‹ Les manuscrits du roman de la roseChapitre 110 sur 142 · C-Za-Ba-Bé-Da : v. 1341-49 intervertis · texte numérisé non relu

C-Za-Ba-Bé-Da : v. 1341-49 intervertis

Da-Ba : v. 176 Ce est cele quifail embler,pour C’e.c. q.semont d'e.; v. 618 Moul meinent de joie (Da: d. joer) grant bruit, pour Qu'il meine avec soi et conduil ; v. 269 et ton chief (A), pour les cheveus.

Da-Bd (2) : v. 410 Qui n'iert mie fet pour bergier (Bd), Qu'il n'iere pas faiz par b. (Da), pour Ou onc n'avoil entré b.; v. 1188 parti, pour percié.

Da-Ba-B& : v. 139 le mur, pour Le milieu : Enz anz le mur vije Haïne (Da), Dedenz !. m. v. j. H. (Ba), En mi l. m. estoil H. (Bä),pour Enz en le mileu vi H.; v. 1810 Son arc maintenant li tendi, pour Tout m. l'a. L. t.

Da-Ga : v. 316 entiere, pour chiere (3).

Da-Za : v. 115 coroît, pour seoit; v. 2553-54 omis. La valeur de la première variante est amoindrie par le double fait que le sujet du verbe est l'eve, et que le vers suivant se termine aussi par seoit; la seconde est probablement un simple bourdon causé par le début presque identique des v. 2552 Qui vont et 2554 Qu'il ont. Il se retrouve isolément dans Æa, de IL.

Ba-Za et Ba-Bä-Za (4) : v. 193 À riens que, pour Fors q.: v. A2 ne se tarde, pour n’est couarde. Ge groupement est surtout fréquent à partir du v. 1387 : v. 1387 tuiaus (5), pour ruissiaus; v. 1459 chuër, pour plorer; v. 1564 Grant partie, pour L'une moitié ; v: 1598 en leur, pour e. maint; v. 1602 Com je la vous voudrai retraire, pour Quant j'avrai espont le mistere (6); v. 1627-30 omis (l’omission du v. 1630 rendant le v. 1631 inintelligible, chacun des deux mss. restitue un sens, en modifiant, l'un le v. 1631, l’autre le v. 1632 : Que mout volentiers en coillisse A.Mm. u. q.j. t.(Ba), Se ne criensisse j'en C. Estre blamez .j. que tenisse (Za), pour Ne cremisse estre j'en c. Au moins une que je t.; v. 1193 lLevez

(1) Aussi dans X, L, M, N, de Il.

(2) Lacune dans Ba.

(3) Cette variante insignifiante existe aussi dans G, parent de Ga, dans Ri et dans K, N.

(4) Bd est avec Ba aux v. 193. 1387, 1564, 1598, 1602 (Quant j. 1. v. v. r.), 1627- 30, 1631, 1849, 2106, 2203-10, 2294, 2300, 2315, 3682, 3650, 3744, 3775,

(5) Ga a un vers tout différent de celui de Ba-Za, mais qui contient aussi le mot (uiaus.

(6) Vers omis dans Be.

(faute contre la rime), pour dreciez ; v. 1849 {rop me petüst, pour ne p. t.; v. 1910 avoir santé, pour joie et s.; v. 2106 angue, pour bouche; v. 2203-10 placés entre 2224-95 ; v. 2284 Si, pour Or ; v. 2290 Senz loi movoir, pour S. ieuz m.; v. 2305 mes piez, pour les ieuz ; v. 2315 souferrai; pour laisserai; v. 2467 Je l'ai par mon mal acheté, pour Bien seront mi m. a. ; v. 2645 que l'en, pour qui lor; v. 2650 corrous, pour dolor ; v. 2676 semble, pour souvient ; V. 2697-98 omis; v. 2727 Le cors la bele, pour Le saintuaire ; v. 3130 de cuer entier, pour au commencier ; V. 3144 C’est la chose, pour C’est une riens; v. 3148-49 Et hardement m'a aporié À mon Cuer d'aler essaier, pour Et h. el volenté Me dona d'a. e.; v. 3299 Si, pour Aînz ; v. 3239 Tant: fis que, pour Et tant que ; v. 3242 Bien set (Za : voit) n'i a, pour Et qu’il n'i a; v. 3260 que omis; v. 3632 mot, pour lui ; v. 3650 avoir, pour oùr ; V. 3144 vousisse, pour amasse ; V. 3115 que n'est basme, pour que de b. ; v. 390 Sur chascun trueve, pour Trueve a chascune.

Ba-Za (À) : v. 955-56 intervertis ; v. 1061 Si estoit au col bien ourlee, variante certainement apparentée à celle de 7, X, L, M, N, et qui probablement en dérive ; v. 1062 remplacé par 1061 (2); v. 1099 S’ot par devant, pour Mais d. ot.

Ba-Za-Ga : v. 112 amasser, pour aüner : Et les grans avoirs amasser (Ba), E. fai g. a. a. (Za), Les g. a. f. a. (Ga), pour £. 4. g. à. aüner. Za-Ga ont en commun fai (3).

Be-C-Da-H-Ga-Za (4) : v. 1241 Vis ot escuré reluisant (Be), À. v. e. (Da : Ainz est curee) et luisant (Da, Za), Le v. avoit douce et riaunt (Ga), Belle vermeille (Ca : B. et v.) et reluisant (C), Gente iert et (He : G. et) bele et avenant (A), pour Le vis avoit cler et luisant. Les participes escuré, curee, qualifiant dans Be, Da, Za le visage d’une jeune fille, semblent avoir quelque chose d’incongru, et n'avoir pu tomber de la plume délicate de Guillaume de Lorris. Le vers de Ga pèche contre la rime (-sant); il est spécial à ce ms., qui l'intervertit avec le précédent; la leçon de € pèche contre la flexion (il faudrait relwisanz); elle est également isolée; celle de Æ

pèche à la fois contre la rime et contre la flexion. On peut donc

(1) Lacune dans Ba.

(2) Aussi dans Y, K, L, M, N.

(3) Ra : E. fail l. a, amasser ; F, G sont avec Ga. (4)

4) Lacune dans Ba ; Bä a presque la bonne leçon : Le vis ot cler et reluisant.

croire que le vers était déjà altéré dans le prototype de 1 (1).

Be-Bü-C-H-Da-Ga (2): v. 1958 Luis dou vergier (Be, Da: d. guichet) seue merci. La leçon correspondante de IT est Ze guichet dou vergier flori. Le vers précédent se termine par ovri. Guillaume de Lorris a cherché la rime riche, commençant au moins, dans les terminaisons masculines, à la consonne qui précède la voyelle accentuée ; les cas où il n’a pu l’atteindre sont rares ; ici elle n'offrait aucune difficulté. La rime ovrti : merci serait la seule de tout le poème où l'homophonie serait restreinte à une voyelle simple ; dans la seconde leçon, la rime, plus étendue, est conforme à la poétique de l’auteur, et le sens n'y perd rien. J'ajoute que les représentants de cette dernière leçon ne manifestent aucune tendance à la rime riche; ils ont au contraire introduit ailleurs des rimes pauvres et se seraient fort bien accommodés de celle de la première leçon.

Be-Ba-Bü-C-H-Ga-Za : v. 2459 J'i (Ba, Ga : Je) voudroie estre par (Bd : pour) couvent, pour Jou ©. p. covenant (3). Le vers doit rimer avec maintenant. Même remarque ici que pour la version précédente, bien que la rime covent : maintenant soit moins pauvre que la rime ovri : merci.

Si ces derniers témoignages de l'union en une seule famille des mss. de I ne paraissent pas, par eux-mêmes, absolument concluants (4), ils sont renforcés par les groupements compliqués et souvent contradictoires dans lesquels on a vu chacun des mss. se Joindre successivement à plusieurs des autres. Il n’est pas possible de se rendre compte de ces croisements sans admettre que toutes les copies reproduisent des fautes provenant d'un même ancêtre, mais que dans toutes aussi des leçons empruntées à d’autres mss., de I ou de IT, ont été substituées à celle du prototype commun.

Ces indications sont encore appuyées par la façon dont se comportent les mêmes mss. dans le poème de Jean de Meun. A ce contrôle échappent toutefois Da et Ja, qui ne contiennent pas la seconde partie du roman. Les relations se poursuivront entre Be,

(1) Les v. 1241-42 sont omis dans L, M (de II), peut-être aussi à cause de la même altération.

(2) Lacune dans Ba.

(3) Les v. 2459-60 sont omis dans L, M.

(4) A la suite de l'étude du groupe IL, on trouvera quelques autres leçons qui paraissent être des variantes communes à I et à II.

Ba, Bà ; C et He seront unis par des variantes communes ; tous deux en auront avec B; Ga et Za, quiiront alternativement de I à Il, reproduiront souvent des fautes de B.

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