‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 212 sur 272 · LIVRE V. — fol. 172. — H. ora,455xo“,3i · texte numérisé non relu

LIVRE V. — fol. 172. — H. ora,455xo“,3i

— Le Passage de la mer Rouge. Pharaon et Joseph. Romulus et Rémus. — - ( Planche CXI.) Copie exacte du manuscrit de Gaucourt pour ces trois scènes. L’artiste a ajouté en français, à celle du bas, à gauche : Janus laboure. Mais, en plus, il a su avec beaucoup d’habileté, renfermer dans l’espace de son feuillet plusieurs autres épisodes :

a) En haut, à droite, dans une salle qui rappelle le palais de justice de Rouen, nous assistons à une séance de l’assemblée des comices, à Rome, et nous voyons les candidats aux honneurs, candidati, vêtus de robes blanches, s’adresser aux sénateurs. L’un d’eux, Chato Uticensis, fléchissant les genoux, brigue la récompense des services qu’il a rendus à la République. Saint Augustin regrette que la vertu ne soit pas honorée spontanément et reproche aux Romains de n’avoir jamais eu en vue que la gloire, grand mobile de toutes leurs actions.

b) Aussi l’artiste nous montre-t-il, à gauche, Marcus Marcellus faisant le siège de Syracuse. Le général est au premier plan, donnant ses ordres. L’armée romaine pénètre dans la ville par la porte, tandis que des soldats, escaladant les remparts, se garantissent de leurs boucliers. Les tentes rouges et bleues marquent le camp des assiégeants ; sur le devant, un arbalétrier tend avec effort à l’aide d’un treuil son arbalète à

tour. Toute la miniature est remplie de monuments d’une architecture bien française.

c) Marcus Marcellus rentre dans Rome, vainqueur, à la tête de ses troupes. Il désire, selon le vœu qu’il a fait durant la campagne, consacrer un temple au Courage et à l’Honneur. Un pontife à la tête de son collège lui conseille d’en faire construire deux, afin que le sacrifice puisse s’adresser à une divinité précise.

d) Marcellus y consent et nous le voyons, au-dessus, diriger les travaux d’édification de deux temples contigus, Temple de la Vertu, Temple de l’Honneur. Les ouvriers donnent l’aspect d’un atelier de construction en pleine activité.

é) En bas, à droite, dans une petite salle, Mecenatus, Mécène, se présente suivi des Romains. S. Augustin leur reproche leur orgueil et leur amour de la gloire : Tu es enflé d’amour de louanges*. Et il leur montre les cadavres, tous revêtus d’ornements royaux, des grands conquérants, célèbres par leur ambition : Cyrus, roy de Perse; Ârbaces, roy de Medie; Alexandre, roy de Macedoine; Ninus, roy des Assyriens.

LIVRE VI. — fol. 211. — H. om,452XoD',3i5. — L’Empereur et les Philosophes. Prières aux divinités païennes. — ( Planche CXII.) Copie exacte du manuscrit de Gaucourt. Tullius est séparé de Cycero, l’artiste ayant fait par erreur deux personnages du même écrivain, et un chien regarde attentivement le singe se livrer à ses jeux. Le personnage de Liberius est exactement reproduit ainsi que les autres assistants. Trois nouvelles scènes sont ajoutées :

a) A gauche et en vignette, sous le motif architectural doré qui forme le cadre de la miniature, on distingue Saturne qui s’apprête à égorger un de ses enfants, symbole des semences qui rentrent au lieu même où elles ont pris naissance.

b) Plus bas, saint Augustin, suivi de son acolyte, prend part à la dispute sur la théologie civile, fabuleuse et naturelle de deux groupes de docteurs, philosophes et poètes, qui énumèrent leurs arguments en comptant sur leurs doigts.

c) Dans le dernier compartiment nous assistons à une jolie scène, qui a pour but de dénigrer et de ridiculiser les dieux du Paganisme, en montrant combien les anciens les avaient multipliés dans les différents actes de leur vie. C’est la fable des trois divinités s’efforçant d’empêcher Sylvain de tourmenter les accouchées. Silvanus, autrement dit Pan, est représenté vêtu, avec des cornes, et jouant de la flûte à cinq trous. Comme il hait les hommes qui troublent l’œuvre de la nature par le labourage et l’aménagement des forêts, on craint qu’il ne vienne s’attaquer à la jeune accouchée et ne pénètre dans la maison où elle repose. Afin d’éloigner le sauvage esprit des bois, on lui rappelle la présence des hommes dans la maison, d’abord en frappant le seuil de la porte avec la hache du bûcheron, puis le

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