‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 217 sur 354 · TECHNIQUE DES MINIATURISTES · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DES MINIATURISTES

Pour terminer ces considérations préliminaires, nous dirons, à l’aide de nos manuscrits, quelques mots! des différentes manipulations par lesquelles devait passer un exemplaire pour arriver au degré de perfection qu’on peut admirer dans quelques-uns d’entre eux. Il est, en effet, intéressant de savoir comment les bibliophiles du xiv° et du xv° siècle s’y prenaient pour faire exécuter ces chefs-d’œuvre de calligraphie et de peinture, qui font encore l’ornement de nos bibliothèques.

Quelques points restent, il est vrai, obscurs ; cependant, nous avons des documents qui nous permettent de suivre sur le vif le travail auquel donnait lieu l’art de décorer un manuscrit. Ce sont les ouvrages dont la mise en train a été commencée à cette époque et qui sont arrivés jusqu’à nous, en ayant subi, pour une cause ignorée, un arrêt qui en a limité l'exécution à certaines phases du travail, laissé en plan. Ces livres sont des témoins précieux des différentes mains par lesquelles passait l'ouvrage commandé, depuis l'achat du parchemin jusqu’à la reliure.

Deux d’entre eux rentrent dans notre sujet, d’abord le Ms. franc. 15411-12 de la Bibliothèque Nationale, qui renferme une traduction française de la Cité de Dieu? par Raoul de Praelles et qui a appartenu au chancelier Séguier, et ensuite le Ms. franc. 20065-66 du même dépôt, qui contient une partie de la Bible traduite en français par le même Raoul de Praelles, ouvrage dont nous avons parlé au chapitre III à propos des travaux exécutés pour le roi Charles V par son maitre des requêtes. Cet exemplaire forme deux grands in-folio, dont le premier tome va jusqu’au Liv. III des Rois et le second finit à l'Évangile de saint Mathieu. En feuilletant ces deux ouvrages inachevés, on peut se rendre compte des conditions de leur exécution.

1. Nous prions le lecteur de se reporter à l'étude, pleine de savoir, qu'a consacrée à cette technique M. Henry Martin dans Les Miniaturistes français, chap. x. L'auteur en donnera peut-être une deuxième édition dans laquelle il indiquera de nouvelles solutions d'un problème qui ne cesse de préoccuper les érudits.

Page 1