‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 12 sur 354 · Confessions, Liv. Il, chap · texte numérisé non relu

Confessions, Liv. Il, chap

4. Contra Academicos, Liv. Il, chap. in, et Saivr-Marc Garmin, Revue des Deux Mondes, 15 décembre 1849,

5. Voir Vizemais, Tableau de l'éloquence chrétienne au 17° siècle, nouv. édit., Paris, Didier, 1857, p. 367.

ñ LA CITÉ DE DIEU.

Les sacrifices et les mystères, entre autres ceux de Cybèle ou de la Grande Mére, y étaient célébrés avec une férocité et un cynisme extraordinaires.

Le Christianisme avait aussi, sur cette terre d'Afrique, jeté des racines profondes, qui s’étendaient de jour en jour. Dès le 1° siècle, plus de deux cents évêques dirigeaient une société chrétienne chaque année plus nombreuse. Cet empressement pour la religion nouvelle n’allait pas sans maintes discussions, non seulement entre les paiens et les chrétiens, mais aussi entre les chrétiens eux-mêmes, et l’on peut dire que les hérésies et les schismes s’y donnaient rendez-vous jusque sur les places publiques.

Tout d’abord, l'Arianisme, qui, détruisant la Trinité en subordonnant le Fils au Père, en faisait une créature et niait son éternité.

Le Donatisme, qui était, à proprement parler, un schisme mélé d'erreurs, une question locale et tout africaine, que le fanatisme avait ensanglantée. Il anathématisait l'Eglise catholique en confondant la sainteté du sacrement de baptême avec l'indignité des ministres chargés de le conférer, et ruinait ainsi la suprématie de Rome et son universalité.

Puis, le Manichéisme, qui, admettant deux principes égaux du Bien et du Mal, adoptait l'existence de deux âmes opposées. 11 abolissait ainsi l'unité de l'âme et, partant, le libre arbitre et la responsabilité.

Enfin le Pélagianisme, qui, plein d’orgueil pour la sagesse de l’homme, niait la nécessité de la Grâce et anéanti

ait l’œuvre de la Rédemption.

Le chaos de toutes ces sectes, et d’autres encore, était tel qu'il n'était pas rare de voir dans la même ville des évêques et des missionnaires de ces différentes opinions se disputer avec ardeur l'esprit de la populace.

C'est dans cette ville corrompue, au milieu de tous ces exemples de licence, étourdi par la confusion des idées et livré aux croyances et aux sophismes les plus éloignés de la religion chrétienne, qu’arriva le jeune Augustin, au désespoir de sa mère, qui, prévoyant les chutes qui l’'attendaient, le pleurait déjà vivant‘.

« Il n’aimait pas encore; mais il désirait d’être aimé*. » Il n’est pas étonnant que, mélé à la troupe des jeunes gens dont il mettait son amour-propre à surpasser les désordres, et n’écoutant que la brülante ardeur de son sang africain, il se soit livré aux orgies des spectacles et aux ivresses du plaisir, « se roulant dans la « fange comme dans des eaux de senteur et des parfums précieux’. » Il prit donc « une femme qui ne lui était pas conjointe par un mariage légitime, mais qu'il avait « choisie par l’ardeur volage et imprudente d’une passion amoureuse et déréglée*. »

D'autre part, au milieu de ses succès oratoires et de sa réputation d’éloquence,

il tomba dans les pièges des Manichéens dont il embrassa les doctrines et, par amour du merveilleux, essaya des pratiques de la sorcellerie et de l'astrologie, qui étaient la plaie de ces populations crédules, qu'abusaient d'habiles devins, tels qu'Albicère.

Enfin,

sa mère, restèrent vains, Car la simplicité du style de la Bible lui paraissait de la

ses efforts pour comprendre les Saintes Ecritures, auxquelles le ramenait

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