‹ Les manuscrits de Philippe Le Geyt, ecuyer, lieutenant-bailli de l'île de Jersey (volume 3)Chapitre 45 sur 77 · BU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

BU GOUVERNEMENT

ment ont manié les affaires de grande importance, . avec l'assistance du Commun Conseil, nommé com«^ munément les Estats de Tlsle, avec le consentement' ^xprès du Capitaine et Grouvemeur, lequel, en toutes j choses qui touchent et concernent le Eoyal Gouvernement et prérogative de S. M. en cette Isle, représente la personne Royale, qui est une place très haute et honorable, laquelle a esté establie en ladite Isle, d'empuis le temps de la révolte sus-mentionnée, tant pour la défense d'ycelle contre des ennemis forains, que pour la garde et rétention desdits habitans en leur deiie et naturelle obéissance à S. M. très aimable, vraye et redoutée et très naturelle Reyne : lequel Chef Magistrat est de telle importance et nécessité que dernièrement, d'empuis peu de temps qu'ycelle office a esté vuide et vacante par la mort de feu Amias Poulet, Chevalier, diverses divisions et dissentions civiles s'y sont accrues entre plusieurs desdits habitans, avec maintes désobéissances et indeus superbes et ambitieux déportements, lesquels on y a dangereusement eslevez à très mauvais et intolérable exemple, et au grand accroissement de maux et dangers et encouragement des malfaiteurs. En deue considération de toutes lesquelles choses susdites, et aussi de Testât présent de ceste dite Isle, en laquelle maintenant, pour maints aultres respects particuliers, il est requis de remédier et donner ordre à plusieurs choses, pareillement à cause de la malice universelle du temps présent, principalement es païs et nations prochaines et qui l'environnent de très près, et par

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SUS tout et en espécial, afin qu'il puisse apparoistre à tous combien S. M. a un royal et paternel soin, amour, et affection de maintenir sesdits subjects de ceste isle en leur deùe et naturelle obéissance et subjection, sans aucunement violer, mais plutost confirmer, ratifier et eslargir leurs anciens privilèges et libertez. Nous TertuUian Pyne, Dr. es Loix, et Kobert Napper, Èscuyer, Commissaires en ce point légitimement authorisez sous le Grand Sceau d'Angleterre, avec le grave advis et consentement du Gouverneur, Bailly et Jurez et Estats de ladite isle, avons desclaré, posé et establi et confirmé, et, par ces présentes, deisfclarons, posons, establissons et confirmons certaines Loix, et Ordonnances, desquelles la teneur ensuit.

Je he m'étendrai point sur un si long préambule. Je remarquerai seulement, en général, ce que chacun y peut remarquer d'abord, sçavoir : qu'il s'accommode aux affaires d'alors, et qu'on y veut rehausser la charge de Gouverneur, sous prétexte de réprimer les factions. Ce n'est pas qu'en effet les Gouverneurs précédéns ne s'attribuassent une fort grande autorité. Ih en usoyent, pour ainsi dire, à leur seule discrétion. Les criminels et les bannis trouvoyent un azile dans le Château : on leur y donnoit même des Lettres de grâce. Les Gouverneurs nommoyent les Magistrats principaux et prenoyent une espèce de sur-intendânce sur toutes les jurisdictions. Ils faisoyent lever sur les habitants des imposts et des tailles et quantité de corvées îndeûes. Ils exigeoyent de chaque paroisse

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un certain tribut annuel de bœufs et de moutons, à un prix au dessous de la juste valeur. Us faisoyent abattre des arbres à la campagne à quatre gros la cbartée, sans égard, soit à Fabri, soit à la décoration des maisons. Us prétendoyent que leurs gens devoyent mesurer eux-mêmes avec un bâton rond les grains qui leur étoyent deûs, au racle, et qu'ils se pouvoyent servir des chevaux des habitans toutes fois et quantes. En 1540, Harliston finissoit ainsi ses lettres à la Communauté de l'Isle, '^ car tel est nôtre plaisir." Lorsque les Souverains établissent un sujet pour administrer la justice en leur nom, ils le font jurer qu'il se conduira selon les Loix et Coutumes. On écrit que chès les Perses, les Magistrats entrant en charge faisoyent un serment exprès de désobéir au Roy, plutost que de ne pas observer les Loix. Et le Statut d'Edo. 2, Roy d'Angleterre, Ano. Regn. 2. Cap. 3, porte : Item, it is accorded and established tbat it shall not be commanded hy the Great Seaie nar the Little SeaUj to disturb or delay common righty and though such cammandments do corne, the Justices shall not there/ore leave to do right in any point. Mais les Gouverneurs de Tisle n'ont quelquefois point fait de difficulté de mettre cette clause dans le serment du premier Magistrat, qu'il se conduiroit par leur bon avis, en toutes choses, et qu'il seroit fidèle et loyal au Gouverneur et à son Lieutenant ; voyez le serment de G. Poulet, Bailly en 1583, en Aoust. Le Duc de Bedford, en 1419, et le Duc de Glocester, en 1441, ont porté le titre de Seigneur des Isles. On se peut

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