C-Za-Ba-Büä-Da : v. 1341-49 intervertis
Da-Ba : v. 176 Ce est cele qui fait embler, pour C’e.c. q. semont d'e.;v. 618 Moul meinent de joie (Da: d. joer) grant bruit, pour Qu'il meine avec soi et conduit ; v. 2169 et ton chief (A), pour tes cheveus.
Da-Bû (2) : v. #10 Qui n'iert mie fet pour bergier (Bâ), Qu'il n'iere pas faiz par b. (Da), pour Ou onc n'avoil entré b.; v. 1188 parti, pour percié.
Da-Ba-B& : v. 139 Ze mur, pour le milieu : Enz anz le mur vije Haïne (Da), Dedenz !. m. v. j. H. (Ba), En mi l. m. estoit H. (Bä),pour Enz en le mieu vi H.; v. 1310 Son arc maintenant li tendi, pour Tout m. l'a. L. t.
Da-Ga : v. 316 entiere, pour chiere (3).
Da-Za : v. 115 coroit, pour seoit; v. 2553-54 omis. La valeur de la première variante est amoindrie par le double fait que le sujet du verbe est l'eve, et que le vers suivant se termine aussi par seoët; la seconde est probablement un simple bourdon causé par le début presque identique des v. 2552 Qui vont et 2554 Qu'il ont. Il se retrouve isolément dans Xa, de IT.
Ba-Za et Ba-Bä-Za (4) : v. 193 À riens que, pour Fors q.; v. M2 ne se tarde, pour n’estcouarde. Ge groupement est surtout fréquent à partir du v. 1387 : v. 1387 tuiaus (5), pour ruissiaus; v. 1459 chuër, pour plorer; v. 1564 Grant partie, pour L'une moitié ; v. 1598 en leur, pour e. Mmaïint,; v. 1602 Com je la vous voudrai relraire, pour Quant j'avrai espont le mistere (6); v. 1627-30 omis (l'omission du v. 1630 rendant le v. 1631 inintelligible, chacun des deux mss. restitue un sens, en modifiant, l’un le v. 1631, l’autre le v. 1652 : Que moult volentiers en coûllisse A.m. u. q.j. t.(Ba), Se ne criensisse j'en c. Estre blamez .j. que tenisse (Za), pour Ne cremisse estre j'en c. Au moins une que je t.; v. 1193 levez
(4) Aussi dans X, L, M, N, de Il.
(2) Lacune dans Ba.
(3) Gette variante insignifiante existe aussifdans G, parent de Ga, dans Ri et dans X, N.
(4) Bê est avec Ba aux v. 193. 1387, 1564, 1598, 1602 (Quant j. 1. v. v. r.), 1627- 30, 1631, 1849, 2106, 2203-10, 2294, 2300, 2315, 3632, 3650, 3744, 3775.
(5) Ga a un vers tout différent de celui de.Ba-Za, mais qui contient aussi le mot {uiaus. |
(6) Vers omis dans Be.
(faute contre. la rime), pour drectez ; v. 1849 trop me peüst, pour ne p. t.; v. 1910 avoir santé, pour joie et s.; v. 2106 /angue, pour bouche; v. 2203-10 placés entre 2224-%5 ; v. 2284 Si, pour Or; v. 2290 Senz loi movoir, pour S. teuz m.; v. 2305 mes piez, pour les ieuz ; v. 2315 souferrai, pour laïsserai; v. 2467 Je l'ai par mon mal acheté, pour Bien seront mi m. a. ; v. 2645 que l'en, pour qui lor; v. 2650 corrous, pour dolor ; v. 2676 semble, pour souvient ; v. 2697-98 omis; v. 2727 Le cors la bele, pour Le saintuaire ; V. 3130 de cuer entier, pour au commencier ; v. 3144 C’est la chose, pour C’est une riens; v. 3148-49 Et hardement ma aporté À mon Cuer d’aler essaier, pour Et h. et volenté Me dona d'a. e.; v. 3229 Si, pour Aînz ; v. 3239 Tant fis que, pour Et tant que ; v. 3242 Bien set (Za : voit) nt a, pour Et qu’il n'i a; v. 3260 que omis; v. 3632 moi, pour Lui ; v. 3650 avoir, pour Oùr ; V. 3144 vousisse, pour amasse ; v. 31175 que n'est basme, pour que de b.; v. 3910 Sur chascun trueve, pour Trueve a Chascune.
Ba-Za (1) : v. 955-566 intervertis ; v. 1061 S£ estoit au col bien ourlee, variante certainement apparentée à celle de 7, K, L, M, N, et qui probablement en dérive ; v. 1062 remplacé par 1061 (2); v. 1099 S’ot par devant, pour Mais d. ot.
Ba-Za-Ga : v. 172 amasser, pour aüuner : Et les grans avoirs amasser (Ba), E. fait g. a. a. (Za), Les g. a. f. a. (Ga), pour £. L. g. à. aüner. Za-Ga ont en commun fait (3).
Be-C-Da-H-Ga-Za (4): v. 1241 Vis ot escuré reluisant(Be), À. ®. e. (Da : Ainz est curee) el luisant (Da, Za), Le v. avoit douce et riaunt (Ga), Belle vermeille (Ca : B. et v.) et reluisant (C), Gente iert et (He : G. et) bele et avenant (A), pour Le vis avoit cler et luisant. Les participes escuré, curee, qualifiant dans Be, Da, Za le visage d’une jeune fille, semblent avoir quelque chose d’incongru, ei n'avoir pu tomber de la plume délicate de Guillaume de Lorris. Le vers de Ga pèche contre la rime (-sant); il est spécial à ce ms., qui l'intervertit avec le précédent; la leçon de € pèche contre la flexion (il faudrait reluisanz); elle est également isolée; celle de Z pèche à la fois contre la rime et contre la flexion. On peut donc
) Lacune dans Ba.
) Aussi dans, K, L, M, N.
) Ra : E. fait L. a, amasser ; F, G sont avec Ga.
) Lacune dans Ba ; Bà a presque la bonne leçon: Le vis of cler et reluisant.
croire que le vers était déjà altéré dans le prototype de 1 (1).
Be-Bé-C-H-Da-Ga (2): v. 1958 L'uis dou vergier (Be, Da: d. guichet) seue merci. la leçon correspondante de IT est Ze guichet dou vergier flori. Le vers précédent se termine par ovri. Guillaume de Lorris a cherché la rime riche, commençant au moins, dans les terminaisons masculines, à la consonne qui précède la voyelle accentuée ; les cas où il n’a pu l’atteindre sont rares ; ici elle n’offrait aucune difficulté. La rime ovri : merci serait la seule de tout le poème où l'homophonie serait restreinte à une voyelle simple ; dans la seconde leçon, la rime, plus étendue, est conforme à la poétique de l’auteur, et le sens n’y perd rien. J'ajoute que les représentants de cette dernière leçon ne manifestent aucune tendance à la rime riche; ils ont au contraire introduit ailleurs des rimes pauvres et se seraient fort bien accommodés de celle de la première leçon.
Be-Ba-Bû-C-H-Ga-Za : v. 2459 J'i (Bd, Ga : Je) voudroiïe estre par (Bd : pour) couvent, pour Jou v. p. covenant (3). Le vers doit rimer avec maintenant. Même remarque ici que pour la version précédente, bien que la rime covent : maintenant soit moins pauvre que la rime ovri : merci.
Si ces derniers témoignages de l'union en une seule famille des mss. de I ne paraissent pas, par eux-mêmes, absolument concluants (4), ils sont renforcés par les groupements compliqués et souvent contradictoires dans lesquels on a vu chacun des mss. se Joindre successivement à plusieurs des autres. Il n’est pas possible de se rendre compte de ces croisements sans admettre que toutes les copies reproduisent des fautes provenant d'un même ancêtre, mais que dans toutes aussi des leçons empruntées à d’autres mss., de [I ou de IT, ont été substituées à celle du prototype commun.
Ces indications sont encore appuyées par la façon dont se comportent les mêmes mss. dans le poème de Jean de Meun. A ce contrôle échappent toutefois Da et Ha, qui ne contiennent pas la seconde partie du roman. Les relations se poursuivront entre Be,
(1) Les v. 1241-42 sont omis dans L, M (de II), peut-être aussi à cause de la même altération.
(2) Lacune dans Ba.
(3) Les v. 2459-60 sont omis dans ZL, M. à
(4) À la suite de l'étude du groupe II, on trouvera quelques autres leçons qui paraissent être des variantes communes à I et à II.
Ba, Bä ; C et He seront unis par des variantes communes : tous deux en auront avec B; Ga et Za, quiiront alternativement de I à Il, reproduiront souvent des fautes de B.
GROUPE II SUBDIVISIONS DU GROUPE Il
Le passage qui m'a autorisé à réunir sous un seul chef les mss. qui ne comptent que trois gardiens des roses présente des variantes qui à première vue commandent des subdivisions du groupe IT. C'est d'abord l'introduction dans le v. 2834 du mot deus : Avec lui ot deus Compaignons, pour Ainçois avoil a c.; c'est ensuite, dans un certain nombre de mss. qui n’ont pas cette dernière variante, l'interpolation de deux vers entre 2836-37 :
Nez fu, sachiez, en Normandie ; C’est uns vilains que Dieus maudie !
La première variante répartit tous les représentants de If en deux catégories, l’autre partage la seconde catégorie en deux groupes :
4° Mss. qui ont la variante du v. 2834 ;
2 Mss. qui ont les deux vers interpolés ;
3° Mss. qui n'ont ni la première variante ni l'interpolation.
Mais la seconde variante constitue un point de repère peu sûr, d'abord parce que c'est une interpolation et qu’une interpolation est la base la plus fragile d’un classement de mss.; en second lieu, parce que les deux vers ajoutés ont pu être supprimés par les copistes normands qu'ils froissaient (1). Cette interpolation a aussi le défaut de ne fournir aucune indication relativement aux mss. qui ont fondu les leçons de I et de IT dans le passage en question. Enfin, considération beaucoup plus importante que celles qui viennent d'être exposées, il existe dans le poème deux vers dont les multiples variantes distribuent tous les mss. des groupes IT et III en des familles plus nombreuses et suffisamment caractérisées, répartition qui, du reste, confirme, en même temps qu'elle la complète, celle qui repose sur les deux variantes des v. 2834 et 2836-37 : elle partage en deux groupes (M, N) les mss. qui ont la faute du v. 2854:
(4) Dans plusieurs mss., Normandie a été remplacé par Picardie, où Lombardie.
en deux groupes aussi (Æ, L) ceux qui ont les vers interpolés entre 2836-37: elle établit des subdivisions entre les mss. qui n'ontaucune de ces deux variantes et marque les rapports qui unissent tous ces groupes les uns aux autres.
Ce sont donc les variantes des v. 4109-10 qui serviront de base à une première répartition des mss. de IT, et en même temps des mss. qui réunissent les leçons de I et de II aux v. 2834-67. Je placerai entre | ] l'indication de ces derniers mss. ; je mentionnerai aussi, pour faciliter les comparaisons, ceux de I entre ( ).
10 Descendoit l’eve granz et roide; Clere estoit l’eve et aussi froide.
(Ca, Ce, Da (1), Ha, He, Za), Urb, Ji, Mon, Max, Z0, uv.
20 Descendoit l’eve clere et roide ; Grant estoit l’eve et aussi froide.
(Be), Ou.
30 Descendoit l’eve grant et roide; Ele estoit clere et aussi froide.
40 Descendoit l’eve grant et roide ;
Et couroit clere et aussi froide.
Do Descendoit l’eve grant et roide ;
Clere estoit mout et aussi froide.
(Ga), [Toul] (3).
60 Descendoit l’eve grant et roide ; Clere estoit et autressi froide.
(Ls), Mar (4), Jé, yo (B), po.
10 Descendoit l’eve grant et roide ;
Clere estoit et si estoit froide, VAE
80 Descendoit l’eve bele et roide ; Clere estoit et autressi froide.
(Coc), Fa, Fe, Fi, F0, ou, we (6), «, [Gi (7), Go (8), Gu, Gul].
) Da, v. 109 e. a. roide.
) Ba, v. 109 jort, au lieu de grant.
] Tou, v.110 M.e. c.
) Ls, Mar, v. 110 C.e.e. aussi f.
) yo, v. 109 D. acque g.
) ge, v. 109 jort au lieu de bele.
) Gi; v.110/Ce a serf.
(8) Go substitue l’un à l'autre bele et clere.
9o Descendoit l’eve grant et roide, Et si estoit autressi froide.
us (1), [Bd (2), Ge, Gé, Gé (3)1.
100 Descendoit l’iave rade et roide, Et elle estoit autressi froide.
110 Descendoit l’eve grant et roide, Clere (et) bruiant et aussi froide (4).
JON TENIONMLNT O0
120 Descendoit l’eve grant et roide, Clere et bruiant, belle et froide.
Ty.
130 Descendoit l’eve clere et royde, Clere, bruiant et aussi froyde.
Ky.
140 Desceudoit l’eve clere et roide, Fresche et bruiant et aussi froide.
Nf (5), Nh 150 Descendoit l’eve clere et roide,
Forte, bruiant et aussi froide, (20) (6), Ka (7), Ki, Ko, Ke, Sel (8).
160 Descendoit l’eve clere et roide, Forment bruyant et aussi froide.
1KGe 170 Descendoit l’iave clere et coie, Toute bruiant et aussi froide.
PAT 130 Descendoit grant et roide leve,
Et venoit bruiant clere et bele,
La, Li, Lo, Lb, LC, Lf, Lg, Dij (9), Mo.
(4) ue, v. 109 clere au lieu de grant, v. 110 ert bien au lieu de estoit. (2) Bä, v. 109 fort au lieu de grant.
(3) Gé, v. 109 bele au lieu de grant, v. 110 Qui esloil grant el aussi f. (4) Ja, Jo : C. et b.; Je, Ju, Jb: C. b.
(5) Nf, v. 109 grant au lieu de clere.
(6) xw, v. 110 Fort et b.
(7) Ka, v. 109 Frote au lieu de Forte.
(8) Ko, Ke, Sel, v. 110 6. a. e. f.
(9) Dij, v. 110 Qui o. au lieu de Et v.
189 bis Descendoit grant, fort et isnelle, Et venoit bruiant clere et belle.
do, (£a) (1).
180 ter Descendoit l’eve clere et bele, Bruiant par dessus la gravelle.
190 Descendoit grant et roide l’eve, Et venoit bruiant, bele et clere.
Ma, Me, Mi, Lk.
200 Descendoit l’eve come cele Qui venoit bruiant, clere et bele.
(Lu), Le, Li, L, Lm, Le, Lmé, Lm”, Env, Lmé, LE, L,7e, [N], Na, Ne, Ni, No, Nu, Ny, NC, Nd, Ng.
210 Venoit clere comme fontaine (2).
VE [ru].
Le v. 109 est omis dans Zmf, qui a pour le v. 110 la 18° leçon ; les v. 109-10 sont omis dans Xw, Lm; le feuillet où ils devaient se trouver manque dans Ro, Ld, Lh, Nb, No, yo, #5, he, tu, De. Ces mss. seront réunis aux groupes auxquels les rattache la suite du poème : Æu et x à ÆÀ (variantes 13 à À7), La, Lh, Lnÿ, Lm$ à L variantes 18 et 20), Nb, Nov à N (variante 20) ; uw. aura sa place à la suite de M (variante 19), y sera examiné en même temps que yo (variante 4), Ro en même temps que R1; De a déjà été rattaché à Da et 1x à Coc, parmi les représentants de I.
Le choix parmi ces multiples leçons n’est pas embarrassant ; c’est évidemment à la première qu'il faut s'arrêter. Et d'abord, pour le v. 109, elle est assurée à la fois par le groupe I et par de nombreux mss. du groupe Il ; la substitution dans Be et dans quelques mss. du groupe II de clere, belle, rade à grant est sans importance et ne peut être cause d'aucune hésitation. D'ailleurs, les accouplements d'épithètes grant et roïde, clere et froide sont plus naturels que clere et roide, grant et froide. C’est encore le même vers qu'on retrouve dans les leçons 18 et 19, avec une simple interversion, qui rejette le mot eve à la fin du vers et qui, en détruisant la rime.
(1) £a, v. 109 D. g. force e. i.
(2) Fusion des v. 109-141 en un seul.
prouve que cette variante n'est pas du poète. Quant à la variante 20, il est visible qu'elle dérive de la variante 19.
La leçon du v. 110 n’est pas moins assurée. Si on laisse de côté les variantes 18-20, qui ne fournissent pas de rime à 7otde, un simple coup d'œil sur les autres suffit à montrer que le vers doit commencer par Clere estoit et se terminer par et aussi froide. La syllabe manquante est leve, donnée par les deux premières variantes, c'est-àdire par tout le groupe [, moins Ga, et par quelques mss. du groupe IL. On à vu que Ga ne mérite aucune confiance ; il a pu du reste substituer lui-même mout à l'eve, qu'il était choqué de voir dans deux vers consécutifs. Car c’est sans doute à cette répétition quil faut attribuer la multiplicité des variantes du v. 110 ; là banalité de beaucoup de ces variantes sent la correction.
La leçon primiuve des v. 1409-10 fermement établie, j'examinerai d'abord les variantes les plus caractéristiques, qui constituent des groupements avec lesquels les mss. qui aux v. 1409-10 s’éloignent moins de l'original ont cependant des affinités certaines.
Les leçons 11-12 (/) introduisent dans le v. 110 l’épithète bruiant, sans modifier le v. 109. ;
Les leçons 13-17 (Æ), outre l'introduction de bruiant dans le v. 110, substituent dans le v. 109 clere à grant, d'où l'obligation de remplacer ctere au v. 110 par un autre mot.
La leçon 18 (Z), avec l'adjectif brutant, introduit aussi dans le v. 110 le verbe venoit et l'adjectif bele, et, en outre, par un déplacement de mots, altère la rime primitive.
La leçon 19 (M) ne se distingue de la précédente que par l'interversion des mots clere et bele ; mais cette transposition, affectant la rime, est plus importante que si elle se présentait à l'intérieur du vers.
La leçon 20 (N), par une modification du v. 109 de la leçon 18, refait une rime.
Les leçons 11-20 se ramènent donc à cinq groupes (7, Æ, L, M, N), qui ont en commun le mot bruiant au v. 110.
Je passerai en revue successivement chacun de ces cinq groupes, puis j'essaierai de déterminer quelles relations existent entre eux. Ensuite j'examinerai les autres mss. de IT, en suivant l'ordre dans lequel j'ai donné leurs variantes des v. 109-410.
Variantes 11° et 12° des v. 109-110 : J
Le groupe J est très peu homogène; chacun de ses membres, groupés aux v. 4109-10, sous les variantes 11 et 12, le quittera plus ou moins fréquemment, sauf peut-être Jb. D'autres mss. qui ne l'ont pas suivi aux v. 109-10 et qui, pour cette raison, seront examinés à part, le rejoindront plus tard : J£ (variante 1) se rattachera spécialement à Ja, Je; Jé (variante 6) sera plus intimement uni à Je, et Jl (variante 7) à Ja. Mais il serait impossible de citer une variante, particulière à /, qui groupe tous ses représentants.
Pour plus de clarté, j'examinerai d'abord Ja, Je, Jo, Ju, Jy.
Outre la variante du v. 110, ces cinq mss. ont en commun les . fautes suivantes : v. 577 doucement, pour bonement,; v. 589-90 Pour ce sui amie et acoïinte A (Ju : De) Deduit, pour Privee sui mout et ac. De D.; v. 682 Plus gais que, pour Si g. con; v. 1305 voiant moi, pour maintenant, etc.
Ja, Je, Jo, Ju, Jy{1) se partagent en deux groupes : Ja et Je d'une part, Jo, Ju et Jy d'autre part; v. 149, tandis que Ja et Je ont Laidement iert apareilliee, pour Æisdeuse estoit et rouilliee, les trois autres ont la leçon de Z, N'; v. 150 Et si estoit entortilliee dans Ja, Je (bonne leçon), Et si estoit entour liee dans Jy, Et si estoit estroit liee dans Jo, Ju(L, N:E.S8.e. encor L.); v. 163, pour Mout sol. bien peindre et bien pourtraire, Ja, Je ont M. fu sage et bien sot p. (sage, sans s finale, est contraire à la langue du poète), Jo, Ju. Jy ont la leçon de Z, M, N : M.Ss.b. faire et b. p. Dans les exemples suivants, Ja, Je ont des fautes spéciales, tandis que Jo, Ju, Jy ont la bonne leçon : v. 374 arrester (rime trop pauvre), pour sejorner ; v. 526 Qui mout iert avenant et bele, pour Q. assez esloit gente el bele; v. 848 bouche par covenant (rime insuffisante), pour bouchete par covent; v. 954 Qu'il ne doit pus estre esmaiez, pour Ses maus si est bien emploiez (Jo: S. m. lie. mieuz e., Ju : Cis m. li e. b. e.); v. 2362 conoïissanz (rime insuffisante), pour bien voillanz ; v. 2591-92 esmai; m'en esmai (avec À, N), pour esveil : me merveil; v. 2648 peine, pour duel ; v. 3369-70 omis, etc. Au v. 2769, la variante
(1) Dans l'examen de Ri {variante 3), je signalerai aussi des liens de parenté unissant ce ms. à J, en particulier à Ja, Je. Cf. aussi Mon, Max.
de Ja : Autres trois, pour Qu'a. biens, ne se retrouve pas dans Je, mais elle existe dans son succédané 6, dont il sera parlé plus tard (1).
Jo, Ju, Jy peuvent avoir, d'autre part, des fautes spéciales que n'ont pas Ja, Je : v.1958 jardin, pour vergier. Au v. 1062, au lieu de ollee, Ju a fermee, Jo a sernee ; c'est apparemment la même faute; /y a neellee, qui est une répétition du dernier mot du vers précédent. Est-ce pour éviter cette répétition que Jo et Ju ont changé (2) ? Il est à remarquer que la rime fermee : neelee se retrouve dans la variante de Æ, L, M, N.Auv. 1719 Jya Ainz remest enz ou cuer li sans, leçon très rare, qui paraît être la bonne ; Jo et Ju : Ainz r. e. el cors luisans, leçon unique, qui se rattache directement à la précédente ; Ja : Ainz est remeiz li fers dedens (3), Je : Ains demorau cors dedens (4).
Jo et Ju peuvent aussi avoir des fautes communes, à l'exclusion de Jy, qui alors se retrouve avec Ja et Je: v. 30 recitoit, pour recensoil ; v. 63 D'indes, de jaunes el de perses, pour L'erbe et les flors bianches et p. ; v. 76 s'esjoist (Ja, Je, Jy ont s’esvertue, avec K, L, M,.N), pour se deduit ; v. 207 faute de ZL; v. 20 roëe, pour cote ; v. 312 enforcié (avec Ha), pour commencié; v. 588 Et a mes biaus cheveus trecier, pour Et a moi peignier et t.; v. 657 par lieus, pour aüllors ; deux vers intercalés entre les v. 926-27 : Richement esloient ouvrees Les saïetes embarbelees ; Y. 1030 Pour sa grace mieux desservir (avec A), pour P. l'amor de li 4.
Mais les groupements des mss. de J peuvent être aussi tout différents ; par exemple, Ja et Ju peuvent être unis, à l'exclusion des autres : v. 1452 biandir (5), pour plorer (Jo a la bonne leçon, Je est avec X, N); v. 15178 Dont Amours l'ont lost mis en voie, pour Qui d'amer l'a t. m. e. v. (Je avec Q. t. l’a m.d'a. e. v., et Jo avec Q. d'a. l'estuet m. e.v. représentent la bonne leçon). On peut avoir aussi Ja, Jo, Jy, contre Je, Ju : pendant que ces deux derniers ont, pour les v. 1317-18, les variantes de X, Z, M, N, les trois autres ont à peu près la bonne leçon :
Je, qui de ce ne soi noient,.
M'alai tout seul esbanoiant. (Jo)
(1) De mêmé dans Ji, Jl. #
(2) Ja a la bonne leçon, Jé : fermee, Je : encoleree, Ji : encoulouree (pour au col orlee). :
(3) JL: Ains remest toux li fers dedens. :
(4) Cette leçon, qui est aussi celle de Jé, parait provenir de celle de 4 : Ainçois remest ou cors (Ha : encor) dedenx.
(5) Aussi dans Mon, Mas.
Je cuis que de ce ne soit noient, Je m’aloie adès abenoiïant., (Ja) Je croi de ce ne soi noient, M’aloie adès esbanoient. (Jy)
Aux v. 2349-59, Je, Ju, Jy ont la bonne leçon; Jo a, on verra plus loin pourquoi, la faute de Z, M; Ja a celle de X, N.
Ces chassés-croisés entre Ja, Je, Ji, Jo, Ju, déjà très compliqués, le seraient bien davantage encore si j'avais réuni dans un examen d'ensemble tous les représentants de 7. Il est certain que tous, à des doses diverses, réunissent différentes leçons.
Jo et Ju, dans les trois cents premiers vers du poème, ont alternativement soit la leçon des autres mss. de 7, comme au v. 4109-10, soit, contre eux, la leçon de Z, par exemple aux v. 149-560, 163, 207 déjà cités. Du v. 300 environ au v. 1307, ils n'ont la leçon de Z que lorsque les autres mss. de J l'ont également, mais ils peuvent avoir la bonne leçon à la fois contre ceux-ci et contre Z, par exemple, aux v. 881-82. Au v. 1030 ils reproduisent une variante de ZZ (voir p. 271; de sorte que la rencontre de Jo, Ju avec Ha au v. 312 (voir p. 271) pourrait n'être pas accidentelle. D'après la faute Za mer, pour l’eve, qui réunit Jo, Ju à L, M, au v. 1536, et d’après les v. 3457-59, où ils se retrouvent avec les mêmes groupes à l'exclusion des autres mss. de J, on pourrait croire que leur ancêtre a recommencé ses emprunts à ZL ; mais comme déjà à partir du v. 1307 environ Jo est à peu près complètement séparé des autres mss. de J et presque toujours uni à Z, cette rencontre peut s'expliquer différemment. On retrouve toutefois encore Jo avec J et quelques mss. de I, contre Z, aux v. 1850, 1857. Dans le v. 1878 il semble combiner les leçons de 7 et de L: Mais mout m'assouaja l'ointure (TJ), Mout m a. cele 0. (L), Mais m'asouage chele 0.(Jo), pour Si me ras. l’o. Je crois qu'il faut voir une simple coïncidence dans le fait qu'il omet, avec Ia et Ja, les v. 4049-50, il s’agit ici d’un bourdon. Je signalerai encore, sans en tirer aucune conclusion, deux variantes de Jo et Ra : v. 1344 machic (Ra), masis (Jo), pour anis: v. 1709 Quant vi La plache, pour Aînz fu laplai°e.
Du rattachement de Jo à L, il résulte qu’à partir du v. 4307 environ ce ms. se sépare des autres mss de J, non seulement quand ceux-ci n'ont pas les fautes de Z, mais aussi quand ils ont des fautes que n’a pas Z. Voici quelques-unes des fautes de J qui, pour cette
raison sans doute, ne se retrouvent pas dans Jo : v. 1638 je celui avisai, pour je l'oi bien avisé; v. 1802 Lez l'espinot (avec Æ, N), pour L. la haie; v. 2031 Adonc seras hors de tristece (avec K, N), pour Atent el Suefre la destrece ; v. 21387 Cointise si, pour Cointerie ; v. 2200 dois bien faire (Je : d. f. b.), pour puez f. moult; v. 2216 cis, pour ons; v. 2240 Te pri, pour Vweil je; v. 2299 estuet (avec Æ, N), pour es{ droiz ; v. 2637 confortera (avec K, N), pour garantira, etc.
En outre, /o peut avoir la bonne leçon à la fois contre J et Z, par exemple, v. 2046 J a (avec A) apareilliez (rime insuffisante), pour encoragiez, landis que Z omet ce vers et le précédent ; v. 2522 J, K, Nont Et puis vendras, L': Après iras, pour Après vendras; dans les deux cas, Jo a la bonne leçon.
Chacun des autres mss. peut se trouver de même isolé contre le reste du groupe, non seulement par des fautes qui lui sont spéciales el qui n'ont aucune importance, mais soit avec la bonne leçon, soit avec des variantes empruntées à d'autres groupes.
Jy a au v. 47 la leçon de X, Z, M, N, tandis que J a la bonne leçon ; au v. 3537 1l a la faute de M et de quelques autres mss. de différentes familles.
Je a la bonne leçon quand les quatre autres mss. ont des fautes communes : v. 1146-47 est ele a devise Amee, pour ot e. a. 4. L'amoi; V. 161 Autressi fail, pour Aussi alrail; v. 1181 (1) biaus contes, pour Les c. ; v. 1235 fole, pour nice ; v. 1240 Ele fut clere non pas brune, pour €. f. une c. b.; v. 1954 La facon bien dite, pour D. La f. D'autre part, Ze, seul de J, a la faute de Æ, N aux v. 1517-18. Aux v. 3536-37, il réunit le premier vers de Be, Da au second de Æ, L, M,N: Gars pourquoi as [cuer] (?) st failly Que tu [usses bien du garçon.
Ja reproduit quelques variantes de ZZ et d'autres de Aa. De ZÆ : v. 1356 Avoïit il ou vergier adès (H), F avoit où v. asseiz (Ja), pour Dont Ù n'a guieres ici près; v. 1438 Estoil morz, pour Se moru; v. 1526 bouloit, pour paroi; v. 1819 cors, pour cuer; v. 1856 les miens maus deporler, pour
(4} Pour cet exemple et pour les précédents, c'est par hypothèse que j'attribue les variantes de J à Ju, qui a perdu les v. 1078-1234 ; pour les exemples suivants,
la faute est assurée.
(2) Le scribe a omis cwer, mais le mot est dans Jé, un succédané de Je.
Univ. de Lille, Trav. et Mem. Droit-Lettres. Tome VII. — 18.
lor maus miauz d.; v. 2062 commence (1), pour commande (rimant avec entende) ; v. 2708 te nuise (H) (2), te muse (Ja), pour l'encuse. De Ha : v. 1317 Je cui de ce ne fu noient(Ha), J.cuis que d.c.n. soit n. (Ja), pour J. qui d.c.n.soi n.; v. 1870 de haut, pour d. chaut; v. 1466 Qui les refuse, pour Que l'en r.;v. 1665 La lige, pour L. queue; v. 1895 En felonie n'en, pour En folie ne en; v. 1938 porchier, pour bouchier ; v. 2259 Donc le done, pour Done le donc; v. 2871 Vers, pour Lez ; v. 3970 Qui le voit muër trop tost (Ha) (3), Quant le ©. meüreir t. l. (Ja), pour Qu'il avoit eue t. t.; V. 4049-50 omis (bourdon).
La contamination de /a étant suffisamment établie par ces exemples et par ce qui a été dit précédemment de ses rapports avec ses congénères, il serait sans intérêt de signaler les variantes que ce ms. partage avec d'autres de différents groupes, surtout quand ceux-ci sont eux-mêmes contaminés; de noter, par exemple, l'omission des v. 349-50, avec X, N'; celle des v. 3907-8, avec Ga; ou des fautes telles que celle du v. 1748 Mais li fers est remeés dedenz, pour M. la saiïele remest enz, avec Mon, Maz, elc.
Lorsque les cing représentants de J dont il vient d’être parlé se séparent, Jb accompagne tantôt l’un des groupes, tantôt l’autre ; parfois aussi il ne suit aucun d'eux. Au v. 149, il a la variante de Z, avec Jo, Ju, Jy, tandis que Ja, Je ont une faute spéciale; au v. 150 JO, Ju, Jy ont des leçons dérivées de celle de Z; Jb a exactement celle de Jy, tandis que Ja, Je ont la leçon originale ; v. 163 c’est Jb seul qui a la bonne leçon, pendant que Jo, Ju, Jy reproduisent encore celle de Z, et que Ja, Je ont une variante spéciale. Aux v. 374, 954, 2591-92, 2648, etc., Jb a la variante de Ja, Je, et Jo, Ju, Jy ont la bonne leçon; aux v. 1317-18, Jb a la bonne leçon, que reproduisent à peu près /a, Jo, Jy, tandis que Je, Ju suivent L; aux v. 2549-52, il a encore la bonne leçon, mais cette fois avec Je, Ju, Jy, tandis que Jo suit Z, et que Ja est avec Æ, N. Mais au v. 1578 c'est /b seul qui est avec Z, M, N, tandis que les autres ont soit des variantes spéciales, soit la bonne leçon, etc.
Ja et /b sont les représentants les moins infidèles de J : mais cette constatation n'a pas grand intérêt, puisque J lui-même, lors-
(1) Aussi dans C, Ga.
(2) Aussi dans C, Da.
(3) He a changé le vers.
qu'il sera comparé aux autres groupes de IT, notamment à X, Z, M, N, apparaitra comme très hétérogène, par conséquent dépourvu de valeur.
Variantes 13° à 17° des vers 109-110 : X
Aux mss. réunis par les variantes 13-17 des vers 4109-10, il faut joindre X%, qui a omis ces deux vers, et »», à qui manque le feuillet où ils devaient se trouver, mais qui partagent la plupart des autres fautes communes au groupe. Les variantes de Æ sont nombreuses : v. 133 empreintures (Ko : enpaintures), pour escritures ; v. 148 Et fame, pour Æt pleine ; v. 161-62 .intervertis ; v. 188 Car mout courbes et mout, pour Recorbelees et, etc. Dans la comparaison qui sera faite de ce groupe avec J, L, M, N, on trouvera d'autres variantes qui lui sont spéciales, notamment aux v. 141-49, 954, 1006, 1064, 1305, 1377-78, 1551-59, 1925-26, 2791.
Les variantes du premier mot du vers 110 correspondent à une subdivision du groupe, qui pourrait être confirmée par d'autres traits.
Nf et Nk, qui ont en commun, au v. 110, la varisnte /resche, sont très souvent unis par d’autres fautes qui leur sont spéciales ; ils ont eu un ancêtre commun faisant partie du groupe X. (est pourquoi NR, ayant au v. 109, avec les autres mss. du groupe X, la variante clere pour grant, je considère la présence de grant dans Nf comme une correction, à laquelle je n’attache d’ailleurs aucune importance (1). Voici quelques-unes des fautes spéciales à Nfet NR : v. 15 joie, pour noïse (faute contre la rime); v. 79 bel, pour gais ; v. 128 Ce beau, pour Tot le; v. 152 Mout par estoil d’'orrible taille, vers rattaché au portrait de Haine, pour Une autre image d'autel taille, désignant Felonie; entre les v. 152-3, deux vers : Une autre ymage i ot assise, Pourtlraile d'une pale guise ; v. 153 S'estoit au senestre de lui, pour À seneslre avoil delez lui; entre 153-6 une addition de sept vers au portrait de Felonie : Et de ceste pas je ne nie Que bien estoit a sa droiture Toute pourtraite a sa nature, Car felonnement estoit faite. Bien sembloit femme trop meffuite, Car au semblant- qu'elle portoit, Com fame forsenee esloit; v. 233-34 omis; entre 252-3, deux vers : À nulle personne du monde. Ce pechié trop en
(4) Plus significatif est le fait que Nf a la bonne leçon au v. 205 à la fois conter XÀ et NZ.
lui habonde ; entre 268-9, deux vers : Au plus preudomme qu'elle cuide, Qui a bien l'aire mel s'esluide, etc.
Dans la lecon de N7, on a essayé de corriger quelques-unes des fautes les plus grossières de NX; par exemple, le v. 156, qui dans N& est absurde : Une ymage entaillie aucte, est devenu dans N/: U. autre y. pas ne nie. Pour ce changement, il a suffi à N/ d'emprunter la fin du vers précédent.
Ka, Ki, Ko, Kc (1), spécialement unis au v. 110 par la variante Forte, le sont encore ailleurs : v. 65 Tele (Ka : Cele) est la robe que (2), leçon qui se rapproche de la bonne, C’est L. r. q., dont s'éloignent les autres mss. du groupe avec Tel robe a com (a omis dans N/fet Nk); v.:147-48 tous quatre ont la bonne leçon Rechignié avoil et froncié Le vis et le nés secorcié, tandis que Nf, Nk, Ke et Xu ont une faute commune pour le premier vers : Rechigniee estoil et [., et pour le second, des variantes qui procèdent d'une faute commune : Avoîtle v.el n. recourcie (Nh), A. le n. et seCourcié (Nf, Ku, Ky), A. et le n. sec. (Ke); la faute initiale paraît avoir été un vers trop long : Avoëil le vis el le nés secourcié; v. 247 Mescheoïir, pour Descheoir.
Ke, Ky sont unis à Xo, Nf et NR au v. 85 par s’esfroie, pour s’esjoie; à Ka, Ki, Ko, Kc au v. 242, par aucune aventure, pour grant desconfitlure.
D'autre part, Nf, NR sont unis à Æ7 par l'interversion des v. 49-50 et par bele pour clere au v. 118.
Ku et Xl n'ont pas les variantes suivantes de Æ : v. 173 baïlle, pour fait; v. 174 Et preste, pour Prester; omission des v. 179-80, etc. La bonne leçon qu'ils opposent à ces variantes ne peut prouver qu'il existe entre eux un lien spécial ; mais ce lien est attesté par la faute du v. 744 Dancier courtoisement baler, pour Et genz mignotement(K : mout noblemeni) b.
Mais il serait d'autant moins intéressant d'insister sur ces subdivisions du groupe que celui-ci ne va pas tarder à perdre plusieurs de ses membres.
C'est d'abord Nfet Nk qui se séparent définitivement des autres mss. Fixer l'endroit précis où s'est produite cette scission serait
(1) xw à été examiné avec I; Sel, qui ne fait que momentanément partie de K, et xv, qui a perdu ses premiers feuillets, seront examinés à la fin de ce chapitre. (2) Ko a la bonne leçon.
d'autant plus difficile que, d’une part, cet endroit coïncide, sembletil, avec une lacune de NX. et que, d'autre part, le texte de NF, -contaminé, n'offre pas de base sûre à semblable constatation. La lacune de NA s'étend du v. 304 au v. 657; au v. 298 il est toujours avec X ; Nf y est encore au v. 432 : descharnee et lasse, pour de Jeüner l.;:ilen était probablement de même de N4. Mais au v. 680, ce nest plus la faute de X: Je me pris lors a merveillier, mais celle de N : Je me pris a esmerveillier, que Nk oppose à la bonne leçon : Je me p. mout a esgaier. Et depuis il a toutes les fautes de N, par exemple aux v. 777, 1002, 1006, 1061-64, 1077, 1157-58, 1193- 97, 1305, 1377-78, 1395, 1556, 1551, etc., dont on trouvera plus loin les leçons: il n'a plus celles de Æ qu'autant qu'elles se retrouvent également dans N. N/, étant très intimement uni à NA, a dû quitter K en même temps que lui; et, en effet, aux v. 1195-97, 1305, 1377-78, 1536, 1551, etc., il est avec NR et N contre X. Mais il lui arrive aussi de n'être ni avec Æ ni avec N, ni par conséquent avec NX : au v. 680, il a la leçon originale a esgaier, non seulement contre Æ et N, mais aussi contre les autres groupes congénères J, L, M. C'est assurément une correction empruntée à une autre famille. Au v. 777, il n’a pas la leçon de N'; il a celle de 7, X, L, M, mais avec la variante de J, L, M (qu’iert si), et non celle de X /qui ert); v. 954, il n'a, ni la bonne lecon avec N, ni exactement la faute de Æ, mais une variante de cette faute, spéciale à J: v. 1002 il n’a pas la bonne leçon avec N, mais une variante qui appartient à Jet à Æ; v. 1006 il a la bonne lecon, äont s’écarte un peu Z 1) (7 : farder pour tifer) et davantage N; v. 1061-64, il a la bonne leçon, en même temps que J, contre les cinq autres groupes ; aux v. 1157-58, il se retrouve de nouveau avec NX dans le groupe N et y restera, sauf quelques écarts : ainsi aux v. 1325-96 il aura encore la bonne leçon contre N et À. On pourrait croire, d'après les v. 95%, 1002, que c'est à J que Nf fait des emprunts lorsqu'il quitte NA, mais le v. 680 prouve qu'il n’en est pas ainsi. Quoi qu'il en soit, je n'ai rien tiré de ce ms. Quant à NA, je ne le compte dans le groupe X que jusqu'au v. 290, et à partir du v. 680 je le range dans le groupe N. ;
K1 est avec Æ aux v. 109-140, mais au v. 142, il est avec M. Aux v. 149-350, sa lecon Æideuse est et assourchillie (2) Et si estoil
(1) Sauf Ja. :
(2) Ce vers se trouve aussi dans Dij et pa.
ensourchillie paraît se rapprocher davantage de celle de Z, N. On a vu d'autre part qu'aux v. 173, 174, 1717-80 il n’a pas la faute de X. Cependant, à part ces exceptions et quelques autres, il reste avec K jusqu’au v. 2240 inclusivement; mais à partir de ce point, il se rattache à N: avec lui il omet les v. 2253-54, et toutes les variantes qui dans la suite seront signalées dans N se retrouvent dans ce ms. Toutefois aux v. 2490 et 2502 ilest de nouveau, mais exceptionnellement, avec X.
Ki quitte A pour le groupe Z du v. 1100 environ au v. 2460 environ; au v. 1064 il a la variante Mout qui fait à Æ une place à part dans le groupement X, L, M, N; au v. 1077 il a encore ia bonne leçon avec Æ contre L, M, N; mais au v. 1172 il a la bonne lecon avec Z, M, et non la faute de Æ : ET la gorge si descoverte ; aux v. 1241-49 il a la leçon spéciale à L, M, à l'exclusion de XÆ, et dès lors on le trouvera constamment jusqu'au v. 2460 inclusivement, soit avec L, M réunis, par exemple aux v. 1317-18, 1344, 1389, 1515-20, 2950, 2302, 2391-99, soit avec Z seul, par exemple aux v. 1388, 2586. Au v. 1400, au lieu de delitaire, faute de Z, M, il a solitaire, avec Dij, ms. peu sûr de Z,et +, ms. très contaminé. Aux v. 2459-60 il a encore la faute de Z, M, mais au v. 2490 il se retrouve de nouveau avec X, et ne le quitte plus.
Ko interpole entre 974-75 un vers qui ne rime ni avec le précédent “ni avec le suivant; ce vers se retrouve à la même place, mais accompagné d’un second qui rime avec lui, dans Urb : Fu ci ars desous el deseure, Et si estoit noïrs comme meure.
Ku à aucun moment ne quitte son groupe complètement, mais il lui fait de temps à autre quelques infidélités: on a vu déjà qu'aux v. 173, 174, 1977-80 il oppose la bonne leçon aux fautes de Æ ; aux v. 3457-59, tandis que XÆ a la boune lecon, Xw a celle de Z, M.
Kc ne quitte pas Æ avant le v. 2240 : mais il omet les v. 2953-56 avec N; il a de même de Nles v. 2391-92, 2637, deux vers interpolés entre 2942-43 ; il est avec Z, M, N, à l'exclusion de Æ, au v. 2721 : cependant il a encore des leçons spéciales à AÆ: v. 2490, 9502: il interpole deux vers, avec X, Z, entre 2836-37 (1), bien que sa leçon du v. 2834 Qu'o lui avoit .ij. compaignons, pour Ainçois avoit
(1) I a une leçon de L seul au v. 2742 : Que ses dolors oblil li cors. pour Q. L. cuers (lrès nombreux mss. cors) o. s. d.; mais il a pu de lui-même faire ce changement, à cause de la rime Lors : dotors.
a c., doive quelque chose à celle de M, N : Avec lui ot .ij. c. En somme, à partir du v. 2240 environ, il va alternativement de Æ à N-
# à perdu ses premiers feuillets et le texte de Guillaume de Lorris ne commence qu'au v. 1031. Le poème a été allongé de nombreuses interpolations ; à part ces additions, x, suit alternativement X et Z. jamais il n’a ia bonne leçon à la fois contre ces deux groupes.
Sel fait partie de Æ jusqu'au v. 336 au moins, ensuite de Z, puis de N ; au v. 822, 1l est encore avec Z; au v. 1006, il est déjà avec N, qu'il ne quittera plus.
Variantes 18, 18bis, 18ter et partie de la variante 20 des v. 109-110 : Z
La différence entre les variantes 18 et 19 est minime : une simple interversion de mots, qui passerait inaperçue si elle n'était pas à la fiu du vers: et précisément, parce qu'elle est à la rime, et parce que dans les deux cas celle-ci reste incorrecte, cette interversion a pu, dans un sens ou dans un autre, se présenter à l'esprit de plus d'un copiste désireux d'améliorer l’assonance ; elle ne doit donc pas être considérée a priori comme une ligne de démarcation bien arrêtée entre les deux groupes. Et en effet Zx, bien qu'ayant bee et clere (groupe M), se retrouve dans la suite du poème avec le groupe Z, qui a clere et bele, etinversement Mo, qui a clere et bele avec Z, fait partie du groupe M, qui a bele et clere. Cependant, ces restitutions faites, la distinction entre les deux groupes subsistera.
C'est le désir de procurer une rime à la variante 18 qui a donné naissance à la variante 20: il est évident que celle-ci procède de celle-là ; elle appartient à une partie du groupe Let à un autre groupe, N, qui, comme M, descend de Z. Cependant les relations de N avec ceux des membres de Z qui l’accompagnent aux v. 109-10 seront exactement les mêmes qu'avec les représentants de la variante 18. Je réunis donc dès maintenant aux mss. qui ont la variante 18 ceux de la variante 20 qui n'appartiennent pas au groupe N. J'y joins
“encore Ld, Lh, Lmÿ, Lmÿ, à qui manquent les v. 09-10, et que la
suite du poème rattache à Z. L est donc essentiellement représenté par La, Le, Li, Lo, Lb, Le, La, Lf, Lg, Lh, Lÿ, Lk, Li, Lm, Lm», Lmi, Lmi, Lmÿ, Lmi, Lm, Lm8, Li, Di, 1s, Xe, do.
A la suite de Z seront examinés 72, /à (variante 20).
La plupart des variantes de Z se retrouvant dans les groupes J,K, M, N, il lui en reste peu en propre; en voici cependant quelques-unes : v. 352 floriz, pour flestiz; v. 356 mains, pour denz; v. 1388 venir, pour faire; v. 1395-6 couche : moïste el douche (rime normanno-picarde), pour coite : douce el moiste; v. 1856 endurer, pour deporter; v. 2275-16 omis ; v. 2386 Soient tuil adès la entour, pour S'en reveignent par la e.; v. 2142 Que ses dolors oblit li cors, pour Q. li cuers o.s. d. (il s'agit d'une blessure du cœur, et non du corps), etc. D'ailleurs l'individualité de Z ressortira aussi nettement de sa comparaison avec J, À, M, N que des variantes qui lui sont spéciales.
Tous les membres de Z ne sont pas constamment fidèles au groupe ; lorsque l'un d'eux lui oppose des variantes quine sont pas des fautes isolées, elles peuvent être considérées comme des corrections empruntées à d'autres groupes.
Lb a au v. 2061 commande, que je crois être la bonne leçon, au lieu de amende, variante de Z ; mais l’aspect extérieur des deux mots, surtout lorsque com est abrégé, diffère si peu que je ne m'arrête pas à cette particularité.
Æ£c a rétabli la bonne leçon aux v. 356 et 1395, mais ces corrections n’ont peut-être pas exigé le secours d’un autre ms.
La aussi a corrigé le v. 1396.
Lf a la bonne leçon contre Z au v. 856 ; au v.1240 il a la leçon de J, et aux v. 1241-42 la bonne leçon, qu'il peut avoir empruntée à J.
Lh a perdu les 2747 premiers vers du poème.
LR se sépare assez souvent de Z; il a contre lui la bonne leçon aux v. 40 (1), 47, 71-78, 149-50, 352, 385, 2275-76, 2309, 2349-59 : il a la variante de G au v. 24; celle de Gi (se resmuet) au v. 76; celle de X, N aux v. 1395-96 ; une leçon spéciale au v. 3536: Gars tu as bien le cuer failli, mais au v. 3537 celle de M et de quelques mss. d'autres familles : Que acointié l'es d'un garçon.
Lg, LI, Lo, Dij, }4, x omettent simplement les v. 1241-49 (9), sans les remplacer, comme les autres mss. de Z et ceux de M, par deux autres vers.
Lg est avec N au v. 101 ; mais en général il n’ajoute aux variantes
(41) Seulement pour le substantif; pour le verbe, il a une variante spéciale, ranonsott, qui se retrouve dans JL.
(2) Il en est de même dans Fe et Ra.
de Z que des fautes individuelles, qui à la vérite sont nombreuses.
Lo à la bonne leçon contre Z seul ou accompagné de M aux v. 30, 96, 352, 385, 2164, 2743, 3592, 8649. Il interpole entre 674 73 deux vers qui se retrouvent à la même place, avec des variantes, dans X : Deçoivent genz alans par mer Si qu'a mort les covient aler (Lo), D. ceus qui sonten m. Qui vont nageant par mi l'amer (&) (1)
Dij est très contaminé. Il a la bonne leçon contre Z seul ou accompagné de X, M, N aux v. 11-18, 1395-96, 1720, 1856, 1919, 2533, 2681-82, 2804; il n'a pas les deux vers interpolés par Z, K entre 2836-37. Ce ms. devant être étroitement uni à A2 dans la seconde partie du roman, il est permis de ne pas attribuer au hasard sa rencontre avec ce groupe dans les quelques fautes suivantes : v. 110 Qui, pour Et; v. 1505-6 intervertis ; v. 1631 pr'eïsse, pour coütlisse (L: retenisse) ; v. 1636 Parler, pour Peser (L:Passer) ; v. 1640 Et teus y ot, pour Et {. qui sont. Il a aussi des leçons en commun avec y, ms. très contaminé : v. 1992-93 Failes faire si l’'emportez Une clef et soit com ostages, pour F. à clef si l'e. Et la c. s. en leu d'o.
Liest avec N aux v. 109-10; il en sera de même aux v. 2391-99, mais dans ce dernier cas la variante est peu importante et la rencontre pourrait être fortuite. De toutes les autres fautes qui seront signalées pour l'établissement de N, aucune ne se retrouve dans Li. D'autre part, ce ms. a la plupart des variantes de Z: v. 30, 77-78, 207, 711, 1006, 1344, 1388, 1389, 1395-96, 1400, 1940, 9386, 2459-60, . 2749, les deux vers intercalés entre 2836-37, v. 3457-59; au v. 298, il a douleur avec M, au lieu d'envie avec ZL, mais envie faussant la mesure du vers, plusieurs correcteurs ont pu spontanément lu substituer douleur. C'est donc au groupe Z que se rattache Z?, mais pas d’une façon constante; outre les deux exemples ci-dessus mentionnés où ilest avec N, il a la bonne leçon contre Z aux v. 352, 2302, 2661-64, sans qu'il soit possible de dire s’il la doit à N, puisqu'elle est fournie par de nombreux autres groupes; sans compter que Zo et Le l'ont de même au v. 352, et que Zr l'a aussi au v. 2302. Au v. 2731, tandis que £ et N ont pluie pour poudi'e, LI a foudre, mais cette variante est peu significative. Il a modifié le vers 1240 en
(1) Ka : Font ceus qui sont dedens la mer Par leur dous chant cheoir en mer. Les deux vers de X ont été ajoutés au XIVe siècle dans Ce et dans La.
Sine fu oscure ne brune, mais cette leçon, quiest aussi celle du ms. contaminé w+, paraît en remplacer une autre qui aurait été graltée.
En somme, Z{ représente le texte de Z, altéré par des leçons empruntées à d’autres groupes.
Lm, Lm®, Lné, Lm*, Lmÿ, Lmf ont aux v. 109-10 la 20e variante (1), qui est aussi celle de N'; ils suivent Z jusqu'au vers 1850 environ, puis du v. 2830 environ jusqu à la fin du poème. Du v. 1850 au v. 2830 ils font partie de I, dont ils reproduisent certaines fautes: v. 2077-86 omis; v. 2459 Je voudrotie estre par couvent (2), pour Jou v. p. covenant ; v. 2121 Bien près de li, pour Près des leues ; v. 2762 Quatre biens (3), pour Qu’'autres b. Ces mss. ont des fautes qui leur sont spéciales : v. 1939-40 preus (4) Qui je ainsi a homme espeus, pour frans Cilque j'einsi (Da, Ha: Qui je e) a h. prens ; v. 2352 s’en art plus asprement, pour s'en vait plus apressant, etc.
Lm? suit L jusqu'au v. 2460 au moins ; ensuite il fait partie de I jusqu'au v. 2830 environ, et en a les mêmes variantes que Zn aux v. 2191, 2762, puis il revient à Z.
Lm8 suit L jusqu'au v. 850 environ (5), puis du v. 2830 environ à la fin du poème, dans les mêmes conditions et avec les mêmes corrections que Z?. Son texte, comme celui de Zm?, a pour base le texte de Z entre les v. 850 et 1850 et celui de 1 entre 1850 et 2830; mais entre 850 et 2300 environ, il substitue très souvent la bonne leçon aux fautes de Z ou aux variantes de Lin?. Il a les mêmes variantes de I que Lim? aux v. 2459, 27921, 9762 ; au v. 2359, sa leçon s'en art plus esperlement dérive de celle de Zm?; mais il n'a pas la variante de Zm? aux v. 1939-40 ; il n'omet pas avec lui et certains mss. de I les v. 2077-86. Zi place les v. 1679-1790 entre 963-4, probablement par suite d'une interversion de feuillets dans son original. Ge déplacement n'existe pas dans Lm?. Le copiste de Lm? a omis les v. 881-9921, en laissant une ligne en blanc; Zm8 n'a pas cette lacune.
. Liestavec N aux v. 109-10, mais c’est la seule faute qui lui soit spécialement commune avec ce groupe. En général, il fait partie de
(4) Sauf probablement Ln6, qui a omis le v. 109, et qui au v. 110 nqae Et de la variante 18, au lieu de Qui de la variante 20.
(2) Lm omet estre.
(8) Leçon de La. Lm3 a la bonne leçon; Lm6 : autres b (Qu a été gratté) (4) Lm6 : peus.
(5) Avec Lm2 il a la bonne leçon contre L aux v. 385, 808.
L jusqu'au v. 2392: ensuite ilse rattache à A. Cependant, contre Z, outre la variante des v. 109-410, il a les v. 77-78 (peut-être empruntés à N); au v. 205 il a la variante, à la vérité insignitiante, qui distingue M de ZL: a pour de; v. 680 il a la bonne leçon contre J, X, L, M, N. Sauf ces exceptions il a jusqu'au v. 2392 toutes les fautes de Z, ensuile toutes celles de Æ.
x. a la variante de N aux v. 4109-10 ; il en est de même au v. 298 ; comme il a perdu les v. 121-219 et 329-484, il n’est pas possible de savoir s'il avait en ces passages des fautes spéciales à N; mais avant le v. 109 et après le v. 434, lorsqu'il fait partie de IT, c'est à Z qu'il est uni et non plus à N ; aussi n’a-t-il pas au v. 101 la faute de N. Sa variante racontoit du v. 30 (ÆX, L, N), celle du v. 76 (7, À, L, M, N), celles des v. 47, 1946-47, 3592 (K, L, M, N), .etc., ne nous apprennent pas sic'est Zou N qu'il suit, mais ce renselgnement nous est fourni par les variantes des v. 77-78, 1241-49, 1317-18, 1344, 3457-59 (L, M), par la faute conte du v. 30 (J, X, Li), par celles des v 1940, de deux vers interpolés entre 2836-37 (A, L), par celle du v. 2834 (L), etc. Si x fait souvent partie des groupes J, X, L, M, N, Souvent aussi il a contre eux la bonne leçon, par exemple, aux v. 744, 111, 881-82, 2302, 2391-92, etc. Il mêle eneffet aux leçons de II celles de F1, comme le prouvent les fautes qu'il a en commun avec des mss. de ce groupe : v. 2459 avec I ; v. 2077- 86 omis avec Be, Da, Ha ; v. 2943-60 déplacés avec Be, Da, H, Bü.
yz, réuni à une partie de Zet à AN sous la variante 109-10, était avec Z et M aux v. 117-178 (omis) et y sera de nouveau aux v. 141-49, 356, etc. Au v. 771 il est encore avec L (et M); au v. 1006, il est avec N (guignier, au lieu de tfer de ZL, M): au v. 1063 avec Æ (Mout, au lieu de Fu de L, M, N); maisil est avec L, M, N au v. 1186, avec Z, M aux v. 1241-42, etc.
Il ometles v. 1708-840 et les v. 2077-86. Cette dernière omission est très significative, parce qu'elle se retrouve dans Be, Da, Ha, lrois représentants de I, et dans y:, qui mélange les leçons de T à celles de II. Voici quelques-unes des fautes qu'il a en commun avec 2: v. 1996 Li baïse le pie, pour voil baisier son p. ; v. 2099 Soies simples, pour $. entres ; v. 2107-8 omis ; v. 2158 Dont faire le dois (M, N: D. f. le puez), pour Quel puisses [., ete. Cette dernière variante @e ya, y: dérive de celle de M, N'; l'interversion des vers 2187-88 est commune à y«, y: et à M, N. Peut être y« et yeont-ils juxtaposé des
éléments empruntés à I et à IT pour le v. 9169: Ton chief et tes Cheveus bien pigne, au lieu de Couws les manches, t. c. (IT et ton chief) p. Quoiqu'il en soit, y«, comme <, est inutilisable.
à a la leçon de IT aux v. 2834-37, 2859-62 (omis), 2867, et celle de I aux v. 2863-64. Il en est exactement de même dans y» Get accord entre les deux mss. n'est pas fortuit; ils ont d’autres fautes communes, par exemple, v. 2721 Près des rives et (1), pour P. 4. teues pour ; v. 2913-18 réduits à deux vers (aussi dans 0, ; v. 2924 Le vis, pour Le nés (aussi dans y); v. 2927 En ceslui pourpris, pour Entour ces rosiers (aussi dans 4), etc. y sera étudié en même temps que 4, à qui il est très étroitement uni.
Si) a de nombreuses variantes de », «,il est loin de les avoir toutes. Lorsqu'il ne suit pas ce groupe, il fait surtout partie de Z, dont il reproduit un grand nombre de variantes : v. 77-78 (omis), 207. 298, 356, etc., mais aussi de N, dont il a les leçons aux v. 1040, 1325-26, 2604, etc.
Variante 18°bis, — 7, et & ont en commun d'autres fautes que la variante des v. 1409-10 : v. 49 Que nus par raison ne s'esmaie, pour Et tens ou lole riens s'esgaie; v. 80 desireus, pour doucereus ; ...v. 1940 Li hons que je aime et aprans, leçon quisemble combiner celle de N : L. h. q. j'a. e. que je prens, avec celle de L:L.h.Q.je ainsi aprens (2), pour C7 que j'ainsi a h. prens, etc. Cependant, à part ces variantes, 29 suit régulièrement Z, tandis qu'après le v. 2768 & le quitte. Au v. 163, où & a la bonne leçon, xo a la faute de Z.
& a été classé dans le groupe I.
Variante 18°ter, — Aux v.109-10, il est difficile d'affirmer auquel des groupes Z, M, N se rattache la lecon de x:. Ge ms. a les fautes communes à ces trois groupes aux v. 47 (3), 16, 166, 298, 665. 668, 680, 881-82, 1061-64, 1317-18,1408, 1946-47, 3522, 3536. Quand du peloton se détache M, au v. 744, ou N, au v.777, il lui reste fidèle. Il est spéclalement uni par une même variante à J, L, Nau v.135:à L. M, N aux v. 163, 1077; à À, L aux v. 30, 348, 1940 et par l'interpolation de deux vers entre 2836-37 ; à ZL, M aux v. 11-18, 1241-49, 1317-18, 1344, 1589, 3457-59 ; à L, N aux v. 141, 149-350, 351. Z étant seul à figurer
(1) yo Tes amours près pour.
(2) Il en est de même dans Ko : Li hon+ que j'ains si et aprenz. (3) ke : Or o. m. d. m.
dans tous les exemples qui viennent d'être mentionnés, c'est donc à lui que se rattache plus particulièrement 2:; en effet, tous deux ont des fautes spéciales aux v. 205, 356, 1388, 1395, 1515-16. Mais, d'autre part, x: a la bonne leçon contre Z aux v. 352, 1856, 2275-76, 2386, 2142; contre Z, M aux v. 230%, 2391-99, 2459-60, 2661-64. A la vérité, cette situation de »: vis-à-vis de Z n'implique pas nécessairement une contradiction de sa part ; on pourrait en effet supposer qu'il occupe dans la famille, non pas le rang d’un des membres de Z ou de M, mais un rang égal ou supérieur à celui de Zet M: lorsqu'il a la bonne leçon contre Z et M ou contre Z seul, on admettrait que cette leçon existait encore chez l'ancêtre des trois groupes ; lorsqu'il est avec Z seul, M aurait emprunté sa leçon à un autre groupe. Ces hypothèses, outre qu’elles sont compliquées et peu probables, n'expliqueraient pas les situations suivantes : >: est spécialement uni par des variantes à M, N au v. 1578; à Æ seul au v. 1006 (ici la faute est par elle-même peu caractéristique, mais, dût-on la considérer comme insignifiante, elle n'en sépare pas moins x: de Z, M, N, qui ont au même vers une autre variante commune) ; à À, M, N,et plus particulièrement à Æ, aux v. 1551-59 ; à Æ, N au v. 1400 ; à J, Æ au v. 2250 ; à M et à des mss. d’autres familles au v. 3537. Bien plus, à: a la bonne leçon contre Æ, L, M, N réunis aux v. 2349-59, 2731. Ces deux derniers exemples sont bien caractéristiques ; le suivant l'est davantage encore : au v. 2721, non seulement x: n’a ni la faute de Z, M, N, ni celle de Æ, mais il en a une autre : Bien près de lui, empruntée à des mss. de I (voir p. 259, 282). ;
De l'exposé qui précède, 1l ressort avec certitude que à: est de même origine que Z, À, L, M, N, quil est plus spécialement apparenté à L, mais qu'il a en outre des leçons empruntées à des mss. d’une autre famille.
Variante 19° des v. 109-110 : M
J'ai dit déjà (page 279) que ZA doit être séparé du groupe M, auquel, en revanche, il faut adjoindre Mo et ui; M est donc représenté par Ma, Me, Mi, Mo et partiellement par i. Voici quelquesunes des variantes qui lui sont spéciales : v. 28 Car (Mi: Or), pour Mais; v. 198 El la riviere, pour Tot le rivage; v.149 Hisdeusement iert toailliee, pour Hisdeuse estoit el roeilliee; v. 150 Car (Mi :
Or) ele, pour Et si; v. 161 Et despiteuse et, pour Et sembla bien | estre : v. 27 Et s’estoit laidement, pour Zert ele povrement ; v. 20 P. iert la c. et trop e., pour P. estoit la c. et e. ; v. 218 la pane .ær. ans, pour sa robe .æ. &.; V. 298 /a douleur, pour lt esmais ; v. 338 mout, pour dui ; v. 353 el beaus, pour soés ; v. 395- 98 omis ; un vers intercalé entre les v. 1045-46: Et si loent les destoez, et un autre entre les v. 1046-47: Et de leur oneur reculez ; v.1046 vaillant ome, pour preudomes; \.1395-96 coule : tert mole sans doute, pour coite : douce et moïsle ; vV. 1719-20 omis ; v. 1731-32 omis : v. 1940 C1 de qui tel servise prens, pour Ci que j'einsi a ome prens ; V. 2200 Avis m'est que vos le grevez, pour Sachiez que vos avilenez, etc. On en trouvera d'autres aux v. 30, 298, 1940 dans l'étude du groupement J, À, L, M, N; aux v. 205, 1720, 3537 dans l'étude du groupement Æ, Z, M, N; aux v. 11-78 dans l'étude du groupement Z, M ; aux v. 14-42, 207 dans l'étude du groupement Z, M, N.
L a peu de fautes qui ne se retrouvent dans M; M, au contraire, en à beaucoup que Z ne connait pas; très vraisemblablement M dérive de Z, dont il a parfois corrigé le texte à l’aide d’une ou de plusieurs versions, et à qui il a ajouté de nombreuses fautes personnelles. Il est évident qu'en plusieurs endroits M a combiné la leçon de Z avec une autre; les vers 11-42 en offrent un exemple. La bonne leçon est :
Sembloit bien estre moveresse.
Et corroceuse et tenceresse.
Celle de L (et de X, N)::
Corrociee ert et mout perverse ; Bien sembla estre tenceresse.
Celle de M :
Sembloit bien estre moveresse, Bien sembla estre tenceresse.
L, M ont en commun le v. 142; quel que soit celui des deux qui ait changé le v. 141 de l’autre, le correcteur a dû avoir à sa disposition un tiers ms.; en effet, Z ne trouvait pas dans M corrociee, qui dérive de la leçon originale, et A ne pouvait pas tirer la bonne leçon de la faute de Z. Mais pour quelle raison aurait-on corrigé M? et comment un correcteur ayant à sa disposition M, dont la rime est
exacte, et une autre version, dont la rime était identique, n’aurait-il su tirer de ces deux textes qu'une assonance ? On comprend bien mieux le contraire, à savoir qu'un lecteur, choqué par l'assonance de Z, ait remplacé le vers qui faussait la rime par le vers de la leçon commune, emprunté à un autre ms.
L'exemple des v. 3536-37 n’est pas moins caractéristique dans M : Garz, pour quoi as le euer failli, Que l'es acointié d’un garçon ?
Le premier de ces vers est celui de X, Z, N'; le second vient de C, à qui il a été emprunté, probablement par un intermédiaire (4). M a des fautes en commun avec Gi, y, et d'autres mss. qui leur sont apparentés (2), avec le groupe G& (3) ; avec Zo, il omet les v. 311-192; avec +, manuscrit très mauvais, il a aussi des fautes communes: v. 17 des maus, pour as genz ; V. 256 El n'a ami, pour N'ele n'a parent : v. 458 soit ore, pour puisse estre, elc. Mais il ne m'est pas possible de dire si c’est M qui est allé à ces mss. ou si, au contraire, Ce sont ces mss. qui sont venus à M. u Suit M jusqu'au v. 2312 au moins; à partir du v. 2403 au moins, il fait partie de N.
Variante 20° des v. 109-110 : N
Du groupe N, auquel ils se trouvent réunis aux v. 109-10, j'ai disjoint précédemment (p. 279) Le, Lu, Lj, Li, Lm, Lm?, Lm», Lm*, LmS, Lm’, Lt, Lu, x, pour les rattacher à Z ; en revanche, on peut incorporer au groupe Nb et Nov, à qui manquent les v. 109-10, et à partir du v. 680,N/ et NA. 7x, y ont été examinés à la suite de Z.
N comprend donc Na, Ne, Ni, No, Nu, Ny, Nb, NC, Nd, Nf, Ng, NRk, Nov.
Voici quelques fautes spéciales à ce groupe: v. 101 Qui en
.chantant, pour Q. de chanter ; v. 298 tristece, pour desfrece ; un vers interpolé entre 1195-96: Ses entrieuz ne fu pas peliz, et un autre entre 1196-97: Bouche vermeille, denz peliz ; v. 1389 Si faisoit L'eve en son courant, pour S'en aloit l'e. aval faisant; v. 1602 descrit, pour espons ; v. 2253-36 omis v. 2391-92 votes: dotes,
(1) Voir 6.
(2) Voir 6x et yw.
(3) Voir Get F.
pour trueves : doeves ; v. 2489-90 omis : deux vers interpolés entre 2949-43 : Si vous en estuel a aler À fouir ou a reculer, eic.
On trouvera d'autres variantes particulières à N, lorsqu'il sera comparé à 7, À, L, M, aux v. 141-492, 149, 207, 1006, 1536, 1551-52, 1995-96, 1940, 2100, 2240, 2502.
L'individualité de ce groupe ressort non seulement de ces variantes, mais aussi de sa situation vis-à-vis de 7, À, Z, M.
Il est évident que N procède de Z, dont il a gardé le v. 110, tout en modifiant le v. 109, pour substituer une rime à l’assonance. Il a pu du reste trouver cette modification déjà accomplie dans quelque représentant de Z.
Les représentants de N sont en général très unis. Cependant NC ometles v. 57-58 avec quelques mss. de Z (Di, Lo); avec ZL, M les v. 77-18, qui existent dans les autres mss. de N.
Nfet Nk font au début du poème partie de Æ (voir p. 275).
Ng suit la lecon de Z, M aux v. 2391-92.
Nu et No, qui sont spécialement unis l’un à l'autre, accompagnent encore N aux v. 2349-50 ; mais aux vers v. 2391-92 ils l'ont quitté et dès lors suivent M.
Ny à, contre N, la bonne leçon au v. 1536 ; il n’a pas les deux vers Interpolés par N (1) entre 2942-43 ; en les supprimant, il se rencontre avec Nu, et ce peut être une coïncidence fortuite ; mais ce n'est probablement pas par hasard que ces deux mss. se sont déjà trouvés ensemble dans une autre correction : v. 1395-96 coute : si estoil moiste (N : coute : estloil moiste toute), pour coite : estoit douce el moïste.
Relations de parenté entre les cinq groupes /, X, L, M, N
Les cinq groupes J, X, L, M, N, qui ont en commun bruiant au v. 109, sont unis par d’autres variantes : v. 76 s’esverlue, pour se deduit; v. 665 De voir, pour Et bien ; v. 668 d’ome vivant, pour d’o. mortel; v. 680 Je me pris lors a merveillier (J, K, LE, M), TN: p. a esmerveillier (N), pour J. m. p. mout à esgaier (rimant avec verdoier) ; v. 881-82 À losenges el a oisiaus, À floreles a lionciaus
(1) No, très mutilé, n’a plus nile v.1536, ni les v. 2942-43; mais aux v. 1395-96, il est avec Nu et Ny.
(faute contre la rime) (1), pour À {. & escuciaus, A oiselez a L.; v. 1317-18 Mout me grevera malement(J, K, N), I m. g. mout forment(L,M), Je qui de ce ne soi (ou n.s.d.c.)notent, pour Je qui de ce nesoinoient M'alai adès eshanoïant (ni malement ni forment ne peuvent rimer avec noient) (2) ; v. 3413 ne prier, pour n'angoissier.
C'est encore une faute commune qu'il faut voir comme point de départ des différentes variantes de tous les groupes au v. 298 : l'envie (J, L, N), la douleur (M), li ahans (Æ) (3), pour li esmais. Avec l'envie le vers est faux en français, et ce peut être pourquoi K et M ont changé ; mais il serait exact dans un texte picard où l'article ne se serait pas élidé ; or précédemment on a vu déjà une faute reposant sur des formes picardes dans le groupe Z (v. 1395-96) (4).
Au v. 1940 les cinq groupes s'écartent de la bonne leçon, mais il est difficile d'affirmer que leurs variantes soient sorties d'une même faute : Celui que je a ome prens (J), Li ons que je ensi aprens (X, L), Li ons que j'aime et que je prens (N), Ci de qui tel servise prens (M), pour Ci que j'einsi a ome prens.
La variante des v. 109-10 semble établir une répartition chronologique entre les cinq groupes : J est celui qui se rapproche le plus de la leçon originale ; il en a gardé grant au v. 109 et cZere au v. 4110 ; ilne peut dériver d'aucun des quatre autres groupes ; il a conservé la leçon de l'ancêtre des cinq groupes ; Æ a substitué clere à granit dans le v. 109 : comme il avait déjà ce mot au v. 110, chacun de ses représentants l'a supprimé dans le second cas ; ainsi s'explique la variété de leurs leçons au v. 110; Z, M, N, avec l'adjectif bruiant de J, ont gardé grant au v. 109 etcere au v. 110; ils ne procédent donc pas de Æ. Il est difficile d'affirmer quelle est la plus ancienne des deux variantes Z et M, qui ne diffèrent que par l'interversion des deux mots, mais j'aimontré(p.286)qu'aux v.1%1-42,
(4) G. de Lorris ne fait pas rimer s sourde, ni à plus forte raison s sonore, avec c ; par conséquent, l'accouplement oësiaus : lionciaus n'est pas de lui; d'autre part, les /loretes étant menñtionnées au v. 879 ne peuvent l'être de nouveau-au v. 882. D'ailleurs, la leçon fautive trouble l'ordre dans lequel l'auteur semble avoir voulu énumérer les ornements : fleurs, figures géométriques, oiseaux, quadrupèdes.
(2) 11 est possible que l'auteur de la faute initiale ait voulu éviter la rime
ant : ent.
(3) Ko : li enchans.
(4) P. 280; cf. aussi la note 2 de la présente page.
Univ. de Lille Trav. et Mém. Droit-Lettres. Tome VII — 19
c'est M qui a changé la leçon de Z. Quant à la variante de N, elle descend visiblement de celle de Z, dont on a voulu remplacer l'assonance par une rime.
Suivant l'ordre des variantes tel qu’il se présente aux v. 109-10, il reste possible ou que J et À aient des fautes communes, tandis que Z, M, N ont la bonne leçon, ou que Æ partage les variantes de L, M, N contre 7; il suffit, dans le premier cas, que /, Æ aient un ancêtre commun, descendant de l'ancêtre des cinq groupes ; dans le second cas, que X, L, M, N aient un ancêtre commun, descendant de celui des cinq groupes ; mais l'une des deux combinaisons exclut naturellement l'autre ; et néanmoins toutes deux existent. En voici les preuves:
J, K ont des fautes communes : v. 954 Qu'il ne doit pas estre esmaiez (J), Sien doil mieux e. e.(K), pour Ses maus st est bien emplotez ; v. 1002 blanc, pour cler ; v. 1305 Trestoul voyant moi (J), Tout par devant moi (K), pour Trestout maintenant ; v. 2046 apareilliez, pour encoragiez. À ces exemples on pourra joindre les variantes qui unissent 7, Æ, N, lorsque j'aurai montré dans quelles conditions N accompagne Æ. A l'alliance J-Æ fait pendant l'alliance Z-M-N dans les v. 163 faire, pour poindre; v. 207 Et s'iert trop (L, N), Et s’estoil (M), pour Zert ele; v. 385 desconfira, pour envieillira ; v. 1077 D'une pierre estoit, pour D'u. autre p. tert.
K, L, M, N ont des fautes communes, pendant que J a la bonne leçon : v. 50 racontoit (X, L, N), recitoit (M), pour recensoil; v. 47 Que el mois de mai je sonjote, pour Qu'en mai estoie ce s. ; v. 166 De douleur et de despil pleine, pour Bien sembloit estre d'afiz p. (la douleur et le despit n'ont rien à faire en la circonstance, l’afil au contraire est tout indiqué); v.365 Que ü estoit, pour Qu'il s'arresl ; v. 1408 Pimpelotee estoit et peinte, pour Qu'ele e. pipelee el p.; v. 1946-47 D'Amors porte le gonfanon, De Cortoisie la baniere, pour Qu’A. p. l. g. D. C.etl. b. ; v. 2131 pluie, pour poudre ; v. 3522 À espier, pour À encuser (il ne s’agit plus ici pour Male-Bouche de surprendre les amants, dont elle connait les sentiments, mais de les dénoncer ; cf. v. 3516 ne se pot taire, v. 9518 83 ot la langue mout punaise, v. 3526 lant palla).
Il arrive aussi que X et Z, M, N ont des variantes qui différent, mais qui n'en supposent pas moins une faute commune : v. 203 Fait
de lessive fort el aigre (L, N), F. a L.f.e. a. (M), À L. pestri et a.(K), pour Pestri a lessu fort et à. (lessive est commun aux quatre groupes ; À se rapproche de la bonne leçon par pestri, que n'ont pas Z, M, N, ceux-ci s'en rapprochent par fort, que n’a pas Æ. Une faute initiale telle que Pestri a lessive fort et aigre expliquerait bien les deux variantes).
Dans les deux exemples qui suivent, les quatre groupes sont encore réunis, à l'exclusion de J, mais la variante de Æ s'éloigne moins de la bonne leçon que celle des trois autres groupes : v. 1006 De li farder ne afaitier (K), D. 1. f.n. de lifer (L, M), D. L. f.n. d. guignier (N), pour De soi lifer ne afaitier (le vers doit rimer en -lier ; quignier de N, préférable à {ifer pour la rime, mais encore insuffisant, en est sans doute une correction ; afaitier dans Æ peut être une autre correction de tifer, faite soit spontanément, soit par emprunt à une autre version, mais il peut aussi remonter directement à la leçon originale) ; v. 1061-63 À noiaus d'or au col fermee D'une bande d'or neelee Mout (L, M, N: Fu) richement la Cheveçaille, pour D'une bande d'or neelee À esmaus fu au col ollee M. r.l. c. (le v. 1063 dans X est celui de la leçon originale ; on peut croire que l'ancêtre de Z, M, N y a remplacé spontanément Moul par Fu, parce que le besoin de ce verbe, supprimé au vers précédent, était sensible ; cependant le contraire, la substitution de Mout à Fu par X, n’est pas impossible).
Pour expliquer la contradiction qui apparaît dans les deux groupements 7, X et À, L, M, N, il faut admettre ou que J ne fait qu'irrégulièrement partie des groupes X, Z, M, N, ou que X va alternativement de / à Z, M, N. Les deux hypothèses sont également plausibles ; en fait je crois qu'elles sont vraies toutes deux.
D'autre part, au lieu du groupement À + Z, M, N qu'on vient de voir, on peut avoir aussi À, N + L, M dans la reproduction d'une même faute : v.1400 Zi leus qui estoit (ou iere) delilaire (L, M), L. L. q. delitable estoit (K, N), pour Z. L. q.e. de tel aire (delitaire, qu'on ne rencontre pas ailleurs, est sans doute un barbarisme, employé comme dérivé de delit ; c'est en tous cas un solécisme, car il devrait être terminé par une s, qui l'empêcherait de rimer avec afaire. Choqué, non par le solécisme, mais par le barbarisme, un correcteur a remplacé delitaire par delitable, et, pour avoir une rime, a rejeté à la fin des v. 1399 et 1400 les imparfaits qui se trou-
vaient à l'intérieur ; d'où l'afaire embelissoit: delilable esloil ; cette rime pèche contre la poétique de Guillaume de Lorris et le solécisme n'a pas disparu, mais ce sont fautes qui échappaient à la plupart des lecteurs). Dans cet exemple, il est certain que la leçon de À, N dérive de celle de Z, M ; c'est le contraire qui paraît être le plus probable dans l'exemple suivant : les v. 2349-50 sont omis dans Æ, N, les v. 2349-32 dans Z, M}; sansles v. 2349-50, les deux suivants n'ont plus de sens, et c’est sans doute pourquoi ceux-ci ont été supprimés dans Z, M.
L'alliance de X, N dans les deux exemples précédents et dans un autre qui a été donné antérieurement (v. 1317-18) ne peut pas se concilier avec la situation de N aux v. 1409-10 ; elle ne se comprend que si l’on admet que l’un des deux groupes s’est déplacé. Aux v. 1317-18, où N est avec J, K, c’est lui qui semble être allé à X. Cette impression ressort plus clairement encore des cas où J, X, N, ou seulement.X, N, ont, soit des fautes communes, tandis que Z, M ont la bonne leçon, soit la bonne leçon, tandis que Z, M ont des fautes communes ; ces cas sont nombreux; j'en citerai quelques-uns.
J, À, N ont une faute commune, tandis que Z, M ont la bonne leçon : v. 1802 Lez l’espinoi, pour Z. la haîïe ; v. 2031 Adonc seras hors de lrislece, pour Atent et suefre la destrece ; v. 2299 estuel, pour est droiz ; v. 2631 confortera, pour garantira ; v. 2647 pleure, pour plaint ; v. 2648 peine, pour duel. Le v. 2490 est dans J, K°: El me paist tout et replenist (répétition du v. 2454), pour Gueriz fust qui or la veist (il manque dans N, ainsi que le précédent). La faute initiale paraît être l'omission du v. 2490 ; pour ne pas laisser le v. 2489 sans rime, l'ancêtre de 7, Æ a comblé le vide en y reproduisant le v. 2454, N a supprimé le v. 2490.
X, N ont des fautes communes, tandis que Z, M ont la bonne leçon : v. 1377-78 Qui par ces arbres s'en couroient(K), Q. p. cele erbe s'e. c. (N), pour Q.p. c. a. gravissoient; v. 1833 Si fort que ne soi esperance, pour Si que je n'ai mais e.; v. 1995-26 Lors si me sui agenotillié El voloie baisier son pié (K), L. s. m.s. a genouz mis Il me dist lieve sus amis (N), pour Et par tel covent me rent gié À cest mot voil b. s. p. Dans le second de ces deux vers, quelques mss. de À ont son pié baisier, variante qui détruit la rime; Æa à sans doute cru la rétablir en changeant le premier vers: Lors n'en alai sans demourer ; il est possible que la
variante de N doive s'expliquer par la même cause ; quoi qu'il en soit, elle dérive certainement de celle de X.
Aux v. 1395-96, il n'est pas possible de dire si la variante de X, N, couste : moiste toute, provient de la bonne leçon ou de celle de ZA).
Voici, d'autre part, quelques cas de fautes spéciales à Z, M que n'ont pas /, À, N°: v. 71-78 omis (faute évidente, puisque dans lé v. 77 se trouve le sujet des verbes du v. 76, et dans le v. 78 le sujet du verbe du v. 79); v. 1241-49 Est envers les autres estoiles Ressem- -blent petites (M : Qui ne r. que) chandoïles {L, M)(2), pour Le vis avoit cler et luisant Je ne sai fame plus plaisant; v. 1344 gingembre, pour anis; v. 1389 S2 venoit, pour S’en aloit ; v. 2302 Se ele est loing que je ni vois, pour Quant la ou mes cuers estne ©. ; v. 2391-92 S'i7 avient que tu aperçoives T'amie en leu que tu la doives, pour S' a. chose que tu trueves La bele en point q. t. L. d. ; v. 2459-60 omis (quoique nécessaires à l'intelligence des deux vers suivants) ; les v. 2665-66, qui contiennent la conclusion de ce qui est dit dans les v. 2637-64, sont placés entre les v. 2660-61 (le pronom icesfui, du v. 2667, qui se rapporte à Doux- Penser, nommé au v. 2665, se trouve par ce déplacement éloigné de ce qu'il désigne); v. 3457-59 S’ele nel deignoit aaïsier D'avoir un savoureus baisier Ne li doit pas estre noiez (3), pour S'ele faisoit de lui dangier Ses cors ne fait pas a changier Se le baisier li otroiez.
Deux des cas qui, tout en réunissant X, Z, M, N, opposent cependant X, N à L, M, fournissent une autre indication particulièrement intéressante : dans Z, M, les v. 1515-16 sont omis; dans Æ, N, ils sont intervertis, et en outre placés après le v. 1518, sous cette forme : Et commencai a esgarder Ne dedenz n'osai regarder. Quelle est des deux fautes la plus ancienne ? Rien dans la leçon de X, N plus que dans la leçon originale ne provoquait la suppression des v. 1515-16. Si donc la faute de Z, M était postérieure à celle de X, N, elle en serait indépendante. Maisil est plus simple de supposer que les deux
(4) Voir p. 280.
(2) La forme du premier vers est flottante dans L : En env. (La), Tout env. (Lb), Env. (Le, Li), etc.; ces variantes, ainsi probablement que celle de M au second vers, tiennent à ce qu'on n'a pas vu dans Ressemblent un participe present, que le sens exige.
(3) Ces trois vers ne sont que la répétition des v. 3443-45.
vers de la lecon originale ont été d’abord accidentellement omis par un ancêtre des quatre groupes ; qu'un correcteur, les empruntant à une autre version, les a rapportés en marge d'un ms. où ils manquaient : que cette correction a été ensuite introduite dans le texte à une place qui n'était pas exactement la sienne, et que de ces mss. corrigés dériveraient Æ et N, qui contiendraient ainsi des leçons de plusieurs familles.
Cette hypothèse est appuyée par le fait suivant. On a vu que les v. 1240-42 de la bonne lecon: Æle fu une clere brune Le vis avoit cler el luisant Je ne sai dame plus plaisant, sontremplacés dans Z, M par El fu clere come la lune Envers cui les autres estoiles Ressemblent petites chandoiles; ces trois derniers vers sont simplement empruntés au portrait de Beauté (v. 996-98); Æ, N réunissent le premier vers de Z, M aux deux derniers de la bonne leçon: Et fu clere comme la lune, Le vis avoit cler et luisant Je ne sai(N: Ne vi mais) dame tant plaisant. Quel rapport faut-il voir entre la leçon de Z, M et celle de X, N? Peut-on supposer qu'elles soient indépendantes l'une de l'autre, c'est-à-dire que deux copistes auraient eu spontanément la même pensée d'emprunter des traits au portrait de Beauté pour les substituer à d’autres dans le portrait de Courtoisie; mais que l’un se serait contenté d'y prendre un seul vers, tandis que l’autre en aurait pris trois? Gette coïncidence, sans être absolument impossible, est infiniment peu vraisemblable. Il est beaucoup plus rationnel d'attribuer une origine commune aux deux leçons. Mais alors quelle est la plus ancienne ? Supposer que celle de Z, M procéde de celle de X, N serait une hypothèse plus compliquée que de supposer l'indépendance des deux versions, puisque ce serait encore admettre qu'on a recouru deux fois au portrait de Beauté. Il semble bien plus naturel d'admettre dans X, AN le concours de deux leçons.
Donc, non seulement N fait alternativement partie des groupes K et L, M, mais encore X, N réunis combinent plusieurs versions. En outre, N peut avoir des leçons empruntées à d’autres sources : v. 111 La carole qui ert (ou qu'iert si) plaisant (J, K, L, M), L. c. en mon eslant (N), pour L. c. tot en estant; il est évident qu'ici la correction que N a faite au texte de son groupe n’a pu être spontanée.
J'ai montré déjà que M réunit des leçons de différentes familles :
ainsi peut s'expliquer le groupement Z, N: v. 149 Hisdeuse iert et entortilliee, El si estoit encor liee, pour X. estoit et roeilliee E.s. e. entortilliee ; v. 351 amorliz, pour anoientiz.
Rien n'autorise à suspecter l'unité d'origine de Z; les groupements dans lesquels sa présence ou son absence pourraient surprendre s'expliquent d’une façon plausible par les irrégularités de X, M ou N. En voici différents exemples :
K, L:v.348 Par Dieu granz morz ne fust ce mie, pour Ce ne fust mie granz morie; deux vers interpolés entre les v. 2836-87 : Nez fu sachiez de (ou en) Normandie, C'est uns vilains que Dieus maudie ; on peut supposer que Æ à emprunté à Z des fautes qui lui étaient personnelles, ou encore que M et N ont corrigé ces passages d'après une autre version. Il est possible que ces deux groupes soient d'origine normande et que leur auteur ait de lui même supprimé les deux vers qui le froissaient (1).
M, N : deux vers interpolés entre les v. 1157-58 : Car par amis deffait l'en guerre Par ses biaus dons amis aquierre ; V. 15178 le metra, pour l'a tost mis ; v. 1788-89 remplacés par quatre vers: Si couvient il qui que s'en mesle Et estuet pour voir que j'i aille Et je irai vaille que vaille N'en poi tenir que n'i alasse, au lieu de Aussi espès come la gresle S’esteust il que j'i alasse; v. 2834 Avuec lui ot .ij. compaignons, pour Ainçoîs avoit a c. Ces fautes peuvent provenir de l’un des deux groupes à qui l’autre les aurait empruntées, ettrès probablement le débiteur serait M, mais elles peuvent provenir aussi d'un ancêtre commun à M, N, ou à Æ, M, N.
K, N, M : v. 1551-52 Arbres et flors et la (K : f. tote) verdure Apert a cil quii met(K : A.c. q. im. sa) cure, pour À.e. f. et quanqu'aorne Le vergier i pert lout a orne:
Ayant classé les mss. réunis par les variantes 11 à 20 des v. 1409-10, j'examinerai successivement ceux du groupe IT qui ont les variantes 1 à 10 et 21.
Leçon 1° des vers 109-110 : Urb, Ji, Mon, Max, ZO, x
Urb. — Il n’est pas rare que Urb réunisse des variantes manifestement contradictoires, dont le rapprochement prouve que ce ms. amalgame les leçons I et II. J'en citerai deux exemples typiques :
(1) Cf, p. 265.
Pour les v. 1240-42 il a gardé la leçon de Z, M, mais entre les v. 1240-M de cette version, qui cependant ne peuvent être séparés, il a inséré les v. 1241-49 de la leçon originale :
El fut clere comme la lune, (v. 1210 de Z, M)
Le vis avoit cler et luisant,
Je ne sai dame plus plaisant,
Envers cui les autres estoiles (v. 1241 de Z, M)
Resemblent petites chandoiles. (v. 1242 de Z, M)
Une juxtaposition aussi évidente, quoique moins maladroite, des deux versions, se retrouve aux v. 2391-92. Ur a adopté, pour le premier, la bonne leçon et pour le second celle de Z, M (1):
S'il avient chose que tu trueves T'amie en leu que tu la doives.
Des fautes signalées dans les groupes 7, X, ZL, M, N, uu cinquième environ se retrouve dans Urb : v. 166, 1946-47, 2731 avec K, L, M, N; v. 205 (a avec M, au lieu de de avec L, N), 1077 avec L, M, N; v. 1720 avec X, L, M; v. 1317, 1344, 1389 avec L, M: v. 1940 avec X, L; v. 1388 avec L; aux v. 1005-6, la variante Car de li farder ne bifer N'estoit mesliers ne de tifer a sans doute été suggérée par le désir de corriger la rime de Z, M, mestier : tifer. En négligeant, comme insignifiante, la variante a du vers 205, on pourrait, d'après les exemples cités ci-dessus, conclure que c'est par Z, que Urb se rattache à ces groupes ; mais aux v. 1313-16 c'est la variante J, X, N qu'il a, et non celle de Z, M. Il omet les v. 3369- 70 avec J'(et Tou, Ri, yw).
Urb a des variantes spéciales à F, G, dont quelques-unes très caractéristiques (2). IL est quelquefois avec 94: v. 181 Embler, pour Rober ; v. 192 Et si ne puel a riens (04 aillors) entendre, pour Covoilise ne set e.; tous deux ont la faute de Be, C, Da, B&, Ha au v. 23 (voir p. 259). J'ai signalé précédemment (p. 278) une interpolation commune à Urb et à Ko.
Dans le groupe [, Urb se rattache surtout à Be, comme le montre la variante des v. 109-10 ; on vient de le voir avec lui au v. 2; il y est de même aux v. 3615 (Be, Da, H) et 3900 (Be, Da, Za); il est avec Ba, Bd au v. 273 ; c'est peut-être par l'intermédiaire de B que
(4) On retrouvera la même combinaison dans Ge, Gé. (2) Notamment celle des v. 645-60 (voir p. 327).
Urb et 6, se rencontrent. La même explication pourrait s'appliquer à quelques fautes communes à Urb el à Ra : v. 2898 /i ai (Urb : à) commencié a dire, pour li ai dit: Sachiez, biaus sire : v. 2903 ne m'est baïlliez, pour n. me b. ; v. 2910 trahir, pour Aonir.
Je ne pense pas qu'on loive tenir compte de l’interversion des v. 881-2, commune à Urb et à C,nide la variante de Urb, Da au v. 2893 : decopez, pour depeciez.
Ji. — Si Ji est avec IT aux v. 2835-67 et avec I aux v. 1409-10, c'est que son texte est constitué de leçons alternativement choisies dans l’une ou l’autre des deux familles. Dans I il suit C, dans Il il suit J. Il a les fautes de J aux v. 577, 589, 682, 699, 1305, ete. Lorsque J se divise, il reste avec Ja et Je, par exemple aux v. 149, 163, 214, 526, 848, 954, 2562, 2591-99, 2648, etc.
D'autre part, /2 est aussi très souvent uni à C, du groupe E, par des variantes dont je donnerai quelques exemples pris dans différentes parties du poème : v. 111 Come de puch ou de fonlaine, pour C. p. ou come f.: v. 119 Mon vis ai freschi, pour M. v. rafreschi ; v. 352 fientis, pour flestiz ; v. 393 Ne vigueur, pour Ce cuitje; v. 454 anglet, pour coignet; v. 501 lieu, pour onc; V. 591 Aurlaiï, pour botai; v. 621 tantost, pour lores ; v. 844 plein, pour blanc ; v. 1546 coses, pour colors ; v. 3016 se folie, pour fait folie; v. 3064 nuire et nient valoir, pour vivre el non v.; v. 3346 N'en fui de noient, pour Ne se fu de rien; v. 3467 merde, pour teigne ; v. 3988 el mont et sousmet, pour a m. ou sommet ; V. 4019 Refaites li agait, pour Faites li engreslié.
Non seulement Ji a de nombreux liens d’attache avec C, mais il lui arrive parfois d’avoir des fautes en commun avec Ca, l'un des deux représentants de cette famille, pendant que Ce, l'autre membre, a la bonne leçon, par exemple, v. 88 Qu'il iert matin moult durement, pour Qu'il estoit ma. d.; v. 1504 Ensi eut de la medecine, pour Æ. si ot de la meschine; v. 2034 Tu lourneras, pour Tu seras traiz; v. 2152 esmaté, pour esgaré. Il a aussi quelques fautes avec Ce seul, mais alors Ca a une autre faute : v. 3519 Et mal puant (Ca : flairans), pour Et mout poignant. D'où l'on peut conclure ou que Ce a été corrigé, lorsqu'il a la bonne leçon contre Ca et Ji, ou que Ji a utilisé un ms. qui n'est ni l'ancêtre de C, ni Ca, mais un ms. intermédiaire entre cet ancêtre et Ca.
Ainsi J5 est tantôt avec un groupe de I, tantôt avec un groupe
de IL, et l'on a vu que ce dernier groupe est lui-même trop hétérogène pour être utilisable ; il serait donc sans intérêt de mentionner ici des variantes communes à Ji et à d’autres groupes que C'et J. (1)
Mon, Maz. — Mon et Maz sont unis par de nombreuses fautes, dont il me suffira, pour établir leur parenté, de donner d'abord quelques échantillons typiques ; on en trouvera d’autres plus loin dans la comparaison de ces mss. avec ceux des familles auxquelles ils sont alliés : v. 601-2 intervertis ; v. 666 Durement m'en esbanoï, pour Mout d. m'en esjoi ; v. 668 Ne fu veüe ne oîe (2), pour N.f. d'ome vivant 0.; v. 812 Et sans ferir et sans manaches, pour Quant il les trueve trop engresses ; v. 99 grant parentez, pour près ajostez ; v. 1459-60 farouche : louche, pour ferasche : lasche ; v. 1585-86 intervertis ; v. 1724 Emplastres ne trouvai ne mire, pour Ne de ma plaie ou trover mire ; V. 2099 souef, pour entres ; v. 2199-200 omis, etc.
Cependant ces mss. peuvent se séparer : v. 30, Maz a racontoît avec Æ, L, N; v. 10092, il est avec 7, Æ ; v. 1395-96 avec Z ; v. 1536 avec L, M et Jo, Ju (toutefois ce vers pourrait avoir été écrit dans Maz d'une autre main que le reste du ms.); dans ces cas, Mon a la bonne leçon. Au v.923, Mon a une faute précédemment signalée de Be, C, Da, Ha et de J, tandis que Maz a la bonne leçon.
Ces mss., dans IT, se rattachent plus spécialement à J'; ils sont avec J'aux v. 1240, 1940, 2100 ; ils omettent les v. 1193-24 avec Ja (lacune dans Ju) ; ils ont les fautes de Jo (lacune dans Jb, Ju) au v. 1179 : De valor qui Artur ot non, pour De v. et le gonfanon; de Jo et probablement de Jx au v. 1377 : rampissoient (Max), rampoioient (Mon), rampoient (Jo), randissoient (Ju), pour gravissoient, de Ja et Ju au v. 1878; de Ja et Je au v. 2502; de J, Æ aux v. 2046, 2080, 2253 (3); de J, Æ, N au v. 2522; de 7, K, L au v. 30 (conles), de 7, K, L, N au v. 144; de J, K, L, M, N aux v. 76, 2303, etc. Ils ont cependant au v. 47 la faute de X, L, M, N à l'exclusion de J. Aux v. 2591-92, tandis que 7, Æ ont la rime esmai : esmai, pour esveil : merveil, Mona esmai : merveil.
Très souvent aussi les deux mss. ont la bonne leçon contre 7,
(1) Par exemple celle de Ba et yo, yw au v. 3004.
(2) De même dans ua, pe.
(3) De même avec J, K, v. 1658 celui avisai, pour loi bien avisé ; avec J' K, N, v. 2137 Cointise si n’e., pour Cointerie ne.; v. 2216 cis, pour ons.
par exemple, aux v. 155, 149, 665, 668, 680, 777, 881-82, 1317-18, 2031, etc.
D'autre part, Mon et Maz ont aussi des fautes spéciales à des mss. de T. Le v. 161 Et sembla bien fole(Maz : fele) el crueuse (À), pour Æ.s. b. estre outrageuse, paraît combiner la bonne leçon avec celle de Æ : Fole et crueuse et outrageuse. Au v. 189 la parenté avec Æ n'est plus douteuse : En nul pris n'en puet nus (4 : p. en) monter, pour Et bescochier et mesconter.
Les relations de Mon, Maz avec la famille C paraitront sans doute aussi assurées : v. 210 Povre iert la cote et mout esrese, pour P. estoil la c..ete.; x. 858 ææxiæ au lieu de ææiæ ; le v. 1941 Le vis ot vermeil et luisant, pour L. v. avoit cler et luisant, rappelle, avec le mot vermeil, la leçon de C : Bele, vermeille et reluisant. À la vérité, les deux premières de ces fautes ne sont pas très caractéristiques, et l’origine de la troisième peut être contestée ; mais d’autres sont plus probantes : v. 977 As autres et nuisans senz doule, pour As a. cinc orent s. d.; entre les v. 2462-65, une interpolation : Qui .ij. nuiz t porroil gesir (Maz, Ca : le p. tenir) Nul mai ne li porroëit venir (Maz : devroit v.)
Mon et Maz étant, comme on l'a vu, très étroitement unis, c'est apparemment un de leurs ancêtres qui a fait ces emprunts à C; croire que chacun de ces mss. a indépendamment pris à chacun des membres de la famille C la précédente interpolation semblerait déraisonnable. Cependant, coïncidence curieuse, difficilement explicable, et qui montre combien il est laborieux de chercher le fil conducteur dans l’enchevêtrement des leçons, les variantes de Maz et de Mon pour le premier des vers interpolés se retrouvent exactement dans les deux représentants de la famille C (2).
Parmi les fautes citées précédemment comme communes à Max, Mon et J, deux, celles des v. 2080 et 2100, se trouvent également dans Za de I.
Ea perte d'un feuillet dans Maz empêche d'affirmer qu'il avait les deux fautes suivantes de Da et Mon : deux vers interpolés entre
- (4) ua fole el yreuse.
(2) Peut-on croire que l'interpolation primitive faisait rimer gesir avec venir, et qu'ensuite, pour avoir une rime plus riche, conforme à celle du poème, deux copistes aient, chacun de son côté, remplacé gesir par tenir ? C’est bien peu probable.
959-533 Envie est de lel corage Quant biens avient à po n'enrage (Mon: n'esrage); v. 338 joer, pour dancier. Voici deux autres rencontres, à la vérité peu significatives, des trois mss.: v. 475 chose, pour joie ; v. 666 Durement m'en essaboi (Da), D. m'en esbanouï (Mon, Max), pour Moul d. m'en esjoÿ.
J'ai déjà signalé en notes quelques variantes communes à Mon, Max, et à d’autres mss.; j'aurai l'occasion d'en signaler encore.
ll est donc certain que dans les deux mss. Maz et Mon des leçons de plusieurs familles ont été mêléès, les unes du groupe I, les autres du groupe IT.
Zo.— Zo a alternativement les variantes de Z, ou la bonne leçon contre Z; par exemple, il a les fautes aux v. 881-82 de 7, X, L, M, N ; v. 1061-64, 1408, 1946-47, 3522, 3536 de X, L, M, N; v. 21721 de L, M, N; v. 30 (racontoit), 3531 de K, L, N; v. 155 de J, L, N'; v. 2836-37 de K, L; v. 1240, 1317-18, 1344, 23092, 2459, 3457-59 de L, M; v. 1395-96 de Z seul, etc. ; il n’a jamais les fautes des groupes apparentés à Z en l'absence de celui-ci, mais il a souvent contre Z seul ou uni à ces groupes la bonne leçon, par exemple aux v. 1006, 1241-49, 1388, 1389, 1400, 1719-20, 92386, 2661-64, 2731, 2742. Ces contradictions proviennent évidemment de ce que Zo réunit les leçons de différentes familles ; et la preuve tangible en est fournie par les fautes communes à ce ms. et à Za : v. 201-2 omis ; v. 434-35 Por le (Za : C'ierl du) mal que (Za : qui) son cueur enhorte Ice m'estoil il bien avis, pour À li et as siens iert la porte Deveée de parevis ; V. 457 boutee, pour honteuse ; v. 955-56 intervertis. Aux v. 1326 et 1719, Za et Zo ont des leçons spéciales, qui diffèrent très peu de celles de l'original, et qui par leur rareté même attestent la parenté de ces deux mss. : v. 1326 Nus arbres qui (Zo : a. ne) soit qui fruil charge (1) ; v. 1719 Ans remest ens ou cors li suns. d'estime donc que c’est à sa parenté avec Za que Zo doit, au moins en partie, les bonnes leçons qu'il a en opposition avec le groupe Z, en particulier celle du v. 109. Le même ms. a aussi d’autres leçons isolées en commun avec d'autres groupes, par exemple le v. 344 avec Ri et F (2).
ue. — On verra ce ms. allié à différents groupes très contaminés
(1) Seul Ba, parent de Za, a cette leçon, avec la variante nest au lieu de soit. (2) Voir p. 319, n. 1.
aux V. 86-87 (1), 20% (2), 298 (3), 668 (4), 85% (5), 1408 (6), 2721 (7); la variante de ce dernier vers, empruntée à I, suffirait à prouver le défaut d'unité de tous les mss. de [I qui la reproduisent. Avec le groupe Mon-Maz, outre les variantes des v. 298 et 850, qui viennent d'être rappelées, il en a d'autres, notamment celle du v. 161, qui procède d’une faute de 77 (8). Avec Gé : v. 4T Qu'en mon lit iere(9), pour qu'en mai esloie.
uz à quelques-unes des fautes signalées dans 7, X, L, M, N : v. 16, 88-82 (J, K, L, M, N); v. 1946-47, 3522, 3536 (X, L, M, N); V. 1790 (X, L, M): v. 5531 (X, L, N); v. 1400, 3457-59 (Z, M) ; v. 2834 (M, N).
Je ne crois pas qu'il soit utile d’insister sur les variations de ce ms., qui ne mérile aucune confiance.
Variante 2° des vers 109-110 : %>
54 a les fautes signalées dans les groupes 7, À, L, M, N aux vers 665, 881-892 (7, À, L, M, N); v. 365, 1408, 1946-47, 2731, 3536 (Æ, L, M, N); v. 1120 (X, 2, M); v. 1071, 212 (2, M, N); v. 12H4-42, 1317-18, 134%, 1389, 1515-16, 2309, 2349-59, 2391-99, 2459-60, 2661- 64, 3431-59 (L, M). Il est encore avec Z, M aux v. 900, 1072, 1333, 1655-64, 1710, 1829, 9394, 2:19-%0, 92493, 92588, 2646, 92711, 2720, 2733, 2744, 27176, dont on trouvera les variantes dans l'étude de 0, et aux v. 1075 prodome, pour riche ome ; v. 1893-24 omis ; v. 2345 Ce qu'il aime qui plus esgarde, pour Qui ce qu'il u. p. regarde ; v. 2529 ras, pour vendras ; v. 2524 ouverkure, pour serreure ; v. 2533 Avoir d'ome quant il, pour À. de celui qui; v. 2592 Certes durement me, pour Si m'aist Deus mout me ; V. 2625 Tanz maus que nus n'en sél, pour Les mn. dont nus ne s.:; v. 2681-82 omis ; v. 2689-90 omis ; v. 2695-96 omis ; v. 2712 Que d'avoir, pour Quant l’en a ; v. 2737 entroublier, pour rassoagier ; NV. 2145 tristesses,
(1) Étude de G, p. 325.
(2) /bid., p. 325.
(3) Lbid., p. 326.
(4) Voir p. 298, n. 2.
(5) Étude de G, p. 321.
(6) Tbid., p. 324.
(7) Voir p. 320.
(8) Voir p 299, n. 1.
(9) C'est aussi la leçon de ue.
pour teniebres ; v. 2149 assez mains se, pour de rien ne se, elc.
D'autre part, 6: oppose la bonne leçon à une faute commune à L et à M, non seulement aux v. 4109-10, mais encore ailleurs, par exemple aux v. 77-78, 142, 205, 385, 680, 1475-76, 1536, 3522, dont les variantes ont été signalées dans l'étude de ces groupes. De même il n'a pas les fautes suivantes de Z, M : v. 122 qui iert bele, pour grant et b.; v. 1581-82 intervertis et modifiés : Z sont (L : est) lost pris et agaitiez N'en puet nus (L : Qu'il n'en p.) estre respttiez, pour Li plus preu li miauz afaitiè I sont tost pris et aguailié ; v. 3375-16 intervertis ; v. 346 Qu'il a les levres, pour Car L. 1. sont; v. 3482 Qui en a trail, pour Q. en gila, etc.
Ainsi tantôt & est uni à Z, M, et c'est le cas le plus fréquent, tantôt il les quitte. Lorsque Z, M se séparent, 6 suit L, à l’exclusion de M, aux v. 144, 111 (J, K, L, N); v. 298 (J, L,N); v. 1395 (K, L) ; v. 1388, 2275-76, 2386, 2742 (Z), dont on trouvera les variantes dans l’étude des groupes indiqués entre parenthèses ; et de même aux v. 822 S’estoit mout(l)richement, pour Fusescorsr.; v. 2321-29 intervertis ; v. 2380 {uw as la bele veüe, pour {x avras cele v.; v. 2494 Quant ne voi ce, pour Q. jé n'aice; v. 2801-2 intervertuis. Mais les fautes communes à & et M, à l'exclusion de Z, sont plus nombreuses encore : v. 1756 Qui mieuz flaire; pour Q. oloit m.; v. 2990 tout proprement, pour demainement ; v. 2999 Ont mis lon cuer en tel esmai, pour T'o. mis en poine et en e. ; v. 3079-80 omis; v. 3350 metre, pour mener ; v. 3355-56 omis ; v. 3436 Espoir, pour Por ce; v. 3474 boulon, pour brandon ; v.3485 Mout sui gariz mout m'i aaise, pour Onques mais ne fui Si a., etc. Beaucoup d’autres exemples de l'union M-54 seront donnés dans l'étude de yo.
Relativement aux rapports de % avec Let M, on a pu remarquer quil est plus spécialement avec Z jusqu'au vers 2802 et plus spécialement avec M à partir du v. 2990 ; mais un point précis où se serait accompli ce changement ne peut être déterminé entre ces deux limites, puisque déjà au v. 1756 on trouve 6: avec M à l’exclusion de Z. L'union intime de 64 et de M dure jusqu'au v. 3598.
04 a deux fautes de Æ qui n'existent ni dans Z ni dans M: interversion des v. 161-2 ; v. 402 affublé, pour abrié. Ki fait en ce
(1) yo Estoil m.
passage partie du groupe Æ ; pendant qu'il aura plus tard quitté ce groupe, pour se joindre à Z, 64 se retrouvera deux fois avec lui, hors de Z: v. 1400, avec la faute solitaire, correction probable du barbarisme delitaire de L, M (1), et v. 1719-20 (2). Le rapprochement de ces deux dernières fautes, communes à Æ% et à 4, avec celle des v. 161-62, commune à % et à tout le groupe Æ, auquel appartient ÆKÿ, autorise à croire que, s’il y a eu relations d'emprunts entre Æ% et 6, c'est ce dernier qui est l'emprunteur, et que le prêteur est, non pas Æ?, plus jeune que 6, mais un de ses ancêlres (3).
Les fautes communes à 6% el à des mss. de I sont les suivantes. Avec Da et d’autres mss., qui combinent les leçons de I et IT, il intervertit les vers 143-44 (4). On peut n'attribuer qu'une importance secondaire aux variantes des v. 109-10 communes à % et à Be: il ne faut cependant pas oublier que tous les mss. de IT qui aux v. 109-10 ont la bonne leçon sont des mss. contaminés, et que le prototype de IT n'avait probablement plus la leçon originale pour ces deux vers. La variante du v. 3791 paines, pour pointes, dans. les deux mêmes mss.. vaut à peine d'être signalée. La leçon de 54 aux
. 3930-37, Gars notenz trop a cuer failli Qui liés acointié d'un garçon (5), ressemble singulièrement à celle de C: G. mauvais bien as c. f. Quant l'as a. un. g., et toutes deux proviennent évidemment d'une même source ; M, dont on sait la parenté avec 6x, a gardé pour le premier vers la leçon de X, Z, N, et pour le second il a adopté celle de 54. Cette particularité semble prouver que c’est M quiest venu à 6 et non 64 qui est allé à M ; mais 64 ne gagne rien à cette constatation; sil n'est pas ici débiteur de 2, il l'est probablement de C.
Variante 3° des v. 109-110 : Ri
La situation de R£ dans le classement des mss. est difficile à pré-
(1) Voir page 291.
(2) Voir p. 319.
(3) On verra, plus loin (p.316), 6x uni à Mar ; j'ai déjà signalé des fautes communes à 0« et à Urb (p. 296).
(4) Voir aussi (p. 296), une variante commune à 64 et au groupe I. Je néglige comme insignifiante la variante du v. 3368, les places, pour la place, commune à 6% et à Da.
(5) Le premier de ces deux vers est dans Mar: G. mauvais t. as c.f., dans Jy: G.tu as trop lec. f., dans Lk : G. tu as bien le c. f.; le second est dans Jy et M identique à celui de 64, dans Mar et Lk: Q. a. l'es d'u. g.
ciser. Sa leçon aux v. 109-10 peut s'expliquer par quelques variantes qu'il a en commun avec F, &, Ga. Avec #: v. 258 Car (F: El) sachiez qu'el (1), pour C. certes el: v. 344 Qu'el sembloit estre assoutee (Ri), Qu'ele estoit toute rassotee (F), pour Mout estoil sa biauté gastee: avec Ga seul ou accompagné de F, G: v. 322 De felonie (aussi G), pour D. maultalenl; v. 383 Car cil qui a le cuer dotent (aussi F, @), pour C. quil. c. a bien d.; v. 342 À grant peine se pooit p. (aussi partie de @&) (2), pour À p. qu’el s. p. p.; v. 336 Et trestoutes les denz (aussi F, G), pour Æ. totes I. d. si; v. 468 Et fu-bien (Ri : b. f.) clos el bien barrez (aussi G), pour Sien estoit c. e. b. |
Il est tantôt avec Jet Z, tantôt avec J en l'absence de Z, tantôt avec Z en l'absence de 7. Je donnerai des exemples des deux derniers cas, le premier ne permettant pas de voir si Ri suit J ou L.
Avec J, en l'absence de Z, il accompagne le plus souvent quelque ms. deT : v. 1452 Tant l'en seüst cele prier (aussi X, N et Bd), pour Ne por plorer ne por p.; v. 1496 ta fin de ceste chose (aussi K et Bd), pour La somme de la c.; v. 2080 Courtoisie l'estuet aprendre (aussi Za) (3), pour Se {u ne viaus vers moi mesprendre; v. 2149 Soliers a laz ou a noiaus (aussi C)(#4), pour S. a {. ow estiviaus ; v. 2224 Doner son cuer (aussi Ra), pour D. l'avoir ; v. 2458 je esloie (aussi À, Da), pour je pensoie ; v. 3264 donques (aussi Tou), pour por ce; v. 3369-70 omis (aussi Tou, M).
Avec L en l'absence de J: v. 582-835 Je me faz apeler Oiseuse Dist ele (aussi À, M, N), pour J. m. f. ce dist ele O. Apeler; V. 1072 garde n'avoit (aussi À, M, N), pour riens ne dotoit; V. 1075 prodome (aussi M, N), pour riche ome; v. 1193 soufrir (aussi À, M, N, Ra, BG, Za), pour fornir ; v. 1270 que ü vouloil (aussi Æ), pour qu'il li plaïisoit ; v. 2432 Come cil qui (aussi M), pour C.ome q.; v. 2493 Je n'aim mie (aussi M), pour Je ne pris guieres ; V. 3649 Peor (aussi M), pour Æonte.
Ri et Ra sont très souvent ensemble : v. 447 mourust, pour acorasl; v. 552 Onques plus bel pucele n'ot (Ra), N'onc p. bele p. n'ot(Ri), pour O. nule pucele n'ot; v. 860 mignotement, pour
(1) Ra: Si sachiez qu'el.
(2) Fet l’autre partie de G: À p. s. p. mais p.
(3) Pour cette leçon, voir p. 251.
(4) La présence de C ici pourrait être une rencontre fortuite.
estroilement; v. 567 RIerÉ DAS, pour estoil poi, etc. La dernière des variantes communes à Ai et à Ra que j'ai relevée est du v. 3291 : amant, pour chelif. En général, ces variantes sont peu importantes; il en est cependant qui ne permettent aucun doute relativement à leur communauté d’origine : v. 1068 Ow à ot (Ra : il ot des) ymages maint, pour Par dessus cele porpre ceint ; v. 1090 Z esloit cler (Ra : biaus) et jour et nuit, pour Zi cercles fu d'or fin recuil ; v. 1281 Poi estoient embesoignié, pour Qui e. de lor maïsnies; v. 1540 Se vous conterai et dirai, pour Mais une chose vos d., etc.
Ri et Ra ayant, indépendamment l'un de l'autre, des fautes communes avec F, avec Ga, avec Z, lorsque tous deux ensemble sont réunis à l'un de ces groupes, il n’est pas possible de déterminer à quel titre ils figurent dans ces associations. Tous deux sont avec F au v. 258 (voir ci-dessus, p. 304); avec Ga v. 1529 Qu'en lieu du monde, pour En tot le m.; avec J, K,L, M, N, ils intervertissent les v. 2303-4.
Ri, Ra se rencontrent quelquefois avec Ba : v. 159 Com cele, pour Con ces deus ; v. 802 en terre, pour entre gent; v. 854 troîe devisant, pour £.je disant;"v. 899 Z!, pour Qu'il. Ces variantes sont insignifiantes et je ne les aurais pas signalées si elles ne m'avaient semblé appuyées par celle du v. 950 C'ert trestoute la moins nuisant, pour Ce fu lole L. m. grevanz (1). +
Ri seul se trouve avec Tou aux v. 3571 maintes gens, pour maint preudome : V. 3639 El si fu si assouploïe, pour Mais ele fu si esbaïe.
Les rencontres de Ri avec des mss. de I sont peu significatives. Avec Da, outre la variante du v. 2458, déjà vue, il intervertit les v. 1438-44 (2); v. 538 Ou menton ot (3), pour S'ot ou m.; V. 154 jugleresses, pour timberesses ; v. 903 fous jours (4), pour tot droit; v. 1187 bon hiaume, pour vert h. Avec Za, outre les variantes des v. 855, 2080, v. 1356 omis (5); v. 1361 Que vous troie
(1) Les v. 802, 854, 899 n'existent plus dans Ba, qui a la variante du v. 159.
(2) Aussi d’autres mss. Voir p. RE
(3) Aussi dans Ra.
(4) Aussi dans Ra.
(5) Ge vers manquait très probablement aussi dans l'original de Æa et de Ja (voir p.273). La parenté de Ri avec Ja a été prouvée plus haut ; on verra plus loin ses attaches avec Ha.
Univ. de Lille Trav. et Aëm. Droit-Lettres. Tome VII — 20
je notant, pour Qu'i. je ci arestañt; v. 1436 Ou boul (1), pour Ou bort ; v. A6 Et au servir, pour En aus $.
J'ai déjà noté la présence de Ri dans le groupe Ba-Za-Ga, au v. 172 ; dans le groupe Ba-Za, aux v. 1123, 2106.
De commun entre Ri et Æa, je ne puis citer, outre la faute du v. 1356, déjà mentionnée, que quelques autres variantes, qu'on trouvera sans doute bien insignifiantes: v. 1 Aucunes, pour Maintes ; v. 1532 cleres et parfondes, pour crueses el p.; v. 2032 fe nuit (2), pour te cuit; v. 2605 Que l’en, pour Ne qu’en.
On a vu Ri avec C au v. 359.
Si les rapprochements qui précèdent n’indiquent pas clairement quelle place il convient d’assigner à Ri, du moins elles affaiblissent considérablement son autorité lorsque le choix devient embarrassant entre les leçons des différentes familles.
Ro ne possède plus que les 260 derniers vers environ de la re partie du roman (v. 3796 à la fin); on y trouve de très nombreuses fautes de R1 : v. 3801 charpentier, pour péonter ; v. 3803 teus, pour uns ; v.3806 sont tasus et font, pour sus les fossez [.; v. 3813 le mur, pour l'uevre ; v. 3814 El si est si bien, pour Li murs si est si, etc. La plus importante de ces variantes est une interpolation de 6 vers entre les v. 4046-47 : Bon garder se (Ro : s'en) fet qui poïst. Ha beau douz Cuer, qui vous veist Au mains une foiz la semaine, Assez en fust maindre la (Ro : Sa) paine. Mes or (Ro : je) ne sai sante (Ro : sentier) ne voie Par quoijamês nul jor vous voie (RO : P. q. nul jour jamais vous raye).
Variante 4° des vers 109-110 : Ra
Ra, au début du poème, est étroitement uni à Ga : v.5 Ainçois sont puis bien (Ga :$. b. p.), pour Aënz s. après b. ; v. 6 omission de bien; v. 9 Icüls espont, pour Ainçois escrist; v. 30 du songe me menbroit, pour lis. recensoil; v. 34 se'ñus esl qui (Ga : qe) me demande, pours.n.ne nule d.;v. 46 Aussi biau lamps ne vil on mais, pour I! a ja bien cinc a. ou maïs ; v. 80 le biau tamps et delileus, pour /. {. b. el doucereus. Ici cessent les fautes exclusi-
(4) Aussi dans Le, Lo.
(2) Aussi dans Je, Jé, K ; Da : t'osmuet.
vement spéciales à ces deux mss. (1), mais pendant quelque temps encore ils en auront d’autres en commun avec des groupes parents de Ga: v. 89, 139, 161 (2). Après ce vers, les relations de Ra avec Ga et les groupes auxquels on vient de faire allusion semblent cesser (3). Cependant tous deux se retrouvent ensemble au v. 388 avec desconjira (faute de Z, M, N\, pour envieillira, et au v. 1338 avec Et si ot (faute de Z, M, N) (4), pour Que l’en ot.
Ra a quelques autres fautes de Z, M, N, ou de leurs congénères J, K; en général, elles n'ont pas grande importance et la plupart se retrouvent dans quelqu'autre ms. de I : v. 359, avec 7, L, N, Ri et C (voir p. 247); v. 454 avec J, L, Net Za (voir p. 250); v. 1193 avec X, L, M, N, Ra, B&, Za (voir p. 250) ; v. 1906 ne vous puet eschaper, pour que je nel puis imuër ; v. 2349-50 omis (avec X, Net Za) ; v. 2131 pluie (X, L, M, Net Da), pour poudre.
L'omission des v. 1289-90, commune à Ra et à M; celle du v. 1344, commune à Ra et à N ; la variante du v. 1440, commune à Ra et à L, M : linrent en lor, pour tint en ses, peuvent être indépendantes de part et d'autre. Peut-être aussi la variante du v. 2450, commune à Ra et à Æ: Qu'est ce dont (Ra omet dont)? Ou ai je: este? pour Qu'est ice? Ou estoie gié ? Mais il ne peut en être de mème des deux vers interpolés par Ra, X et L entre les v. 2856- 31 (5). |
S'il était certain que cette addition appartint originairement aux deux groupes X, Z, ou à l'un des deux, c'est à dire n'existât pas déjà dans le prototype des quatre groupes X, Z, M, N, il ressortirait que Ra, faisant spécialement partie de Æ, Z, n'aurait pu éviter les fautes communes aux quatre groupes congénères qu'en suivant un ms. d'une autre famille. Mais il est possible que les vers interpolés remontent à l'ancêtre de X, ZL, M, N, et que M, A les aient supprimés. Dans ce cas, on pourrait concevoir que Ra, sans réunir plusieurs leçons, eût cette faute en commun avec l'ancêtre de ces groupes. C'est cependant très peu vraisemblable.
(1) Je ne tiens pas compte, au v. 510, de En nul lieu, pour E. n. sen.
(2) Voir p. 325.
(3) Cependant au v. 2468, dans le groupe Be-Ba-Ga-Ha-Za, c'est de Ga que Ra se rapproche le plus (voir p. 259).
(4) Aussi dans Be.
(5) Voir p. 295.
Ra intervertit les v. 2808-4 avec Riet J, K, L, M, N, Urb. Mon, Maz.
Ra et Tou omettent les v. 7317-38.
Ra est avec Ba aux v. 487 (voir p. 244); v. 1063 Fu (Ra : Et) tout entour, pour Moul: richement, v. 3690 Le blasme, pour La noise.
Ra et Za sont associés aux v. 454, 1193, 9349-50, déjà cités, et aux v. 2189-94 omis; v. 3883-84 omis: v. 3906 nicement,
pour folement ; v. 3980 Et torne (Ra : lorna) ce dessus (Ra : desous) desseure, pour Quant je cuidai estre au d.; v. 3982 Qui mel une genz en rancune (Za), Q. m.u. heure en gieus r. (Ra), pour Q.m. ou cuer des genz r.; v. 4041 Sien ai duel, pour St ai peor.
Ra et Da ont en commun, outre les variantes des v. 2731, 3900, 3615, déjà vues, celles des v. 538, 903, 1940, notées dans l'étude de Ri. k
Ra et C : v. 2620 Z (Ra : Et) cuide avoir, pour J. espoire.
Ra figure encore dans les groupes Ba-Za, au v. 412; Ba-Za-C, au v. 1844; C-Za, au v. 2620 ; Be-Da-H, au v. 3615 (plus particulierement uni à Be); Be-Ba-Ha-Ga-Za, au v. 2468 (1).
Variante 6° des vers 109-110 : »°, Jé, Mar, 90
Les variantes 6° et 8 des v. 109-10 ne se différencient que par la substitution, au v. 109, du mot bele dans l’une au mot grant de l’autre ; bien que 4 ait grant, je le rangerai à la suite des mss. qui ont bele. à
A 0 sera Joint 76, qui n'a pas les v. 109-10.
La leçon de ;: et de Jé aux v. 109-10 s'explique le mieux par la parenté de ces deux mss. avec Ga et G: mais cette parenté avec un tiers n'implique aucun lien direct entre et JZé, et chacun d’eux sera examiné indépendamment de l'autre.
7o.— Dans l'étude de @, je signalerai en notes de nombreux vers où y° partage des fautes de ce groupe; on remarquera que y est rarement avec &, sans que Ga fasse partie du groupe ; il est moins rare que yo accompagne Ga en l'absence de G (2). Après les cinq ou six cents premiers vers du poème, tout rapport entre » et G semble
(4) Voir p. 262, 261, 258, 259.
(2) ILest avec Be, Da, Ga, Za aux v. 741-2, 752. Voyez ci-dessus, p. 257.
avoir cessé. J'ai signalé dans l'étude de Ga quelques variantes communes à ce ms. et aux groupes Æ,Z,M,N; on retrouve dans y» celles des v.955 (avec Z, M, N); 1006 (avec N), 1042 (avec L, M, N), 1072 (avec X, L, M, N), 1090 (avec J, X, L, M, N), 1186 (avec L, M, Net Be),1858 (avec L); mais il est possible que dans ces cas Ga et yo ne se soient rencontrés que par l'intermédiaire d'un tiers, auquel chacun d'eux serait apparenté. Voici quelques autres variantes communes à ysetà À, L, M, N,et qui ne sont pas dans Ga : v. 680 Forment me pris a merveillier, pour Je me pris moult a esgaier (Forment me pris est la leçon de Ca, Tou; a merveillier celle de J, K, L, M, N); v. 186 Et ele n’'estoit pas vilaine, pour Elsin'e. mie v. (avec J, K, L, M, N), v. 822 avec M (voir p. 302); v. 827 detrenchiés, pour decopez (avec M, Ca); v. 900 De lorsignos de papegaus, pour D. p. d. rossigniaus (avec J, KX, L, M, N); v. 1207 s'aucuns, pour se nus (avec ZL, M, 6c) ; v. 1927 biaus estoit se ül, pour 6. tert et genz s’il (avec L, M) ; v. 1240 de L, M unis aux v. 1241-42 de la leçon originale (voir p. 293) ; v. 1256 Car c’est cele qui la bonté, pour C. ce fu €. q. b. (avec X, L, M, N, 64); v. 1295 mout avoient bone vie, pour com menoient b. v. (avec L, 6c) ; v.1309-10 intervertis (avec À, L, M, N, 64); v. 1319 d’aler loin prestes, pour de traire p. (avec X, L, M, N, 6%); v. 1339 Et maint figuier et maint datier, pour M. f. et m. biau d. (avec K, L, M, N, 6) ; v. 1369 Mais mout furent et lonc et, pour M. li rain f. L. et (avec L, M, 6:) ; v..1316 Et mou grant, pour Si ofg. (avec X, L, M, N, 02) ; v. 1389 Si venoit (6: I venoit), pour S'en aloit (avec Z, M, 62); v. 1505-6 intervertis avec M (au v. 1506 Le... la, pour Son... sa, avec M, 6); v. 1515-16 omis (avec Z, M; déplacés et intervertis dans Æ, N); v. 1536 La mer, pour l'eve (avec L, M, Tou) ; v. 1719- 20 avec 6: et F (voir p. 319); v. 1755 D'aler tous jours, pour T. j. d'a. (avec Æ, L, M, N, 0%) ; v. 1829-30 dont je oi tant : maintenant, pour maintenant : en un tenant (avec L, M) (1), etc. On trouvera plus loin (p. 311, 312, d'autres exemples, en grand nombre, de fau- . tes communes à yo, yo et à M, seui ou accompagné de XÆ, Z, N. yw. — À partir du v.1835 oùil commence, y» se trouve intimement uni à yo. y, de même que &, amalgame les leçons de T et IT dans le dénombrement des gardiens des rosiers, mais comme il a perdu ses
(1) K: mout durement : maintenant.
premiers feuillets, il est impossible de savoir ni s'il était avec G au début du poème, ni depuis quand il est uni à y. Je donnerai d'abord quelques-unes des nombreuses fautes que yo el y» ont en Commun, à l'exclusion d’autres mss., auxquels on les verra ensuite apparentés (1) : v. 1879 me nuist, pour me cuit; v. 1988 Ne vous en puel nus, pour Nus ne v.enp.;v 1991 Zta tout, pour Etsor t.;v: 1995 Ce dit, pour Respont ; v. 2039 de bon gré, pour d. b. cuer ; V. 2085 faus, pour fel; v. 2159 Car, pour Maïs ; v. 252%3 Aïns, pour ST v. 2339 vourras, pour ras ; V. 2540 le (yo en) chemin, pour la voie ; v. 2617 esperance, pour cheance ; v. 2619 Vit cü, pour À cit; v. 2657 Après la bouche, pour Et la bochete; v. 2138 Li ueil comme, pour Car li u. con ; v. 2831-32 omis ; v. 2876-18 Si m'en dona (yo M'en d. il) une vert fueille Et pour coule (yo p. cela) m'a il donee Que prés du (yo Lez le) bouton estoit nee, pour Sÿ a coillie u. v. f. Lez le boton qu'il m'a d. Por ce que près ot esté nee ; V. 2899 malement, pour durement; v. 2915-48 réduits à deux, par la suppression de 2915 et de 2918 et la modification de 2917 : Ne Le voudroie deserter, pour Now v. avoir deserté ; v. 2959 Que n'osoie, pour Q. je n'osui ; v. 2988 Faire femme, pour Uevre faire ; v. 2991 viauté, pour semblance ; v. 2996 comme me (y, je) pourpensoie, pour con je me demenloie ; v. 3060 romage, pour folage; v. 3069 paine, pour force ; v. 3087 tout coi, pour trestot (aussi C, Ha); v. 3101 Car ne savoie autre chevance, pour C. de moine soi chevissance ; v. 3227-98 intervertis : Mais n’ar talent que riens (yo q. je) mesface, Car je redout trop sa menace, pour Mais j. r. tants. m. Que n'ait. q.lim.; v. 3232 vient (yu), vint (yo), pour torne ; v. 3254 Car bien sevent qu'il est (2), pour Qu'il voient qu’il en est; v. 3272 De faire li (yo a li) cele (yo lele) grevance, pour D. 1. f. enui et g.: v. 3298 C'est la chose, pour Car c'est la riens (aussi Ra) ; v. 3435 Du chapel, pour Ne de fermail ; v. 3487 si odoranz, pour bien olanz ; NV. 3489 m'en membre, pour m'en sovient; v. 3501 mal menez, pour mout grevez : V. 3612 espine, pour aube espin: v. 3696 s'engreslé non, pour se enui n.; v. 3102 L'en (y C'en) ne porroït, pour Ne l'en ne puet.
yo et y ont de nombreuses fautes en commun avec M, seul ou
(1) Pour plus de simplicité, je laisse de côté yx, qui a beaucoup des fautes communes à yo et yw, mais pas toutes ; il a été examiné plus haut (p. 284). (2) Ca, He, Za : C. b. voient qu'il est.
accompagné de Z, N,X, J'; ils en ont très rarement avec ces derniers en l'absence de M, de sorte qu'ils semblent devoir ces fautes à M. 9 en même temps que M est souvent avec yo, ys; il est souvent aussi avec eux en l'absence de M, de même qu'il est souvent aussiavec M, en l'absence de 5, y». M, 0e, yo, y» sont ensemble aux v. 1848 D'un precieus oignement, pour D'u. 0. p. (aussi L); v. 1952 ZI ne peut en li demorer, pour Dedenz l. n.p. d. (aussi X, L, N); v. 1962 mout, pour puis (aussi À, L, N); v. 1998 ZE (yo, y» ChiT) est fous qui plus en demande, pour Outrageus est q. p. d. (aussi Z, N); v. 2065 et v. 2067 ivre, pour songe (aussi XÆ, L, N, Tou) ; v. 210 Ce te pourra (Ba, M, 6: pourroit), pour Par ce se puet. (aussi X, L, N); v. 2218 Mais qui d'amor (ou d'amer) se veut, pour Se nus $. vd. d'a. (aussi ZL); v. 2394 Couleur le couvendra, pour Lors l’'estotra color (aussi ZL) ; v. 2419-20 omis (aussi L) ; v. 2432 Come cül, pour C.ome (aussi L); v.2484 Dont(-0 Ou) je ne puis avoir nul preu, pour D.j., n'avraijoie ne pr. (aussi ZL); v. 2493 Je n'aime mie, pour Je ne pris guieres (aussi L); v. 2515 a La, pour vers La (aussi Æ, L, N); v. 2646 La pensee, pour Esperance (aussi L); v. 2720 Or Le lo et vueil que te liegnes, pour Mais je le lo que tu te t. (aussi L, N); v. 2731 pluie, pour poudre (aussi X, L, N, Da), v. 2738 bon, pour droit (aussi X, L, N, Tou, C); v. 2116 Car (yo Que) .je savoie tout de voir ,pour Ainçois s. bien de vw. (aussi X,Z, N) ; v. 2804 Je ne m'en ferai pas (ys mais), pour Ja ne m'en quier faire (aussi X. L, N): v. 2850 assaillie, pour envaie (aussi Æ, L, N) ; v. 3013-14 omis ; v. 3082 C’est folie que vous me diles, pour Ce me puet estre que v. d.; v. 3107 souvint, pour por'pensai; v. 3243 ne (M : n’a) point de fausseté, pour ne de desloïauté ; v. 3245 ne deigne son cuer refraindie, pour ne se d. encor T. ; V. 3200 Onques n'i ot plus (M, 6), O. p. n'iot (yo, y), pour N'i otonques p.; v. 3260 Avis m'est que vous l'avilés (yw, 0: 0. mesprenez, M: v. le grevez), pour Sachiez que vos avilenez ; V. 3296 Puis (M : De; Be : Dés) cele eure, pour Dès lors en ça; v. 3321 Ce seroil trop, pour Que t.s.; v. 3345 devant iriez, pour vers mot 1.; V. 3433-4 omis ; v. 3539-41 Bien pert(M, 6: : voi) que tu croiz de (M: v.t.c. trop de) legier, pour B. p. q. {. c. les losenges De legier as garcons estranges. Ne me vueil plus en toi fier ; v. 3598 Mais or, pour M. je.
Le fait que dans ce groupement M est accompagné de ses con-
génères À, L, N prouve que ce n'est pas lui qui est venu à 70, 7, mais l'ancêtre de 70, y» qui est allé à M. D'autre part, 6: étant souvent allié à M en dehors de °, y, on pourrait supposer que C est par l'intermédiaire de M qu'il se rencontre avec yo, 7»; mais ces derniers peuvent avoir les mêmes fautes que 5: en l'absence de M: v. 1853 Qui est trestoz, pour Q. estoit toz ; v. 18571 Icele fleche a, pour ZI a cele f. (aussi Tou); v. 1887 Com plus, pour Quant p. ; v. 1951 De li, pour À Li {aussi L); v. 2734 Et li weil sont (y0, yw E. $. L. u.) si entreduil, pour Z! sont si apris el si duit (aussi L); v. 3070 Quant tes cuers a folie pense, pour Encontre ce que tes cuers p. ; v. 3086 mise, pour faite ; v. 5158 À lui m'en vois (6: ring), pour Je tin vers lui ; v. 3192 Tant li ai dil et sermoné, pour En la fin tant l'ai s. (aussi Tou) ; v. 3216 Par (y» Por) soufrir Celui (0x P. bien s. ce) que on craint, pour P. s. felon et refraint (1) (aussi C, Mon); v. 3234 Car il voit souvent, pour Zl ©. maintes foiz (aussi C); v. 3288 Si est folie, pour C’est felonie (X, L, M, N : Ce est folie); v. 3321 tout coiement, pour cortoisement ; v. 3410 Ne l'osai, pour Je nou voil (aussi Tou); v. 3519 Mout(5, El) felenesse, pour Et m. poignant ; v. 3520 Mout en (yo Ele) ressembla, pour Bien en retraioilt.
Faut-il conclure de ces exemples que c’est à un membre de la famille de 9x que yo, y» ont emprunté les variantes de M ? Mais yo, yw sont aussi parfois avec M en l'absence de 5: : v. 1885 De l'estordre, pour Dow destorner (aussi Tou); v. 2300 Que se l'amie est trop, pour Q. l’a. le. t.; v. 2362 Trestout le jour, pour Tot le j. puis (aussi L) ; v. 2711 bone, pour plaisanz (aussi X, L, N); v. 2820 Et sachiez que, pour Si vos di qg. (aussi Za); v. 3034 Qui avant que l'en Ÿ (yo a. chou que on) atouche, pour Q. ne suefre que nus à {.
Si dans les exemples qui précèdent 6: a la bonne leçon, on peut supposer qu'il à corrigé la variante de M qu'avait son ancêtre; mais il est permis aussi de supposer le contraire, à savoir que quand M n'est pas avec 6x, 70, vw, C'est que ses représentants ont subi des corrections.
On a vu plus haut quelques rencontres de yo et y» avec Tou; en voici d'autres : v. 1867 Cinc en i ot, pour S'en iot c.: v. 1923-24
A) M: Par bel parler fel etre fraint. Cf. p.248, n. 2.
Encore avrai en aucun tens Ce (yo Je) croi la merci, pour Æ. ce cuile. a. t. Avraïl. m.; v. 1940 Z4 ons qu'ensi a ome pr'ens (1), pour Ci que j'einsi à 0. p. ; v. 2034 mis, pour {raiz (aussi Be, He); v. 2635 c'on meine pendre, pour que l'en viaut p.(aussi X,N, Mon, Ra). Ces variantes sont peu concluantes ; elles le sont d'autant moins que Touw manque d'unité.
Quelques rencontres de yo, y“ avec d’autres mss. de I sont encore moins significatives, et je me dispense de les mentionner. Il n'en est pas de même de certaines fautes communes à +0, vs et à C: v. 2078 je te commant, pour vueil et c.: v. 2195 preuz, pour viste (aussi N); entre 2410-11 interpolation des v. 2553-56, qui se retrouveront à leur place (2) ; entre 2462-63 deux vers interpolés (aussi dans Mon, Maz) (3) ; v. 2669-70 intervertis: v. 2697 Ton estr'e tout, pour Tot ton e.; v. 21783 flairant, pour qui iaut; v. 2857 Li pria en sa, pour li presta a sa; V. 3461 merde, pour {eigne; Y. 3030 Gars mauvais, pour G. noîenz (aussi Mon, He). On remarquera qu aucune de ces variantes ne se retrouve dans6: ni dans M. On verra plus loin que pour le poème de Jean de Meun Ze, yo (devenu £b) et C ont eu un ancêtre commun : il en a été probablement de même pour le poème de Guillaume de Lorris.
0, outre la continuation de Jean de Meun, a la conclusion anonyme qui l'avait précédée. Dans celle-ci, yo a quelques fautes en commun avec Da et Ce : v. 10 à fait lié, pour a f. haïlié (avec Da; Ce : avoit flekié); v. 12 conforter, pour deporter (avec Ce); v: 72 Se cuer avez bon (Da : fin) et entier, pour Se mon servise avez si chier (avec Da, Ce). yo ne peut avoir emprunté son texte à Da, dont il ne reproduit pas plusieurs autres variantes bien caractéristiques ; il se rapproche beaucoup plus de Ce; ilne peut cependant pas en dériver. Mais si yo et C descendent d'un ancêtre commun, on peut supposer que c'est à cet ancêtre que yo et Ce doivent la continuation anonyme que Ca aurait supprimée. Je dois cependant signaler une particularité qui, sans être en contradiction
(1) Cette leçon combine, peut-être fortuitement, la première partie du vers de L, K : Li hons que je ensi aprens et de N : Li hons que j'ains et que je prens, avec la seconde partie du vers de la bonne leçon.
(2) Sauf dans yo, qui ne donne à leur place que les v. 2553-54, supprimant 2555-56.
(3) Voir ces vers p. 299.
avec cette hypothèse, lui est néanmoins défavorable : tandis que la continuation anonyme se trouve dans Ce exactement entre les deux parties du roman, elle est placée dans 7 entre le second et le troisième vers de Jean de Meun (1).
Avant le v. 3718 yo et y se séparent rarement ; il arrive cependant que l’un a la bonne leçon, tandis que le second reproduit la variante d’autres mss. Voici des fautes de yo que n’a pas yo: v. 1838 avec Ga, Ra, L(voir p.250); v. 1888 Et tu plus lost merci avras, pour Etp.l{. a m. vendras (avec L) ; v. 1946-47 avec K, L, M, N; v. 2005-6 omis (avec Za) ; v. 2349-50 omis (avec Za, K, N); v. 2361 mouvoir, pour partir (avec Mon, Maz); v. 2643 qui ciaus soulace, pour qui solaz face (avec M, N) ; v. 2647 pleure, pour plaint (avec J,K,N, He); v. 2159 Douz Pensers, pour D. Parlers (avec Ce); v. 3172 Merci, pour Pitié (avec M, 6;). Voici d'autre part quelques fautes de y que n'a pas yo: v. 1930 parole, pour response (avec K, L, M); v. 2148 cloans, pour veslanz (avec 8:); v. 2680 Quant Jj'oi de mon ami parole, pour Qui de m. a. me p.(avec X, L, M, N, C); v. 3004 La clef de la premiere porte, pour L. c. dont el lovri ll. p. (avec Ba, Ji).
La plupart de ces fautes, considérées isolément, ne sont pas très significatives, parce qu'elles pourraient avoir été commises dans plusieurs copies indépendantes les unes des autres, mais quelques-unes s'opposent à cette explication. Et en tous cas, dans le passage relauf aux gardiens des roses, lorsque 0 reproduit le texte de IT, tandis que unit des vers de [ à des vers de IL, il est certain que l’un des deux mss. a modifié l'original commun en se servant d’une autre copie.
7° et y“ Sont encore ensemble au v. 3718 avec male, pour jiere (aussi dans N, 6:) (2), après quoi ils se séparent : 4 n’a plus que de rares fautes de IT, lesquelles peuvent avoir été commises indépendamment de part et d'autre : v. 3159 pertuis, pour sentier ; v. 3160 sentier, pour pertuis ; v. 3804 deniers, pour argent ; v. 3805 gran, pour lé. Il paraît s'être rapproché de ZZ, si tant est qu'on doive tenir compte des variantes suivantes : v. 3875 À bien trente sergenz a conte, pour À {.s. lot a c.; v. 3885 Si ne l’uevre pas mout
(1) Voyez la description de yo, p. 89.
(2 MN: ele:
v. 3942 mout grant (Ha : bon) confort, pour g. reconfort ; v. 3910 Qu'il Le voil meüre trop lost (y), Qui le voit muër t.1.(Ha), Quant l. v. meüreir 1. t. (Ja). pour Qu'il avoit eùe t. t.; v. 4005, 4014, 40921 se viaus. pour au moins; v. 4033 a laire feist, pour a celer f.:v. 4049-50 omis (aussi dans Ja). Cette omission est peutêtre un bourdon, les v. 4049 et 4051 commençant tous deux par Zt.
7° à encore quelques variantes de Il: v. 3825 Un en t a, pour Zl en aun (7, K, L, N) ; v. 4019 Faites li ennui et encontre (yo), F. li-e. a le. (L,N, 6), pour F. li engrestié enc. ; v. 4090 Et de l'ennui, pour Et dou dangier (avec L, M, N, 64); v. 4027-28 Aëns criens que m'en sachiés maus grés Amis pour ce que(yo), À croi que mal gré men savez Au moins (He: Ami) p.c.q.(K, L, M, N, 84), pour Car se devient vos me savez Mal gré de ce que. Ia en même temps que différents autres mss. quelques fautes trop peu caractéristiques pour qu'on en fasse état ; mais des variantes qu'il a avec C, une au moins ne peut être attribuée au hasard: 0 et C sont ensemble au v. 3835 C1 qui le firent furent, pour C. q. dou faire fu. ; v. 3839 lancier, pour getier (aussi Za, La); v. 3873 Trente sergens trestout par conte, pour À fs. tot a c. (aussi Ba): v. 3909-10 Male Bouche qui maudis soil Treuve seur chascun quoi que soil, pour M. B. q. riens n'esperne T. a Chascune quelque herne ; x. 4016 blamer, pour mesamer (aussi Tou).
Jé.. — Je signalerai en notes dans l'étude de G des fautes communes à Jé et à G et Ga (2). Ces relations durent peu de temps; bientôt Jé s'unit à Je, d'abord d’une façon intermittente, puis plus tard, à partir du v. 1990 environ, définitivement. Voici quelques fautes qui appartiennent exclusivement à Je et Jé : v. 133 À dis mout riches, pour À maintes r.; v. 210 Route, pour Povre; v. 326 ne feist, pour n’en preist; v. 311 à cui, pour vers C.; v. 404 Car, pour Ou; v. 468 Bien, pour Si; v. 508 Si fui destroiz, pour D. f. mout:; v. 310 temps, pour sens ; v. 544 Jolis, pour Poliz; v. 565 OL (J6é : El) lignolee, pour Cosue a lignel ; v. 603-4 pour lui ombroier S'i vient Deduiz el solacier, pour por esbanoïer Se v. en cest leu ombroier ; v. 606 Toul, pour Qui; v. 669 bons, pour doux; v. 610 ne resembloit pas d'oiseaus, pour ne sembloit pas
souvent, pour El sin. lu. p.s.; v. 3927-36 omis dans a et yw(1);
(1) He n'a pas cette omission.
(2) Page 325, n. 2 (v. 24), p. 325, n. 7 (v. 86-87), p. 322, n.3 (v. 123).
chanz d'o.; v. T18 Quant, pour Car ; v. 129 Une noble dame chantoit, pour Et une d. lor c.; v. 829 S'amie li ot, pour Li ol s'a.; v. 882 À fleurs de lis, pour À floretes de la leçon 7, X, Z, M, N, que suivent ici les deux mss. ; v. 924 Tinl en ses mains cinc en la destre, pour I ent. c. en sa m. d. D'ici il faut aller, pour trouver une faute significative et spéciale aux deux mss., au v. 1602 Com vous ferez je l’ose dire, pour Quant j'avrai espons le mistere ; v. 1603 Zces, pour Et as ; v. 1607 male, pour fort; v. 1669 La grant savour, pour La soatume ; v. 1672 esloïgnier, pour repairier, ete. Les fautes communes sont désormais très nombreuses. Aux exemples qui viennent d'être donnés, il faut joindre ceux ou Jé se trouve avec J, dont Je fait partie.
Dans l'intervalle compris entre les v. 924 et 1602, les deux mss. sont souvent séparés et Jé suit Z: v. 1061-64, 1077 (Z, M, N); v. 1408 (K, L, M, N); v. 1317-18, 1344, 1400 (L, M); v. 1388, 1395-96 (L) ; mais cependant pas d’une façon constante ; c'est ainsi qu'il a la bonne leçon contre ZLaux v. 1240-49, 1389, et qu'il est avec le groupe Y, dont fait partie Je, au v. 1303.
A partir du v. 1990 environ, Je et Jé ne se quittent plus, et ce qui dans l'étude de Jest dit de Je s'applique à Jé.
Lorsque Je et Jé se trouvent réunis, quel est celui des deux mss. qui est venu à l’autre? Le fait que cette union a lieu très souvent dans le groupe J dont Je fait partie semble indiquer que c'est Jé qui est venu a Je; cependant, au v. 24, les deux mss. ont la variante des groupes (voir p. 325) auxquels Jé appartient au début du poème. Quoi qu'il en soit, Jé ne peut avoir aucune autorité pour l'établissement du texte. |
Mar.-- Mur est de date trop récente pour n'avoir pas reçu de ses ancêtres un texte déjà diversement contaminé. Si l'on voulait indiquer tous les éléments dont il se compose, il faudrait.le suivre vers par vers; mais cette exposition serait sans intérêt. En restant dans les grandes lignes,on peut dire que, pour la première moitié du poème de Guillaume de Lorris, il est allié surtout à 9, et qu'ensuite il se rattache plus spécialement à N. Il a donc d’abord des fautes spéciales à 04 : v. 165-66 Bien sembloit estre felonnesse Et de tençons esmouverresse, pour Quel s. bien chose vilaine Bien semoloil estre d'afiz pleine, ete. (1). Mais & est déjà très altéré ; il
(4) Voir p. 319, n. 5, un autre exemple.
s’unit alternativement à différents groupes ; Mar l'accompagne souvent dans ces va-et-vient ; c'est ainsi que, d'une part, tous deux sont avec J, À, L, M, N aux v. 660, 668, 803, 1186, etc.; avec J, Æ, L, N aux v. 744, etc. ; avec X, L, M, N aux v. 1408, etc.; avec L, M, N aux V. 1061-64, 1077, etc. ; avec L, M aux v. 1344, 1388, 1389, 1513- 16, etc.; d'autre part ils ont la bonne lecon contre J, X, L, M,N aux v. 111, 1940, etc. À ces éléments hétérogènes, Mar en ajoute individuellement de nouveaux: il a la bonne leçon contre J, X, L, M, N et 6: aux v. 881-82, contre X, Z, M, Net 6: au v. 1400, contre X, L, Net 64 au v. 1395-96.
Pour la seconde moitié du poème de Guillaume, le texte de N est la base principale de celui de Mar.Mar, en compagniede N, peut naturellement se rencontrer avec 94 : v. 2999, 9791, 2731, 2835-36, 2859-62; mais il a aussi des variantes de N qui n'existent pas dans 0z : v. 2391-99, 2489-90 omis, 2591-99, 2637, 2647, 2648, 2834, deux vers intercalés entre 2942-43, 3522. D'autre part, il peut avoir la bonne leçon à la fois contre N et 62 : v. 23092, 2349-59, 9361-64. Enfin, il peut se retrouver avec &- en l'absence de N : v.3536-37 (voir p. 303, n. 5).
Variante 7° des vers 109-110 : JL
C’est probablement au groupe F'et à ses congénères que J/ doit sa leçon des v. 109-10 ; il a en effet des mêmes groupes une autre variante au v. 24 (1). Mais en général, et dès le début du poème, il fait partie du groupe Z, dans lequel il est plus spécialement apparenté à Ja, qu'il accompagne même quand celui-ci quitte Z. Il a donc la plupart des leçons, bonnes ou mauvaises, de Ja, mais il ne les a pas toutes ; par exemple, il n’a pas au v. 163 la variante de Ja, Je; ila la bonne leçon au v. 668 contre 7, X, Z, M, N ; au v. 1002 contre J, Æ ; au v.1061-64il a la leçon de X, Z, M, N contre Ja et une partie du groupe J'; aux v. 1317-18 et 1344, il est avec Z, M contre 7, Ce qui n'empêche pas qu'entre ces deux passages, il soit avec J, ou tout au moins avec Ja, contre Z, M, par exemple aux v. 1396, 1538; v.1940, avec Cil de cuije hommage prens,il semble se rapprocher plus spécialement de M, peut-être a-t-il réuni les leçons de Jet de M: Cül de cuitel servise prens (M), Celui que je «a
(1) Voir p. 325.
homme prens (J), pour Cü que j'einsi a ome prens. Ge chassécroisé entre plusieurs versions se continue jusqu'à la fin du poème de Guillaume de Lorris et se reproduira dans celui de Jean de Meun.
Variantes 8° et 9° des vers 109-110
Une étude simultanée de tous les mss. réunis par la 8° variante des vers 109-10 serait trop compliquée pour être claire; je les examinerai par séries : d'abord Fa, Fe, Fi, Fo — F{(1); ensuite, successivement 6, w:, w, @l #0, qui à la 6° variante; puis Gi, Go, Gu, Gù, auxquels je joindrai Ge, Gé, Gé, de la 9° variante. Je n'ai eu de Fo que les 830 premiers vers publiés par M. Püschel et des variantes données par M. Max Kaluza (2); on devra donc, dans les lignes qui suivent, n'’attribuer qu'hypothétiquement à Fo les variantes qui ne se rapportent pas aux 830 premiers vers, à moins que je ne les signale expressément d’après le livre de M. Kaluza (3).
Fa, Fe, Fi, Fo ont de nombreuses fautes communes ; les deux premiers surtout se tiennent très étroitement; les deux autres sont souvent séparés d'eux. Par suite de nombreuses mutilations, Fa présente de fréquentes lacunes, mais Son union avec Fe est assez intime pour qu'on puisse lui attribuer les fautes de ce dernier, lors même que ces lacunes empêchent d'en produire les exemples. Le doute, en tous Cas, n'est pas permis lorsque Fe est d'acord avec Fi et Fo. Voici d'abord quelques variantes des quatre mss. choisies dans les passages que Fa a gardés : v. 178 douleur, pour pechiez (4); v. 202 desfiguree, pour entangoree ; v. 238 Si (Fo: Et) sachiez, pour Car certes ; v. 299 pensee (5), pour pesance ;
(1) Je sigualerai en notes les variantes de F, qui se retrouveront dans w+, que j'examinerai ensuite.
(2) Voir ci-dessus, p. 162.
(3) Si l'on compare avec F'a les leçons données par M. Kaluza, on constate que les deux mss. vont ensemble jusqu'au v. 2360; après quoi ils se séparent, et Fo se trouve avec ba et yo, yw. Mais il ne s'ensuit pas que Fo ait quitté Fa après le v. 2360, pour suivre 0«, car avant ce vers, et depuis longtemps, les fautes communes à l'a et Fo sont aussi dans Üa, et il arrive même avant le v. 2360 que Fo, sans Fa, ait la leçon de 6x, par exemple aux v. 1075, 1260, 1299, 1359-60, 156%, 1885, 1962; si bien qu'après le v. 2360 c’est Fa, et Fe, Fi, plutôt que Fo, qui semblent avoir quitté le groupe, auquel était venu se joindre ba.
(4) Gi, Go : damages.
(5) Même leçon dans Go.
v. 344 Qu'ele estoit toute r'assolee (1), pour Mout estoit sa biautez gastee ; V. 364 Si soutillement, pour Si celeement ; v. 368 Si qu'a peines puel l'en, pour Que l'en ne puet neïs ; v. M5 douce (2), pour sainte ; v. 435 La color avoit (3), pour S'a. la c.; v. 462 Ne chier tenuz, pour N'1 n'est amez, etc. Plus loin : v. 604 S'en vient Deduiz par (Fo : en) cel vergier (4), pour Se vient en cest leu ombroier.
Voici maintenant quelques fautes communes à Fa et Fe quine se retrouvent ni dans F? ni dans Fo: v. 127 Contre, pour Contreval; v. 166 despit, pour affiz ; v. 216 mal, pour povre ; v. 22% souvent atardhr, pour a lart enhastir; v. %33 pensant (rime insuffisante), pour beant ; v. 325 II ne fust nus, pour Nus tant fust durs, etc. Et plus loin : v. 1719-20 Ans remest li fers en mon cors Si n'en issi point de sanc hors (5), pour À. r. enz ou Cuer li sens El sin'en issi onques sans.
F peut avoir les mêmes variantes que Z, par exemple aux v. 803 truissiez (ou frouviez), pour votez (J, K, L, M, N); v. 1317-18 (6), 1544, 1389, 1515-16, 2302, 2349-52 (ZL, M); v. 1388, 2275-16 (L); deux vers entre 2836-37 /XÆ, L). Plus souvent peut-être il a la bonne leçon contre Z, par exemple aux v. 454, 668, 680, 744, 711, 829, 881-82, 1006, 1061-63, 1077, 1395-96 (7), 1400, 1408, 1946-47, 2459-60, 2661-64, 2731, 2741-42 (8).
Il arrive aussi que Fa et Fe sont avec Z pendant que Fi a soit la bonne leçon: v. 2386 (L); v. 2302, 3457-59 (L, M); v. 3522 (K, L, M, N), soit la leçon d'un autre groupe: Fi fait suivre, comme X, le v. 1240 de Z, M des v. 1241-42 de la bonne leçon (9); v. 2391-99, il a
(1) Même leçon dans Zo ; Ri: Qu’el sembloit estre assoutee.
(2) Même leçon dans Gi; Fo a simple, mais il l'a déjà au v. précédent avec les mss. qui ont ici douce.
(3) Même leçon dans Go.
(4) Mème leçon dans Go.
(5) Même variante dans Go, et dans yo, 6x, Mar, $o et Ki, tous mss. très adultérés. Fi a la leçon de A, dont le premier vers est certainement altéré, tandis que le second est bon; il en est de même de 94; les deux vers sont omis dans M, Ge, Gé, Gé, Gi.
(6) Avec une nouvelle variante : Que (gx Car) mout (Fi:Q. il) me g.f. (Æ), Iime g. mout f. (L, M).
(t) V. 1396 souple et m. (F), simple et m. (za), pour douce etm.(L: m.el d.).
Dans tous les exemples qui viennent d'être cités, px est avec F.
(9) Dans les cinq exemples qui précèdent, 9x est avec Fi.
la leçon de N, qui se rapproche beaucoup de la bonne (1), et de plus remplace, comme Z, M, en point par en leu; dans ces deux exemples, Fa et Fe sont entièrement avec Z, M.
Pour expliquer ces oppositions intermittentes. il faut admettre que l’un des deux groupes au moins, quand il quitte l'autre, utilise une seconde version. Fi fournit aux v. 3536-37 (2) la preuve qu'il agit ainsi. Ces deux vers, formant une seule phrase, sont étroitement unis; et cependant F7 a pour le premier la leçon de X, Z, M, N, avec Fe(Fa manque), et, pour le second, la leçon de Da et Be (de I), et de quelques autres mss. contaminés : Que tu soies (Da, Be : fusses) (3) bien d'un garçon. Il réunit donc ici deux leçons.
En revanche, Fa et Fe ont des variantes de:T (4) que n'a pas 71 : v. 2762 avec Za (5): v. 2721 avec Be, Da, Ha, Za (6). Gette dernière faute, empruntée par des mss. de Il à des mss. de I, est tout-à-fait probante.
On trouvera plus loin (7) de nombreux témoignages des relations qui existent entre F' d'une part, et d'autre part Ga et le groupe G, qui fusionne les leçons de Let IT aux v. 2835-67.
De tous ces rapprochements, il ressort avec évidence que le texte des mss. Fa, Fe, Fi (8) est composé de leçons empruntées à différentes familles. Ils ne peuvent être d'aucune utilité pour la reconstitution du texte original; il est donc inutile d’insister davantage sur les concordances et les divergences alternatives qu'ils présentent soit éntre eux, soit avec d'autres groupes.
ga. — Le copiste de + avait probablement à sa disposition, sinon dès le début de son travail, du moins avant de l'avoir terminé, plusieurs mss., dont il comparait les leçons. C'est ainsi que je m'explique le mieux les particularités suivantes :
1° Entre les v. 602-3, un signe renvoie à une addition de 26 vers, transcrite de la même main, si je ne m'abuse, que le ms., sur un
(1) ox a la bonne leçon.
(2) Il en est de même de pa.
(3) ça a aussi f'usses.
(4) Ces variantes se retrouvent dans tout un groupe de Z. Voir p. 282.
(5) Même variante dans ye et ra, qui amalgament les leçons de [ et II. Fi: Autres deus..px a la bonne leçon.
(6) Même faute dans va, et dans Gi, Go, Gu, Gà, Xe, ua. Fi a la bonne leçon. (1) Pages 322 et suiv.
(8) Et très probablement Fo.
fragment de parchemin qui a été relié à la suite du feuillet suivant : ces vers se retrouvent dans Tou accompagnés du signe qui indique qu'ils sont de Gui de Mori. Aux v. 645-58 d'une leçon, le copiste a ajouté deux vers d’une autre leçon (1). D'autres additions sont de même intercalées dans le poème de Jean de Mean.
2° Le texte contient des corrections faites sur grattage, ou en surcharge, de la main encore du copiste; par exemple, les mots Zaisil (v. 205), souciz (v. 298) (2), quatre (v. 360), guingnier (vx. 1006),etc., remplacent d'autres mots effacés ; ces corrections ne sont pas empruntées au texte de Gui de Mori; il est à présumer qu'elles proviennent d’un tiers ms.
Abstraction faite de ces additions et corrections apparentes, le texte du ms. en renferme certainement d'autres, faites antérieurement. Les variantes qu’il a en commun avec les groupes F et G, outre celles des v. 109-10, ont été déjà (3) ou seront (4) signalées ailleurs. La liste en aurait pu être allongée : v. 76 se destent (9, Fi), se destort (Fe)(5), pour se deduit; v. 256 Si n'a, pour N’el n'a, etc., mais sans profit, puisque, parmi les variantes déjà relevées, deux montrent la juxtaposition de versions différentes (v. 1240-42 et 3536-37), et deux au moins (v. 1719 et 2721) sont des leçons empruntées à des mss. de I par des mss. de IT : elles suffisent pour permettre d'apprécier le manque d'autorité de »x.
gs. — 9: fait partie du groupe F durant plus du premier tiers du poème; pour ne citer que quelques exemples, il a les fautes de ce groupe aux v. 298, 646-60, 803, 854; avec Fe (lacune dans Fa), il a le vers 1240 de ZL : EL fu clere comme la lune, mais omet les v. 1241-49 : avec F, il a les fautes de Z, M aux v. 1317-18, 1388, 1389, 1515-16 ; mais aux v. 1715-16 il n’a pas la variante spéciale à Fa, Fe. Aux v. 2459-60, 2661-64, 2731, il a les variantes de Z, tandis que FÆ a la bonne leçon ; au v. 2721 il est de même avec Z, tandis que F'a une leçon spéciale. Il a done quitté ce groupe pour se joindre à Z ; cependant il n’a pas toutes les variantes de Z, à qui il oppose la bonne leçon aux v. 2741-42, 2836-37, 3522, etc.
(1) Voir p. 327, n. 2.
(2) I1 semble cependant que le ms. aurait dû avoir primitivement ce même mot, qui appartient aux groupes dont il fait partie (voy. p. 326, n. 11).
(3) En notes dans l'étude de F, p. 319, 320.
(4) En notes dans l'étude de G, p. 322-217.
(5) Même leçon dans Da de I. Fa fait ici défaut.
Univ. de Lille Trav. et Mém. Droit-Lettres. Tome VII. — 241.
En somme, ce ms. est très adultéré.
ou. — w suit fidèlement F, en particulier F7, ao v. 1480 environ ; il n’a cependant pas les variantes de F aux v. 364, 433. Après le v. 1480, il introduit dans le texte de Fi de nombreuses leçons de X. |
90. — #0 fait partie du groupe F, mais pas régulièrement ; il a, surtout après les 2400 premiers vers, de nombreuses variantes de Z que n'ont pas les autres représentants de F'; ilestavec N au v. 1006; avec lui encore ilinterpole un vers entre 1095-96, et un autre entre 1096-97, On. verra plus loin (p. 327, n. 2) comment, entre les v. 646 et 660, il fond la leçon de F, & avec une autre.
Gi, Go, Gu, Gù, Ge, Gé, Gé (1). — Ces sept mss., bien qu'ils soient souvent réunis par des fautes communes, n’associent pas de la même façon les leçons de I et de IT dans le passage où sont énumérés les gardiens des roses. ?
1o Gi est avec I aux v. 2835-37, 2867; avec II aux v. 2859-62 (omis) et 2863-64.
2 Go est avec I aux v. 2835-37, 2859-62, 2867 ; avec II aux v. 2863-64.
3° Gu, Gu sont avec I au v. 2867; avec II aux v. 2835-37, 2859- 62 (omis), 2863-64.
4 Ge, Gé, Gé sont avec I aux v. 2859-62; avec II aux v. 2835- 37, 2863-64, 2867 (2).
Giet Go,bien que séparés entre les v. 2035-67, ont des variantes qui leur sont communes à l’exclusion de Gu, Gu et de Ge, Gé, Gé: x. 193 Et au (Gi), Au (Go)(3), pour Tresqu'au ; v. 198 Et les oisillons escoutant (4), pour Toi Le rivage costoiant; v. 1178 dumages, pour pechier ; V. 1715-76 intervertis ; v. 202 Que bien (Go : Adès) sembloit qu'el fut iree, pour Qu'el s. estre entlangoree, etc. Il est inutile de multiplier les témoignages de cette union, qui va ressortir suffisamment de la comparaison des deux mss. avec d'autres groupes.
(1) Le ms. suivi par l'auteur de la traduction anglaise attribuée à Chaueer (fragment 4 de l'édition Skeat) avait de nombreuses variantes du groupe G ; je
citerai notamment celle du v. 287 envie, pour ire, et celles qui seront données plus loin des v. 645-60 et 854.
(2) Ge omet les v. 2861-62, mais il a les v. 2859-60. (8) Gu, Gà, F, pa, Jé : Qui au; vers omis dans Ge, Gé et Ga. (4) Même leçon dans F.
.-Guet Gù sont unis en un groupe particulier par de nombreuses fautes: v. 76 crie en haut, pour se deduit; v. 193 chief, pour pié: v. 159 nature, pour faiture ; v. 1617-68 placés ‘entre les v. 161-692 ; v. 182 Æl hoqueler et bareter, pour Et bescochier et mesconter : v. 196 Z/euc dejouste, pour Coste a coste ; v. 230 Ce est La riens, pour C’est la chose, etc.
Le passage compris entre les v. 2835-67 n’est pas le seul où se manifeste dans Ge, Gé, Gé la combinaison de deux versions. Les v. 2391-92 en fournissent un autre exemple. La bonne leçon est:
S'il avient chose que tu trueves ‘La bele en point que tu la doeves.
Des copistes, choqués par cette rime, étrangère à leur dialecte, l'ont changée en truisses : puisses, ou voies : dotes, sans modifier autrement les deux vers. Dans certains groupes de IT (Z, M), l’altération n’est pas confinée à la rime :
S'il avient que tu aperçoives T’amie en leu que tu la doives.
Ge et Gé ont accouplé le second vers de ces groupes avec le premier de la leçon originale :
S'il avient chose que tu troeves T’amie en leu que tu la doives.
Et Gé est allé plus loin :
S'il avient chose que tu truisses T’amie en tel lieu que la puisses.
Voici, d’ailleurs, dans quel rapport se tiennent entre eux ces trois mss. Dès le début du poème, Ge et Gé ont de nombreuses fautes communes, à l'exclusion de Gé; v. 9-10 omis; v. 22 Ou temps (1), pour Ow point; v. 30 s'en voit, pour recensoit; v. 32 Pour vous plus faire agraier (Ge) (2), P. v. f. p. esgaier (Gé), : pour P. voz Cuers p. [. esg.; V. 39 voire, pour nueve; v. 44 dame (3), pour rose; v. 61-62 omis (4); v. 63 rouges (5), pour blanches ; v. 86 Songe m'esmut, pour Sonjai une nuit, v. 88 trop
(4) Aussi dans F, M, Tou, 6x, 0x.
(2) 6x P. v. f. mieus aggroier.
(3) Aussi dans 6x.
(4) Omis aussi dans Ga et dans G@.
Aussi dans 6a.
forment (1), pour durement; v. 110 (2); v. 118 Tant estoil bel, pour De l'eve clere ; v. 129 gente (3), pour grant; v. 1923-24 omis (4); v. 129 aval un poi (5), pour un pot avant ; v. 131 Bien clos (6), pour Tot C. ; v. 134 figures (1), pour pointures; v. 142 menteresse, pour tençoneresse ; v. 149 reboulie (8), pour roeülie; v. 165 Bien ressembloit (9), pour Qu’el sembloit bien.
Dès le v. 166, à ces deux mss. se trouve réuni Gé, mais peut-être indirectement, par une variante commune à plusieurs groupes ; il se joint ensuite à eux directement dans des variantes spéciales : v. 218 trente (10), pour dis ; v. 233-384 intervertis (11); v. 251-52 remplacés par les v. 267-68, qui se retrouveront à leur place dans Ge et Gé(12); v. 265-66 omis (13) ; v. 275 amenuisier (14), pour lui desprisier ; v. 311 Que elle avoit trop courroucié (Gé : Car ele l'a. t. corcié), pôur Trop a. son cuer c.; v. 884 certainement, pour qu'il n'a talent; v. 5343-44 Tant est (Gé : fu) sa beauté reculee Mout erl (Gé : est) vieillece radotee, pour T. estoil vieille et radotee M. esloil sa biautez gastee ; v. 363 Et qui nous envoie (Gé : n. envellist) ce semble, pour Et qui de nos se part et emble; v. 4111-12 De nul mal faire ne se garde Mais devant la gent bien s'en garde (Gé n'a pas Cette variante), pour Quant nus ne s'en puel prendre g. De nut mat faire n’est coarde (15), etc; et plus loin, omission des v. 881-86 (16), 1057-66 (17), 1238-50, 1317-20, 1333-52 ; V. 1408 si pueplee (18), pour pipolee ; v. 1940 Zi hom a qui je m'en
(1) Trop forment aussi dans Gü et dans F; mout forment dans Ga, 6«, yo. (2) Voir p. 267.
(3) Aussi dans 6x, Be.
) Omis aussi dans Ga. Cf. p. 322, n.3.
) pa: avant uw. p.
) Aussi dans Ga, 6a; yo a la bonne leçon.
) Aussi dans Gu et dans a; à : faitures.
) Go : mout bullee, Gi: escouillie.
] Aussi dans Gi.
0) Aussi dans Ga; yo : cent.
1) Aussi dans Ga.
(12) De même dans Ga. 6x a à la fois 251-52 et 267-68 placés entre 250-51 ; il répète 2067-68 à leur place.
(43) Gé n'a ni 267-68 à leur place, ni 265-266. (14) Aussi dans Ga, 6a, yo.
(15) L’interversion des deux vers se retrouve dans Gi, Go, Gu, Gà. (16) Aussi dans Ga.
(17) Aussi dans Ga.
(18) Même leçon dans ua, pe.
atens, pour Ci que j'einsi a ome prens ; v. 2302 Quant ele est loing et.je n'i vois, pour Se e. e.l. que j. n'tv. de IT (1 Quant la ou mes Cuers est ne v.), etc.
Voici quelques exemples de fautes communes soit aux quatre groupes de &, soit à plusieurs d’entre eux (1): v. 24 En mon lit (Gé, Gi, Go, Gu, Gù) (2), pour Une nuil ; v. 46 Bien puet avoir & ans ou mais (Ge, Gé) (3), Et p. a. v à. 0. m. (Gi, Go)(4), Et p. a. v a.etun mois (Gu), Et p. a. xx à. et mais (Gü), pour Z! a ja bien v a. ou mais (3); v. 68 iver (Ge, Gé), l'iver (Gi, Go) (6), pour Le froit; v. 86- 81 Dedenz mon lil ou me gisoie (Gi, Go), D. m. L. 0. m. dormoie (Gu), En m. l. 0.je m. d.(Gu) Sonjai un songe en mon dormant (Gi, Go, Gu, Gù), pour Sonjaiune nuit que j'estoie Lors m'iert avis en m. d. (1); v. 89 matin (Ge, Gé, Gi, Go, Gu, Gù) (8), pour tantost; v. 139 En haut ou milieu (Ge, Gé, Gi, Go, Gu, Gù) (9), pour Enz en le m.; v. 161 orgueilleuse (Ge, Gé, Gi, Go, Gu, Gü) (10), pour owtrageuse ; v. 166 Et de grant affit estre pleine (Ge, Gi, Go) (A), E. d. granz affis e. p. (Gù) (12),E. d. g. despit e. p. (Ge) (13), E. d. grans courous e. p. (Gu)(l4), E. d. trés g. male. p. (Gé) (15), pour Bien sembloit estre d'affiz p.;v. 181-82 mesconter : bareter (Gi, Go, Gu Gu) (16), pour bareter : mesconter ; v.193 Fors sanz plus l'autrui(Ge, Gé, Gi, Gü), F. l'a.s. p. (Go), S. p. [. l'a. (Gu), pour F. que a l'a.; v. 204 Qui ne vesquist (ou ne vivoil)
(1) On se rappellera que Gé ne fait partie du 4° groupe que depuis le v. 218. (2) Même leçon dans F, Ga, yo, Ra, 6a, Je, Jé, Jl, Le. (3) 6x B. p. a. v a. en may.
(4) Même leçon dans Jé.
(5) Ga change : Aussi bel temps ne vil hom mais. (6) Même leçon dans Ga et M.
(T) Ge, Gé, Gé ont la bonne leçon, sauf, au v. 86, une variante que j'ai donnée ci-dessus. La leçon de Gi, Go, Gu, Gà se retrouve dans F, ainsi que dans quelques autres mss , dont Mon, Max, ua, Jé.
(8) Même leçon dans Ga, Jé, Ra, N, 6x.
(9) Même leçon dans Ga, Ra, 6x, ua, yo.
(10) Même leçon dans Ga, Ra, F, 6x, yo.
11) Même leçon dans va, we.
(12) Même leçon dans Mon; Maz: E. d. g. deffis e. p.; yo Et estre d. grant afit p.
(13) Même leçon dans F.
(14) 6x E. d'annui et de courrous p.
(15\ Ga: E. d. mal afaire e. »p.
(16) Même leçon dans F et Urb.
fors que de p. (G) (4), pour @. v. seulement de p.; v. 229 Et l'enfermoît (Ge, Gé), Ilen fermet (Gé), Et la fermoit (Gi, Go, Gu, Gù)(2), pour Et ta nooît (Il Ete cremoit) ; v. 241 Com mesfait et (Gé, Gi, Go, Gu, Gü) (8), pour C. fait maus et.; v. 251 Sachiez que tantost (Gi, Go, Gu, Gü) (4), pour Car s. q. moult; v. 215 Rien abalre ne (Gi, Go, Gu)(3), pour 406. ne lui; v. 280 Avoit laide regardeüre (G) (6), pour À. trop l. esgardeüre; v. 285 Nule rien regarder de plein (Gi, Go, Gu, Gù) (1), pour Reg. rien de p. en plein; v. 987 d'envie (Ge, Gé, Gé), derriere (Gi), de duel(Gu, Gù) (8), pour d'ire ; v. 289 Qui iert(Ge, Gé, Gé, Gi, Go, Gù)(9), pour Estoit ; v. 297 Ne de paleur (@) (10), pour de palelé ; v. 298 soussis(Gé, Gi, Go, Gu, Gù) (M), pour esmais ; v. 301 L'avoit forment (G) (12), pour L’avoient mout; v. 313 bien chose dolente (13), pour b. estre d.; v. 322 De (Gé : Par) felonie (G) (14), pour De mautalent; v. 334 Je vous di bien (Gé, Gé, Gi, Go) (1), Je te v. d. (Ge), pour Sachiez de voir ; v. 360 verges (Gi, Go, Gu), pour toises ; v. 362 Sans reprendre (Gi), Et san prendre eure (Go), Et s. rep. (Gu), S. reposer (Gù), pour S. repos prendi'e; v. 391 revenoit(G)(16), pour relornoît ; v. 411-12 intervertis (Ge, Gé, Gi, Go, Gu) (17); v. 413 Et fait devant (Gi, Go, Gu, Gu) (18), pour £1f.dehors; v. 432 De
(4) Même leçon dans Ga, F, pa, M, pa.
(2) La fermoit est aussi la leçon de Ga, yo, F, J et de quelques autres mss.
(3) Même leçon dans dans yo, F; Ge, Gé: C. fait et.
(4) Même leçon dans F; Ge, Gé, Gé et Ga ont remplacé ce vers et le suivant par deux autres.
(5) Même leçon dans F ; Ge, Gé: Ne ab ne; 6x : Ni ab. ne; Gé, Gû: Ab. ne (omission de lui).
(6) Même leçon dans Ga et Fi.
(7) Même leçon dans F.
(8) Ga, Fi: derriere; Fa, Fe, Fo : d'ardeur.
(9) Même leçon dans Ga et F. 3
(10) Même leçon dans Ga, F, Urb et M.
(11) Même leçon dans Ga, F, ou, pa, ue, Mon, Mas ; Ge : forfais, Gé : douleur, yo : pensee.
(12) Même leçon dans Ga, yo, F, oa.
(13) Même leçon dans Ga, yo.
(14) Même leçon dans Ga, yo.
(15) Même leçon dans Ga, yo et F.
(16) Même leçon dans Ga ét F.
. ) Même leçon dans Ga et F.
18) Même leçon dans Ga; F': Par devant fait.
jeuner sembloit estre lasse (Gé, Gi, Go, Gu, Gü) (A), pour Ainz s. de jeuner l.; omission des v. 646, 649-50, 637 et intercalation des v. 658-60 entre 645-47, de sorte que les vers qui restent sont disposés dans l'ordre suivant: 645, 6358-60, 6417-48, 651-536, 661 (G) (2) ; v. 854 Je ne saï dame plus plaisant (Gi, Go, Gu, Gù)(3), pour Que vos iroie je disant.
Il ressort de ces rapprochements que les quatre groupes ont eu au moins un ancêtre commun, de qui procèdent aussi Ga(4)etF, et que chacun en a diversement altéré la leçon à l’aide d'emprunts faits à d'autres groupes (5). Il est également probable que cet ancêtre était déjà lui-même très hétérogène. Quelques autres témoignages de son existence et de l'incohérence de ses descendants ont été donnés dans l'examen du groupe F.
1) Même leçon dans yo et F ; Ga et Gé: De j. s. mout L.; Ge : De j. estoit mou L.
(2) Même leçon dans F,94, 5e, Urb; oo répète à leur place les v. 658-60, qu'il a déjà donnés avec F entre 645-47. L'origine de cette variante de F et G remonte, selon toute vraisemblance, comme dans plusicurs cas précédemment notés, à la faute de Ga. Ga omet les v. 646-57, de sorte que, comme les mss. dont il vient d'être parlé, il fait suivre immédiatement le v. 645 du v. 658; c'est un bourdon, quia pour cause la similitude des rimes des v. 645-46 et 657-58. Ga n'avait d’ailleurs aucune raison de supprimer volontairement les vers intervertis dans les autres mss. de F, G, où ils offrent un sens très admissible. Un des ancêtres de ces mss., ayant la même lacune que Ga, aurait reçu en marge, d’un correcteur qui les avait empruntés à une copie meilleure, les vers omis, soit en totalité, soit plutôt en partie. Les v. 649-50, qui manquent aux mss. Corrigés, manquent également dans yo (et dans Be), parent de G., et plus spécialement de Ga. La correction, faite d'après un ms. qui n'avait pas ces deux vers en marge du prototype de F, G, aurait été ensuite introduite dans le texte, suivant le désordre que reproduisent aujourd’hui les mss. fautifs. Le v. 645 En un leu avoit rossigniaus est devenu £.-meins leus a. r. dans Go, E. mains lieus a. papeqaus dans Gu, Güù, E. cel L. a. papegaus dans Gé, E. un l. a. papegaus dans 9», les autres mss. l'ayant gardé sans altération ; au v. 658, devenu 646 : Et mains oisiaus qui par ces gauz, le mot oisiaus a été remplacé par autre dans Fa, Fe, Fi, 90, par maucis dans Fo et Gé; le vers est devenu dans Gi: Et par ces leux et p. c.g., dans 94 : Et menus autres par ces gais. Le copiste de ce ms. a ajouté en marge: D'autre part jais el estorniaus Et ailleurs avoit papegais ; ces deux vers sontle 646° et le 657e de la leçon commune; c'est une preuve que le copiste avait sous les yeux plusieurs leçons.
(3) Même leçon dans F, ga, ve, ua, Mon, Mas ; Ge : Q. v.i. plus conlanlt; Gé : Q. v. i. je contant ; Gé a la bonne leçon.
(4) Et yo au début du poème.
(5) C'est ainsi que Gi a de nombreuses variantes de M, celles, par exemple, des vers 3013-14 (omis), 3172, 3243, 3245, 3250, 3260, 3296, 3332, 3345, qui sont mentionnées dans l’étude de yo, et beaucoup d’autres.
328 CLASSEMENT DES MANUSCRITS Variante 9° des vers 109-110 : m:
ue ne peut être d'aucune utilité pour l'établissement du texte. ll a des fautes en commun avec w et avec les groupes auxquels we est allié, par exemple v. 47 (1), v. 143-144 intervertis (2), v. 998 (3), v. 668 (4), v. 1408 (5), etc. Mais en même temps il fait partie de N, dont il altère souvent les leçons : v. 141-42 il adopte le texte de N, mais en gardant l’ordre des vers de la leçon commune : Sembla bien estre lencerresse Courrouceuse et moult perverse; v.2391-99, il suit N, mais en en modifiant la rime en voies : voies (N : voies : doies); v. 2834 il change Avec lui ot de M, N, en O4. avoit, entre 2942-48 il interpole deux vers de N, mais en altérant le premier : Si vous estuet de ci tourner (N : S. v. en e. a aler), etc. Il est encore avec N aux v. 166, 2731 (X, L, M, N); v. 44 (JT, K, L, N); v. 1940-42 (K, Nj; v. 2721 (Z, M, N), etc. Il a souvent aussi la bonne leçon contre N'; contre lui encore il est avec Lau v. 1388; avec J aux v. 30 (association de la faute contes avec la bonne leçon recensoit) et 1940.
Variante 10° des vers 109-110 : €
En examinant le groupe G, j'ai noté de nombreuses variantes que 6 possède en commun avec lui: v. 22, 24, 39, 44, 46, 635, 88, 89, 122, 129, 131, 154, 139, 161, 166, 251-52, 275 (6). L'une de ces variantes est particulièrement intéressante : le groupe G, auquel 6 est apparenté, remplace les v. 251-52 par les v. 267-68, qu'ii répète à leur place (7); 6 donne de même deux fois les v. 267-68, la première fois après le v. 250, mais alors il les fait suivre des v. 251-59 ; c'està-dire qu’à la leçon de Gil a ajouté la leçon commune. Déjà précédemment une autre méprise prouve que son texte représente plusieurs versions : des mss. (Zo, Lc, Dij, Nu, Nf, etc.) omettent les v. 57-58 ; 6. les place entre les v. 52-58 ; apparemment, un de ses ancêtres, qui d’origine ne les possédait pas, les avait reçus ultérieu-
(4) Voir p. 301.
(2) Voir p. 245.
(3) Voir p. 326.
(4) Voir p. 298.
(5) Voir p. 324.
(6) Voir l'étude des groupes F'ct G.
(7) Voir p. 324.
rement d'une autre famille ; et un scribe n’a pas su introduire cette addition marginale à la place qui lui était assignée dans le texte.
Après les v. 275 je n'ai pas relevé d’attaches directes et certaines de & avec le groupe G; cela ne prouve pas cependant qu'il ne lui doive pas de bonnes leçons ou même des variantes communes à ce groupe et à d'autres. Il reste en effet très composite. Jusqu'au vers 1000 environ, il est généralement d'accord avec les groupes 7, X, L, M, N ou quelqu'un d'eux, par exemple, aux v. 351, 365, 665, 668, 680, 744, 171, 803, 822, 838, 1006; cependant, même pendant ce temps, il n’est pas rare qu'il les quitte, par exemple, aux v. 385, 881. Après le v. 1000 il est plus souvent avec 7, mais parfois aussi avec d’autres groupes, et de temps à autre avec Z, M ou N.
Variante 21° des vers 109-110 : ;:, -2
ve et rc présentent aux v. 109-10 la même variante, très caractéristique ; tous deux ont de très nombreuses variantes des groupes IT ; j'en citerai seulement quelques exemples : ils sont avec 7, X, LZ, M, N aux v. 16, 665, 668, 680, 881-892, 1317-18 ; avec X, L, M, N aux V. 47, 166 (1), 365, 1408, 1946-47, 3529, 3536 ; avec X, L, N aux v. 30 (recontoït), 1720, 3537 ; avec L, M, N aux v. 205, 385, 1006; avec J, L, N au v. 155; avec X, L aux v. 2836-37 (interpolation de deux vers) ; avec Z, N aux v. 149, 351 ;-avec L, M aux v. 11-18, 1344, 1389; avec ZL aux v.356(2), 1388, 1395-96. IIS se rattachent donc surtout au groupe Z. Cependant, tous deux ont la bonne leçon contre Y, K, Z, M au v. 111 ; contre J, À, L au v. 30 (songes); contre ZL, M aux v. 2309, 2661-64 ; contre L aux v. 352, 2386, 2742 ; tous deux ont substitué la rime fruisses: puisses à la rime {rueves : doeves des v. 2391- 92 (3) : tous deux omettent les v. 2077-86 avec Be, Da, Ha.
Cependant y: et = ne sont pas toujours unis dans les emprunts qu'ils ont faits aux différents groupes mis par eux à Contribution : 7: a la bonne leçon pendant que = est avec Z, K, N au v. 1720, avec L, M au v. 1400, avec le groupe [ au v. 2459 ; au contraire, c'est 7« qui a la bonne leçon, tandis que y: accompagne 7, X, L, N au v. 144, K, L, M, N aux v. 141, 2731. Au v. 207, ++ est avec Z, y: avec
(1) ye D. de. e. d. to. p.
(2) Dans ye, à la place de mains si, on a écrit ultérieurement reins ot.
(3) Aussi Zo, pa, Gé.
N, mais la différence entre les deux variantes consiste en un simple changement d’adverbe.
:, après avoir donné les v. 2835-70 suivant la leçon de IE, les fait suivre d'une autre version des v. 2839-70; cette fois, les v. 2859-60 et 2863-64 sont de [. le v. 2867 est de IT, et les v. 2861-62 (de [) sont rejetés après le v. 2870. Il associe le v. 1240 de Z, M, N aux v. 1241-42 d'un autre groupe, probablement de F:
Si fu clere come la lune, :
Vis ot poli et avenant ; Je ne sai fame si plaisant.
De même aux v. 3457-59, ayant à choisir entre la leçon de I et celle de IE, il a pris les deux premiers vers de Iletle troisième de I.
Pour ces trois passages, -- est resté fidèle à Z.
Relations des groupes I et II entre eux
Les variantes des v. 2835-67 réunissaient tous les mss. du groupe IT (et HT) en une famille, descendant d’un même chef, moins ancien que le manuserit original. Cette première indication se trouve pleinement confirmée par l'examen ultérieur auquel j'ai soumis chacun de ces mss. Si, en exposant les résultats de cette minutieuse investigation, je n'ai pas signalé de nouveaux traits d'union groupant tous ces mss. à la fois, c'est que les croisements dont la plupart sont issus ont le plus souvent brisé ces liens de famille. J'en montrerai cependant quelques-uns dans les pages qui suivent. Mais. même à défaut de ces tares héréditaires communes à tous, les traits multiples par lesquels on a vu tous ces mss. reliés les uns aux autres, dans des enchevêtrements extrêmement compliqués, incessamment variés, ne laisseraient aucune place au doute relativement à leur communauté d'origine. La parenté des cinq groupes 7, X, Z, M, N s'est révélée hors de conteste, et des rapports plus ou moins étroits entre chacun des autres mss.et quelqu'un de ces groupes ont été mis en évidence.
Tous ies représentants de IT et de IT descendent donc directement ou indirectement d'un ancêtre commun, que je caractériserai d'un trait précis en disant qu'il avait déjà réduit de quatre à trois, entre les v. 2855 et 2867, les défenseurs de la rose, et que j'appellerai ».
POÈME DE GUILLAUME DE LORRIS ol
Précédemment, des relations d'une nature analogue ont été constatées entre les représentants de [. Je désignerai par £ l'ancêtre commun de ce groupe.
Il ne reste en présence que deux familles : d'une part les descendants de #, d'autre part ceux de ». Le moment est donc venu de chercher s’il existe des fautes communes à ces deux familles. Il semble bien qu'on doive considérer comme telles les leçons qui vont être discutées.
Oiseuse, en parlant de Déduit, son maître, dit :
Ce est cil cui est cist jardins,
Qui de la terre as Sarradins
Fist ça les arbres aporter
Qu'il fist par le vergier planter (v. 591-94),
Be, C, Za, Ji, Ra ont seuls (1), au v. 592, as Sarrasins ou as Sarradins (2). Au lieu de ces deux mots, tous les autres mss. ont Alixandrins, qui rend le vers inexplicable (3) :
Qui de la terre Alixandrins,
d’où je conclus à une altération.
Be, C, Za sont des représentants de [, Ji et Ra sont de II, mais j'ai montré que J5 fait alterner les leçons de C avec celles d’un groupe de IT et que Ra fait partie, lui aussi, tour à tour de Let de IT, de sorte que la leçon as Sarrasins ou as Sarradins appartient à quelques mss. seulement de 1; c'est-à-dire que la faute Alixandrins est commune à IT, à HT et à Pa, Æ, Ga. On peut laisser de côté Ga, quiest allié à des groupes de IT et de IIT; mais il reste Da et Æ, qui, bien qüe spécialement unis dans I à Be et à C, n’en ont pas moins Atixandrins avec Il. On pourrait donner de ce fait différentes explications, dont j'exposerai seulement les plus simples : ou bien Da et Æ auraient emprunté le passage où se trouvent le v. 592 à quelque copie de IT ; ou bien la faute A/irvandrins était commune à I et à IT, et as Sarradins serait une correction faite par quelque ancêtre de Be, C, Za (4); ou bien Da, H et IFdoi-
(4) Lacune dans Ba. Tou a complétement modifié ce passage. (2) Méon, ayant pris Za pour base de son édition, a imprimé d'aprés ce ms. as Sarradins. (3) Je, Jé lui ont rendu un semblant de sens: De (Je A) la terre as Alixandrins.
(4) Ce qui n'empêécherait pas ces mots de représenter la leçon originale,
vent Azixandrins à un ancêtre commun, tandis que la leçon as Sarradins serait venue directement ou indirectement du ms. original à Be, C, Za.
La première hypothèse n’est pas appuyée par d'autres emprunts de Daet Aà IT: elle est d'ailleurs en soi peu vraisemblable. La seconde, qui admet un ancêtre commun à I et à Il, ayant déjà la faute Alixæandrins, est plus défendable. La troisième suppose entre le ms. original et l'ensemble des mss. de I au moins deux intermédiaires (1), dont l’un aurait gardé la leçon primitive as Sarradins, et dont l’autre l'aurait remplacée par Alixandrins : du premier descendraient Be, C, Za; de l’autre Da, H et le prototype de IT. Des croisements entre les branches de I rendraient compte des rapports existant entre les représentants de cette famille. Malgré qu'elle soit la plus compliquée, cette dernière hypothèse est celle qui me paraît être la plus logique.
C'est une faute commune à tous les représentants de T, sauf Za, à tous ceux de IT et à tous ceux de IIT, sauf Ba et peut-être Tou, que J'essaierai de rendre évidente dans une autre partie du poème, dans la description du « miroer perilleus », dont voici les passages à examiner :
Ou fonz de la fontaine aval Avoit deus pierres de cristal (v. 1537-38).
Quant li solauz, qui tot aguicte,
Ses rais en la fontaine giete
Et la clartez aval descent,
Lors perent colors plus de cent
Es cristaus, qui por Je soleil
Devienent jaune, inde, vermeil ;
Si sont li cristal merveilleus
Et tel force ont que toz li leus,
Arbres et flors et quanqu’aorne
Le vergier, i pert tot a orne (v. 1543-52) (2).
(1 Je dis « au moins », parce que l'accord de Be, C, Za au v. 592 n'est pas une preuve de parenté entre eux.
(2) Dans Tou les v. 1540-52 ont été modifiés par Gui de Mori : Car quant il avient que li rai Dou soleil en l’aigue descendent, Li cristal si grant clarté rendent C’aussi com en .j. mireoir IL poet on toute riens veoir,
Trestot aussi vos di de voir
Que li cristal, senz decevoir,
Tot l’estre dou vergier encusent
À çaus qui dedenz l’eve musent ; Car toz jorz, quel part que il soient, L’une moitié dou vergier voient , Et s’il se tornent maintenant, Pueent veoir le remenant ;
Si n'i a si petite chose,
Tant soit reposte ne enclose,
Dont demostrance n’i soit faite, Con s’el iert es cristaus portraite (v. 1559-70).
Au v. 1538, tous les mss. mentionnent bien « deux pierres de cristal », mais au v. 1547, Za seul a le pluriel Es cristaus (1): au v. 1548 Ba, Ra ont Devienent avec Za, tandis que les autres mss. ont Devient ; aux v. 1549-50 Ra a repris le singulier avec Be, C, Da, H, Ga, Ri, L, M, mais en revanche Bd, Je, Jé, K, N, Urb, 0, ete., ont le pluriel avec Ba, Za, Tou (2). Aux v. 1561-62 Be, C, Da, H, F,K, Ra ont le singulier (3), les autres ont le pluriel ; aux v. 1563-64, le singulier est donné, non seulement par les mêmes, mais aussi par Ga, L, M, N, Urb. Aux v. 1565-66 (4), ceux qui ont le singulier sont les mêmes qu'aux v. 1563-64, moins Be, Da, qui ont adopté le pluriel. Au v. 1570 Be et Za seuls ont le pluriel es cris-
Si sont li cristal mervilleus
Et tel force ont que tous li leus Qui arbres et flours avironne Dou cristal a veoir se donne.
Les v. 1553-54 sont omis ; les v. 1559-70 suivent la leçon commune, avec l'emploi du pluriel, sauf au v. 15%0, où apparait le singulier dans el cristal. On n’oubliera pas que le texte de Tou est un remaniement dont l'auteur a pu substituer de lui-même le singulier au pluriel.
(1) Be, Ga: Dou cristal; L, M, F, G, Mon, Maz : Li cristaus; les autres : Ou cristal. Pour Tou, voir la note précédente.
(2) Vers 1549, C, Æ, Ri, Jo: Siest cil(C: li) ce. (Jo : solaus) m.; Be : Sia cec.m.; Da: Siot cristal mout m.; Ga, L, M: Siot li c. m.; Ra: Si est a croire m. Vers 1550, Ha: Une t. f. a q.; He: Teille f. a q.; Ce, Ri:lTtel f. a qg.; Ra: Cart. f. a qg.; Be, Ca, Da, Ga, L, M, N': Ilel (Ca, Jo: Eltel; NE De tel) a:
(3) Vers 1562, H, F, K, Ra : À celui q. en l'e. muse; Be:-A cel q.cen le. musoit: C: Celui qu'en la fontaine muse; Da a le sujet au pluriel et le verbe au singulier : À ceaus q. d. l’e. muse.
(4) Vers 1566, C, H, Ji: Porra o.; K, L, M, N, Ra: Si puet v.; F: Puel tout v.; Ga : Il puel v.
laus; Ba, Bé et N (1) ont modifié le vers; les autres, y compris To, ont ow cristal (2).
Il y avait deux « pierres de cristal», donc deux cristaux. Ils sont mentionnés au pluriel par tous les mss. au v. 1605 (3) :
Et as cristaus qui me mostroient.
D'ailleurs, la rime au v. 1348 et la mesure au v. 1566 exigent le pluriel. L'emploi du singulier est donc une faute commune à I, moins Za, à IX, IT, et peut-être à Tou.
Dans les deux exemples que je vais encore citer, c’est la pauvreté de la rime qui me fait soupçonner une faute, commune à tous les manuscrits. à
Guillaume de Lorris a visiblement cherché la rime riche; pour les polysyllabes masculins, et même, dans certains cas, pour les polysyllabes féminins, il fait commencer l’homophonie à la consonne qui précède la voyelle accentuée ; on ne découvrirait pas dans son poème plus de quinze exceptions à cette règle. Néanmoins, je ne suis pas arrivé à trouver dans les mss. une rime satisfaisante, même pauvre, aux vers 2519-20.
Ami prévient l'amant que la nuit il ira rôder autour de la maison de celle qu’il aime,
Qui se sera bien endormie
Et a toi ne pensera guieres.
Une eure iras a l’uis derrieres, Savoir s’il est remés desclos, Et jucheras ilec defors,
Toz seus, à la pluie et au vent.
Après vendras a l’uis devant, Et se tu trueves fendeüre,
Ne fenestre, ne serreüre, Oreille et escoute par mi
S'il se sont leanz endormi ;
(1) Ba, Bâ: Aussicom s'el if. p.; N: C. s'ele [. ilec p. (2) Ga: un c.
(3) Jean de Meun, en rappelant ce passage, emploie le pluriel : Au fonz, ce dist, a cristaus doubles...
Si clers que cil qui les aguiete.
Tant sont cler, tant sont vertueus, Certes ainz sont trouble et nueus, Pour quoi ne font il demoustrance..….
Par foi, qu'il ne pueent, ce semble, Pour l’oscurté qui les onuble.... ete. (v. 20439-60).
Et se la bele, senz plus, veille,
Ce te lo je bien et conseille
Qu’el L’oie plaindre et doloser,
Si qu’el sache que reposer
Ne puez en lit por s’amistié... (v. 2516-31).
Dans If, Z se partage, pour le v. 2519, entre defors (ou de for's, deffors, desfors) et desclos; K, M, N ont desclos, Ja: defors; mais avec des exceptions dans tous les groupes. Quelques manuscrits ont modifié le vers : Savoir s'ele vendroit de fors (La), S. s’ele estremese fors (Le), Veoir s’est remese defors (Ra); Savoir s'il est fermez defors (y}, yo) (1).
Les leçons de. I sont desfoirs : defoirs (Ha), desfors : defors (Da, Tou), desfers : defors (Ba, Zu) (2), S. s’el ert defors : defors (Ce), desclos : defors (Ca, Bd, Ga) ; Be omet les deux vers (3).
Desfers : defors ne riment pas; même en diphtonguant l'o de foris, Ce à quoi on n’est nullement autorisé, on n'’obtiendra pas encore une rime acceptable, non seulement parce qu'on aurait d’une part une monophtongue et d'autre part une diphtongue, mais surtout parce que desfers a un é et desfuers un è ; desfors n’a probablement jamais existé ; ni defors, ni de fors ne conviennent pour le sens au v. 2519 ; il ne reste donc que desclos : defors, et si l'on ne croit pas que Guillaume de Lorris se soit contenté d’une assonance il faut admettre une corruption du passage dans un ms. dont descendraient I, Il et IE.
Une difficulté analogue se présente aux v. 3731-32. Honte et Peur reprochent sa mollesse à Dangier, qui sommeille, étendu à l'ombre d'une aubépine :
Lors leva li vilains s'aumuce,
Frote ses iauz, si s’esheruce, Fronce le nés, les iauz roeille (v. 3731-33).
(1) Je ne tiens pas compte de certaines leçons isolées, qui sont dues évidemment à des essais de corrections uitérieurs, telles fremés ou clos El croupiras illuee com fots (He), descloæ : toux sox (ba), overt Ileuc seras a descoucert (Gà). Coc termine le v. 2519 par ouvert et omet le suivant.
(2) Aussi dans Dij; yo a desfers : ilueques pres ; Ri, desfers Une heure sans (lire saus ou sains) autre heure enfers; 90, deffers Et lrembleras iluec com sers.
(3) og aussi.
Le « païsant » est encore couché, tout au moins assis, Car il est dit quelques vers plus loin :
Lors s’est Dangiers en piez dreciez (v. 3755).
Voici quelles sont les rimes fournies par les mss.(1):s'aumuce: sa berruce (Ha), l'aumuce : s'esberuce (Be); aumuce se trouve aussi dans quelques mss. isolés dell, l’aumuce: ses beruce(Sel), l’aumuce : s'esbeluce (Ku, »), l'omuce : et sez beruce (K1), l'aumuce (Le : s'a.): et se heruce(Dij, Lm®). Les autres mss. ont, pour le premier vers, sa hure (Ba, Urb : sa huce, Bâ, Mon : la huce, Za : sa houce), et pour le second vers, soit s’esberuee, dans une graphie très variée (2), dont plusieurs formes proviennent probablement de ce que le copiste ne comprenait pas ce verbe, soit se heruce (a) (3), soit des mots terminés en -ure : si (ou et) s'esbehure (KI, Jo et d’autres), ef ses behure (La), si s’esbrure (Coc), et ses brehure (Lo), si sa behure (Ri, vo), si s’esberure (Max), si s’abellure (C, Jü), les dens labure (He), el les ieuz hure (Je, Jé), et forment jure (Ma), jure et rejure (Ra), son nés escure (Jy), ne s'asseüre (Jb, Gü); soit des verbes d'une tout autre terminaison : ef se herupe (Gé), si (ou et) s'esvertue (NV); la hure : Euvre ses piez el ses espiez (Lmÿ), etc. (4).
Si l’on met à part la rime aumuce : s’esberuce, il est évident que le prototype de toutes les autres est sa hure : si s'esberuce. Dans l'intérêt de la rime, mais en dépit du sens, un ou plusieurs copistes ont substitué Auce à hure; pour la même raison, un autre a remplacé s'esberuce par s'esbehure; d'autres enfin ont fait disparaître l'inintelligible s'esbehure et ses dérivés et les ont remplacés de leur mieux.
Pour le sens, aumuce et hure conviennent également. Danger relève son bonnet, qui lui couvrait les yeux, ou dresse la tête (5).
(1) Je laisse de côté les variantes, également très nombreuses, qui portent sur les premiers mots des vers.
(2) s'eberuce (Bû), s'aberuce (yw), el ce emberuce (xw), et si s'esbruce (yes), et ses berusce (Ko), si ces beruse (Ja), si ses buruce (Go), et s'esbeluce (Ky), et s'esberouce (Za), si s'esbeluce (Ba), si se rebruce (ha), les ieæ esberuce ( Lm3).
(3) et se huruche (Lf).
(4) Le passage manque dans Tou, Fa, Ga, Gi.
() La tête des vilains est souvent dans la littérature du moyen âge une Aure,
et c'est précisément de Danger qu'il s’agit dans ce vers de la seconde partie du
roman :
Et li vilains crolle la hure (v. 15385).
Même si l'on estime que le second geste serait mieux en harmonie avec l'attitude du paysan, cette considération esthétique, de valeur toute relative, ne saurait prévaloir contre les exigences de la rime. Je crois donc que l’assonance Aure : esberuce n’est pas imputable au poète et doit être considérée comme une faute commune à 1 moins Be, Ha, et à Il et HI.
On peut même se demander si aumuce ne serait pas, lui aussi, dans quelques-uns des mss. où je l'ai relevé, sinon dans tous, une correction faite, comme les autres, pour substituer une rime à une assonance, mais plus intelligente, et en tous cas plus heureuse, puisqu'elle aurait rencontré la leçon primitive (1).
Il est possible aussi que la pauvreté de la rime aux v. 1471-79 ne remonte pas à l'original:
A la fontaine clere et pure
Se vint soz le pin ombroier, Un jor qu'il venoit de chacier (v. 1470-72).
Au lieu de chacier, qui est la leçon de tous les mss. que j'ai vus, Méon a imprimé archoter ; étant donné que le’ souci de la qualité des rimes n'a tenu aucune place dans l'établissement de son texte, on ne peut l'accuser, sans injustice, d'y avoir de lui-même introduit cette correction qui fournit une rime riche. Mais rien ne prouve que celte préoccupation n'ait pas été celle d'un correcteur plus ancien. Il faudrait être à même d’apprécierla valeur de la version où archoier apparait d'abord, pour décider s'il représente la leçon originale, et si, par conséquent, chacier est bien une faute commune à I et IT, HE.
Le cas douteux de la rime onbroier : chacier mis de côté, il reste les fautes des v. 592, 1547-70, 2519-20, 3731-39, qui sont communes à [, Il et IT.
Mais cette conclusion n’est pas absolue ; elle ne peut pas être donnée comme telle, puisque, dans la plupart des cas dont elle est déduite, quelque ms. a évité la faute commune aux autres membres de son groupe. Répartir les mss. en deux familles, c'est bien théoriquement dire qu'ils remontent à deux archétypes 6, », autres que l'original ; constater des variantes communes à ces deux groupes, c'est, théoriquement toujours, reconnaitre que #, n dérivent d'un même ancêtre « qui avait déjà des fautes, et qui, par conséquent,
(1) On remarquera que Ha n’est pas accompagné de He.
Univ. de Lille. Trav. et Mem. Droit-Lettres. TOME VII. — 22.
n’était pas l'original. Mais ces déductions ne seraient rigoureusement exactes que si chaque ms., chaque groupe, représentait la version de son ancêtre pure de tout emprunt à une autre version. Et l'on a vu que tel n’est pas le cas pour les copies du Roman de la Rose, qui amalgament des lecons de familles différentes, et dont les groupements s’entrecroisent et s'enchevêtrent les uns dans les autres, et passent alternativement d’une famille à l’autre. Il est donc certain que la filiation qui vient d'être indiquée comporte des restrictions. Si I a pour ancêtre £, descendant de «, il peut néanmoins avoir aussi et a très probablement d’autres ancêtres y, à qui ne dérivent pas du même «; autrement dit, chacun des représentants de I peut, tout en reproduisant des variantes de 6, ne pas s'être approprié toutes ses fautes, parce que, n'étant pas homogène, il a substitué à des leçons de & les leçons correspondantes de ou de à. Les mêmes conjectures conviennent aux mss. de II lorsqu'ils ne sont pas fidèles à leur groupe. Et de même les mss. du groupe IT, quand ils n’ont pas les variantes spéciales à I ou à Il, peuvent représenter des copies s, «, indépendantes de celles dont dérivent les mss. de I et de IT. Ainsi s’expliquerait bien le fait qu'aux v. 1547-70 la leçon originale est fournie uniquement par Za, qui a des fautes spéciales à I et d'autres spéciales à IL, et par Ba, du groupe II.