L. Anxart Sexecar, Ad Lucilium epistolae, epist
d’honneurs et de gloire. Par analogie, Raoul de Praelles entreprend une dissertation sur l’antiquité des Français et sur la fondation de Paris. Il rappelle, en résumant les anciennes chroniques’ et en s’appuyant sur des traditions fabuleuses, qu'Anténor, après la destruction de Troie, se dirigea avec douze mille de ses gens vers les plaines de la Pannonie et que de là, poussé par les Romains, il traversa l'Allemagne et arriva en Gaule par Cambrai et Tournay. C'est dans cette contrée qu'il s'établit, après l'avoir conquise. « Viennent ensuite des détails peu historiques sur la période gallo- « romaine, et ce n’est qu'après de longues inutilités que l’auteur arrive à donner des « renseignements positifs sur le Paris qu'il habitait. Le Commentaire devient alors « des plus intéressants : on y trouve notamment des détails fort curieux sur certaines « rues de Paris et sur l’origine des noms qu’elles portaient à cette époque. La vieil « place aux poursiaux était ainsi appelée à cause du marché des bètes qui était par « decà la rue aux Bourdonnois*. » L'auteur nous promène ainsi par la Croës du Triouer, le carrefour Guillori ou Guigre Orille, la ruelle dite {a Fosse aux Chiens, la porte de /’4rchet Saint Merry, le marché des Champeaux, Montmartre, etc, en donnant maintes explications.
Cette dissertation célèbre, qui n'avait été précédée sur cette matière que par Les Éloges de Paris, écrits en 1323, par Jean de Jandun, est la première description de Paris. Elle a été souvent citée par les historiens de notre ville et quelques-uns l'ont largement pillée en négligeant de nommer leurs sources. C’est ainsi que Guillebert de Metz y a puisé la matière des onze premiers chapitres de sa Description de Paris sous Charles VI, en se contentant d’y faire quelques additions insignifiantes. Elle a été imprimée pour la première fois avec la traduction de la Cité de Dieu dans l’incunable d’Abbeville de 1486, mais d’une facon assez peu correcte. Le lecteur la trouvera dans les manuscrits, cités plus loin, de la traduction de Raoul de Praelles, ou plus commodément et transcrite avec une scrupuleuse exactitude, dans l'ouvrage de MM. Le Roux de Lincy et Tisserand”. Nous n'avons pas dans cette étude à faire le procès des détails erronés de cette Description. Corrozet‘ et du Breul° en ont fait justice ainsi que l'abbé Le Beuf° et des auteurs plus récents”.
On voit quelle érudition Raoul de Praelles avait mise au service de sa traduction. Il avait lu et relu tout ce qui pouvait éclaircir le texte qu'il s'était chargé de
1. Il cite Orose, Julius Celsus, Hugues de Saint-Victor, Hugues de Fleury, Baldericus, évêque de Dol, Geoffroy de Monmouth, Guillaume Le Breton, Hélinand et Bernard Guy. (Voir ces noms à la liste publiée plus haut.)