‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 224 sur 272 · LIVRE XIII. — fol. 3a. — H. o",435xom,3o · texte numérisé non relu

LIVRE XIII. — fol. 3a. — H. o",435xom,3o

— La Tentation. Saint Paul et la Mort. — {Planche CXIX.) Au lieu de la scène concentrée du manuscrit de Gaucourt, notre artiste a traité le même sujet en déroulant les différentes phases du péché originel. Nous sommes dans le Paradis terrestre sous les rayons ardents du soleil. Des animaux de diverses espèces s’ébattent sur le gazon ou viennent se désaltérer au courant de quatre ruisseaux qu’alimentent les eaux d’une fontaine centrale très ornementée.

Adam, très hâlé, et Ève, toute blanche avec des cheveux blonds, sont représentés trois fois. D’abord, à l’état d’innocence, à genoux devant le Seigneur, qui leur fait ses recommandations en ces termes : En quelque JOUR QUE VOUS MANGERÉS DE CE FRUIT, VOUS mour-

Rés*. — Ensuite, au pied de l’Arbre du mal. Notre Mère commune reçoit la pomme d’une sorte de renard à la gueule et aux oreilles sanglantes, dont le corps, en forme de serpent, s’enroule autour du tronc de l’arbre.

— Enfin, s’éloignant, coupables, en cachant leur nudité. La Mort, toute noire, est étendue au premier plan,

et saint Paul, vêtu d’une robe bleue avec un manteau rouge et tenant de sa main une épée nue, s’écrie : Per

UNUM HOMINEM MORS INTRAVIT IN ORBEM TERRARUM. Cette

peinture est écaillée par places.

LIVRE XIV. — fol. 45. — H. o,n,45oXo”,3o5. Adam et Eue chassés du Paradis terrestre. La Grâce de Dieu. — {Planche CXX.) La scène est à peu près

DE DIEU

la même que dans le manuscrit de Gaucourt. Nous retrouvons le même Paradis terrestre que dans la miniature précédente. Le Seigneur unit Adam et Ève qui, après leur désobéissance, sont chassés du lieu de délices, escortés par l’ange, armé d’un glaive flamboyant. Plus bas, la Mort pousse la génération humaine vers le trépas. La Grâce de Dieu, couronnée d’or et vêtue d’une robe blanche avec un manteau bleu, sépare les bons des méchants. Ces derniers sont précipités dans le royaume de Satan où se démène dans une horrible confusion le monde des réprouvés.

LIVRE XV. - fol. 65. — H. o“,452Xo",3i5. — Caïn et la Cité des hommes ; Abel et la Cité de Dieu. — {Planche CXXI.) Même scène que dans le manuscrit de Gaucourt, mais plus complète et plus variée. Les ouvriers, plus nombreux, représentent les différents corps de métiers occupés à la construction d’une ville, celle d’ENOCHAM, la Cité terrestre. On aperçoit les tailleurs de pierre, les quarreurs de bois, les maçons, les charpentiers et leurs aides; tous donnent le spectacle d’un chantier en activité. Cayn s’avance avec sa descendance et dirige les travaux. Pour compléter la pensée de l’auteur, l’artiste s’est inspiré du chap. iv du Liv. XV qui traite de la paix et de la guerre dans la Cité terrestre où la seule recherche des biens matériels engendre des discussions et amène des combats. Une armée en vient aux mains et le vaincu s’agenouille devant son vainqueur.

En bas, les luttes fratricides font l’objet de deux petites scènes. L’une représente Cayn qui va porter le coup fatal à Abel à l’aide d’une énorme mâchoire d’animal; l’autre nous montre Romullus, suivi de ses conseillers, qui fait exécuter son frère Remus par le bourreau, dans la cour de son palais, aux yeux de la foule assemblée.

Par opposition, au fond du tableau, on aperçoit le cadavre d’Abel, puis, à droite, dans un jardin enclos de rosiers en fleurs, de nouveau Abel avec Seth, Enoch, etc., qui tous ont les regards tournés et les bras tendus vers le Seigneur bénissant dans le ciel, entouré de sa cour céleste. Us symbolisent la Cité de Dieu et montrent ainsi que les œuvres de la terre leur sont étrangères et que leur royaume n’est pas de ce monde.

LIVRE XVI. — fol. 94. — H. om,445Xom,3o5. — Nembroth et la tour de Babel. — {Planche CXXI I.) Copie du manuscrit de Gaucourt, mais complété par de nouvelles scènes. Nembroch fait construire la tour de Babilone. Ses paroles sont omises; seul l’ordre du Seigneur est tracé en latin.

a) Au-dessus, à droite de la tour, une scène se déroule où S. Augustin montre des spécimens tératologiques, comme étant de la descendance d’Adam : tous PROCEDENT D’ADAM PREMIER HOMME. NOUS distinguons

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