‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 15 sur 354 · Pousouar, op. eit., tom. 1, p · texte numérisé non relu

Pousouar, op. eit., tom. 1, p

>. Viuceman, op. cit, p. 453 3. Ib. id. p. 415.

4 D. id. p. 503.

5. Au commencement du vin‘ siècle, le roi lombard Luitprand ordonna le transf

Pavie des reliques de

saint Augustin. Ce fut le: motif d'une imposante cérémonie : le cortège, ouvert et fermé par les soldats, encadrait de

à Cagliari et de Cagliari à Pavie, ont été en 1842 transportées de nouveau à Hippone où elles dorment en paix sous la sauvegarde de la France!

Telle est la vie de saint Augustin, de ce grand pécheur, de ce grand philosophe, de ce grand théologien, de ce sublime évêque. Ce qui le distingue, c’est qu'il fut plus que tout autre entrainé par les plaisirs de son temps, mélé à la variété des systèmes et des sectes philosophiques et religieuses, ballotté entre le manichéisme, le scepticisme et le platonisme, et qu'il n’alla pas à la religion d’un seul trait et comme frappé par une grâce spéciale, mais, au contraire, qu'il s’achemina, par une volonté continue et un incessant désir, vers la vraie sagesse et la connaissance du vrai Dieu. La lecture de l’Hortensius lui fit répudier la vie de plaisir et d’ambition, celle de Platon l’affranchit du scepticisme, celle des Écritures saintes et des Lettres de saint Paul le mena à la Foi et à la Morale chrétiennes. Son esprit était celui d’un philosophe; son cœur, d’une exquise sensibilité, celui d’un chrétien.

Il à écrit sur beaucoup de sujets, parce qu'il avait lu beaucoup, et son érudition s’étendait à toutes les connaissances de son siècle’. Il fut le directeur spirituel de son époque, et le guide de l'Église au commencement du v° siècle. Mais son autorité s’est fait sentir bien au delà de son temps jusqu'à notre äge. Sa doctrine confirmée par les conciles, ses idées éclairant le plus grand des docteurs de l’Église, saint Thomas, sa foi et son humilité inspirant l'/mitation de Jésus-Christ, enfin ses écrits agitant la France au xvn° siècle, marquent assez la profondeur de son génie.

Comme on le verra plus loin, la Cité de Dieu est le premier essai d’une histoire universelle, et après Augustin il faudra attendre Bossuet qu'il a inspiré.

La philosophie de Descartes est fondée sur le célèbre Cogito, ergo sum, et cette pensée se trouve clairement exprimée au chapitre xxvi du XI: livre de la Cüté de Dieu. On nous permettra de mettre ce passage sous les yeux du lecteur. « Mais si vous « vous trompez? — Si je me trompe, je suis; car celui qui n’est pas ne peut être « trompé, et de cela même que je suis trompé, il résulte que je suis. Comment « donc me puis-je tromper en croyant que je suis, du moment qu'il est certain que « je suis, si je suis trompé”... » Saint Augustin ne donne pas à cet argument toute l'importance que lui prête le philosophe français. Il ne nous appartient pas de dire ici s’il a eu tort.

La question la plus troublante du xvu° siècle en France fut celle des Jansénistes et de la Grâce suffisante, et cette dispute est née d’un livre intitulé : Æugustinus, où Jansenius, évêque d’Ypres, ayant réuni des passages de saint Augustin sur le libre arbitre, en tira des conclusions qui n'étaient peut-être pas dans l'esprit du savant évèque d'Hippone. ;

Lors de la révocation de l’Édit de Nantes, les protestants ne manquèrent pas de

nombreux évêques ou abbés mitrés revêtus de leurs habits sacerdotaux. Le roi lui-même fit une partie du trajet à pied, tête et pieds nus, couvert d'un manteau de brocart doublé d'hermine et portant la châsse avec l’aide de trois prélats.

C'est ainsi du moins que cet de fabrique de Bruges et conservée dans cette ville, dans la chapelle du Saint-Sang, appelée aussi église Saint-Basile. Elle provenait de l'église Saint-Donat et a été offerte à la confrérie du Saint-Sang par M. Joseph van Huerne. (Communication de M. le Baron d’Astier de La Vigerie, l'auteur érudit de La Belle Tapisserie du Roy.)

1. Dans la Cité de Dieu, il cite les ouvrages de plus de soixante écrivains et le plus fréquemment ceux de Virgile, Cicéron, Platon, Plotin, Varron, Ovide, Orose, Apulée, Va Maxime, Tite-L

. On retrouve cette idée mainte fois répétée dans le De Trinitate, le De libero arbitrio et dans les Soliloques. Voir

Harzeeuo, Saint Augustin, Liv. Il, chap. n.

isode est représenté sur une curieuse tapisserie, datée de 1637, portant la marque

ABRÉGÉ DE LA VIE DE SAINT AUGUSTIN. II

s'appuyer sur saint Augustin qui, dans sa lutte contre les Donatistes, avait supplié les Princes chrétiens d’user de modération envers les rebelles. « Épargne » disait Augustin au tribun Marcellin « ces coupables convaincus; laisse-leur la vie et le temps de se repentir'. »

Il n’est pas jusqu'aux Provinciales de Pascal, avec leurs attaques contre les casuistes, où l’on ne trouve des idées émises par saint Augustin dans son traité De Mendacio qu'il écrivit contre l’évêque donatiste Gaudentius, et où il s'élève avec énergie contre cette école « qui croit pouvoir, en certains cas, autoriser le mensonge, « sous prétexte d'une fin utile et salutaire”. »

Quelques années plus tard, n'est-ce pas dans Malebranche que nous voyons revivre la doctrine chère à saint Augustin, le platonisme associé à la métaphysique chrétienne, la Raison, sœur de la Foi et s'appuyant sur elle?

Enfin les idées de paix universelle que nous voyons de nos jours répandues et défendues avec une ardeur digne de succès, n’en trouvons-nous pas les premières lueurs, singulières pour l’époque, dans cet hymne magnifique de la paix que saint Augustin a placé au livre XIX de sa Cité de Dieu’?

On voit par ces quelques réflexions, bien hâtives pourtant, quelles idées fécondes saint Augustin a semées sur sa route et de quelle importance est son œuvre.

« Si saint Hilaire est un docteur et un dialecticien, si saint Ambroise est un « évêque actif et un Romain de caractère, si saint Jérôme est un ascète mystique et « un érudit, saint Augustin réunit en lui ces trois caractères. Il possède à la fois la « force du raisonnement théologique, la logique et la clarté de saint Hilaire, le bon « sens pratique et la volonté ferme de saint Ambroise, la piété ardente et passionnée « de saint Jérôme...

« christianisme et qui l'a le plus passionnément senti. Il y a chez lui la hauteur

C'est peut-être l'homme qui a le plus pleinement compris le

« métaphysique des Grecs, l'esprit pratique et solide des Romains, et une ardeur de « vie intérieure qui n'existe guère en dehors du christianisme. Et à d’autres égards, « par sa profondeur d'analyse et la vivacité inquiète de ses sentiments, il est tout près « de nous. C’est le dernier des grands penseurs antiques et le premier des psycho- « logues modernesi. »

Le lecteur nous pardonnera ce trop long résumé de la vie et du caractère de saint Augustin destiné à ranimer ses souvenirs. Quant à ses différents ouvrages, répertoire immense dans lequel l'Europe a puisé sa science théologique, il n’entre pas dans le cadre de cette étude d’en parler. Nous nous contenterons de donner dans le chapitre suivant tous les éclaircissements nécessaires sur son livre principal, œuvre de prédilection, la Cité de Dieu, le seul qui doive nous intéresser dans ce travail.

1. Voir Sawr Aucusnin, Lettre à Marcellinus; Harzrern, op. cit, p. 118, et ViLLemaiN, op. cùt., p. 459.

». Pousoutar, op. cit., tom. III, p. 128.

3. « Dans l'éloge de la Paix, Prudence montre un accord remarquable (et non encore remarqué jusqu'ici) avec saint Augustin au dix-neuvième livre de la de Dieu. Ce dernier s'est-il rappelé ici les vers du poète? » (Eserr,

Histoire générale de la littérature du moyen äge en Occident, traduction Aymorie et Condamin, tom. I, p. 308.) 4. Picnow, op. cit., pp. 856 et 872.

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