M. Marcez Poëre, Les Primitifs Parisiens, p
S. Peter, De Civitate Dei, dont le dernier feuillet contient un petit traité concernant les couleurs employées dans les peintures des livres au xrr° siècle". Ces ingrédients, simples, broyés peu de temps à l'avance, dans l'atelier même, selon des manipulations très surveillées et pour une application immédiate, n'avaient aucun des inconvénients des couleurs commerciales actuelles qui renferment trop de gomme, de glycérine et d’aniline, se décomposent facilement et noircissent très rapidement.
La beauté de ces peintures n’a pas été surpassée. Elle tenait à des pratiques et à des tours de main dont quelques-uns paraissent perdus. Les artistes d’alors possédaient dans ces ateliers le secret tout empirique de préparer des dessous qui donnaient à leurs œuvres un éclat, un brillant et un fondu qu’on n’a guère retrouvés. Ils faisaient jouer les couleurs complémentaires en mettant du jaune là où il devait y avoir du rouge, et pour les nuances sourdes, du rose grenat à l’endroit qui devait recevoir du bleu. Pour le paysage, ils posaient du jaune avant de placer leur vert et pour les ors ils ménageaient un dessous de colle de poisson, mis à chaud, ce qui la rendait souple, blanche et transparente et l’empéchait de s’écailler, et c’est en colorant cette colle qu'ils variaient le ton de l'or toujours le même qu'ils placçaient par-dessus*.
Nous allons passer maintenant à la description détaillée de nos manuscrits.
Pour en faciliter l’étude, nous avons adopté des divisions fixes, toujours les mêmes pour tous les exemplaires, Description générale, Collation, Reliure, Écriture, Jnitiales, Bordures, Provenance et Miniatures”. Ces rubriques donnent de la clarté, facilitent les recherches et forcent l’auteur à répondre à des questions qu’il serait tenté d’éluder dans certains cas embarrassants.
Nous avons employé les expressions de droite et de gauche par rapport au spectateur. Quand nous avons voulu préciser davantage, nous avons emprunté à l’art héraldique les termes de dextre et de senestre, qui ne laissent place à aucune équivoque.
Enfin, pour désigner l’art du Moyen Age, nous avons autant que possible remplacé le mot gothique par celui d'art français, qui lui convient mieux.
1. On en trouvera le texte relevé dans le Beschreibendes Verseichnis der illuminierten Handschrifien in Oesterreich, de Fnawz Vicrorr, Leipzig, 1905, tom. Il, p. 30. 2. Ces observations s'appliquent surtout aux peintures du Ms. fr. 18-19 de la Bibliothèque Nationale, dues au pinceau
de maître Franc 3. Nous avons ainsi suivi l'exemple des savants angla its de la plupart des collèges de Cambridge, et M. S. C.
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: M. Montague Rhodes James, auteur du catalogue des manus! Cockerell, qui a rédigé quelques-unes des notices concernant les manuscrits de la splendide collection de M. H. Yates Thompson.