ff. blancs. Le fol. 1 (deuxième écrit) commence par ces mots : « corporaulx ou est consacré » et le 25 1* par : « droit. Car telles choses ».

Le Ms. 19 contient les douze derniers livres du traité, précédés de la table des chapitres et du prologue du Liv. XI et comprend 1 fol. blanc, 254 ff- numérotés de la même façon et 1 fol. blanc. Le fol. 2 commence par ces mots : « Le premier chapitre » ; le fol. 3 par . « icelle vérité » et le fol. 254 par : « de ces deux aages ».

Collation. — Cahiers de 8 ff., avec réclames en grosses lettres.

Reliure. — Maroquin rouge avec trois filets d’or et, sur les plats, les armes de France. Titre : La Cité de Dieu | Tome I; idem, Tome II, avec des fleurs de lis entre les nervures; xvm siècle. Les armes de Malet de Graville sont peintes sur les tranches latérales.

Ecriture. — Réglée rouge, en lettre de court, très claire et très régulière'. Titre courant en lettres rouges. Les en-tête des livres, des chapitres et des expositions sont écrits en rouge et tous les noms propres sont soulignés d’un trait de cette couleur. Sur le premier folio de garde du Ms. 18, on lit la mention suivante, d'une écriture du xvu siècle : Ms. de la Bibliothèque de Messire Charles Maurice Le Tellier , archevesque Duc de Reims , R. 67tS.2. Et, à la fin du fol. a5i, cette note : « Explicit ’decinms liber de civitate dei, deo gracias. 1469 ».

Sur la garde du Ms. 19, d'une écriture du xv' siècle1 : Ce deux'“ mlume de Saint Augustin de la Cite de Dieu, contenant XII hures et la fin du dit liure, est a mov ; sur

.. Nous savon» par un passage dune lettre de Robert Gaguin à Charles de Gaucourt, que nous transcrivons plus loi. que Gaucourt avait déjà employé un jeune scribe, nommé Noël, pour lui copier un exemplaire de Justin. Ce jeune homme' dont Gaguin déplore la nonchalance, est-il l'auteur du présent manuscrit? C'est ce que nous ne pouvons affirmer car le Justin, qui nous servirait de point de comparaison, n’a pas été identifié jusqu’à présent.

2. D’après M. Thuasne, Revue des Bibliothèques, janv.-fév. 1898, p. Si, cette note serait de la main de Charles do Gaucourt. La suite a été grattée. Nous avons rencontré cette écriture sur quelques manuscrits ayant appartenu à Pierre 11

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le premier folio de garde, la même mention de possession de Le Tellier, avec B. 6712.3 et à la fin, en rouge, la note habituelle relative à la translation de Raoul de Praelles.

Initiales. — Peintes en tête des livres, elles sont tracées en couleur sur fond or et leur intérieur est parsemé de feuilles vertes et de fleurs multicolores. Elles n’ont aucune attache avec la bordure et sont moins importantes au tome II qu’au premier. Les petites initiales au commencement des chapitres et des expositions, plus petites et plus simples, sont peintes en or sur fond de couleur.

Bordures. — Elles entourent tout l’encadrement des miniatures et sont composées d’un léger semis de petites fleurs multicolores à points d’or, au milieu desquelles se détachent d’élégants rinceaux et des festonnages en or et en couleur. Des arbres, des animaux et des grotesques sont peints sur ce fond varié et souvent placés sur un petit tertre de verdure.

On distingue, répété à profusion, en général trois fois par feuillet, l’écusson : de gueules a trois fermeaux d'or , 2 et i, de Malet de Graville, en surcharge sur celui de Gaucourt, dont on remarque encore, aux feuillets de tête des Liv. VII, IX, X, XI, XIX et XX, les 2 bars adossés , de gueules. On aperçoit même, sous un grattage imparfait, la devise des Gaucourt : A la première, dans les marges des feuillets de tête des Liv. X et XXI. Enfin, on rencontre au commencement des Liv. VII, IX et X, les initiales A et C d’Agnès de Vaux et de Charles de Gaucourt, reliées par un lacs d’amour. Sur d’autres feuillets, ces lettres ont été grattées et le nœud a subsisté, quelquefois surchargé d’une ancre, comme aux Liv. XI, XIII, XVI, XVII, XVIII, XIX, XX et XXI. Quelques feuillets ne portent que les armoiries. Ajoutons que la miniature du fol. 3 v° du tome I est la seule qui, vu ses grandes dimensions, n’ait pas de bordure et qui, par conséquent, ne présente ni armes, ni lettres, ni emblèmes.

Provenance. — Les initiales A et C presque effacées que nous avons signalées dans les bordures, ainsi que les traces de la devise : A la première ', s’appliquent à Charles de Gaucourt et à Agnès de Vaux, sa femme, et indiquent que ce personnage a possédé le manuscrit. Mais le fait que cet exemplaire fut exécuté à son commandement a été mis en lumière d’une façon indiscutable par M. Louis Thuasne’. En effet, dans ses recherches sur Robert Gaguin1 2 3, cet érudit a découvert la lettre que le ministre des Tri-

1. Celte devise se trouve dans un exemplaire de la Légende dorée, Ms. fr. 184 de la Bibl. Nat., accompagnée de l’écu de la maison de Gaucourt : semé d'hermines, à 2 barbeaux adossés de gueules.

2. Louis Thuasne, François Foucquet et les miniatures de la Cité de Dieu de saint Augustin, article paru dans la Revue des Bibliothèques, nos 1 et 2, janvier-février 1898, pp. 33-oj, el Roberti Gaguini Epistole et Orationes, Paris, Bouillon, 1904, 2 vol. in-120.

3. Robert Gaguin (i433-i5oi), ministre général de l’Ordre de la Trinité, fut un des champions les plus déclarés de la Renaissance. « Son importance particulière dans l'histoire de l’humanisme français à la fin du xvc siècle tint bien plus à l’action qu’il exerça pendant un quart de siècle sur les esprits de son époque et à l’impulsion qu’il sut donner aux études, qu’à la valeur intrinsèque de ses propres œuvres ». (Thuasne, Epislole, tom. I, p. 161.) Vers 1468, il passa de la ministrerie de Verberie à celle de Tours et c’est alors qu’il dut faire connaissance avec les artistes de la célèbre école de cette ville et entrer en relation avec Maître François. La biographie de Robert Gaguin a été écrite par M. Thuasne en tête de son livre Epistole et Orationes avec une abondance de sources qui fait de cette étude un travail très remarquable. Nous y renvoyons le lecteur. On y verra qu’outre le Justin, que Gaguin avait fait exécuter par le scribe Noël pour Charles de Gaucourt, il avait fait copier un Lucain pour Jean de La Driesche, contrôleur des comptes du trésor (p. 43).

Nous connaissons un manuscrit qui lui a appartenu et qui porte des notes marginales et des inscriptions de ce religieux. C’est le Ms. iyi5 de la Bibl. Mazarine, Régula fralrum sancte Trinilalis et Captivorum, etc. Le fol. 12 contient la signature de Robert Gaguin et le fol. 1 54 v° cette mention : « Robertus Gaguinus, major minister, i483 mensis aprilis die décima quinta, hoc scripsit, anno undecimo sue majoritatis. Spes mea Deus ». La miniature du fol. 1 représente un Mathurin, avec la croix pattée rouge et bleue, adorant la Trinité, qui paraît être Gaguin. Il est encore représenté au fol. 1 du Ms. franç. 728 de la Bibl. Nat., Commentaires de César, en costume de général de l’Ordre de Sainte-Trinité et Rédemption des captifs chrétiens, robe blanche, croix pattée rouge et bleue sur la poitrine, présentant son manuscrit au petit roi

nitaires écrivait à Charles de Gaucourt', son ami, et dont les termes ne laissent pas de doute à ce sujet.

De cette missive nous ne retiendrons que les passages qui nous intéressent : « Robert Gaguin à Charles de Gaucourt, chevalier doré, salut. Les indications des mi- « niatures et l’agencement des « hystoires » , que vous avez commandé de peindre aux « livres de la Cité de Dieu , ont été remis par nous au célèbre peintre François qui « les a exécutés dans la perfection, comme il s’y était engagé. C’est en effet un artiste

« si parfait dans l’art de peindre qu’Apelles s’inclinerait à bon droit devant lui

« Vous êtes heureux; votre fils ne l’est pas moins, qui vient d’être promu à l’évêché « d’Amiens — Adieu, homme très noble. Parisiis, xiiij Kal. Septembris2. »

Il résulte de cette lettre que le manuscrit, dont le premier volume était déjà copié en 1469, d’après la note rubriquée que nous avons signalée plus haut, venait d’être décoré de ses peintures par un peintre nommé François à la date du 19 août 1 473. En effet, c’est bien l’année 1 473 dont il s’agit, puisque c’est par une bulle du 5 juillet que Sixte IV nommait évêque d’Amiens Jean de Gaucourt, fils de Charles de Gaucourt, chanoine de la cathédrale d’Amiens, protonotaire apostolique et maître des requêtes3.

Charles VIII. Nous le retrouvons dans la miniature de présentation du même ouvrage de la Laurentienne, reproduite par Eugène Müntz, dans La Renaissance en Italie et en France , p. 476. Ces trois portraits sont contemporains de Gaguin. Nous devons aussi avoir un portrait plus ou moins ressemblant de Gaguin, ainsi que des courtisans qui entourent le jeune roi Charles VIII, dans la gravure de présentation qui orne le second feuillet de l’édition, sans date, sortie des presses de Pierre Levet, des Commentaires de Jules César , traduits en français par notre religieux. Il est représenté à genoux, portant la croix pattée sur la poitrine en sa qualité de ministre général de l’Ordre de Sainte-Trinité et Rédemption des prisonniers chrétiens. (Voir Claudin, Histoire de /’ Imprimerie en France, tom. I, p. 4 17.)

L’effigie de ce religieux paraît encore dans Portraits et Vies des hommes illustres d’André Thevet, Paris, 1 584, p- 53o, en buste tourné à gauche, habit ecclésiastique, croix pattée. Cette gravure a été exécutée d’après le portrait en tapisserie que Gaguin avait fait faire et qui était conservé dans la Maison des Mathurins; elle a été reproduite dans la Chronologie Collée, Bibl. Nat., Dép‘ des Estampes (Ne 45), p. 4i8, n° 47- (Voir Thuasne, op. cil., tom. I, p. 146, note.)

Enfin, nous verrons tout à l’heure, dans la miniature du Liv. X du Ms. 18, que nous décrivons, un Trinitaire, à qui le peintre, guidé par Gaguin, a pu donner ses traits.

1 . Charles de Gaucourt, d’une ancienne famille du Berry, était fils de Raoul VI de Gaucourt, le célèbre grand-maître de l'hôtel sous Charles VII, et de Jeanne de Preuilly. Il était seigneur de Gaucourt, d’Argicourt près Montdidier, de Châteaubrun en Berry, de Robais, de Manicamp près Chauny, de Naillac, vicomte d’Acy. Le roi Louis XI le fit chevalier à Reims le jour de son sacre. Il le nomma conseiller et chambellan, le combla de faveurs et le chargea de nombreuses ambassades. En 1 47 1 » il lui commanda, comme gouverneur d’Amiens, d’approvisionner et de fortifier la ville. Le 21 juin i473, par lettres datées d’Angers, il le commit au gouvernement de Paris avec le titre de lieutenant général. C’est en cette qualité qu’il conduisit au Louvre le Duc d’Alençon, qui venait d’être fait prisonnier. Puis, il fut envoyé en 1 47^ avec Bourré à Perpignan. Il reçut l’ambassade du Roi d’Aragon, fit visiter Paris au Roi de Portugal, en 1476, et l’année suivante procéda aux enquêtes préparatoires contre le Duc de Nemours. En 1482, il succomba à une maladie « de fievre et de raige de teste », épidémie qui fit de nombreuses victimes. « Il estoit ung beau et honneste chevalier, beau personnaige, saige homme et grand clerc ». Il fut enterré dans l’cglise de Saint-Jean-en-Grève. Il avait de grandes terres en Tardenois et en Vermandois, pour lesquelles lui et son fils soutinrent de nombreux procès. Il avait épousé, en i454i Agnès, dite Collette, de Vaux, morte en 1 47 * » fille de Jean de Vaux, seigneur de Saintines, et d'Anne Le Bouteiller, qui lui donna quatre fils et trois filles.

2. Voici le texte complet de cette lettre importante, tel qu’il a été publié par M. Thuasne aux pages 225-228 du premier volume de son ouvrage, texte que nous avons collationné sur le Recueil imprimé à Paris, par André Bocard, en «4981 fol. XIIII v°, où il occupe 22 lignes : « Robertus Gaguinus Carolo Gallicurto, equiti aurato. S. Liniamenta picturarum et imaginum rationes, quas libris de Civitate Dei prepingendas jussisli, a nobis accepit egregius pictor Franciscus, easque, ut ceperat, perpolitissime absolvit. Is enim est pingendi lam consumatus (sic) artifex, utillijure cesserit Apelles. Justinum praeterea omnem jamdiu complevimus; quem si Natalis tuus ad umbilicum perduxit, non satis scio. Adolescens in aliud forte raptus, labori parcit et tibi minime est obsecutus. Res autem tuas bene disponi omnes ipse desidero, quas audio meliores in dies fieri, quas, ut benigna et arridens tibi fortuna levât et auget, ita perpetuo foveat velim. Itaque non male esse rebus publicis speramus, donec tuis dirigentur consiliis et virtute. Nam praeter tuum ad litteras sempiternum amorem, probitatem quoque et tuam constantiam novi. Quare perge, et Deo in primis rationique obtempéra. Tibi cornes assit Justicia, quam nullus releget metus, nulla ira obnubilet, nulla inflectat cupiditas. Tibi bene est; filio preterea tuo bene cessit quem Ambianorum pontificatu illustratum habes. Itaque tuis fortunis congratulor : unum te oro, familiaribus me ennumera tuis; impera que facta a me voles, audiam et parebo. Vale, generosissime vir. Parisiis, xiiij Kal. Septembris ».

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