AVANT-PROPOS XIII
lieu à une floraison de manuscrits qui sont actuellement dispersés dans toutes les bibliothèques de l’Europe. Imprimé en 1467 pour la première fois, il n’a cessé d’être reproduit jusqu’en 1907, et on peut dire qu'il ne s’est jamais écoulé une période de dix ans sans qu'une ou plusieurs éditions aient vu le jour dans une ville quelconque.
Très en faveur aux x1v° et xv° siècles parmi les grands bibliophiles et les riches amateurs, ce premier essai d’histoire universelle offre une abondante collection de sujets religieux et profanes d’une variété incroyable, matière plastique qui a permis aux peintres de développer toutes les ressources de leur imagination.
Il apparaît donc comme un livre unique, décoré par les mains les plus diverses, dans lequel on! peut étudier l’art de la peinture, à travers ses développements successifs, depuis ses premiers bégaiements jusqu’à son épanouissement dans les œuvres des grands maitres.
Par ailleurs, il faut remarquer combien il est intéressant de faire connaitre au monde des travailleurs des œuvres d’art inédites, difficilement accessibles par suite de leur dispersion et de donner de ces peintures une reproduction soignée et fidèle. On sait les mesures énergiques que le Congrès de Liège’, sous la présidence de M. Henri Omont, membre de l’Institut, l’éminent conservateur des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, a préconisées dernièrement pour mettre en valeur les richesses que contiennent les dépôts publics et les préserver des fatales éventualités dont le néfaste incendie de la Bibliothèque Nationale de Turin évoque le douloureux souvenir.
Depuis cette époque, nombre de bibliothèques ont fait paraître?, en petits fascicules, des phototypies reproduisant les principales richesses conservées dans leur dépôt. Mais les crédits modestes dont elles disposent ne leur ont pas permis de faire établir de belles et grandes planches, dignes de leurs modèles, qui sont du domaine des publications de luxe.
De plus, ces recueils ne font ressortir, malgré toute leur utilité, que l'illustration d'un manuscrit sans se préoccuper des analogies qu’elle peut avoir avec celle d’un volume d’un autre dépôt. Or, la méthode comparative, en groupant différentes œuvres
par familles distinctes, est la seule, malgré ses dangers et ses exagérations, qui nous
1. Actes du Congrès international pour la reproduction des manuscrits, des monnaies et des sceaux, tenu à Liège les 21, 22 et 23 août 1905, Bruxelles, Misch et Thron, 1905, in-8°.
2. Sous la direction de M. H. Omont, de M. Geo. F. Warner, du R. P. Van den Gheyn pour la Bibliothèque Nationale de Paris, le British Museum de Londres et la Bibliothèque Royale de Bruxelles.
3. Il est fâcheux que, s'inspirant des travaux du Congrès de Liège, une Société ne se soit pas formée en France pour assurer ces reproductions dans des conditions de format et de facture convenables. La richesse de nos dépôts en faisait
ys. Ces collections de gravures, tirées des plus beaux manuscrits de toutes les bibliothèques, auraient
fatigués par
un devoir à notre p
présenté un double ava aux travailleurs une longue manipulation, et elles auraient formé une sorte de Corpus picturarum manuscriptorum, qui à la longue aurait
éraldistes et dont chaque planche aurait pu être
ntage : elles auraient été communiquées
à la place des originaux, d
constitué un recueil précieux pour les historiens, les artistes et les à faire
ée d'une bibliographie très exacte et destiné
vendue au publie pour ses travaux particuliers. Une notice, compo connaître les travaux déjà publiés sur la matière, aurait été jointe à chaque monographie. On aurait ainsi sollicité d'autres travaux et conservé le souvenir de peintures qui, dans un temps donné, sont destinées à périr.