MINUS ENIM PUGNAT PRO EIS
2° A gauche, le roi Pharaon, robe bleue et manteau violet, est assis sous un dais d’or doublé d’étoffe rouge. Joseph, debout, lui présente Jacob par ces mots : IIic est pater qui me genuit. Les quinze autres membres de la famille sont à genoux à la suite les uns des autres. Riches costumes. Au fond, balustrade bleuâtre.
3° Faustus est représenté en brun, quatre fois répété. En dernier lieu il a une calotte et des chausses rouges. Il paît ses troupeaux sur le Janicule, il laboure
la terre, et découvre les deux enfants allaités par la louve; il vient les apporter à Rhéa, couchée dans son lit, sous une couverture brune, et assistée d’une servante qui lui apporte un verre de vin. Elle accueille avec compassion Romulus et Remus. Au fond, dans le cadre vaporeux d’un délicieux paysage, on distingue une cité, baignée par les eaux d’un fleuve, qui semble avec ses monuments et ses coteaux être la ville de Tours. Elle reparaît dans les autres miniatures sous différents aspects, avec une église, une tour massive carrée et deux donjons.
LIVRE VI. — fol. 166. — H. om,3i5xon,,232. — L’ empereur et les philosophes. Prières aux divinités païennes. — ( Planche XLIX). Deux registres.
i° La scène représente une grande salle, sans colonnes, aux parois de marbre brun, dont le sol est revêtu de dalles vertes. Assis sur un trône, sous un dais rouge broché d’or, Octavian* en habits impériaux, robe bleue et manteau violet doublé d’hermine, assiste, entouré de ses serviteurs, à une discussion théologique à laquelle prennent part Marcus Varro, en violet; Tullius Ctcero, en bleu; et S. Augustin, en rose. Le premier dit : Dii dant bon a celestia; à quoi Cicéron ajoute : Dii dant bona temporalia ; et le saint évêque, suivi de son acolyte, réplique : Deus solus dat
BONA TERRESTRIA ET CELESTIA. Puis il ajoute : OmNES DU
gencium demonia*. A droite, par une fenêtre, on aperçoit le Seigneur en buste, entouré de la troupe rouge des Chérubins. Au premier plan, grignolte un petit singe qui porte un collier, relié par une chaîne à un cylindre en bois, appareil destiné à entraver sa fuite6.
2° Le deuxième registre a trait au chap. 1 du Liv. VI, dans lequel saint Augustin se rit de cette multitude de dieux plébéiens dont, selon Varron, les Romains imploraient la puissance, dans les détails de la vie de chaque jour. Ces dieux, en effet, étaient réputés détenir une parcelle du pouvoir suprême, et c’était à eux qu’il était de mode de s’adresser plus spécialement
Toute l’histoire de Loth est racontée par Raoul de Praelles dans ses Explications du chap. xxx du Liv. XVI. Ce qui prouve que Gaguin dans le choix de ses histoires n’a pas toujours suivi l'ordre des livres.
1. On se demande pourquoi le peintre, qui s’est inspiré du Liv. II des Métamorphoses d’Ovide, a introduit ce troisième registre. Saint Augustin, en effet, ne parle pas de la fable de Phaéton et Raoul de Praelles n’en dit que quelques mots dans ses Explications du chap. n du Liv. IV et du chap. x du Liv. XVIII, en renvoyant au chap. x du Liv. I de YOrmeste d’Orose. A qui faut-il attribuer ce rapprochement, si ce n’est au savant Gaguin qui avait dû lire le poème intitulé De Sodoma, dans lequel on voit le mythe antique de Phaéton associé à l’embrasement de Sodome, comme expression de la vengeance divine, s’exerçant contre la perversité des hommes? L’auteur a placé la fable d’Ovide comme pendant à l’épisode chrétien. (Voir Eiiert, op. cil., tom. I, p. 1 36.)