‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 171 sur 272 · Chant 3a de VEnfer de Dante · texte numérisé non relu

Chant 3a de VEnfer de Dante

dans ce livre du supplice que Satan fera subir aux réprouvés. Cette peinture est traitée dans une tonalité sombre et rouge. Elle a la même composition que celle qu’on remarque dans beaucoup d’autres manuscrits. Elle est divisée en trois scènes principales : grande cuve d’eau bouillante, grande fournaise dont les diables attisent le feu, mer glacée' où les envieux sont mordus par des serpents. Par ailleurs, on distingue un malheureux martelé sur une enclume, un couple adultérin embroché et rôti par un démon, des réprouvés frappés par des diables, etc., etc. Les physionomies sont variées à l’infini dans l’expression de la souffrance.

LIVRE XXII. — fol. 232. — H. om,2o5xo"‘,235. — La Cour céleste. — C'est la félicité éternelle de la Cité de Dieu, décrite par saint Augustin. Le peintre s’est surpassé dans ce tableau d’une tonalité bleue étincelante, où la beauté expressive des visages égale la noblesse des attitudes. Dans l’auréole bleue des cieux rayonnés d’or, la Trinité est assise sur un trône à balustrade vert d’eau. Le Père, vieillard pontifical, tient le globe; le Fils, jeune homme avec la tiare, porte la croix. Leurs lèvres sont réunies par les ailes blanches de la Colombe couronnée d’or. Enveloppés dans le même manteau violet, ils tiennent ouvert le livre de la Loi. La Vierge, en bleu, est assise à dextre dans une pose recueillie. Le groupe se détache sur le fond rouge des Chérubins. Des anges musiciens voltigent sur le bord des nuées.

Au-dessous, dans quatre bandes concentriques, Adam et Eve, les personnages de l’Ancien Testament, les Apôtres, les Martyrs, les Pères, les Docteurs, les Confesseurs, puis enfin les Saints et les Saintes. Tous portent les habits de leur ministère ou les instruments de leur supplice. Il serait trop long de nommer cette centaine de bienheureux; l’examen de la planche LXXII, qui reproduit la peinture similaire du manuscrit de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, décrit ci-après, permettra d’admirer avec quel art et quelle variété le peintre a su grouper tous ces personnages.

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