‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 17 sur 354 · Voir Everr, op. cit., tom. I, p · texte numérisé non relu

Voir Everr, op. cit., tom. I, p

3. C'est pour cela qu'en tête de quelques livres il ÿ a souvent une récapitulation de ce qui a été dit au livre production, de rappeler à ses lecteurs le thème de son

précédent. L'auteur sent le besoin, après un intervalle de ouvrage.

4. Telle est la première phrase d'un article magistral écrit par le regretté Gaston Boissier et paru dans la Revue des

Deux Mondes du 15 janvier 18go sous le titre : Études d'histoire religieuse. C'est dans la forme la plus charmante et

avec l'érudition la plus s

> que l'éminent académicien y parle de la Cité de Dieu Nous conseillons vivement au lecteur article du 1“ janvier 1888, où il traite de la conversion de saint Augustin.

de s’y reporter, ainsi qu'

qui, questionnés, faisaient le récit des maux qu'ils avaient soufferts. Le premier mouvement d’'épouvante passé, les païens et les patriotes romains se livrèrent à leur rage furieuse contre les chrétiens, qu'ils accusaient d’être la cause de tels châtiments. « Quand nous faisions des sacrifices à nos dieux » disaient-ils « Rome était « debout, Rome était heureuse. Maintenant que nos sacrifices sont interdits, vous « voyez ce que Rome est devenue'. » Les dieux se vengeaient de l'abandon de leur culte.

Ce n'était pas la première fois que de telles clameurs étaient proférées. Saint Cyprien, au 1° siècle, avait dù leur répondre dans des circonstances analogues, à l’occasion de la peste qui désola le monde*. « Si les Romains sont punis » disait-il « c’est qu'ils s’obstinent à ne pas reconnaitre le vrai Dieu. » Malheureusement, l’argument se retourna plus tard contre sa thèse, car, lorsque par la suite Constantin eut embrassé la religion chrétienne et eut donné au nouveau culte cette consécration officielle, les choses n’en allèrent pas mieux, tout au contraire.

Après la prise de Rome, les imprécations des païens se renouvelèrent avec plus d’äpreté, et cette fois les circonstances semblaient leur donner tout à fait raison. Il était donc de toute nécessité d'agir; il fallait qu'une voix autorisée répondit à ces « aboïements sacrilèges. » En effet, si les chrétiens se fussent obstinés à garder le silence, nul doute que les païens n’eussent redoublé de rage, et que la masse des tièdes, des indifférents et des nouveaux convertis, toujours prompte à suivre les plus violents, n'eût amené un mouvement général d'opinion, signal de nouvelles persécutions. Déjà des bagarres s'étaient produites dans Hippone même, devant les églises, et les clercs, ayant voulu protester, avaient été assaillis à coups de pierre.

C'est pourquoi saint Augustin prit la parole. Il est intéressant d'ajouter que depuis longtemps il avait à cœur de répondre aux reproches périodiques des païens”, et qu'il avait déjà concu l’idée d'écrire l’histoire des deux cités. En effet, dans un de ses meilleurs travaux d’exégèse, le De Genesi ad litteram, commencé en 4ot, saint Augustin annonçait expressément la Cité de Dieu et en indiquait l’idée fondamentale. A propos de l’amour de Dieu et de l'amour de soi, il disait : « Ces deux amours ont « bâti deux cités : l’un, égoïste et impur, a fait la cité de la terre; l’autre, social et « sacré, la cité du ciel. Nous décrirons un jour ces deux cités dans un autre ouvrage, « si c’est la volonté de Dieu (Liv. IX, n. 20)‘. » Les derniers événements ne furent pour lui que l’occasion et peut-être le prétexte de rédiger l'œuvre qu'il avait depuis longtemps méditée, et qui devait, dans sa pensée, porter le dernier coup au paganisme expirant par la glorification de la religion nouvelle.

Nous allons donner ici l'argument et l'explication abrégée de chacun des vingtdeux livres dont se compose le traité de la Cité de Dieu, en nous attachant au thème fondamental et en signalant, sans nous y arrêter, les nombreuses digressions qui entraînent l'auteur. C’est en suivant avec attention ces éclaircissements que le lecteur pourra, quand il en arrivera à l'examen des planches, se rendre compte du degré d’habileté des peintres à interpréter les sujets qui leur étaient proposés.

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