Isidoro Carini
[, La Biblioteca Vaticana, Roma, i8g3, pp. 42, 91 et 97.
LA CITÉ DE DIEU. [i456]
table avec des manuscrits rangés à sa portée sur les rayons d’une bibliothèque. Les couleurs en sont vives et chaudes, mais l’œuvre est de peu d’importance.
Beaucoup plus intéressante est l’autre miniature, qui est comprise entre la marge du fol. i et l’initiale I d’ Inter ea ( Pl. XXXIV). Elle représente une vue de Rome, qui est un document précieux pour l’histoire topographique de la Ville Éternelle. C’est cette peinture qui fait l’objet de l’article si détaillé du R. P. Ehrle, que nous avons cité plus haut. Le savant écrivain énumère les vues qui nous ont été conservées de la Rome du xv° siècle et décrit les détails de l’œuvré de Giacomo'. Il rappelle les fresques de Taddeo di Bartoli dans le Palazzo Comunale de Sienne de 1 4 1 4 ? la miniature des Très riches Heures (fol. 1 4 1 v°) du Duc de Berry de i4i5, celle de Leonardo di Besozzo, dans le cod. Morbiano de i433, et, enfin, celle de Polano, de 1 4^9, dans le manuscrit de la Cité de Dieu de la Bibliothèque Sainte-Geneviève que nous allons décrire ci-après. Il ajoute à cette liste la miniature du présent manuscrit et celle qui orne le fol. i d’un beau Tite-Live de la Vaticane (Cod. Regin. 3 19). Il fait remarquer que tous ces artistes ont choisi le même point de vue idéal, situé à vol d’oiseau, au nord-ouest de la ville, en dehors de la Porta del Popolo, entre le Tibre et la Villa Papa Giulio.
Nous ne pouvons nous étendre outre mesure sur cette miniature, sans sortir du cadre de cette étude. Qu’il nous suffise de dire qu’on y rencontre les principaux monuments de Rome, baignée au premier plan par le Tibre. C’est en allant de gauche à droite : le Panthéon, les colonnes Trajane et de Marc-Aurèle, le Colisée, la Basilique de Constantin, Saint- Jean-de-Latran, le Capitole, la Pyramide de Cestius, Sainte- Marie-d’Aracoeli, le Pont et le Château Saint-Ange avec l’ange au glaive, etc.
Toute cette représentation est un peu sèche; mais la nécessité de faire figurer avec clarté tant de monuments dans un si petit cadre devait forcer le peintre à accuser les contours avec précision. Aussi semble-t-il s’être préoccupé davantage de réunir avec exactitude les richesses architecturales de Rome que de donner de l’admirable Cité une vue lumineuse et pittoresque.
Le manuscrit suivant, qui, à trois ans de distance, présente une autre vue de Rome, nous permet d’établir, dans deux manuscrits de la Cité de Dieu , une comparaison très intéressante sur la topographie de l’admirable ville à cette époque.