‹ les manuscrits de roman de la roseChapitre 68 sur 141 · BIBLIOTHÈQUE DE COPENHAGUE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE DE COPENHAGUE

Comment maistre Jehan de Menun le fist a la requeste maistre Gillaume de Loras.

COPENHAGUE. BIBL. ROYALE Fr. LV.

Parchemin, 0,247 sur 0,170, second tiers du XIVe siècle, 161 feuillets (non nurnérotés) à deux colonnes de 36 lignes. Début du 2° feuillet : Z'out clos de haut mur bateillié. Une seule miniature, en tête du premier feuillet, dont le recto est encadré de feuillages et de personnages.

A la partie supérieure du recto d'une feuille de garde en papier, en tête du volume : « Ch. Charost, 1714 en may » ; à la partie inférieure : « T. Kleve ».

4°. — Fol. 1a-149d. Le Roman de la Rose.

Maintes gens dient que en songes

Atant fu jours et je m’esveille.

Explicit li livres de le Rose.

do, — Fol. 149d-154a. Le Dit de l'Empereur Coustant. Poème publié d'après le présent-ms. par A. Wesselofsky dans la Romania, VI. p. 161.

3°. — Fol. 154a-d. Un poème en 98 vers, sans titre; c'est une sorte de sermon sur: les bienfaits de l'amour :

A vous, singnour, qui des boins iestes, Ouvrés les ieus, dreciés les tiestes, Regardés moi ens ou visage,

Escoutés la parolle sage

Dont li fais sont plaisant et dous

Quelques amoureux de la légende sont cités :

Quant Eneas vint en Cartage, Dydo trouva o son barnage ;

A li remest, bien le retint, S’amour li quist, tant l’en avint Que courtoisement li donna,

Et Eneas tant se pena

Que ses gueres et si maisfait Furent amendé et deffait,

Ce dist (sic) Dydo par son savoir, Et Eneas proecce avoit (sic).

D’amours vint mainte gentil oevre :

Ja fist baronie Geneuvre

Mains chevaliers par ses boins dis, Sages, vaillans, preus et hardis, Lanselot dont oy avés,

Ysant, Tristant que bien savés, Palamadet le palasin ;

Si amanda mout Calhadin

Pour .1. joial qu’il li donna

Et ce que biel l’araisonna..….

Voici les derniers vers de la pièce :

Et je vous doins isniele pas Une bracie de pardon De par Venus, qui fist le don Paris, le fil Priant, d’Elainne, Dont cil de Troie orent grant painne.

Et se vous avés riens maisfait, Si vous pardoinst cestui mal fait Amours et ses commandemens ; Proumetés li amendemens.

Si vous enjoine em penitance Que vous ayiés en astinence Maisdit, Vilenie et Vanier.

Et qui ore volra canter Par courtoisie une canchon, Bien desiervira le pardon.

Explicit.

4°, — Fol. 154d-161. Le plait de Droit et de l’Evesque. Tel est le titre qui, mieux que « l'Evesque de droit », donné par le manuscrit; conviendrait à ce poème, de 916 vers, dont le sujet est le récit d'un procès en cour de Rome intenté par Droit à un évêque, à la nomination de qui il n'a pas participé ; l’auteur en est un clerc, versé en procédure canonique ; si, comme semble l'indiquer la fin du poème, imprimée par Wesselofsky (Romania, NI, p. 161), cet auteur est Brisebarre, ou celui-ci ne peut être identifié avec Brisebarre de Douai, ou il n’est pas vrai que ce dernier « n'estoit point clers, ne ne savoit lire n’escripre » (1).

Le ms. est picard; je ne noterai de ses formes que les moins banales : le # final après une voyelle autre que e féminin existe encore, l’é entravé est devenu îe : iestre, appieller, ete.; la dre pers. du singulier de certains présents et de certains parfaits de

(1) E. Langlois, Recueil d'Arts de seconde rhétorique, p. 13.

Page 1