XII AVANT-PROPOS
étude destinée à faire ressortir les analogies de ces différentes peintures et d'appuyer le texte d’une série de reproductions propres à éclairer le lecteur sur la valeur de ces tableaux.
Nous fûmes chargé, en qualité de secrétaire de la Société, de rassembler les pre-
; mais, en fouillant les dépôts publics, nous renconträmes de nombreux
miers documen
exemplaires de la Cité de Dieu, qui constituaient à leur tour de nouveaux groupes, en DURE
dehors de ceux que M. Léopold Delisle avait signalés et qui autorisaient de nouvelles analogies.
La Société, saisie de l’état de la question, marqua le désir que l'étude qu'elle avait entreprise fût complète et autant que possible définitive, et elle nous pria, quoique bien peu préparé à cette tâche, de mener à bien un travail d'ensemble dans lequel devait être étudié tout ce qui concernait les sources et l’exécution des manuscrits à peintures de la Cité de Dieu, en laissant de côté les questions d’exégèse religieuse.
Une autre considération venait militer en faveur de l’œuvre entreprise, c'était le désir, à la suite de l'élan donné aux études sur les Primitifs Flamands et Français par les inoubliables expositions de Bruges et de Paris, de tenter en raccourci un timide essai de l’histoire de la peinture à ses débuts.
Or, comme on l’a déjà dit’, « l'histoire de la peinture au Moyen Age ne peut « s’écrire, faute d'anciens tableaux, qu'avec l'étude des miniatures. »
En effet, les tableaux contenus dans les manuscrits ont précédé de beaucoup ceux qui, peints sur bois et renfermés dans des boîtes, faisaient partie des bagages que les princes et les grands seigneurs emportaient dans leurs déplacements et ceux qui plus tard décorèrent les appartements sous le nom de tableaux de chevalet. Et tandis que ces objets mobiliers ont été mutilés et ont disparu au cours des voyages auxquels leur usage les destinait, les miniatures au contraire, conservées entre les feuillets de vélin, trouvaient dans les manuscrits un asile assuré que la lumière du jour et les intempéries de l'air devaient respecter. De là, l'intérêt qui s'attache à leur étude, qui nous les montre dans un état de conservation et de fraîcheur semblant dater d'hier.
Mais pour donner de l'unité à ce travail et le présenter sous une forme synthétique, il fallait trouver un livre qui, par la continuité de la faveur dont il avait joui dans le public, avait sollicité l'imagination des peintres à toutes les époques et étudier les manifestations artistiques dont son texte avait été l’objet de la part des miniaturistes s'appliquant, comme dans une sorte de concours, à représenter les mêmes sujets à travers leur génie propre.
Quel livre mieux que la Cité de Dieu de saint Augustin pouvait se prêter à une pareille étude? Composé il y a près de quinze cents ans, copié et recopié pendant tout
le Moyen Age dans tous les pays et dans toutes les langues, le célèbre traité a donné
1. Léon ve Lavonoe, Votice des Émaux.…, du Musée du Louvre, Glossaire, Paris, Vinchon, 1853, in-12, p. 494, au
mot SceL.