‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 260 sur 354 · Gallia Christiana, tom. I, P · texte numérisé non relu

Gallia Christiana, tom. I, P

3. Cu. Sawaran, La Maison d'Armagnac au xr° siècle, p. 463, 1908, tom. VII des Mémoires et Documents publiés par la Société de l'École des Chartes.

4. Cn. Samaran, De quelques manuscrits ayant appartenu à Jean d'Armagnac, évêque de Castres, frère du Duc de Nemours, art. paru dans la Bibl. de l'École des Chartes de 1905, p. 246.

5. M. Max Prier, archiviste paléographe, si compétent en ces matières, a bien voulu nous donner son avis sur ce blason. Qu'il nous permette de lui en marquer ici toute notre reconnaissance.

[c. 1385] MANUSCRITS A PEINTURES. 257 qui est d’Armagnac, et aux 2 et 3, de gueules au léopard-lionné d'or qui est Rodez; adextré* de France à la bordure engrélée de gueules, qui est Berry. On voit que cette partition n'occupe que les deux tiers du quartier et que le troisième tiers est placé à dextre, à la place d'honneur, pour rappeler une origine illustre dont les d’Armagnac étaient fiers, celles que Jacques et Jean tiraient de leur bisaïeul, Jean de France, duc de Berry, père de Bonne, leur grand-mère.

Les 2 et 3 de l’écartelé sont à leur tour contre-écartelés au 1, de France, sans nombre, au bâton componé d'argent et de gueules, qui est Évreux, et au 4, de France, au bâton chargé de 8 lionceaux d'argent, qui est Bourbon-La Marche. Les 2 et 3 sont de gueules à une chaïne d'or en double orbe en croix et en sautoir, qui est Navarre. Ces trois écus sont là pour rappeler que la grand’mère maternelle de Jean, Éléonor, était la fille de Jacques d’Armagnac et de Béatrix de Navarre, laquelle était fille de Charles III dit le Noble, roi de Navarre, comte d'Évreux et duc de Nemours, et de Éléonor de Castille, fille de Henri I le Magnifique. Quant au comté de La Marche, il resta dans la maison de Bourbon, jusqu'à ce qu'Eléonor (mère de Jean), fille de Jacques de Bourbon II, le porta dans la maison d'Armagnac en épousant Bernard VII de ce nom, comte de Pardiac (père de Jean).

Miniatures. — Le fol. 2 présente encore deux miniatures, en forme de vignettes, l’une en haut de la colonne de gauche et l’autre en bas de la colonne de droite. Elles sont réunies par une banderole fleuronnée qui court entre les deux colonnes et qui porte ces mots : ParEr ABRAHAM MISERERE MEI. (Planche XIII.)

La première miniature représente la Cité de Dieu, ville fortifiée aux remparts violacés avec tours et donjons. Une vingtaine de saints y figurent et en haut, dans une auréole, le Père Éternel, tenant son divin Fils en croix devant lui, fait le geste de la bénédiction. A la porte, on aperçoit saint Augustin en évêque, robe blanche et dalmatique rouge, mitré et nimbé, qui tient un manuscrit et une épée noire. Au-dessus, à droite et à gauche, la Salutation Évangélique.

La seconde miniature représente aussi une ville fortifiée aux remparts verts, toute entourée de flammes. C'est la Cité terrestre. Elle renferme une quinzaine de docteurs grimaçants qui discutent sur des textes. Une grosse pie, perchée à gauche sur un toit, semble, en jacassant, symboliser leur verbiage et leurs erreurs.

lienne du Nord de la péninsule, lombarde à coup sûr, peut-être véronaise’. Elles sont intéressantes par le style réaliste qu’elles présentent et par les physionomies très accusées et très variées qu’elles nous montrent. Il y a là certainement un ensemble de portraits que le peintre a tirés de son entourage et, dans les figures des personnages de la bordure, on trouve un air de parenté avec celles des Saints et des Docteurs des vignettes. Par son écriture, qui rappelle la calligraphie des scribes italiens de la fin du xiv° siècle, à l’époque de la mort de Pétrarque, et par son illustration de style réaliste septentrional, nous croyons devoir dater ce manuscrit des environs de 1385. Un siècle plus tard, entré en possession de Jean d’Armagnac pendant son séjour en Italie, il reçut

Ces deux peintures appartiennent à l’école ita- les armes et la signature de l’évêque de Castres.

1. Cette partition ne se rencontre que très rarement. Ce n'est pas un parti, puisqu'il s'agit d’un tiers de l'écu, et le terme flanqué, employé par quelques auteurs, ne nous paraît pas approprié à ce cas. Le Père Ménestrier, Nouvelle Méthode raisonnée du blason, Lyon, 1780, donne, page 18, un exemple : adextré d'argent. Cf. Riersrar, Armorial général, tom. I, p. XIII.

2. Quelques critiques attribuent cette décoration à un artiste de l’école de Sienne et la datent des environs de 1420.

N°13. PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, MSS. FRANG. 20105-20106. c. 138:

SAINT AUGUSTIN, LA Ciré DE Dre.

Trapucrion er ComMenrarRes DE RaouL DE PRAELLES.

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