‹ les manuscrits de roman de la roseChapitre 115 sur 141 · LS OC ©G · texte numérisé non relu

LS OC ©G

Ils sont dans >: (je souligne les mots écrits sur grattage). Gars mauvais cuers faillis Quant tu liés mis bien d’un garçon.

A part lés corrections ultérieures de 2, les deux mss. sont à peu près identiques, et tout ce que j'ai dit de l'un s'applique à l’autre. Voici toutefois une particularité de 2: que Coc n'explique pas. Dans Be, Da, H, les v. 2951-64 sont placés entre les v. 2942-43 ; dans 2, un blanc de 14 lignes a été laissé entre les v. 2942-43 (1); sans aucun doute, cet espace a été ménagé pour les v.2951-64, bien que ceux-ci se trouvent à leur propre place comme dans Coc.

x» à perdu de nombreux feuillets ; il lui manque les v. 670-81, 909-1008, 1227-439, 1684-2018, 2864-66, 3307-418. La plupart de ces lacunes marqueront des divisions dans le classement du texte.

Jusqu'au v. 430 environ, x est tantôt avec M, par exemple aux v. 28, 46, 113, 216, 256, 353, 384 ; tantôt, et plus souvent, avec ZX, par exemple aux v. 109-10, 115, 133, 153, 161-62, 175, 283, 285, 319 ; il a la bonne leçon contre Æ et M au v. 313. Il a aussi quelques fautes en commun avec, par exemple v. 127 Aussi com (ux que) tout seul esbatant, pour Contreval l'eve esbanoïant.

Outre les variantes communes à :» et à X qui viennent d'être signalées, z» en a d’autres qui se retrouvent à la fois dans Æ et dans Mon, Maz ; c'est avec ces deux derniers, à l'exclusion de X, qu'il se rencontre le plus souvent du v. 430 au v. 670.

Des v. 781 au v. 909, il n'est plus avec aucun groupe caractérisé de II, mais ses ieçons de I peuvent avoir été empruntées à un représentant perdu du groupe Mon-Maz.

Du v. 1008 au v. 1227, il suit fidèlement Z.

Du v. 1439 au v. 1684, il a encore la plupart des variantes de Z, mais pas toutes.

A partir du v. 2018, il n’est plus avec Z, ni avec aucun groupe de II, sauf au v. 2648 ‘poine avec J, K, N, pour duel), et au v. 3536 (avec Æ, L, M, N). Il doit probablement plusieurs de ses leçons au groupe Mon-Maz ; c'est ainsi que sa rime aux v. 2591-92, en esmay :

(4) Ce vide a été rempli depuis par un correcteur, qui y a transcrit les v.

2051-64, suivant un texte bien meilleur que celui des mêmes vers donnés quelques lignes plus bas.

me mervoy, comme celle de Mon, en esmay : me merveil, fond la leçon de Il en esmai: m'en esmai, avec celle de TI en esveil : me merveil. Je ne crois pourtant pas qu'il doive à Mon-Maz sa rime des v. 3413-14 senti la chalor (avec He, y»; Mon, Maz :s. l'ardor ; K :s. l’odor): de demor (avec He, y, Mon, Maz, K), pour senti l’aier : delaier. Dans cette seconde moitié du poème, il est surtout avec; il reproduit au v. 2721 la variante de Da, Be, Ha, Za.

Touw

Tow, qui n'est pas à proprement parler une copie du Roman de la Rose, mais celle d'un remaniement de ce poème, modifie les v. 2835-38 de II, pour y introduire le nom de Peur, emprunté au groupe I, de façon à concilier les deux leçons, puis les fait suivre du v. 2839 de I :

IT. femes et .j. vilain home :

Li hom Male Bouche se nomme,

Qui Dieus doinst vergoingne et aaui.

Honte et Paour ot avoec lui ;

Mais la mieus vaillans ce fu Honte.

Avec II il omet les v. 2859-62, mais il revient à 1 aux v. 2863-65 et 2867.

Tou a d'autres fautes de I et de II.

Dans l'union Æe-Tou, c'est Je qui est l’emprunteur (1).

Tou est avec Bd aux v. 102, 161-62 (9); avec Bé et Da aux v. 143-44 (3). Il est avec Da aux v. 834 Je cuil qu'il n'avoit pas sept ans, pour Qui dès qu'el n'a. que s. a.; V. 1643 sont prestes (Da), s. tout prest (Tou), pour s'aprestent; v. 1690 enteche (Da), entece (Tou), pour en coiche; v. 1168 Qui fu richement empenee, pour Za plaie fu parfonde et lee; v. 2386 Soient toutes foiz La (Da), S. adès iluec (Tou), pour S’en revieignent par la ; v. 3085-86 omis; v. 3158 Je ving, pour Je tin. Ges deux mss. ont la continuation anonyme ajoutée au poème interrompu de Guillaume.

Je noterai plus loin la présence de Tow dans les groupes Da-He au v. 101, Be-Da-Za au v. 802, Be-Da-Ga-Za aux v. 7141-42, C-He au v. 2873, C-H-Ga au v. 691, C-Ba-Za au v. 1844.

(4) Voir p. 247-8.

(2) Voir p. 245.

(3) Voir p. 245, n. 3.

On trouvera dans les chapitres consacrés à AR, à Ra, à 70, Jo, du groupe IT, des variantes communes à ces mss. et à Tow, dont plusieurs se retrouvent dans J, À, L, M, N: il est encore avec EM, Nau v.963 : Felonie, pour Vüenie,; aux v. 1823-24 omis.

Je n'insisterai pas davantage sur le départ des lecons de I et de If que le remanieur à réunies ; il me paraît suffisant d'avoir montré la fusion des deux versions.

Groupements des mss. de I

)v, £z, LS, COC, }a. x Sont inutilisables et je n’en tiendrai aucun compte dans le classement des mss. de IL. J'indiquerai en notes seulement quelles variantes de ce groupe le remanieur a laissées à Tou. Les autres mss. se groupent suivant des combinaisons très variées, que je vais passer en revue :

Be-Da (A) : v. 1958 L'uis dou guichet, pour L’u. d. vergier, du groupe [ (2); v. 2571 Qui a (Da omet a) estoignier le contraigne, pour Que ii e. l. covieigne.

Be-Da-Ga-He : v. 1650 Onques mi (Be : nul) oeil si bel ne virent (Be, Da), Ains mais mes e0s plus biaus n. vd. (Ga), O. p. b. m. 0. n. v. (He), pour O. plus bel nul leu ne crurent (3).

Be-Da-Za (4) : v. 802 en nul lieu(Be, Za)(5), e. tel 1. (Da), pour entre gent (6) ; v. 3900 A$ (Be: En) chalumiaus de Cornouaïille (Be, Da) (1), À ses c. fez a taille (Za), pour As estives d. C. On retrouvera le même groupement pour les variantes du v. 1241.

Be-Da-Ga-Za (8): v. 141-42 wns mestiers Qu'ele faisoit mout volenliers (9), pour Li m.Qu'e.f. plus ©. ; v. 752 cointes, pour beles.

Be-Da-Ga-Za-Bd (10) : v. 3537 Que tu fusses (Ga : fus si; Za:es si) bien dou (Be, Za: d'un) garçon, pour Sens q. t. f. d'un g.

(4) Ba n’a plus le v. 1258.

(2) Groupe II : Le guichet dou vergier flori. (3) Cette variante est peu significative, plusieurs correcteurs ayant cherché à remplacer la forme insolite abelurent à la rime du vers précédent par abelirent. (4) Ba n’a plus les v. 802, 1241.

(5) Aussi dans Tou. - (6) Bâ : en terre; Ga a complètement changé le vers.

(1) Aussi dans Ra, avec la variante de Be.

(8) Lacune dans Ba.

(9) Aussi dans Tou.

(10) Lacune dans Ba.

Univ. de Lille. Traw. et Mem. Droit-Lettres. ToME VIT. — 17.

Be-Ga (1): v. 1186 Maintle bele chevalerie, pour M. joste et mainte envaie. Gette variante se retrouve dans Z, M, N;iln'est donc pas impossible que Be et &a ne se rencontrent ici que par l'intermédiaire de ces groupes de Il. Cependant, on reverra plus loin le groupement Be-Ga dans les variantes du v. 1934.

Be-Za (2) : v. 871 qu'entrepris, pour qu'encombrez.

Be-H : v. 1736 Une saiele, pour U. autre floiche. Da donne simplement U. f., faute contre la mesure du vers, qui pourrait avoir provoqué la variante de Be-H ; ce groupement ne devrait donc peutêtre pas être séparé du trio Be-Da-J.

Da-H : v.3168 grevance, pour pesance; v. 3234 Il vient maïinles foiz (Da, Ha), M. f. avient (He), pour I. voit m.f.; Da-Ha: v. 3242 Et lie ü n'a (Ha), Et lie n'a (Da), pour Et qu'il n'i a; v. 3921 garder, pour guelter ; Da-ITe : v. 2509-10 omis.

Be-Da-H : v. 2071-86 omis (3); v. 3437 seurement (4), pour certainement ; v. 3615 conduil, pour garde. L'omission des v. 2077-86 est une faute certaine ; ces vers exposent le premier des commandements d'Amours, celui de « guerpir vilenie », qui est immédiatement'suivi des autres : ne pas médire, saluer les gens avec empressement, etc. Si avec Be, Da, H on supprime le premier précepte, il n’en restera que neuf: or, plus loin (v. 10396 et suiv.), Amour demande à l'amant de lui «recorder » ses « dis comanz »; et l'amant commence : «Vilenie doi fouir ; et que ne mesdie ; salus doi tost doner et rendre... » (v. 10403-5). Dira-t-on que cette allusion n'est pas une preuve irréfutable, que les vers 2077-86, auxquels elle se réfère, ont pu être introduits dans la première partie du poème par l'auteur de la seconde? L'hypothèse en elle-même est bien invraisemblable ; elle le paraitra davantage si l’on observe que ces vers n'ont pas la rime léonine habituelle à Jean de Meun; qu'ils se trouvent dans les mss.qui ont la finale anonyme de la première parüe, C'est-à-dire dans les mss. qui paraissent remonter à un original n'ayant pas la continuation de Jean de Meun. D'ailleurs, l’omission se présente d'elle-même comme une lacune évidente : c'est le dieu d'Amours qui expose en personne ses commandements à l'amant ;

(1) Lacune dans Ba.

(2) Lacune dans Ba.

(3) Lacune dans Ba.

(4) He a la leçon commune

to

il faut donc que l’auteur, qui parle en son propre nom dans les vers précédents, annonce qu'il cède la parole à un autre :

« Vilonie premierement »,

Ce dist Amors, « vueil et commant... » (v. 2077 et suiv.).

Si l’on omet ces vers, l'interlocuteur n’est pas introduit. J'ajoute enfin que le nombre dix, pour les commandements du dieu d'Amours, est calqué sur celui des commandements du Dieu de la Bible.

Be-Da-H-Ba placent les v. 2943-50 à la suite du v. 2964. C'est une faute évidente. L'un des deux passages intervertis relate un acte qui doit nécessairement précéder l'expression d'un regret contenue dans l'autre passage. L'amant avait franchi (v. 2814-16) la haie qui le séparait de Bel-Accueil ; l’arrivée de Danger l’oblige à la repasser (v. 2946), et c'est de quoi, aux v. 2958-59, il se désole. Suivant la leçon de Be-Da-H-B&, ïil se trouverait à l'intérieur de l’enclos lorsqu'il se plaindrait de ne pouvoir y pénétrer.

Be-Da-Ha-Bä-C : v. 93 couchier m'aloie (1), pour couchiez m'estoie.

Be-Da-H-Bâ-C-Ga (2): v.1934 Que tu me faces ci(Ha : tost: Be, Ga : lige) omage (He : Q. t. a moi f. 0.), pour Qu'orendroil MNT NO:

Be-Da-H-Za : v. 21% Bien près de li, pour Près des teues (3).

Be-Ha-Ba-Ga-Za (#4): v. 2468 Las, je ment, c'est trop chier cheté (Be), L. j. m. j'ai t. haut pensee (Ga;(5), J. m.trop ia c.c. (Ha, Ba, Za), pour L.j. demant t. c. c.

C-H (6): v- 192 À nue rien ne (H), À autre r. n.(C), pour Covoitise n. (7); v. 954-55 Car ainz qu'il soit moul delaiez (He : esmaiés\ Puet il (H: P. bien) tost sa santé (He : lantost santé) atendre, pour Ses maus si esl bien emploiez Car il p. t. santé a.;:v. 1536 Ne l'eve sechier ne tarir (C: cheir) (8), pour

(1) He : alés m'estoie.

(2) Lacune dans Ba. Il n'est pas absolument certain que la leçon du groupe ne soit pas la bonne.

(3) C : Près de celle.

(4) He a changé le vers.

(5) Eu, qui accompagne Ga : t. h. pense; Ra : L. j. m. j'ay t. fourpense.

(6) Les v. 954-55, 1234, 2071 n'existent plus dans Ga.

(7) Be : Ele ne savroit en fine.

(8) Æe, Be, Ga ont modifié le vers, chacun dans un sens différent.

Ne que l'e. ne puet t.; v. 1566 Porra, pour Pueent; v. 2071 Que je die et que je (Ha: j'en) commence (Ca: recommence), pour Q. j'espoigne e. q. j'enromance; \. 9946 mauvaise, pour petile ; v. 2490 qu'un poi, pour qui or ; v. 2826 Mout près d'iluec, pour P. d'ilueques ; v. 2873 qui estoitchargié(i), pour q. l'avoitc.; v. 2995 Pour tant qu'il, pour P. quoi il; C-Ha : v. 2990 et firmament (2), pour demainement ; Ca-H : v.1934 Tout maintenant que(3), pour Ainz que nule quant. On trouvera sans doute que beaucoup de ces variantes, considérées isolément, sont peu significatives, celles surtout qui résultent de simples et faciles substitutions de mots, sans altération du sens. Pour la plupart des autres, on pourrait aussi, à la rigueur, trouver quelque explication. Il est permis de prétendre qu’au v. 192, deux copistes, choqués par la répétition du mot covoilise, qui commence déjà le vers précédent, ont été naturellement induits à une correction faite à peu près dans les mêmes termes. Le v. 2873 pèche contre la déclinaison (chargié, nécessité par la rime, au lieu de chargiez) et par l'absence d'un régime du verbe (Ze) : deux copistes étaient capables de commettre cette double faute (4). Il sera plus difficile d'expliquer, au v. 2990, la substitution de e4 firmament à demainement. Cependant, si l'on observe que les mss. des différents groupes, sauf deux ou trois, ont ici une variante (Mmeesmement, tout proprement, nomeement, de maintenant), on admettra que les copistes de ÆZa et de C ont pu avoir, comme ceux des autres mss., une raison, qui ne nous apparaît pas clairement, de changer la leçon primitive ; si l'on considère en outre que le mot à remplacer était de quatre syllabes, qu'il devait, pour la rime, se terminer en -ment, et enfin qu'il a été dit quatre vers plus haut que Raison « fu faite en paradis », on admettra sans trop de répugnance que et firmament ait pu se présenter indépendamment à l'esprit de deux scribes. Mais si de pareils raisonnements sont licites pour rendre compte de quelques fautes communes isolées, ils perdent toute leur valeur dès qu’on est obligé d'en faire un usage trop fréquent, comme c'est ici le

(1\ Aussi dans Tou.

(2) He : nommeement, avec Ba, Za; Be : de maintenant.

(3) Ce a la bonne leçon.

(4) Le changement dans Æ paraît provenir de ce que le copiste, ayant au vers précédent écrit les boulons au lieu de le b., ne pouvait plus dire l’avoit ch., et de ce que les ac. ch. aurait faussé la mesure du vers.

cas. Et de plus, si l'on veut attribuer au hasard toutes les variantes qui viennent d’être signalées, il faudra montrer pourquoi le même hasard n’a pas permis les mêmes erreurs dans d'autres manuscrits. Enfin il reste la variante des v. 954-5, qui, si elle ne représente pas la leçon originale, échappe à toute explication qui exclurait la dépendance de C et de Z à l'égard l’un de l'autre. Or, cette leçon a contre elle, comme d’ailleurs les autres variantes spéciales à ces deux groupes, son isolement, en face d’une autre leçon commune à tous les manuscrits, aussi bien du groupe I que du groupe IT. En outre, elle semble présenter une faute contre la déclinaison, dont on ne retrouve pas d'autre exemple dans le poème (1). Il me parait donc extrêmement probable ou que Æ et C sont unis par un lien spécial de parenté, ou que, dans les exemples qui viennent d'être cités, leurs congénères ont corrigé la faute commune (2).

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