DU RECEVEUR
n y a en France divers Receveurs, comme du Domaine, des Tailles, des Amendes, des Décimes, des Douanes, &c. Mais à Jersey c'est un seul qui reçoit tous ces droits. On l'appelle le Receveur des revenus du Roy. n y a pourtant un Receveur particulier de la Petite Coutume, et un autre Receveur qu'on nomme le Receveur du Foulage ; c'est le Gouverneur qui les employé tous deux ; ils ne sont pas fort considérables, et parce qu'ils ne font point de serment, je les passe sous silence. Or comme le plus et le moins ne changent point l'espèce, il [me semble que ces officiers, qui doivent veiller pour les intérests du Frince, quoy que pour le Gouverneur, ne peuvent gérer sans serment, n y a un collecteur du droit d'un écu par tonneau sur les vaisseaux Français, dont je ne parle point non plus, parce qu'après cette guerre, s'il ne subsiste point, son employ deviendroit inutile.
Le Receveur de Jersey étoit autrefois obligé de rendre compte à l'Echiquier d'Angleterre, mais depuis que les revenus de l'isle sont donnez au Gouverneur pour ses gages, il faudroit dire, pour exprimer les choses comme elles sont, le Receveur du Gouverneur, et non pas le Receveur du Roy. Cependant celuy que le Gouverneur nomme est toujours intitulé Rece-
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veur des Kevenus du Roy, et se joint en cette qualité avec le Procureur du Hoy dans tous les procès où iL s'agit de quelque affaire de la B^ecepte, même purement mobiliaire, ou de quelques arrérages, parce que quoy que le Procureur du Roy puisse bien faire condamner de payer, il n'a pas autorité de recevoir ; c'est une fonction séparée, et son receu ne serviroît pas d'acquit Le l^eur Jean Dumaresq fut établi Receveur en 1660 et continua plus de vingt ans. MdLs le Gouverneur Lanier n'ayant pu demeurer d'accord avec luy sur le prix de la Recepte, laquelle il tenoit & ferme du Gouverneur précédent, fiât un autre Receveur qu^on qualifia comme l'autre. De sorte qu« les Gouverneurs possèdent non seulement la nomination, mais l'autorité de changer €Ul mUnrn les Receveurs des Revenus du Roy. Peut estre y a^t-il en cela quelque chose d'irrégulier, dont nous parlerons plus amplement ailleurs.
Le Receveur, quoy qu'il ait des gages surTExtente, n'est sans doute point du corps de la Justice, bien que le dernier Receveur ne perdist point d'occasion de s'y vouloir introduire. H donnoit ultro la malin d'association aux Jurez nouvellement élus, et prét^idoit que dans les élections, il devoit estre appointé pour quelque paroisse, aussi bien que le Procureur, le Vicomte, TAvocat et le Greffier.
Anciennement, le Receveur ne marchoit point avec la Justice à la visite des chemins publics : il s'en retiroit par modestie, et ne se trouvoit qu'au lieu du repas. Le Sieur Dumaresq, lote qu'il fut fermier de
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laReeepte, Munoeaça d'estte préaent à ces vîntes, à la favettr de ses alnds* An fond il n'y aurait là rien qui rendist sa présence illégitime, à moins qu'il n'y sollicitait les hommes de Yeûe, ou qu'il s'emportast contre des parties foibles ou absentes.
y Le Boy ne paye point de dépens cuiiaux. tiseuM grcOis litigat Mais cette prérogative ne s'étend point jusqu'au Receveur, wÂi qu'il agisse comme Fermier, soit pour l'intérest privé du Gouverneur. Il faut payer les gages des Officiers de la Justice. C'est pouiquoy le Receveur, lors qu'il a quelque considérable quantité de causes pour la Récepte, demande un jour exprès, et donne le souper à ceux qui assistent Mais il en e«t amplement récompensé par les frais qu'il exige des particuliers. Voyez Terrien.
Lors qu'à huis clos on taxe les amendes, comme j'ai dit ci-dessus, on y observe une coutume dont la postérité ne devinera peut-estre pas aisément l'origine ; c'est que quand on vient à*peu-près à mi^taxe, on surseoit Le Receveur fait apporter deux ou trois pots du meilleur vin, avec un grand et lai^e pain fait exprès à la manière d'Angleterre, a great cake ; le Vicomte la coupe par morceaux ; diacun choisit à son tour, sans qu'il soit permis de &ire aucune part pour des absens. On boit à la santé du Roy, et le Greffier &tit la prière devant et après, comme si c'étoit pour un repas ordinaire, quoy que pour la plupart chacun fasse emporter chès soy sa pièce de la gâche. Il y a soixsmte ans que ce n'étoit qu'un simenel. Mais quelque Receveur s'étant avisé d'y faire appcnrter du