‹ Les manuscrits du roman de la roseChapitre 131 sur 142 · EN SPACE AU OU D · texte numérisé non relu

EN SPACE AU OU D

(SN:S.r. fait n'en eussent.

celui-ci par Que si apovrie me virent : v. 8053 Se, pour Que ; v. 8058 Fortune, pour Povreté ; v. 8076 Que nos deus Cuers, pour Pour quoi n.c. (1); v. 8077 El si bien, pour Car ainceis ; v. 8ÛT8 Que loiaus, pour Si que bons ; v. 8223-24 intervertis, avec Ou beles, pour Ou donez ; v. 8329 nus, pour lens ; v. 8340 rondiaus, pour fabliaus ; v. 8406 parmenable, pour pardurable ; \. 8407-8 en leur latin : chascun matin, pour. c. m.: e. dl. 1.4, x, 8428 prendre bataille, pour emprendre estrif ; V. 8435-31 Souz pavillons el souz courtines Par ces prez Cc‘ par ces gaudines Des rainsiaus sus eus, pour Ci arbre vert par ces gaudines (2) Leur paveillons et leur courtines De leur rains s. e. (3); v. 8164 prioit, pour faiseil ; v. 8171 Et bien vouloil (4), pour Et requereil ; v. 8826 Qu'il soit mais nule tele fame (5), pour C'onques puis fust n. leif.;v. 8860 De cul de costez, pour De braz de trumiaus ; deux vers entre 8862-63 : Que bien voi a vostre semblant Si com vous moustrez le semblant; v. 8863 Que point n'amez, pour Q. bien vei que ; v. 8866 Que je, pour Ainz que ; v. 8816 donc, pour Lors (6); v. 8883 puis je, pour p. autre ; v. 8928 le sofisme, pour {a mençconge ; v. 8999 Ze mençonge, pour le sofisme ; v. 8934 couvrechief, pour guindes (T); v. 8949 tesmoigne, pour raconte; v. 8950 de granz, pour pleins de ; v. 8963 Si a, pour Qu'eus ont; v. 8979 grant el qui tant poise, pour grosse el ©. li p.; v. 8986 Fuir l'en couvient tout Le cours, pour Si l’en c. f. 1. c.; v. 9026 Sanz garder i, pour S. regarder ; V. 9029 cerchant, pour traçant ; v. 9048 durement, pour malement ; v. 9055 Et se pourpense en son courage, pour £. s. pense e.s. fol C.; v. 9062 diverses, pour estranges ; v. 9081-82 omis ; v. 9083 Achele, pour Et de vair ; v. 9092 Pour moi jouer, pour P. vous baïsier ; v. 9097 Et, pour Mais ; v. 9184 compaignon, pour ce pense on; v. 9190 Nus ons vivanz ce dist, pour N. 0. si come ül 4. ; v. 922 peres, pour veisin ; v. 9229 Sont de voz cors seigneur et maistre (8), pour S. sis.

(1) N : Tant que n. c.

(2) Æ : Sous arbres v. el souz g.; N : Sur herbes ®. p. c. g. ) N : Des rainsiaus s. e.

Me : Bien requeroit.

Me : Que il fust puis n. tel f.

) K, N: ore. ; ) K, Net d’autres : guimples.

) Me : S. si de vous seigneur et mestre.

de vous et m. ; v. 9242 venu, pour entr'eus ; v. 9261 Porter quant alez, pour Car qg. vous a. ; v. 9272 tissuz, pour coifes ; v. 9278 soussier, pour enragier ; v. 9285-88 omis ; v. 9343 Mainles foiz, pour Aulrefeiz ; v. 9353-54 intervertis ; v. 9364 Tout plein de mautalent et d'ire, pour Ront li les cheveus et descire ; v. 9366 Come lions fait dessus ourse (1), pour Pour neient fust l. seur o.; v. 9424 m'ouez dire, pour vous ai mis ; v. 9431 travauz, pour tourmenxz ; v. 9456 En tele se s'amie chiere, pour E. t. que se senz preiere;v.9465 Mais puis que il sont espousé, pour M. quant sont puis entrespousé ; V. 9481 dessus Soi, pour seur son Col ; v. 9513-14 entre 9516-17 (9) ; v. 9513 Bien cuidoient, pour Cuidierent tuil ; v. 9532 après, pour avec; v. 9816 Est, pour Ont; v. 9678 Que nus beaus cors se doie vendre (3), pour Q. nobles c. se puisse v. ; V. 9684 Si que il ne la perde mie, pour Si qu'el nou deguerpisse m.(k) ; v. 9798 Zi redone un nouvel assaut, pour Li renforce en ce point l'a.; v. 10179-80 intervertis; v. 10288 je venoie, pour : jou trouveie ; v. 10304 Matebouche, pour ma besoigne ; v. 11039 Qui moul de mes oneurs, pour Q. mondaïnes 0. ; v. 11080 habit, pour estat ; v. 12164 adrechier, pour peeschier ; v. 12298 chose, pour essoîne ; V. 1322 un arbre, pour La rive(5); v. 13329 esrache omis ; v. 13352 gentement, pour sagement ; v. 13511-12 omis ; v. 13548 Aussi com pour coillir le vent (6), pour Si com pour prendre un pot de v. ; V. 18986 Trons, racines, fleurs el floureles, pour T. et rains et fruiz el flouretes(T); v. 19038 Que jel faz aler et sentir, pour Jou f. estre, vivre el s.; v. 19499 Et fait signe as genz qu’il, pour Æ£. f.s. et dil qu'il (8); v. 19636 Tuil el toutes qui sont humain, pour Cont.e.t. en vivain (9); v. 19692 Que n'est nus (ou uns) oîselez volanz, pour Q. ne peut estre oisiuus ou venz (10) ; v. 19812 Se cete, pour Se La garce (11) ; v. 20660 freste-

(1) N : Aussi comme l. sur o.

(2) 9515-16 omis dans Be, Ja.

)N:S.qu'il ne la querpisse m.

) Æ : l'escorce.

1) N:T. rains, branches. fruiz et flouretes.

8) N:Elf.s. que tuil.

(9) N':Elt.ett. souverain.

(10) De même Min, yv; Be: Que ne soit nus oiseaus volans; N:Q.n'est uns biaus poissons noanz; K : Q. li poissons qui est noanz.

(1) Æ, N:S’Atropos.

tant, pour flajolant ; v. 20947 helequins, pour melequins; v. 21046 El puis revet jouer du cymbre, pour Et taboure et fleute et limbre ; v. AO048 Et puis rejeue de la trompete, pour Æt citolte et trompe et chevrie; v. 21365-66 Les ot : forgier sot, pour à avoil : f. savoil; v. 21367-68 savoit (ou faisoil) : les avoil, pour ne sol : les of.

Liste de fautes spéciales à N

Vers 4156 parjur, pour honiz ; v. 4586 Ainz artet a delit entent, pour À. s’a. et se delile en tant; v. 49M n'a envie, pour ne se lie (1); v. 5030.et touz sainz l'entras, pour ou saint air l'e.t.; y. 5047 remplacé par trois vers : Soil rois chevaliers ou bourgeois Gentis hons lalins ou françois, Ou soit vilains ou soil ribauz, pour &.7. c. ou ribauz ; v. 5064 Mais que il aient, pour S’i cuident aveir ; v. 5140 Za finast (ou l'affinast), pour La faisnast (2) ; v. 5214 Qu'il en angoissent leur courage, pou Qu'il languissent en son servage ; v. 5353-54 intervertis; v. 5455-56 omis ; v. 5539 cuer, pour fi; v. 5541 Tüllis, pour Venus ; entre 5648-49 deux vers : Liez bien fort, car desservi L'avoit, et donts'en esbahi ; v. 5662 avoir, pour voetr; v. 5667 Leur metra l'en, pour Z. en m.; v. 5197 S'il te pilest met, pour M. sû t.-p.; v. 5869 ÆEradilus (ou Eradicus, Eraticus), pour Eraclitus ; v. 5891 Et qui, pour E. bien; v. 5892 Hons qui de gré puis ne s'i boule, pour Nus q. d. g. jus ne Se b. ; v. 9951 fiorir, pour foillir ; v. 5961 Et la sont li geneste granit, pour L. s.1. g.geant; v. 5962 coudre bien seant, pour cedre nain s.; v. 5999 Un fleuf, pour Cü fluns ; v..6126 Dont flairent souef tes ouleurs, pour De moul desguisees couleurs ; v. 6272 Qu'il tiennent et des poestez, pour Des eneurs el d. p.:; v. 6279-80 omis : v. 6281 Teus, pour Queus ; entre 6349-50 : Son bon mestre et metre a martire ; entre 6350-51 : Et a hair et a despire ; v. 650% Puis li revint, pour El p. resmul ; v. 6566 en (ou par) fangeries, pour par praeries ; V. 6590 S’aquiert, pour S’i quiert ; v. 6612 je Le verrai, pour nous le verrons ; V. 6677 Fors, pour Fos ; v. 6797-800 omis ; v. 6808 et {on lens, pour {ant enz; v. 6848 Tantsache parfont lire, pour T. ail lei p.; v. 6921 à la place de 6918, et v. 6922 omis ; v. 6923 dis, pour 01; v. 6940 baïsent, pour debaillent; v. 6955 N'onques

(1) À : ne se soucie ; M : n'estudie.

(2) K : s'i meslast.

encore, pour N'onc en ma vie; entre 6956-51 : Ne ja ne ferai en ma vie Ne pechié ne faz encor mie; v. 1040 la moleste, pour l'Atmageste ; v. 1168 Les argumenz aus granz poetes, pour Z. integumenz aus p.; entre 1314-15 deux vers : Et gardez que près n'en venez El de ce esloïgnier vous penez ; v. 1699-700 omis ; v. 1851-52 Ja voir abatus ne sera Ne ja pour. ce ne s'en laira, pour J. ©. pour ce ne l'abatreit Non par Dieu pas qui le batreit ; v. T853 De dire, pour D'atendre; v. 7867 Ceci, pour O!ce; v. 1880 vous peussiez, pour veie eüssiez ; v. 8113-14 omis ; v. 8167 Et comment que ele soit, pour El senz plus c. qu’el s.; entre 8168-69 deux vers : Ne jamais plus nes grevera Mais a ilant s'en passera; Y. 8225 chapiaus, pour glaons; v. 8352 ne quierent que les, pour ne queurent fors aus ; V. 8445 n'orent, pour n'aveil; v. 8515-16 omis; v. 8711 serf et honeure, pour enclins aeure; v. 8892 Font bonnes estranges, pour Font bien es e.; v. 895 presente (1), pour plaisant; v. 9250 Ou omis; v. 9273 Ces nobles dorez t., pour El cil dioré t. ; v. 9411 a ce fouir, pour de s’en f.; v. 9510 Triplon, pour Tritons ; v. 9676 Qui sont a tel villé, pour S. a si grant v.; v. 9695 vatre, pour reprendre (2); v.9701-2 omis ; v. 9861-62 intervertis (9862 avec M: est soz et nices, pour fait trop que n.); v. 9880- 901 omis ; v. 9946 Bele ou jeune, pour Vieille j.; v. 9974 Aussi est, pour Ainsi set; entre 10011-12: Aënz sont toujours o moi el terent, entre 10012-13 : Que je sai bien pas nel troverent ; v. 10061-62 omis ; entre 10076-77 répétition de 10037-38 ; v. 10101-2 omis; v. 10144 Qui de fain ardent, pour Dont Fains tert ardenz (3); v. 10452 Z4, pour Faüns (4); v. 10425-26 Lonc temps l'ai près de moi tenue Touz jourz est avec moi venue, pour Car L. t. est après lt. Esperance une feiz creue ; v. 10487 Si ne le devez pas, pour Si men devriez meins; V. 10647 fermement, pour seulement; v. 10702 aide, pour tele ; v. 10842 Qui a jurer les acoustume, pour Q. a parjurer l’a.; v. 11057 une viez roisne, pour un coutel troine ; v. 11206 tout son, pour Li son ; v. 11573-74 omis ; v. 11584 Queus qu'eus soient cointes, pour Pour qu'e. s. riches ; v. 11597-98 intervertis ; v. 11608 Ce dient li p., pour Sistrent scribe el p.;

(1) Aussi dans Be.

(2) M : blasmer.

(3) X, L, M : De Ji. a.

(4) L, M : Aïînz.

v. 11632 Li coupons ainsi, pour Aënsi c. et; v. 11666 Tuit de ce fait parçonier somes, pour T. dou f. p. nous fomes ; N. 11778 Ou ja ne s'en verra, pour Tost se pourreil voeir ; . 11860 O7 vous vueil la nouvele (ou mouele) espondre, pour O. en v. la mouele e. ; v. 13079 De tristrece fumee toussi, por D. triste f. roussi,; entre 12114-15 deux vers : Ne sont il pas ce vous plevis Onques riens ne l'en fu avis ; v. 12307 que se il bien, pour s'andui b. le; v. 12393 Si l'avironnerent tuit, pour Si l’assaillent tantost €. ; v. 12470 Ou par poisons ou par triacles (1), pour P. venins et p. tiriacles ; v. 12493 Se vous ne li acordissiez, pour S’ous ne vous ï'a.; v. 19540 Me ting du tout, pour D. t. m'en t.; v.12595-96 omis ; v. 19840 m’estuet, pour me voil ; v. 13043-46 omis ; v. 13203 l'espee, pour le glaive; v. 133817 Et lende derrier, pour Demi pié 4. ; v. 13349 si près, pour s'el peut ; v. 13466 Se sont bristé ou teste, pour Brisant ou braz 0. t.; v. 13486 de jouir, pour senzj.; entre 13975-76 : Qui ne li puet estre rendue, entre 13976-77 : Pour ce se s'est mis en mue;v. 1M17-18 Touz ou pluseurs se je peüsse Moul volentiers les recetüsse, pour T. 0. p. les receusse (2) S'ü leur pleust et je peusse ; v. 14682 La vieille d'autre part reva, pour El. v. aussi se leva ; v. 14839 N'encor Dangier pas, pour N'e. atantp.;v.14938 Trestout maïntenantl'ont enclos, pour Souz treis paires de clés e.: v.15293-94 omis; v. 15413 #remblant, pour branle et; v. 15655 doubte, pour frive; v. 15702 Chaciez la aüès . mais qu’el fuie (3), pour C. 7. puis qu'el tourne en fuie ; v. 15706 Gardez que n'i tournez le corps, pour Ne seit ja cornez vostre cors (4); v. 15899 Car Les especes font tant vivre, pour C. Z. pieces t. les f. v.; v. 16009-10 placés entre 16012-13 ; v. 16048 Aerbages, pour boscages ; v. 16938 Gardes, pour Garces;: v. 17163-64 omis; v. 18986 (voir p. 443, n. 7); v. 19636 (voir p. 443, n. 9) ; v. 19875-76 omis ; entre 20094-95 deux vers : Qui est de l’establissement As anciens dieus ensement; entre 20114-15 deux vers : Fu dieus en terre renommez El ainsi fu ü couronnez ; v. 20165-66 omis: v. 20318 Qui ont point de vie enterines Eves troubles ondes et fleuves Si con les lunes en sont preuves, pour Æves douces troubles et fines ;

(1) Aussi dans B.

(2) ÆÀ : T. volentiers L, r.

(@) Æ : Chacier la dois que touz jourz fuie.

(4) ÆÀ, L, M : tournez ®. c.

v. 20395-26 omis; entre 20334-35 deux vers : Or vous ai ge du parc parlé Tout ainsi come ti est allé.

A partir du v. 20830 environ, les mss. de AN se divisent en deux groupes : les uns, les plus nombreux, continuent à être le plus souvent d'accord avec X'; les autres /Nb, Na, Nf) se séparent complètement de Æ. Une variante du premier groupe est particulièrement intéressante, l'interpolation de dix vers entre 21428-99 :

Mais se je Raison creüsse,

Sachiez que sages fait eüsse,

De jour eler alasse et venisse (1),

Ne en tel lieu (2) ne me meïsse

Que ne veisse devant moi,

Mais ne la croirai pas. Pour quoi ?

Qu’ele me veut arriere traire

La ou mes cueurs se veut plus traire (3), Ainz me garderai de (4) ses voies.

Mais or laissons les vieilles voies (5).

Dans X, les huit derniers de ces vers remplacent les v. 21427-98. Dans Xy et dans Jo, quiest constamment d'accord avec Æ à la fin du poème, les v. 21427-28 sont remplacés par dix vers, dont les deux premiers donnent une leçon meilleure que les deux premiers de N (6) :

Et se je bien Raison (Jo : s. R. très b.) creüsse, Ja de (Jo : par) nuit (7) bouté ne m'i fusse ;

et dont les huit autres sont exactement ceux de X. Il est évident que la leçon de Xy, Jo représente l’état primitif de l’interpolation. Le correcteur a certainement voulu, non pas ajouter, mais substituer aux v. 21427-28 les dix vers nouveaux, puisque le dernier de ceux-ci ne diffère du vers 21428 que par l'interversion de deux mots (8). Æ a supprimé les deux premiers vers du remanieur, soit parce qu'ils rimaient en -wsse comme les deux précédents, soit à

) À omet cler.

) K : Ne ja ou l.

Ke : S. 0. atraire.

) & : Mais n'ai que faire d.

K :\ l. lees v.

(6) Mau, qui suit X', a le premier vers, avec la terminaison creësse, mais n’a pas le second.

(7) Ce de nuit explique le De jour du 3° vers de N, premier de XÆ. (8) V. 21428 Mais or laissons les voies lees; vers nouveau : M. o. 1. l. 1. v.

A cause de la faute conservée dans Mau (1); N a juxtaposé deux leçons en gardant les deux v. 21427-2%8, en même temps qu'il prenait les dix vers de l'ancêtre de Æ et de Jo.

Tous les mss. de N se retrouvent ensemble pour l'addition de 24 vers entre le dernier du poème et l’explicit, et de deux vers à la suite de l'explicit :

Et puis que je fui esveillié

Du songe qui m’a traveillié,

Et mout i ai eü a faire

Ainz que je peüsse a chief traire De ce que j’avoie entrepris ;

Mais toutes voies ai je pris

Le bouton que je desiroie,

Combien que traveilliez m’i soie,

Et tout le soulaz de ma vie,

Maugré Dangier ei Jalousie,

Et maugré Raison ensement,

Qui tant me laidenja forment ;

Mais Amours m'avoit bien promis, Et aussi le me dist Amis,

Se je servoie loïaument,

Que j’aroie prochainement

Ma voulenté toute acomplie.

Fous est qui en Dieu ne se fie,

Et quiconques blasme les songes

Et die que ce sont mençonges ;

De cestui ne le di ge mie,

Car je tesmoigne et certifie

Que tout quanques j’ai recité

Est fine et pure verité.

Explieit le Romans de la Rose,

Ou l'Art d’Amours est toute enclose.

Nature rit, si com moi semble, Quant hic et hec joignent ensemble (2).

Communauté d'origine de X, Z,, M, N

Fautes communes à X, Z, M, N. — Les quatre groupes X, Z, M, N, qu'on à vus unis par une même variante aux vers 14169-73, le sont en outre aux vers suivants : v. 4154 Par foi je m'en vueil,

(1) Voir p. 447, n. 6.

(2) Ges deux derniers vers sont de Gautier de Coinci, Sainte Léocade, v. 1239- 40, de l'édition de Méon.

pour J. m'en v. ce crei; v. 4157 Maufé m'avroient envaï, pour Maufez m'avreit bien e. ;v. 4619-20 jeunesse : dolente leesse, pour jouvente : 1. d.; N. 5010 La, pour Lors; v. 5308 faudront, pour toudront; v. 1006 Touz Jourz, pour Tencier; v. 1013 seürement, pour secreement; v. 1034 ceste (ou celte, lel), pour taire; entre 7120-21 six vers interpolés (entre 7118-19 dans Æ)(1); v. 7164 chose, pour fable; v. 7468 ointes, pour teintes; v. 71606 prié, pour requis ; v. 1108 veez, pour sentez ; v. 1112 criez, pour criant; v. 9181 mouvanz, pour volanzs ; v. 9676 venues (ou tenues), pour vendues ; \. 9822 Pour ce, pour À ce ; v. 9921-22 omis; v. 10249-50 omis ; v. 10378 me trouveront, pour m'apercevront ; v. 10409 fuir, pour fuie ; v. 10440 ne de letre, pour en sa L.; v. 11558 en deliz (L, M, N), de deliz (KÆ), pour ou de liz ; v. 11922 de nului, pour d'ome nul; v. 19316 prendre, pour rompre; v. 12571-72 intervertis ; v. 13628 mete, pour boute ; v. 14003-4 omis; v. 14134 laissassent, pour brisassent.

Fautes communes à À, M,N.—Onavu X, M, N réunis par une interpolation qui n'existe pas. dans Z entre les v. 4400-1 ; les exemples de ce groupement sont extrêmement fréquents ; je ne les citerai pas tous, mais j'en donnerai un grand nombre, qui me permettront plus tard de classer d’autres mss. par de simples renvois : v. 4183 Ceste amour qui (N: si), pour C'est l’a. q.; v. 6136 fu puis (2), pour est or ; v. 1196 Je les, pour Bien L.; v. 1480 leur... leur, pour eus... leus; v. 8056 brace, pour face ; v. 8345-46 seroil: feroit (M : avroit), pour seront: feront (3); v. 8600 Ou haïr (KÆ), Ou qui het(N), Ou qu'il'het (M), pour Ou qui veut ; v. 8662 merveilleus (4), pour perilleus ; v. 8824 Qu'estre empereriz (5), pour Que emp. ; v. 8936 delices, pour devices ; v. 9124 nice, pour fole ; v. 99236 vo bon renon (6), pour vostre r.; v. 9258 aniaus, pour noiaus ; v.9331 aussi (M, N), ainsi (K), pour avec ; v. 9726 voie, pour aie ; v. 9923 Car Juvenaus neis (K : C.J. bien nous ou

(1) Cette interpolation paraît être mieux à sa place dans Æ (et ba) que dan: L, M. N; je la crois néanmoins plus ancienne dans Z que dans X. Elle a été ajoutée ultérieurement en marge de Be et de Ce.

(2) Aussi dans Ba (Be manque).

(3) Be : seroit : aroit.

(4) Aussi dans Be

(5) Aussi dans Be.

(6) Aussi dans Be.

Univ, de Lille. Traw. et Mem. Droit-Lettres. Tome VIT, — 29,

450 GLASSEMENT DES MANUSCRITS L1

C. J. mout b.) aferme (1), pour Car il meismes bien à. ; v. 12188 devenu (2), pour ci venu ; v. 13042 Touz jourz par encherissement (3), pour Et t. j. p. enchierement ; v. 13082 failes, pour ferez ; v.13994 d'eus omis ; v. 15199 soient, pour semblent; v. 15714 Renarz, pour Xengiers (4); v. 16144 precieuses, pour {respercanz; V. 1631748 omis ; v. 16364 Sanz nul autre (K) (), S.ja a. (M, N), pour S. estrange ; v. 16569 chier avroit, pour ameroit; v. 16596 twisanz, pour naissanz ; V. 16642 Qu'un pou, pour Que trop ; v. 16648 el li voit, pour #/ veut ; v. 16764 en (ou a) terre (6), pour au centre; v. 16769 &1 ot si (1), pour &/ 2 ot; v. 17045 Et joinz piez très (K : Et touz jourz par) dedenz saülli (8), pour £. j. p. en Ethnas.; v. 11386 Tout bien et tout mal (N . De b. et de m.) conoissanz, pour Et toux bons et toux c.; v. 11M2 Ja ne l'en fust plus decevant, pour Maïs que plus ne l'alast grevant; v. ATTAT premission, pour prevision ; v.11933-34intervertis : v. 17983 a Dieu, pour aus cieus; v. 17985 oste, pour ostent; v. 11986 fait (9), pour font; v. 18085-86 Et querissent lout a loisir Ou mieuz feissent, pour Æt courussent ailleurs gesir O. m. celassent; v. 18117-18 omis; v. 18132 mauvais (ou maus) usages, pour en leur courages ; v. 18139-40 entrapees : aprouvees, pour encourpees : atrapees ; v. 18149-50 Et d'aulre part dit Salemons (Æ), Et si redit rois S. (M, N), Se la verilé en disons, pour Si dit S. toulesveis Puis que par l. v. vais ; v. 18156 Près semblent estre loing, pour Tres ÿ.s. st l.; v. 18175 estre, pour et; v. 18188 Qui au mirouer se con- Change (K), Qui es m. sont comme angles (M, N), pour Seit li meiens compoz ou sengles ; v. 18189 Pour la matire qu'est, pour D'une nature ou de; v: 18195 Qui la diversité, pour Qu'il si diversement; v. 18207 selonc ostacles, pour s'4 n'ont 0.;: v. 18211 De semblables choses, pour Sembler c. entr'eus ; v. 182928 Et ti

(1) Lr :C.J. meismes a.; Lv : Et J. meisme l'a; ye : C. J. mout bien la.; My, ra: J. meismes a.

(2) Aussi dans Be.

(3) Aussi dans Be.

(4) Mot corrigé dans Be.

(5) Be : S. de nul.

(6) Be : a terre.

(7) Be : il ot tout.

(8) ye : Et a p. j. d. s. Du vers 16823 au v. 17473, je ne donnerai pas les variantes de Be, qui a reçu de très nombreuses corrections.

(9) Aussi dans Be.

grant nain sachiez i semblent (K), E. L. g. s. n. is. (M, N) (1), pour Æ. &. geant n. i ressemblent: \v. 189256 Quant les vrais mirouers remirent, pour Q. vers I. m. se virent ; v. 18261-62 intervertis ; v. 18285 etssent, pour seëssent; v. 18287 Des diversites, pour Ne des visions; v. 18988 Qui, pour Tant; v. 18313-14 toutes voies : lenir voies, pour longues v. : loutes v.: v. 18338 aler, pour aprés ; v. 18341 faible, pour gent; v. 18355-56 Et tout ce leur semble dehors Et dient si com jou recors, pour Et de t. c. ls. lores Qu'il seit einsi pour veir defores : entre 18356-57 quatre vers interpolés : Qu'il ont veu ce (K omet ce) apertement, Mais ce leur vient certainement(K : M. toutesvois n'en dout noient) De peeur ou de fantasie, De freeur, de melencolie; v. 18365 El cuident bien (M, N), Et cuidierent (K), pour Qui veil ce cuide; v. 18385 Et flairs d'espices doucereuses, pour Et flaire e. oudoureuses ; Y. 18386 Et toutes, pour Et gouste ; v. 18405 Ci qui, pour Ou si; v. 18409-10 omis; v. 184926 Cuident par nuit veoir (K : voisent) estries (2), pour C. estre p. n. e.; v. 18431 trois nuiz, pour é. feiz; v. 18441-42 qu'eus songent (K a aussi des songes) : Mmençonges, pour vetües : venues; v. 18472-73 Que l'ame s’est dou cors partie El le cors est desaourné, pour Q.quantl'a.s’e. departie Dou c. einsi d.; v. 18484 Qu’ele a perdu, pour Dont el suit ; v. 18529-34 omis ; v. 18535 dirai, pour euvre; v. 18536 ont plus de, pour tant ont grant: v. 18550 chieent, pour euvrent; v. 18553 elemenz, pour climaz; V. 18563-64 omis; v. 18571 Car, pour Dont; v. 18579 de l’avoir nuisant, pour des amis poissanz; vV. 18580 Qui fait la gent, pour Douz est a leur ; v. 18581 remplacé par 18582; v. 18582 Zt par la trés grant ignorance, pour P. te defaut d'experience ; v. 18583 Qui bien avoir (K), Q. b. richece (M, N), pour Mais q. b. les; v. 18585 mout s'i craindroit, pour si c.m.; v. 18588 Qui mout ot de biens et de graces (K : m. ot vertu et granz graces), pour De leur amour el de leur g.; v. 18693-24 intervertis; v. 18639-40 de l'escriture : voient par nature, pour de letreüre : veit en l’escriture ; v. 18657 plus granz avantages, pour trop plus d'a.; v. 18692 Maint en a l'en ve douloir, pour Car nus trop n'est bons a voueir ; v. 18698

(1) 8x: Et li grant sachiez ressemblent. Il semble que l'ancêtre commun de ces groupes ait eu : E. 1. geant sachiez nain À ressemblent. (2) Aussi dans Be.

Plaisanz en faiz courtois en diz, pour Preuz e. f. el c. par TX v. 18700 pareceus ne vains, pour pas pareuz AUS D.; V. 18712 as arz, pour a sens; v. 18718 seroil, pour sera; NY. 18710 combatu, pour defendu ; v. 18828 si grant chose, pour mie C.; \. 18829 Con d'a, pour D'a.; v. 18837 d'argent, d'or (M, N), henas d'or (Æ), pour nes d’or ; v. 18848 Autre chose n'i pueent (K : c. cil n'i peut) prendre, pour S’ü à veulent essemple p.; v. 18907 perilliez, pour tuit pareil ; v. 18917-22 omis ; v. 18929 Les esperiz, pour leur rai; v. 18936 composicions, pour oposicions ; v. 18937-38 intervertis ; v. 18970 Selon leur, pour Tournant en ; v. 18978 Tout s'en va a definement, pour T. v. a son commencement; v. 18988 Jusqu'a tant que, pour Quant qu'et peut tant qu’; x. 19012 compagnie, pour courteisie ; v. 19041 De toutes vertuz seurabonde, pour D. {. les v. abonde ; v. 19049 vaut, pour peut ; v. 19053 En cest, pour C'est uns ; v. 19088 permanable, pour pardurable; v. 19229-30 Parjurez, faus el foi mentierres, Mescreanz, Simoniaus, vanlierres, pour Mescreanz, envieus, m., Parjurs, faussaires, fous, v.; v. 19988 Et pour (K: El la) Fain qui le, pour Et F. si fort Le; v. 19298 jour, pour ce ; v 19299 Si com fet ore, pour S. c. tu fais las ; v. 19303 beles dianes, pour Belidienes ; v. 19307 Se hastent bouterel, pour S’efforcent vouloir ; v. 19350 Zi mauvais prophete, pour Zi pseudo p.; v. 19364 Que (M, N: El q.) pour lui peussent, pour Qu'il ne peüst sanz eus ; v. 19402 Et leur response où avrez, pour Si con saluer les savrez ; V. 19458 Nus ne la peüst retenir, pour Qu'enviz l. p. l'en tenir ; v. 19459-62 omis ; v. 19481 parlement, pour parement ; V. 19497 EË ta (M, N: La) chartre adont leur, pour Et cü sa c.1.; v. 19499 Et fait signe que il(M, N: g. luit) se, pour E. f. s. et dit qu'il se; v. 19517 Car, pour Qui; v. 19519 determine, pour dona terme; v. 195335 garder, pour amer; v. 19582 pardurables, pour corrompables ; v. 19664 Voisent ü a (K) (Ü), V. à tuit a (M, N), pour Qui touz les met a; V. 19684 soient durement penible, pour seit doulereus et D. ; V. 19686 Si qu’en les voie en mi la face, pour S. que l'en l. v. e. la f.(2); v. 19736 et 19749 Gaudins (3), pour Cadmus ; v. 19848

(1) Ka : Ainz v. tout a.

(2) Be : Si qu’en l. v. ens en lor f.

G) Aa, Ke, Mau ont jadis au v.19736, et Gaudins (Mau : Gadins) au v. 19749 ; L: chascuns aux deux vers; Be a chascuas au v. 19736, il a modifié le v.19749.

Celerent, pour Estortent; v. 19854 Ce est Radentus et Minos (N), Ce sont Radencus el M. (M), C'est Radantus et Liminose (K), pour C’e. Radamantus et M ; v. 19880 de noient, pour d'outrage ; v.19935 el champ dou parc poli (K : joli ou poli), pour e. p. d. c. joli: v. 19979 Et {ouz jourz les reverront naistre, pour Que l.j.nes veient renaistre; v. 20162 Mais, pour Ne; v. 20244 Les bestes, pour Le bestail ; v. 20295 est roonde, pour e. si ronde; v. 20360 eschaper nus, pour riens embler us; v. 20380 Qui sont pardurables. pour Et p.; v. 20404 Qui de la fontaine bevroit, pour Q. boivre une feiz en pourreit; v. 20490 cele eve, pour en l'e.; v. 20613 Que l’en vous a dit (M : Q. je ©. ai d.), pour Que leù v. ai; entre 20638-39 deux vers : Mais comment que il vous aviengne De Raison vueil qu'il vous souviengne; V. 20642 Les biens que despenduz avez (K, M) (1), EL L. b. 4. a. (N), pour L. b. d. ou jouez; v. 20706 Que bien pot on la voiz, pour Qui b. set la sentence; V. 20738 lairai (2), pour laira ; entre 20810-11 une interpolation de 50 vers (3) :

Tel ymage n’ot mes en tour ; Plus avienent miracle entour (4) Qu’onc n’avint entour Medusa.

Mais ceste trop meilleur us a :

\ Vers Medusa riens ne duroit, Car en roche transfiguroit, Tant faisoit felonesses euvres, Par ses felons crins de couleuvres, Trestouz ceus qui la regardoient ; x Par nul engin ne s’en gardoïient, Fors Perseüs, li fiz Jovis, Qui par leseu la vit ou vis Que sa seur Pallas li livra.

Par cel escu se delivra (5); XV Par l’escu le chief li toli, Si l’emporta touz jourz 0 li; Mout le tint chier, mout s’i fiot, En maint estour mestier li ot :

Ses forz enemis en muoit,

(1) Des mss. de Æ ont L. b. d. en a.

(2) Be : ferai.

(3) Been a gardé les deux premiers vers etles six derniers. Cette interpolation se retrouve daus d’autres mss. (Jo, Bu, Bu, Maz), avec quelques variantes qu'il serait sans intérêt, sauf exceptions, de signaler.

(4) Be intervertit les vers 1 et 11 : Moul avenoil m. e. N'ot maïs itely.e. t.

(5) Maz omet les vers XITI-XIV.

XX Les autres a glaive tuoit.

Mais ne la vit que par l’escu, Car il n’eüst ja puis vescu ; Ses eseuz li ert mirouers, Car teus ert ou chief li pouers xx S'il la regardast face a face Roche devenist en la place.

Mais l’ymage dont ci vous conte Les vertuz Medusa seurmonte, Qu’el ne sert pas de genz tuer ie Ne d’eus faire en roche muer.

Ceste de roche les remue, En leur forme les continue (1), Voire en meilleur qu'onques ne furent (2) Ne qu’onques mais avoir ne purent.

XXXV Cele nuist et ceste profite, Cele ocist, ceste ressuscite, Cele les eslevez mout grieve (3) Et ceste les grevez relieve (4) ; Car qui de ceste s’aprochast XL Et tout veïst et tout touchast, S’il fust ainz en roche muez Et de son droit sens remuez (5), Si fust il a touz jourz gueriz De touz maus et de touz periz.

XLV Si m'’aist Dieus, se je poisse, Volentiers plus près (6) la veïsse, Voire, par Dieu ! par tout touchasse (7), Se de si près en aprochasse (8); Mais ele (9) est digne et vertueuse, D Tant est de biauté precieuse.

v. 20819 En fer, pour En metaus ; v. 20833 Ne si beles enfaçonees,

(1) Bu: Etenl.f.l. remue; Bü : Et en sa f. propre mue; Muz : Et de sa f. l. remue.

(2) Bu : que devant f.; Maz: que devant n'orent ; Bà : Vont e. m. que devant n'orent.

(G) Bû :l e.grevasl; Mas : L. relevés grevast ; Bu : Ceste L. grevez relecast.

(4) Bû, Mas : C. L. g. relevast; Bu: Cele l. relevez grevast.

(5) Jo, Bu, Bu, Maz: Ou d.; Bü, Maz ajoutent Ja puis roche ne devenist En son droil sens s’en revenist.

(6) Be : V. de pr.

(1) Be: Volentiers p. lout lat.

(8) Be : p.i a.

(9) Be: Care.

pour Ne de si bele façon nees ; v. 20840 Si que ül, pour Si fort qu'il; v. 20859 Car s'aucune, pour Par foi s'une ; v. 21196 veoir, pour tenir ; v. 21134 manie (1), pour debaille ; v. ADI respont la demoisele (2), pour respondi la pucele, etc.

Fautes communes à Z, M,N.— Ces trois groupes unis, à l'exclusion de X, par la variante du v:96928, le sont encore par les suivantes : v. 4187 Or, pour Donc (3); v. 4846 douce, pour mole ; v. 4855 d'avoirs, pour d'eneurs ; v. 5251-52 maleürez : desmesurez, pour d.:m (4%); v. 7159-60 intervertis; v. 1239-40 intervertis ; v. 7275-76 intervertis ; v. 7277-78 omis: v. 71294 comandemenz, pour comanz gardez ; \. 1308 retrairez (ou recrerez), pour tarderez ; v. 1438 Cointes, pour Gentis ; v. 1514 voudront, pour veulent ; v. 1161-62 placés entre les v. 7766-67 ; v. 8118 Destruiz, pour Despiz ; v. 8645 Que nus force ne lor meüst, pour Q. n. par f. nes eust; v. 8654 S'il iert qui les seüsl requerre (L, M), S'i fust q. bienl.s.r.{(N), pour Se l'en les saveit bien r.; v. 8653-56 omis; v. 9060-61 de plusors (N:de moul de) figures Ou de, pour de plus vüls f. Con de; v. 9095 Envers, pour Ne vers; v. 9201-2 placés avant 9199-200 ; v. 9200 sort et afolé, pour d'amours a.; v. 9300 desrompue, pour recousue (5) ; v. 9416 conscience, pour science ; v. 9475 trop, pour cele ; v. 9326 seignourie, pour simonie ; v. 9655 forfait, pour force; v. 9985 Et, pour Que ; v. 10015 m'en vois, pour m'en part; v. 10054 plaisant, pour poissant ; v. 10132 vienent, pour venrez; v. 10269 Dotenz, pour D'iluec ; v. 11311 Recevoient, pour Reteneient; v. 11558 en deliz (6), pour ow de liz; v. 11793 Le chief, pour La clef; v. 12243-44 forfait, pour mesfait ; v. 13189-90 sera : laissera, pour sereil : laïssereil; v. 13692 leçon, pour chançon ; v. 14452 serez, pour seiez ; v. 14667 trop, pour tant ; v. 15488 et fiers, pour terriers ; v. 15554 que ne l'ocie mie, pour merci qu'el ne l'ocie ; v. 17018 trop sont tart (L), trop tart sont (M, N), pour a tarts.;v.17120 faire, pour vouleir ; v. 17817-18 estrangleroient : le trouveroient, pour estranglereil : peliz sereit ; v. 18456 ettrois foiz vivent, pour {. f. revivent ; v. 19611 son, pour Leur ; v. 19630

(1) Aussi dans Be.

(2) Aussi dans Be.

(3) À omet les v. 4185-94.

(4) K : desmesurez : effreez.

(5) K : descousue.

(6) Æ : de deliz.

home, pour touz jourz ; v. 19658 letrés, pour regles; v. 19952 franches, pour fresches.

Fautes communes à X, L, M.— K, L, M ne sont que très rarement réunis en l'absence de N : v. 9719 en reclus (K, L), encluse (M) 4), pour en regle; v. 9151 mais que, pour pour q.; Y. 10072 Ma dame, pour Ha d. (2); v. 10144 De fain, pour Don! Fains (3) ; v. 11778 Tost en porroit estre delivre, pour T. se p. voueir d. (4); v. 14316 S5 se, pour Qu’el se; v. 14562 male chiere, pour laide c.

Fautes communes à ÆX, L, N. — Le groupement Æ, Z, N ne se présente que dans quelques cas dont on ne saurait faire grand état ; les mots aus genz du v. 4844 : Que mieux vaul aus genz el proufite (5), sont omis par les trois groupes, mais dans des conditions différentes pour chacun d'eux; dans N ils sont simplement remplacés par assez : Q. m.®. assez e. p.; les représentants de Z ont essayé, chacun à sa façon, de restituer au vers le pied qui lui manquait après la disparition de aus genz : Q. m. v. et que plus p., Q. trop m. v. et plus p., Q. mout v. m. et plus p., eic.; Æ a Dont elle v. m. et pr., mais il donne aus genz au v. 4846 /{ Vaut mieuz aus genz que debonaire, pour Que la douce et la d.) ; v. 11462 vueille, pour sueülle ; v. 11490 de tel, pour ceste ; v. 12167 voulons. pour venons; soueir du v. 13394 : Ainz qu'el puisse a soueir entendre, est omis dans les trois groupes : Aënçois qu'el p. ace e. (L), Ainçois qu’ele y p. e. (N), Ainçois qu'ele y p. point e. (K), mais il en serait peut-être de même dans M si celui-ci n'avait omis les v. 13393-94.

Fautes communes à Æ, N. — Vers 4353 malage, pour rage; v. 5536 vivoit, pour regne ol (6); v. 5662 Ne peut nus (K : n. ons) ensemble avoir, pour N. pol n. e. voueir ; V. 6749 peuz (1), pour sez; V. 1348 Servir devez (K), Devez servir (N), pour Vous Lo s.: v. 8162 souvent, pour griement (8); v. 8391 rainsiaus (N), rain-

(1) Me: Ja con recluse; Mo a aujourd'hui en rigle, mais écrit au XVe siècle, à la place d'un mot gratté, qui était sans doute encluse.

(2) N : Ha ma d.

(3) N : Qui de fain, variante qui semble se rattacher à celle de K, Z, M.

(2) N: Ou jane s’en verra d.; cette leçon, avec verra, se rapproche plus de la bonne que de celle de K, L, M.

(9) M : Dont m. v. a. g.e. p.

(6) Aussi dans B.

Aussi dans PB, ) M : forment.

siaus et ramoissiaus (K), pour ramiaus ; v. 8100 À trestoutes [lames trop seure (1), pour À toutes f. t. asseure ; v. 10196 ï entrent(2), pour £e hantent ; entre 15764-65, quatre vers de Bi (3); v. 15803 gietent, pour drecent ; v. 17382 mie decevant, pour pas de ce me vant ; V. 19692 poissons nouanz, pour oisel ou vent (4); v. 19784 qui bien i prende garde, pour q. leur prouece esgarde ; v. 19809-10 Ze mortoire : et pert la memoire, pour Leur mourie : tout delecherie; v. 19812 Se Atropos, pour Se la garce (5); v. 19819 Cil ra trois groinz qu'en son sein muce, pour Ses £. g.ens.s. li m.; V. 19847 confusions, pour {ribulacions ; v. 19849-50 omis ; v. 19871 Pourpensez vous et ne, pour Plus nuisanz que vOUS ne ; v. 19875-76 omis; v. 19877 Et alendrez, pour Ne ne craindrez ; \. 19937-38 intervertis; v. 19953 Que cueillent au printens, pour Toutes en leur p.; v. 19960 Fresches couleurs fines et vives (N), F. c. netes et fines (K), pour Fines c. fresches el vives; v. 19984 Les pastures riens ne leur coustent, pour Cuil. p. r. n. C.; v. 19989-90 omis : v. 20091 En preterit, pour E. partie ; v. 20028 Touz jourz leur est aparissanz, pour Qui t.j.l. e. parissanz ; V. 20053 Mais, pour Ne; v. 20067 touz jourz, pour en ce: v. 20134 par tout, pour vineus ; V. 20136 soutilla, pour semilla; v. 20165-66 omis ; v. 20209 court (K), corde (N), pour teil; v. 20607-8 intervertis; v. 20765 Et s'il est a., pour Si rest veirs qu'a.; v. 20768 Laisséni, pour Lairont; v. 20769 donne, pour donra; v. 209%7-48 galebruns (K), malebruns (N) : el bruns, pour hatebis : et bis ; v. 20970 pourtraite, pour graislete; v. 21035 À cloches, pour À roues; v. 21041 conduit (K), c'on dit (N), pour «a treble, etc. J'ai déjà signalé (p. #41), à propos des variantes spéciales à N, une interpolation commune à Æ, Nentre les v. 214?8-99.

Fautes communes à M, N.— Vers 4170 Ne ferai (6), pour Ne de ui; v. 4809 nices, pour cornarz (1); v. 5250 avec, pour come ; v. 5383-84 intervertis ; v. 5874 De touz, pour Touz (8); v. 6392 T'ont si 1) Aussi dans Be ; M : À toutes preudefames s.

2) Aussi dans Ba.

) Voir ces vers p. 399.

) M : oiselez volanz.

) M : Se cele.

) Aussi dans B et d’autres mss. ; Æ : N'iert de moi. (1) Æ : musarz.

(8) Le vers est complètement changé dans X : C’onques un jour n'en desmentirent,

en amour (1), pour T'o. lon athanor; v. 6458 Cossuemus, pour Suetonius (2) ; v. 6644 Car ainsi le voul dieus li rois, pour Quw'a. [. v. d. li verais (3); v. 6862 Se ü t a, pour S’& i prendra; v. 6912 vueil, pour dei (4); v. T181 Or l'ai puis leus trois moz (M), 0. l'a. cit. deus m.(N), pour Mais p. la. &. d. m.:v. 1246 Avoi dist ü par le cors Dé, pour Veëz d. i. p.l. doux. c. D.; V. 1384 mal (5), pour blasme ; v. 1620 Et i se font, pour Maïs i. [. leur; v. T134 Ce qu'il blasmera si blasmez, pour C. qu'il vourra blasmer b.; v. 7190 savrez, pour pensez (6); v. 7815 ou li priez, pour ou s'êl li plaist ; v. 1818 l'amende (T1), pour venchance ; v. 1920 prendre, pour conquerre; v. 8543-44 intervertis, et Par quoi vous rendez le musage, pour Ainz que ne vous ost le m.; NV. 8107-8 Juvenaus neïs le conferme (N : n. afferme) C'onques fame ne trouva ferme Et redit (N : le dit) par sentence ferme Et le jure (8) aussi etafferme (N : El devant touz auteurs l'a.), pour J. n.[. c. Qui r. p.s. [. (9); v. 8728 Ruffi (M), Ruphis (N), pour Rufins ; v. 8730 Si li dist par parole, pour Li d. une p.; aux v. 8193-96 M donne : Car puis qu'ù l'ota fame eùüe D'Argenteuil nonaîin revestue De verilé sans fanfelue Fu lu couille a Pierre lolue, pour C. p. qu'il lot si com met semble Par l'acort d'ambedeus ensemble D'A.n.7T.#F, lc. a. P. t.; N prépose les vers 8793-94 de la leçon commune aux quatre suivants : Æ{ que il ot a fame eüe D'A. n.r.F.L.c. « P. t. El ce (10) fu bien chose seue ; v. 8819 dist ele, pour vouleir ; v. 8892 Font bien (M), F. bones (N), pour Vont bien (11); v. 8943 Olympiadès, pour Alcipiadés ; v. 9074 Car aussi bien se Dieus me garl (12), pour Aussi b. s. D. m. regart ;.v. 91001 fout paoureus Si que, pour si p. Que je; entre 9156-57 deux vers : Æl qui toutes

)Jl': T'o.tant e. am.; Ja : Tant t'o.e. l'am.; K : T'ont ore ainsi.

) K : Centonius.

)Æ : Qu'a. L. 6. Jesus ti rois.

) K : m'estuel.

5) Aussi dans B, Ca.

6) Le vers est complètement changé dans Æ : Si en voudra mieuz vostre

(7) Aussi dans Be; L : justice.

(8) Mu : E. l. livre.

; (9) Lie est ici avec V:J.n. noùûs a. C'o.f.n.t..f. Il l.@. p.s..f. E.d. EE DO (10) Car ce dans Lw, qui a la leçon de N.

(11) K : Valent.

(12) K: Auiressi b.s D, m.g.

vous cercheroit Toutes pules vous trouveroit (1); v. 9303-4 D'un cuir tout blanc sanz ferreüre Tele (2) sera vostre ceinture, pour Mais dirai vous de quel ceinture D'u. c. t.b.s. f.; v. 9330 charauderesse, pour chareieresse ; v. 9338 Les Cuers, pour Andeus ; v. 9339 Andeus, pour Les cuèurs; v. 9502 Ne nus n'issoit de, pour N'isseit nus hors d.; v. 9504 N'onc nus n'avoit (M), Ne n. n’a. (N), pour N'onques n'a.(3) ; v. 9612maistre, pour prince; v. 9644 Haches, pour Couliaus ; v. 9T10 De quelque part qu'el soit venue, pour Quant el vendra de quelque rue ; V. 11058 Zi habiz, pour La robe ; V. 11938 a grantplanté, pour a poesté ; v.11980 Ou ææætiij® (M), Ou xæætij* (N), pour Tout dreit ouxaæt;v. 11604 æææiij®, pour æaœiij® ; V. 11621-22 As porteeurs des fais porter Pour ce fuient il lei porter (N : P. c.s'en veulent deporter),pour À. p. d. f. douleir P.c.f.1.t.vouleir ; v. 11726 mescroit, pour btasme ; v. 12500 Que tout prouvé, pour Veire p.; v. 19836 Nus n'i entra ne uine ier, pour N. ni vient ui nus n'ivint ier ; v.12898 Car touz a honte Les messe, pour Par toux les leus ou je venisse ; vx. 13399 grosses, pour lourdes (4); v. 13468 Palamirus, pour Palinurus ; v. 13821 soliers (5), pour clotez ; v. 13961 condicion, pour procession; v. 14418 Ou de blanc fil un luisselet, pour O. d.f. u. lumuisselet ; \. 14876 frair, pour servir ; v. 14993 Que se jamais vous 1, pour Car S..je j. v.; V. 15006 guerroie, pour voudreie (6); v. 15447 eùe, pour tenue(T); v. 15636 Entour, pour Entre; v. 15804 Et engins de pluseurs (N : maintes) manieres (M ajoute Granz caillous de plaisanz prieres, Qui valoient mieux que perrieres), pour Granz caillous de plaisanz prieres (8) ; v. 16060 Pourtraiz biaus bache liers ou(N: chevaliers et) roîs, pour Tenanz b.b. a r.(9); v. 16178pourroient, pour se pourreil ; v. 16180 Qui furent bon peintre

(1) Aussi dans Za : E. q. bien cv. encercheroit T.; Bé, Ra, Bo, B6, B6, yv: E. 4. b. v. (Bo, B6, B6 : à) regarderoit T.; Rt, Ro, Jo : E. qg. b. vous esprouveroit T.; Li: E. q. b. prendre garde à voudroi T.; Mar : Q. b toutes vous requerroit T.; Lw a la leçon de M, N.

(2}/Za: Dece.s.

(3) X : N'onc n'a. lions.

(4) À, Be : rudes.

(5) Aussi dans C ; À : coffre.

(6) Æ : pourroie.

(7) L : demie.

(8) K:G.c.d.pesanzs manieres.

(9) A : Qui furent bach. ar.

appelés, pour Que je mout b. p. apel les ; v. 16374 Que tantost li, pour Come ele li; v. 16492 a leur, pour nes au; v. 166835 Coupa li les cheveus as forces, pour C. Les c. a ses f.;: entre 16728-29 deux vers : £t com Genius l'escouta Ne la seurquist ne ne hasta; v. 17778 pouoit (N: pourroil) estre, pour pot alter; v. 18013-14 omis; v. 18754 es palais principiers, pour es palerneus fumiers ; v. 19096 Que il ait riens, pour Q. ce seit jamais; v. 19268 Que nus, pour Ne riens ; v. 19349 bien traite, pour recete: v. 19370 clains, pour plainz; entre 20036-37 répétition des v. 5999-602; v. 20772 pechié, pour vwülé (1).

Fautes communes à X, M. -- Les fautes communes à Æ, M, à l'exclusion de Z et N, sont peu nombreuses; en voici cependant quelques-unes : v. 4269 El se tu bien le, pour Æ. s. cestui b.; v. 4468 Qui a peine sont, pour Q. puis s. enviz ; V. 4599 Ci qui font (M), C. q. ont (K), pour Ne quel f. (2) ; v. 5214 Qu'ele les tient (Æ), Qui la lienent(M), pour Qu'il languissent ; v. 5134 Commant je donques que, pour C.j. pour ce q.;v. 8444 fines, pour leiaus ; v. 8445 n'esloient (K), n'estoit (M), pour n'aveit fait (3); v. 8739 Ou laz (K), Un laz (M), pour Ou harz; v. 9613 qu'a droit les, pour que d.leur ; v. 13076 Que nus ne vous en peut (4), pour Que ne ©. e. puis riens ; v. 13179 de son pais, pour dou biau p. ; v. 15322 plus biau, pour meins lait; v. 13435 a longue aleine, pour a wne a.; v. 13489 Sachiez, pour Sache ; v. 13690 Car maint home ont (Æ), C. m.en ont (M), pour C. moult ont maint; v. 11345 Qu'autrement n'en puist, pour Quant a. peut; v. 20246 nule noire, pour beste noire. |

Fautes communes à X, Z.—X,ZL ontà es deux ou trois fautes, très peu significatives, qui leur soient spécialement communes : v 9175 felon, pour jot et; v. 11936 puissent estre m., pour puisse estre la m. (5).

Fautes communes à Z, N. — Z, N paraissent unis, à l'exclusion de X, M, par les variantes suivantes : v. 4627 perdront, pour perdent; v. 5179 leur, pour ser (6); v. 5242 omission de Zarge : Pour

JAN: ve.

2) B: C. que f.; 6a : C. q. o,; N : Dès qu'il f. 3) N : n'orent f.

) Aussi dans Be; N : C'on n. &. e. peul riens. ) N : puisse ore GLNTDE

5) Æ : cerlain.

leur cuer qui est(ou qu'il ont ou mout) charilable (L), P. l. bons cuers C. (N), pour P. 4. c. large etc.; v. 6559 chace, pour giete ; v. 681 Pour ce vous moustre trés (N : m. je) chier pere, pour P. C. v. pri mon t. C. p.; v. 1840 garanx, pour tesmoinz ; v. 8053 Onc, pour Que ; v. 8256 sera-pour l'avront; v. 9367-68 intervertis ; v. 9705 recerchier, pour reverchier; v. 11753 De quoi, pour À a. (1); v. 12656 par moi, pour p. poi(2); v. 13817 Demi derrier el devant (L), El tende d. et 4. (N), pour Demi pié d. et a. (dans les deux groupes, pié est omis; la variante de N'a pu être introduite par quelqu'un qui cherchait à rétablir le vers faux de Z; mais il est possible aussi que les deux fautes soient indépendantes l’une de l'autre); v. 14703 Enz, pour Sus ; v. 14994 Si me, pour Si nous.

Fautes communes à Z, M.— L, M ont en commun, à l'exclusion de X, N, les variantes qui suivent : v. 4687 entiers, pour entr'eus ; v. 9523-24 omis: v. 9897 fenir, pour servir (3); v. 19964 Et que destourbier, pour Que de d.; v. 14559 pris omis; v. 14681 ala, pour va; v. 16009 {reuvent, pour treuve; v. 16018 choses, pour fourmes ; v. 19919 reciler, pour retenir; v. 19945 besteletes, pour berbietes ; v. 19950 vertueuse, pour mnerveilleuse ; v. 19965 Mais, pour N'eus; v.20183 d'ennui, pour d'eneur; v. 20450 d'autrui, pour d'ailleurs. Dans les deux exemples suivants, N à une variante spéciale qui peut avoir remplacé l'une aussi bien que l’autre des deux leçons : v. 10152 Aënz (L, M), pour Fains (N : It); v. 17308 voiz (Z, M), pour wevre (N : chose).

Appréciation de la valeur des groupes X, Z, M, N

Des différentes combinaisons dans lesquelles on vient de voir alterner les groupes X, Z, M, N, il ressort de toute évidence que le texte de chacun des trois groupes X, M, À a subi de nombreuses corrections empruntées à d'autres versions. À défaut de cette évidence, il serait facile d'en fournir d’autres preuves. Dans la liste des variantes communes à ÆX, M, N, j'ai noté celles qui se retrouvent dans B ou Be; si j'avais allongé cette liste, le nombre des renvois à Be aurait augmenté d'autant, même avec la liste réduite,

(OEME Pare (2) K : p.toul; M omet les v. 12655-58.

(3) Passage omis dans N.

telle que je l'ai donnée, il aurait été notablement plus considérable sans les multiples lacunes de Be et surtout de B5.

Le fait que M, N ne sont unis à Be, sauf exceptions, que quand ils accompagnent Æ, montre que c'est par celui-ei que l'union s'est accomplie. (ette attestation est encore confirmée par les nombreuses variantes qui unissent Æ, à l'exclusion de M, N, à Be ou à B. En voici des exemples (1) : v. 4213 mot (Be), pour lui ; deux vers interpolés entre 4298-99 (2): v. 4561 du delil(Ba), des deliz(K), pour des lets; v. 4884 verriez, pour verreient; v. 5326 Maïs ce n'est pas (Be), pour M.n'entent pas; deux vers interpolés entre 5382-83 : Les pans liez (B : nouez) a la ceinture Tant con trestouz li mondes dure (3), v. 3434 disl Raisons (Be), pour d. ele or; v. 3527 dormoit, pour iert toux jourz; v. 6310 en plus bas (Be), pour érebuchier ; v. 6689 autrement (Ba) (4), pour autre ome; 26 vers interpolés entre 6916-17 (Ba) (5); v. 1168 enseignemenz (Ba)(6), pour inlegumenz ; v. 1220 comment (Be), pour souvent; v. 1430 du tout (Be), pour ce crei ; v. 1433 avenir, pour ja venir ; v. 8622 pardonoît (Be), pour sermoneit ; v.9100 pereceus (Be), pour pouereus ; v. 9565 Se coururent (ÆX), Si c. (Be), pour S'escourserent; v. 9957-58 intervertis (Be) (1); v. 10238 jetasse, pour ostasse ; v. 10416 À pot que n'ai, pour Près que je n'ai; v. 13262 comme (Be), pour pis que: v. 13322 plus biau (Be), pour meins lait ; v. 13329 rudes (Be), pour lourdes ; v. 13361 bouche (Be), pour gueule ; v. 13800 entendant (Be), pour entendre ; v. 13857 vraiement (Be), pour errauwment ; v. 14458 Ainz (Be), pour Or; v. 15194 voir, pour dreit ; v. 15332 douce (Be) (8), pour foule; v. 15655 autre, pour quelque; v. 16529-30

(4) Pour éviter des complications inutiles, je ne citerai que des variantes de K qui se retrouvent dans Ba et Be, sans m'occuper des autres représentants de B; sila variante n'existe que dans Ba ou dans Be, je l’indiquerai entre ( }).

(2) Aussi dans J (voir ces vers p. 359).

(3) Ces vers sont intervertis dans Za : Tant com porroit grant aleüre Les pans laciés a la ceinture.

(4) Lacune dans Be.

(5) Déplacés dans Be (voir p.388 et p. 380, n 12). Cette interpolation existe aussi dans J, Ri, Ro, He, Bu, xw. Dans xw et dans Bu, elle est placée entre les -V. 6920-21. Elle a été publiée par M. J.-A. Herbert, d'après xw, dans le Gentlemans Magazine, an. 1906; elle sera donnée en appendice dans mon édition du poème.

(6) Lacune dans Be.

(7) Lacune dans Ba.

(8) Lacune dans Ba.

omis (Be); v. 16704 /e nous (Be), pour neës; v. 16757 reont (Be), pour s'ondece ; V. 16762 eslables (Be), pour melables. Ba s'arrête au v. 16798 ; les exemples qui suivent sont empruntés à Be seul et à À : v. 17485-86 intervertis ; v. 17590 s'avenoit, pour s'ü ravient ; v. 18010 chacier, pour trailter ; Y. 18092 Genius, pour 4 prestres ; v. 19756 Mout estes de, pour Mout avez les ; v. 20165-66 omis ; v. 20433 deduit, pour conduit ; v. 20503 De feuilles, pour Æl de feuille ; V. 21144 enchantez, pour tentez ; v. 21455-56 omis; v. 21475 flateeur, pour flajoleeur.

M, N, réunis ou séparés l’un de l’autre, ont quelques fautes de 2 qui ne se retrouvent pas dans ÆÀ ; on peut les expliquer soit par leur présence déjà chez un ancêtre de À. M, N, dont Æ aurait corrigé la leçon, soit par des emprunts directement faits par M et N. Ces cas particuliers n’empèchent pas qu'on doive considérer Æ comme l'intermédiaire par qui M, N ont reçu la plupart des leçons qu'ils doivent à B. Du côté de B, l'intermédiaire a été l'un des mss. de la branche dont font partie Be et Bi(1) ; c'est ce que prouvent les fautes communes à Æ et Be à l'exclusion de Ba; outre les exemples qu'on vient d'en voir, j'en signalerai deux antres tout à fait typiques, que j'ai notés ailleurs : celui des v. 15645-46 dans l'étude de J (2), et celui des vers 15745-64 dans l'étude de Bu (3). Ce dernier exemple montre Æ et N juxtaposant deux leçons d'origines différentes, celle de la version commune et celle qui la remplace dans B5.

* On trouvera signalées ailleurs des fautes communes à Æ età d'autres mss., notamment aux représentants de /, surtout à Jo. Plusieurs des variantes communes à 7e et à Æ se représentent dans = sous une forme plus ancienne que dans Æ (4).

(1) Si j'ai laissé Bi de côté dans la comparaison de K, M, N avec B, c’est à cause de ses nombreuses et considérables lacunes : non seulement la plupart des fautes communes à Æ et Be devraient se retrouver dans Bi, mais Æ a des fautes de Bi que n'a pas Be, par exemple v. 15685-86 En l'erboie (Bi: E. l’erbe) sous l'olivier (Bi : s. un 0.) S'ombroioient les (Bi : S'ombrotient de coste) un vivier, pour Sous un peuplier en l'erbe esleient Joustle un vivier ou s'ombreieignt. Jo a ja même faute: En herboi sous un olivier S'ombroient dessous .j. vivier.

(2) Voir l'étude de J.

(3) Voir p. 399.

(4) Voir l'étude de ys. Voir aussi p. 447 une variante plus ancienne dans Jo que dans la plupart des mss. de K. Ce n’est peut-être pas par un simple hasard que le v. 5510, omis dans Jo, ne vient dans Æ qu'après le v. 5512.

M et N, lorsqu'ils sont alliés à X, participent à ses multiples arrangements du texte ; lorsqu'ils sont séparés de lui, c'est souvent K qui les a quittés ; mais souvent aussi ce sont eux qui ont changé de direction. LR

On vient de voir N, en compagnie de Æ, juxtaposer à la leçon commune des v. 15745-64 la version correspondante d'une autre famille ; aux v. 21427-28, c'est la variante de X lui-même qu'il juxtapose à la bonne leçon (1).

M interpole deux vers entre 12904-5 : Par touz les lieus ou je venisse Mout chier achaler leur feisse. Le premier de ces vers n'est autre que le v, 12898 de la leçon commune, qui est remplacé dans M, N par Que touz a honte les meïsse : le v. 12898 n'existant plus chez l'ancêtre de M, N, il est évident que M, pour l'intercaler entre 12904-5, l’a emprunté à une autre version. Le v. 15804 est remplacé dans N par un vers tout différent ; M donne ce vers de N, puis celui de la leçon commune, puis un quatrième que la rime exigeait (2); il semble, à première vue, que M accouple ici deux leçons, la bonne et celle de N ; cependant il serait aussi légitime de supposer que c'est N qui a abrégé la leçon de M. Et cette dernière hypothèse me parait être conforme à la réalité. Les séries de quatre vers sur une seule rime, obtenues par l’addition de deux vers nouveaux placés l'un à la suite d'un vers de l'original, l'autre à la suite du vers suivant (1, 1bis, 2, 2bis), sont assez fréquentes dans N pour qu'on puisse y voir un procédé du remanieur à qui nous devons ce groupe (3). Quoiqu'il en soit, on se trouve en face d'un dilemme dont chacun des termes dénonce l'incohérence de M : ou toutes ces séries monorimes remontent au prototype de N,et N, pour une raison quelconque, à réduit celles des v. 15803-4 ; dans ce cas, M, pour garder trois de ces variantes et rejeter les trois autres, a dû s'inspirer de plusieurs versions ; ou l'ancêtre de N n'avait pas la dernière série, et M n'a pu l'obtenir qu'en combinant la leçon commune avec celle de N.

Aux v. 19847-48, au lieu de par leur tribulacions Estortent Les

(1) Voir p. 448.

(2) Voir p. 459.

(3) J'en ai précédemment signalé un exemple dans la première partie du roman : V. 1195-97 (p. 287), et dans la seconde partie, cinq, dont deux sont aussi

dans M : v..6349-51 (p. 444), v. 10011-13 (p. 445), v. 13975-77 (p. 446), et v. 8707-8 p. 458), v. 8793-06 (p. 458).

confessions, K, N ont p.{. confusions Celerent 1. c. Gelte variante ne peut être décomposée ; il est évident que les deux mots fyibulacions el Estortent ont été simultanément remplacés par confusions et Celerent,; cependant M n'a que la moitié de la variante : p. 4. lribulacions Celerent 1. c.; il fond donc, ici encore, deux leçons.

Nous retrouverons ailleurs M en relations avec d’autres groupes.

Nou seulement le prototype de M combinait des extraits de différentes versions, mais chacun de ses représentants apporte à son tour de nouvelles contaminations au texte ancestral.

La comparaison de Z avec À, M, N n'infirme en rien l’homogénéité de son texte; elle laisse au contraire l'impression que ce texte est antérieur à celui de leur prototype; impression qui est soutenue par des arguments du genre de celui-ci : malgré l’omission dans X, L, M, N des v. 9921-% : Neis Salomons n’en pot trouver Tant les seust bien esprouver, L n'en a pas moins gardé sans le modifier le vers 9993 : Car à meïsmes bien aferme, que la disparition du nom de Salomon a rendu inintelligible; l'ancêtre de KX, M, N, pour lui donner un sens, a substitué Juvenaus à ü (1) : sa variante est donc postérieure à celle de Z, dont elle dérive.

L na aucune variante de À; les fautes communes à Ab et à Z sont rares et insignifiantes (voir p. 355-b6), l'absence de Ab lorsque Ac se rencontre avec L prouve que ce n’est pas celui-ci qui est venu à À {voir p. 357). Jamais Z n'est avec B ou Cen l'absence de Æb, He. Les variantes des v. 7468 ointes (K, L, M, N et Be, B&) (2), pour teintes ; v. 11814 se vivroient (L, Be). pour chevireient, sont sans importance ; d'ailleurs Be pourrait être l'emprunteur. J'ai signalé précédemment (p. 407, n. 2, 3) deux variantes communes à Ce et à L, mais Ce étant dans chacun des cas séparé de Ca, c'est lui qui a emprunté les variantes ; lorsque Ca et Z sont ensemble (voir p. 409), c'est probablement Ca qui est venu à Z.

J'ai eu déjà l'occasion de noter quelques variantes communes à L et à Eb, He (voir p. 411, 418, 414). Les v. 7761-62, omis dans Eb, sont placés dans Be entre 1164-65, dans Z, M, N entre 7166- 67 :les v. 7160 et 11762 commençant tous deux par les mêmes mots Et prent, il n'est pas surprenant que plusieurs copistes aient transcrit le v. 1163 à la suite du v. 7760, puis aient cherché à réparer

(1) Voir cette variante p. 449.

(2) Ba a la bonne leçon; B& suit assez souvent Z.

Univ. de Lille. Trav. et Mem. Droit-Lettres. Tome VIT. — 30.

leur erreur dès qu'ils l'ont aperçue. Les v. 9199-200, omis dans AC, B, Eb, He, se trouvent dans L, M, N entre 9202-3 ; cette fois, il ne s'agit pas d'un simple bourdon; on peut donc supposer que Z, ayant omis les v. 9199-200 en même temps que AC, Be, Eb, He, les a reçus plus tard d'un correcteur, et qu'ensuite cette correction marginale a été maladroitement introduite dans le texte. Conime on n'emprunte pas une lacune à un tiers, on devrait admettre un même ancêtre pour AC, Be, Eb, He et L,et de cet ancêtre pourraient provenir les quelques autres variantes communes à ces mss.; mais ces fautes sont si rares que l'explication, pour être plausible, n'en reste pas moins douteuse.

Représentants de X, L, M, N

Il reste à dire des groupes X, L, M, N quels en sont les représentants. Je considère comme tels non pas tous les mss. qui leur ont fait des emprunts plus ou moins nombreux, mais ceux seulement dont le texte, soit dans tout le cours du poème, soit dans une partie de quelque étendue, a leur texte pour base.

Font partie de X, totalement ou partiellement, Xa, Ke, Ki, Ko, Ky, Kb, et Lt, Nh.

ss

Il arrive quelquefois à Æa, lorsqu'il s'écarte des autres représentants de Æ, de se trouver seul avec J, M, N ou B; comme ces groupes ont de très nombreuses affinités avec Æ, on ne peut aïfirmer dans ces cas si c’est Xa ou l'ancêtre commun des autres mss. de Æ qui a dévié : v. 1348 Servir devez et honorer (Ka), D.s.e.h.(B,N), Servez les elles honorez (autres mss. de X), pour Vous Lo servir e. h.; V. 8622 pardonoil (Ka, Be), pour sermoneit ; x. 8662 merveilleus (Ka, Be, M, N), pour perilleus ; v. 16484 mari (Ka, M, N), pour osteus ; V. 18879 Mais morz par sa grant difference (Ka, M, N), M. mal par mortel 4. (autres mss. de Æ), pour Qui p. s. mortel d.; v. 18936 composicions (Ka, M, N), pour oposicions ; V. 20156 Qu'ons est sers (Ka, M), O. e. s. (N), pour Est 0. s.. v. 20244 les bestes (Ka, M, N), pour /e bestail.

Ke Se sépare du groupe depuis le v. 8543 jusqu'au v. 9958, de

même au v. 11047, puis du v. 12158 au v. 13262. A part ces exceptions, il représente fidèlement Æ.

Xi a été examiné dans le groupe I (p. 421).

Ko reste fidèle au groupe jusqu'au v. 15540 environ, puis s’en sépare ; alors, pendant à peu près 3000 vers, il reproduit régulièrement les fautes de Z ; il a ensuite des fautes spéciales à d’autres mss., notamment à M et à Ca; en même temps que Ca il se retrouve de nouveau avec Æ du v. 19440 au v. 20070 environ. Il quitte ensuite une seconde fois Æ,pour suivre définitivement Z, tandis que Ca, qui a aussi, en même temps que lui, quitté Æ, n’a pas toutes les variantes de Z. Ko a des fautes spéciales en commun avec Æa : v. 8953 Qui tors, pour Car lins ; v. 11397 granit (leçon de Z}), pour franc; v. 18207 oracles, pour ostacles ; v. 18441 des songes, pour que songent de XÆ.

Ky a la bonne leçon contre Æ aux v. 21065, 21131, 21959, 21965, 21548, 21616, 21637 ; il n’a pas les deux vers interpolés par Æ entre 21754-55 ; il a la lecon de M au v. 20734.

Kb entre dans le groupe ÆX probablement au v. 7300, premier d'un cahier dont l'écriture diffère de celle des précédents ; auparavant il faisait partie de Z. Au v. 7294 il est encore avec ZL; il n’y est plus au v. 7308; dès le v. 7348 il a une faute caractéristique de X, qu'il ne quittera plus qu'entre les v. 13322-837.

Lt, étudié avec le groupe Z (p. 480), fait partie de Æ jusqu’au v. 8314, puis entre les v. 14452-908; il suit plus spécialement Xy. Nh, étudié avec le groupe N (p.486), suit Æ entre les v. 6208-593 et entre les v. 7010-9056.

La, Le, Li, Lo, Lu, Ly, Lb, LC, La, Lf, Lg, Lh, Iÿ, Lk, Lm, Li, Em, Lm®, Lrÿ, Lmi, Lm/, Lm®, Lp, Lo, Lr, Ls, Lt, Lo, PANIER DT) RU 07

ILest difficile de suivre un ordre rigoureusement logique dans l'examen des représentants de L. L'ordre alphabétique aurait sa raison d'être pour certaines parties du poème ; dans d’autres parties, il serait en contradiction avec des affinités nouvelles : Zv et Li, par exemple, sont intimement unis durant presque tout le cours du poème; Zæ se joint de bonne heure à eux; cependant, aux v. 9521-

9%, Le avec Le, Ld, Lo, Ly forment un groupe spécial, dans lequel n'entrent ni Lw, ni Læ: et d'autre part, Lo, de ce groupe, fait partie de I, et l'on a vu, à la variante des v. 15015-16, Ze associé à Lb, La, Lré, Lm*, Lnÿ, Lm.

Autant que possible, je suivrai un ordre correspondant au plus ou moins de fidélité de chaque ms. vis-à-vis de l'ancêtre commun, tout en cherchant à ne pas séparer ceux qui ont entre eux des attaches particulières.

Lo a été examiné dans le groupe I (p. 421).

La est pour le poème de Jean de Meun, comme pour celui de Guillaume de Lorris, le plus ancien représentant de Z. Ses fautes individuelles ne sont pas rares, mais son texte ne présente aucune variante empruntée à d’autres groupes. Il n’en serait probablement pas de même des copies qu’on a pu en tirer après qu'il eut reçu, en marge, des additions provenant de Z ou d'ailleurs.

Lb aussi représente fidèlement Z, bien qu'aux v.15015-16 il ait la 4° variante au lieu de la 3°. Cependant il a la bonne leçon contre £ au v. 7034. Il est diflicile de décider si ses variantes du v. 14682 : Et la vieille aussi s'en va, et du v. 19630 : Par cui tuit li mortel vivent, procèdent de celles de Z ou de la leçon primitive ; il serait assez tentant de les considérer comme antérieures aux variantes de L, qui les aurait modifiées pour rétablir la mesure du vers.

Les fautes de Z qui ne se retrouvent pas dans }, sont rares et peu importantes : le cas se présente aux v. 5249, 5551, 7034, 9799, 9897, 10144, 13394, 15447, 17190, 17453, etc.

x oppose la bonne leçon aux variantes de Z aux v. 5179, 7034, 8854, 9792, 9897, 11799, 13317, 14539, 14681, 14689, 14703, 19945, 20053, etc. ; il a la variante de M seul au v. 4156 ; de N seul aux V. 4844, 17308; de M, N au v. 7178 ouvrirent (L : couvrirent, K°: rendirent), pour vestirent.

LC, Ld, Lo, Lv, Ly, en intervertissant les mots du v. 9591, le font rimer avec le v. 9524, et suppriment les v. 9522 et 9593 (le v. 9524a été considéré comme faisant double emploi avec 9522). On a ainsi:

Riche tuit egaument estoient, Car naturelment s’entramoient (1),

(1) Même leçon dans Min, avec la variante Et pour Car au second vers. Cf. p. 518, la leçon de Ro. s

au lieu de Riche esteient tuit egaument Et s’entrameient leiaument.

Einsi paisiblement viveient, Car naturelmen t s’entrameient,

Le est un représentant fidèle de Z; les fautes de son groupe qu'il n'a pas gardées sont relativement très rares et de peu d'importance. Il a la bonne leçon contre Z aux v. 5179, 6581, 7034, 9181, 9726, 9799, 9897, 13189-90, 13317 ; il intervertit les v. 5383-84, avec M, N. Avec quelques représentants de Z (La, Le, Lo, etc.), il donne v. 6566 fraieries, pour praieries; v. 9894 doint, pour cont(L : die).

Ld, jusqu'au v. 14080 environ, suit fidèlement Z, à peu près dans les mêmes conditions que Ze, et en lui opposant la bonne leçon aux v. 4687, 5551, 6581, 9181, 9526, 9897, 10144, 13317. Avec Be, K, il remplace au v. 1220 souvènt par comment. Il à les variantes de Le signalées précédemment aux v. 6566, 9521-24, 9894; celle de Ze au v. 6392 T'ont en ta (Le : la) chalor eschaufé, pour T'o. lon athanor e. Du v. 14080 au v. 14980 environ, La suit Æ. Du v. 14980 au v. 48930 environ, il suit de nouveau Z; il a cependant, au v. 15194, avec B, K, Ri, etc., voir, pour dreit. Du v. 18950 au v. 19970 environ, il ne suit plus ni Z, ni X; toutefois il a la variante de Z au v. 19502. Dès le v. 19994 il est revenu à Z, qu'il ne quittera plus, sauf au v. 21080, où il oppose la bonne leçon à la variante de L, M : Vini a la feste pour veillier, pour F. a cele f. v.

Il semble que Zg ne cesse jamais d’une façon continue de suivre L, sauf peut-être du v. 9200 au v. 10740 environ; toutefois, pour les nombreuses fautes qu'il a en commun avec Z, K, M, N, ou plusieurs de ces groupes réunis, il n’est pas toujours possible d'affirmer qu'il les doive à l'un plutôt qu'à l’autre. Il à la bonne lecon contre Z aux v. 5551, 7152, 11799; contre Z, N au v. 4627; contre L, K, M, N aux v. 4154,.7034. D'autre part, il a les variantes de Æ aux v. 4137-38 (omis), 8313-14; de M aux v 8892, 12164 adrechier, pour peeschier (K : despechier); de M. N, semble-t-il, au v. 8943 AZimpiades (Lg), Olimpiadès (M, N), pour A/cipiadès ; de Ka, M, N, Be au v. 8662; de Be (Ba fait défaut) au v. 4855 deniers, pour d'eneurs (L, M, N : d’avoirs). Au v. 9200, il a encore une faute de Z, M, N; à partir de là jusqu'au v. 10740 environ, il n'a plus de Z que les variantes qui se retrouvent en

même temps dans Æ, sauf celles des v. 9526, 9985. qui ne sont que dans Z, M, N. En même temps il a des fautes de Æ : v. 9300, 9395- 96, 9419, 9487; deux vers interpolés entre 10094-95, etc. ; ou il oppose la bonne leçon à A: v. 9565, 9689, 9957-58 (intervertis). À partir du v. 45080 environ, il suit Z beaucoup plus régulièrement, en lui opposant toutefois encore la bonne léçon aux v. 15447, 19043 (de, pour a), 19083, 20905 (Zt, pour Que). Par contre, dans cette dernière partie, de nombreux groupes de vers sont omis : v. 17817- 18, 17963-66, 17971-80, 18103-6, 18145-62, 18210-28, 18255-74, 18281-86, 18317-18, 18355-60, 18905-6, 18909-12, 18985-86, 19009-12, -20947-48, 20969-70, 21031-32, 21047-50.

Lh n’oppose que rarement la lecon originale aux variantes de L : v. 5179,13317 ; au v. 4844 il se rencontre avec N, mais peut-être par hasard : il s'agissait de remettre sur pieds un vers trop court de L, et plusieurs correcteurs ont pu le faire à l’aide de la même cheville (1); en tout cas, il n'y a probablement pas emprunt direct à N. Toutes ces corrections se retrouvent chez d'autres représentants de Z. On se rappellera que ZA a perdu de nombreux feuillets.

Lj a beaucoup de fautes individuelles.

Lf est une copie très altérée: il a de très nombreuses variantes qui lui sont propres ; en outre, plusieurs milliers de vers lui ont été rapportés, au XV° siècle (2), sur des feuillets nouveaux. Il serait donc inutile, et d'ailleurs impossible, d'entrer dans le détail de ses différentes leçons. I fait essentiellement partie de Z, mais dérive d'une copie qui avait reçu des additions empruntées à une autre version; c'est ainsi, par exemple, qu'il a les deux v. 9523-24, inconnus de Z.

Lp, dans sa partie ancienne, est du groupe Z; il en a à peu près toutes les variantes. I lui arrive cependant quelquefois d'avoir la bonne leçon contre Z, notamment aux v. 5010, 5551, 7159, 9655, 9729, 9792, 9897, 10144, 11936, 12307, 192964, 18102-3, 20183.

Le fait régulièrement partie de Z jusqu'au v. 16680, sauf de très rares Corrections, Comme, par exemple, celle du v. 7013, où il oppose la bonne leçon à la faute de Z. Du v. 16680 au v. 19396 inclusivement, il ne reproduit qu'une variante de Z, celle du v. 17308. Il se retrouve ensuite pendant quelque temps avee Z. Au v. 19945, il a de

(1) Voir p. 456.

(2) Voir ci-dessus p. 183.

nouveau contre Z la bonne leçon, et durant une centaine de versil a des variantes de Æ : v. 19979 (aussi dans M, N); v. 19984 (aussi dans N); v. 19989-90 omis (aussi dans N); v. 19998 Ne or toit le tor d'une plume, pour N. L. coust le pris d'u. p. (A), ete. Il est encore avec Æ (et N) au v. 20067, mais c’est pour la dernière fois; au v. 20156, il se retrouve avec Z. Ce n’est probablement pas directement à un ms. de Æ que Ze ’a emprunté ces leçons, mais à

quelque texte apparenté à Æ, tel que Ca.

Pour exposer avec plus de clarté la composition de Zi, je le diviserai en trois parties, dont la seconde sera comprise entre les v. 8657 et 15010. ù

1° La première partie a pour base Z, mais avec de nombreuses infidélités. D'une part, Z? a la bonne leçon contre Z, seul ou accompagné de X, M ou N, aux v. 5010, 6581, 7034, 7468 (2), 7818, 1840, 8053, 8118, 8956 (3). D'autre part il a des variantes en commun avec Be et les mss. qui ont le chapitre apocryphe sur Faux-Semblant. Outre celles des v. 8137, 8228, 8296, 8593-94, qui seront données plus tard, je noterai : v. 4378 dispensee, pour de pensee (avec 94, B); v. 4587-88 intervertis (avec Jo); v. 4841-42 intervertis (avec Jo); v. 5951 (avec Jo, B. N); v. 6545-46 omis (avec Be); v. 8496 boscages, pour ramages (avec X); v. 8481-82 omis (avec A Ga).

9% Zi omet encore les v. 8655-56 avec L, M, N ; mais à partir de là, jusqu'au v. 15010, on peut le considérer comme étranger à Z; il n'a plus de lui que de très rares variantes, qui sont manifestement des rencontres accidentelles ou des emprunts : v. 9726 (avec 7, A, L, N); v. 97992 (avec L); v. 10054 (avec ZL, M, N, Be, Ca). Ces trois exemples, où il s’agit de simples substitutions de mots, sont sans importance ; celui des v. 9060-61, où Zi, avec Ga et Ro, réunit les termes contradictoires de deux lecons, celle de Z et la bonne, est plus intéressant (4). Un peu plus loin, nouvelle contradiction analogue, mais cette fois en compagnie de J : certains mss. ont, aux deux v. 9161 et 9163, Zeur au lieu de vous, Li,avec J,a leu

(4) MN: Ne L. tost vaillant u. p.

(2) Ici, Zi n'a pas exactement la bonne leçon, mais peintes, pour teintes (K, L. M, N:ointes).

(3) Il manque au ms. les v. 7533-76.

(4) Voir p. 503.

au v. 9161, mais vous au v. 9163. Les v. 9921-22, qui manquent dans Æ, L, M, N, manquent aussi à leur place dans Z?, mais sont intercalés dans ce ms. entre les v. 9894-95; ils y sont évidemment une addition, à l'origine marginale, empruntée à une autre famille. Dans cette seconde partie, Zi a des fautes assez nombreuses en commun avec certains des mss. qui ont le chapitre apocryphe sur Faux-Semblant, et avec Be. Plusieurs de ces variantes seront données lorsque j'examinerai ces mss. (1); en voici d’autres : v. 8680 en, pour sus (avec Æ, 067); v. 8980 omis (avec Ja, Jo); v. 9300 (avec Æ, Ja); v. 9835-36 intervertis (avec 6%); v. 10139 (avec Æ); deux vers entre 11064-65 ‘avec B, Jo); v. 11261 Et s'il avient qu'on (avec 64), pour Et s’aucuns vient qui; v. 11280 treisieme (avec 6x, Be, Za), pour trentieme ; v. 11371 maïs {avec Be), pour La. À partir du v. 11400, les fautes spéciales à Li et 6. deviennent plus nombreuses : v. 11400 Zewr, pour Za; v. 11493 nome, pour moine; v. 11455 pourroïie (aussi Ga), pour pourrai je; v. 11593 heraudie, pour renardie; v. 11539-40 intervertis (2); v. 11620 doloir (aussi M), pour souvent; v. 11707 Ai, pour Faz; v. 11735-36 ostelieres : bordelieres, pour 6. : 0.; v. 11738 De quoi l'en doit (aussi y»), pour Dont l'en deie; v. 11840 erent, pour sont; v. 11918 Ne me, pour Maïs ne; v. 12027-9%8 intervertis et modifiés : Et quant leur genz furent parties (3) Sis'en vont en quatre parties, pour S. $'e. ©. e. q: D. Si con 1. g. orentp.;v.1209 En sa main destre, pour De traïson, etc. Il en va ainsi jusqu’au v. 14184 environ. Au v. 14705, les deux mss. ont de nouveau une variante Commune, m'aprist toute la maniere, pour m'a. d'entrer la m.(#4). Je signalerai encore deux variantes spéciales à Zi et Dij : v. 11545-46 omis, et v. 11547-48 intervertis. La rencontre de Li avec Tou au v. 14696 ne peut guère être regardée comme fortuite : Teles que vous sembleront beles {Li), El qui vous devront sembler b. (Tou), pour Toutes fresches toutes nouveles.

(1) Celles des v. 8700, 8936, interpolations entre 9156-57, entre 10094-95, v. 10409- 10, 12751, 12831 13026, 13042 (voir p. 503).

(2) Maz a exactement la leçon de Li : Prevost, baillif et cil maieur, Faussonnier et terminaieur, pour F. el termeieeur, B., bedel, p., m.

(3) Mas : Q. 1. g. f. departies.

(4) Des fautes qui viennent d’être signalées, celles des v. 11261, 1130, 114253, 11435, 11539-40, 12027-28, 12092, 14705 se retrouvent dans Maz.

3° Li se retrouve avec Z aux v.15015-16, et ne le quitte plus que très rarement : c'est à peine si l’on peut dès lors citer quatre ou cinq variantes de’ Z auxquelles il oppose la bonne leçon : v. 15447 (L),16009(Z, M), 17183 (L); v. 2611 devant(K, L, N), pour dedenz. Au v. 19910 : Aënz me repent dont home fis, il n'a qu'une partie de la variante de L': Ainz, pour Mout, mais pas Je Le, pour ome ; v. 19630 : Par qui li mortel vivent, il n'a niles mots toux jourz de la bonne leçon ni le mot ome qui les remplace dans Z.

LR fait essentiellement partie jusqu'au v. 15488 inclusivement de Z, dont il reproduit la plupart des fautes que j'ai signalées comme appartenant à ce groupe; pas toutes cependant : contre Z, il a la bonne leçon aux v. 4157, 4627, 5010, 5179, 7034, 8053,9593-24 (omis), 9726, 9799, 9921-22, 10152, 10440. Après le v. 15488, il ne présente plus que quelques variantes de Z; il n’a pas celles des v. 15554, 15701-2 (intervertis), 16108, 16127,16135,16156, 16184, 16680, 16858, 16904 ; il a cependant encore celles des v. 16722, 16750, 16761-62 (omis), et 17034 regarder, pour retarder ; ensuite, les rencontres avec Z deviennent extrêmement rares; par contre, elles deviennent fréquentes avec /, X. Le chapitre apocryphe des privilèges de Faux- Semblant, inconnu de Z, existe dans ZA, mais entreles v. 11006-7, et non, comme dans les autres groupes, entre les v. 11222-93; or, il occupe la même place dans /7; en outre, la version de ce chapitre est. la même dans les deux mss., avec des variantes de détail qui lenr sont spéciales :°v. LXXIIL esperitaus, pour émperiaus ; V. CXXXII-IV Mais qui de ces confessions Nous laira faire abusions, pour Et qui de tel confession Entent la consecucion. I existe donc une relation certaine entre Zk et Jl; l’un doit à l’autre, ou à l'ancêtre de l’autre, le chapitre de Faux-Semblant. ZA, déjà au v. 8374, a bois, pour chans, avec Æ ; après le v. 15488, ses variantes de X deviennent nombreuses: v. 1614%, 16317-18 (omis), 16484, 17389, 17412, 18139, etc. Toutes ces dernières se retrouvent dans J/; pour le v. 8374, JI a vignes au lieu de bois, mais d'autres mss. de J ont boïs, qu'à dû avoir aussi un ancêtre de J/. Entre les v. 10830-31, LA interpole 40 vers avec B et M, et cette interpolation existe également dans 7, y compris 4. De sorte qu'il est tout naturel d'admettre que les variantes de Z et de Æ qui se retrouvent dans

Lk lui viennent d'un ancêtre de 74 (4); aussi peut-il arriver que, pour une même faute, la variante de ZA se rapproche plus de celle de J1 que de celle de Æ; c'est ainsi que le vers 18188: Sest Li meiens compos ou sangles, est devenu dans Z7 et Jo : 4. à mireoirs C. OU S., dans LR: S.le mireotr espès où s., dans Æ : Qui au mireoir se conchange (dans M, N : Quies mireoirs sont comme angles). En somme, le texte de Zk est un composé des textes de Let de J. |

Lim, LmS, Lq, Lu, avant le v. 18906, n'opposent que très rarement la bonne leçon aux fautes de Z, et encore est-ce à des fautes peu importantes. Au v. 18906, ils cessent d'être avec Z'; ils ont alors en général la bonne leçon, avec cependant quelques variantes de XÆ ; à partir du v. 19458, ils ont, jusqu'au v. 20067, presque toutes les fautes de Æ ; au v. 20156, ils sont revenus à Z et ne le quittent plus.

Là, Lm', sauf quelques corrections isolées de part et d’autre, ne se séparent du groupe précédent qu'entre les v. 7230-9450 environ. Aux v. 7239-40, ils ne suivent plus ZL;ils ‘’intervertissent pas avec lui les v. 7275-76, mais avec lui ils omettent les v. 7277- 78 ; ils l'accompagnent encore au v. 7294, mais plus au v. 7308, dont ils doivent probablement la bonne lecon à X. Du v. 7348 au v. 9396, ils suivent X, tout en donnant les v. 8481-82, omis dans X, et la bonne leçon, contre X, au v. 9100. Ils ont les v. 9469-70, omis dans Æ; ils sont probablement déjà revenus à Z, qu'ils suivront désormais dans les mêmes conditions que Zm?, LmS, La, Lu.

LmS, Lim, Ly suivent Z depuis le début du poème jusqu'au v. 18906, et du v. 1999% à la fin, sauf quelques corrections, qui sont souvent les mêmes que dans Lm?, LmS, La, Lu; du v. 18906 inclusivement au v. 19994 exelusivement, ils opposent généralement la bonne leçon aux variantes de Z. Toutefois Zm$ a reçu en surcharge ou sur ratures de nombreuses corrections, sous lesquelles il n'est pas toujours possible de retrouver la leçon du

copiste.

Lim? peut être, lui aussi, considéré comme faisant partie du

(1) Peut-être cependant pas toutes : le v. 1089%5 de LA: Qui montee est en grant esveil, parait être une combinaison de B: Q. m.e.e.q. orgueil, et de la leçon commune: Q. pour mei rest e. g. esveil, qui est aussi celle de J; quelques variantes de Æ existent dans LA qui ne se retrouvent pas dans J: v. 18086, v. 18117-18 omis.

groupe précédent jusqu'au v. 18906. Cependant il interpole entre les v. 11229-%3 le chapitre apocryphe sur Faux-Semblant, suivant la variante 7e. Dans la variante des v. 14169-74, il semble réunir, comme yx et r4, en se rapprochant surtout de 7x, les leçons de Z et de N. Il réduit à 13 les v. 6802-0900. Du v. 18906 au v. 19480 environ, il n'est plus avec Z, et pas encore avec X; à partir.du v. 19497 au moins, il suit Æ jusqu’à la fin du poème; il n'en a cependant pas les deux vers interpolés entre 21754-55. | (

Ls fait partie de Z,, bien qu'il en ait corrigé de nombreuses fautes, dans la proportion de 1 pour 8. Il a quelques variantes spéciales à certains représentants de Z, par exemple, avec La et quelques autres mss. : omission des v. 8567-68 ; v. 15714 sengliers, pour rengiers. Il interpole entre 4418-19 deux vers qui proviennent de B, où ils se trouvent entre 4414-15 : Car mort bee tout a luer Se n’estoit le continuer. Il a de rares fautes de Æ : v. 5662 /Be, K), 13241 (K\), 17747 (X, M, N). Entre les v. 18880 et 19980 environ, Ls a si peu de fautes de Z qu'il semble avoir quitté momentanément ce groupe.

Lo et Lw sont spécialement unis depuis le début de la seconde partie du roman jusqu'au v. 8696, puis du v. 11132 à la fin, par des variantes très nombreuses, dont il suflira de donner quelques exemples : v. 4106 Mis qu’en tous mes (Lv), M. qui t. m. (Lw), pour Qu’en trestouz m.; v. 4130 Or n'ai je mais, pour Si n'oi ce cret; v. 4131 Grant folie fis (Lv), G.f. lors f. (Lw), pour Aënz fis g. fo.; v. M56 Traîtres et faus hons, pour T. f. honiz ; v. 4187 que du, pour de bien...; v. 8637 1! ne puet pardonner, pour Je ne m'en pardoing ; v. 8643 privilege, pour exemple; v.8669 Combien, pour Comment ; v. 8696 Tout aient elles, pour Combien qu'eus aient ; v. 11139 S’ü s'en fuioit après fuirotent, pour S’i vouleil fuire eus le sivreient; V. 11144 Voire sans desploier baniere, pour $. d. au vent b.; v. 11145 Haï diex se ne (Lv), Ha d. tune (Lw), pour Et se d'eus ne; v. 11152 Si que en soient luil seignor, pour Qu'il en s. dou touts.; v. 11158 Ne ja ne vueilles plus, pour La ne te deiz lu pas; v. 1160 Plus ne vueil parler de ce tour, pour N'en v. or plus dire a c. tL...; v. 11575-76 Qu'aucun emolument n'en vient Pour ce de povre ne me souvient, pour Je n'ai cure de povres genz Leur eslaz n'est ne biaus ne genz; v. 11599-600 Æinsi desqueuwrent et je des-

queuvre Pour mauvaise gent aperceuvre, pour El pour les felons aperceivre Qui ne cessent des genz deceivre; v. 11627 Et sieges vuelent a la table, pour E. des s. aiment aus t., etc. L'union entre ces deux mss. est parfois si étroite que si le vers d'une variante est faux dans l’un, il se retrouve tel dans l’autre, et l'identité s'étend souvent jusqu'à la graphie. Néanmoins, même dans les parties du poème où ces deux mss. sont associés, leurs textes présentent des divergences dont plusieurs paraissent provenir de corrections empruntées à d'autres copies. D'autre part, entre les v. 8696 et 11139, ils se rencontrent souvent, quand se rejoignent les groupes auxquels ils appartiennent alors.

Tous deux ont la plupart des variantes de Z. Je laisse provisoirement de côté celles qui sont comprises entre les v. 8696-11152. Je ne tiens aucun compte de celles des v. 5179, 11753, 17539, remplacées dans les deux mss. par d'autres fautes qui ne laissent pas voir Si elles ont été substituées à la bonne leçon ou à celle de Z (v. 5179 Æt est aventures encores; v. 11753 Par quoi (Lw), P. on (Lo); v. 17539 Qui n’est fors d.). Hors ces cas, Zv et Lw ont toutes les variantes de Z, sauf celles des v. 7034, 12571-72 (intervertis), 13394, 14459, 14081, 16184, 17034, 17153, 18102-5, 18498, 19502, 19611, 20198, auxquelles ils opposent la bonne leçon. Malgré qu'ils s'associent souvent dans la 4° partie du roman à ÆX et J, je m'abstiendrai de signaler dans la 2 partie, parce qu'elles ne sont pas suffisamment importantes, les fautes qu'ils ont en commun avec chacun des représentants de ces groupes. Ils se rencontrent quelquefois avec Be : v. 6318 fors le defaut, pour f. pur d. ; v. 6367-68 intervertis (aussi dans Ba); v. 6590 S'avra, pour S'& quiert ; \. 8313 le grain, pour des blez (aussi dans Ba); v. 11147 ainçois, pour mais se; v. 12694 El Jalousie ça vieigne(Lr, Lw),E.J.jarevaigne (Be), pour À J. la riaigne (1). Il ne s'ensuit pas pourtant qu'ils aient connu directement Be.

Lorsque, entre les v. 8696-11132, les deux mss. sont séparés, Lo mêle aux leçons de Z celles d'une version apparentée à X, J, Be: v. 8802 (avec X, J, 6x); v. 9505-6 (avec X); v. 9993 (avec A, M, N); v. 9957-58 intervertis (avec X, Be) et v. 9957 camee, pour proucee (avec Be); v. 9963-64 omis (avec Be). Liw puise à une autre

(1) E. J. c. sus v. (Jo), E. J. par ci v. (Za), E J. soro. (Ri, Ro).

source : il mélange les leçons de N à celles de Z; il a encore de L, à l'exclusion de N\, les variantes des v.9175(Z, À), 9719 (X, L, M), 10144 (X, L, M), 10152 (Z, M) ,ila de N, à l'exclusion de Z, celles des v. 81707-8 (M, N), 8T11(N), 8795-96 (M, N), 8892 (N), 8995 (N), deux vers entre 9156-57 (M, N°), v. 9236 (X, M, N), 9958 (K, M, N), 9275 (N), interpolation entre 10076-77 (N), v. 10425-96 (N), 10702 (A), 10842 (N), 11057 (N).

J'ai dit, dans l'étude de C (1), que je considère comme fortuite la rencontre de Zv, Liv avec ce groupe aux v. 5191-92 et 5984.

Le texte de Zæ est un amalgame de nombreuses versions. Il a pour les v. 4501-2 la leçon de J, avec la variante de Urb : Rien, pour Baïns (voir p. 50%, n.4); jusqu'au v. 6370 environ, il fait alterner les variantes de Æ avec celles de Z ; ces variantes peuvent avoir la même origine que celles. de Urb, bien que la concordance entre les deux textes ne puisse être précisée, à cause de la multiplicité de leurs sources. Cependant Zæa,v 4156, la leçon de M seul: Traitres et honiz, pour T. faus h. (Urb avec Æ : T. las h.); v. 4689, une faute spéciale à La, Jo : amer, pour entr'eus (L: entiers, K et Urb : entr'eus). Mais ces deux rencontres pourraient être accidentelles. Après le v. 6370, jusqu'au v. 9660 environ, Zæ a presque toutes les fautes de Z, plus fidèle à ce groupe que Urb; cependant, au v. 9698, il a une leçon spéciale à Ri et à + (2). Ensuite, et jusqu'à la fin du poème, c'est surtout à Lo que se rattache Zæ. Quand cette union commence-t-elle exactement? Gette question, d'ailleurs sans intérêt, serait difficile à résoudre, parce que les deux mss., déjà parents avant ce rapprochement, de par leur ancêtre Z, ont toujours eu de nombreuses fautes communes ; mais à ce lien s’en est substitué un nouveau plus étroit, que quelques exemples seulement, choisis entre des centaines d’autres, suffiront à rendre évident : v. 10071-72 intervertis, avec modification du second devenu le premier : Biaus douz amis se diex me gart, pour Za dame que d. ©. regart; v. 10094 Et d'autres mains giex delilables (Lx), E. d'a. g. in. d.(Lv), pour £Etd'outrageus mès d.; V. 10269 À tant, pour D'iluec (L, M, N : Dolens); v. 10440 Haslivement par une leclre, pour De

(1) Page 410, où, par mégarde, j'ai laissé au groupe Zv, Lw la dénomination de N, que je lui avais donnée dans un premier classement.

(2) Il n’est pas impossible que cette faute ait été commise indépendamment

par plusieurs copistes, sous l'influence du v. 9626 Pour serjans au prince baillier. Ri omet les v. 9625-26. Voir p. 425, n. 4.

CIN RATS D PC ee alor Ps ÉROELPT" SPORTS LE SR CS CAE NO e TEE OR + : à FPT $ à k .

teune de lens en sa 1.; v. 12982 Un grant sermon repeust (Lo: reprent a) faire, pour À son propos se prent a traire; v. 19307 S'efforce de vomir son mangier (1), pour S’'esforcent voutoir de m.; v. 19811-19 intervertis et modifiés : Zt se ceste nel secourust De fain lous erragiez morust, pour Et d.f.e. m. Se la garce n. 8: v. 20456 Qu'il fu sers, pour Est ons s. On à vu précédemment que Z4 est intimement uni à Zo, sauf entre les v. 8696- 11132; lorsque le groupe se reconstitue, Lx en fait naturellement partie. Bien que le chapitre apocryphe des privilèges de Faux-Semblant ne soit ni dans Zo ni dans Zw, il se trouve dans Zæ, mais placé entre les v. 1218-19 (au lieu d'être entre les v. 11222-23); il y suit la version de Ze et Z4 (v. xvI-vir omis), plus spécialement celle de Z2 {v. cxxvIIT essaier, pour Laissier). Ge n'est pas ia seule infidélité que Zæ ait faite à Lo.

Dij, sans avoir l'interpolation de X, M, N entre les v. 4400-1 (variante D), a la faute de Z, M, N au v. 9628 (var. 11); on devrait en conclure qu'il fait partie de Z; mais il a l'interpolation de M,N seuls entre les v. 11222-93 (var. IT), tandis qu'il est avec Z aux v. 14169-74 (var. IV) et qu'il n'en diffère aux v. 15015-16 (var. V) que par l'interversion des deux vers. Il se présente donc comme manquant d'unité. C’est un mélange des leçons de Z, M, X. Si l'on veut se faire une idée approximative de sa composition, il faut le diviser en plusieurs parties.

10 Jusqu'au v. 5632, il a quelques leçons spéciales à X, et quelquesunes de M, bien qu'il n'ait pas adopté leur interpolation entre les v. 4400-1. Avec M, il a v. 4440 maînles, pour foules ; v. 4512 Aussi con s’ele, pour Pour neient fust nes; v. 4811 musardie, pour cornardie. Avec K, v. 4809 musarz, pour cornarz (2); v. 5110 pourchacierres, pour preechierres ; v. 5140 s'i meslast, pour Za faisnast; entre 5382-83 deux vers interpolés (3).

2° Du v. 5632 au v.11571, ce ms fait essentiellement partie de M. Cependant, il peut encore avoir, mais c'est très rare, des leçons de X, par exemple, v. 6565 en maintes parties, pour en leu de poulies.

(1) Lr : S'esforçoit vo. s. m.

(2) M, N: nices.

(3) Voir p. 462. Ces deux vers proviennent de B, mais B a nouez au lieu de * laciesz.

3° Après le v. 11371, les variantes communes à Dij et M deviennent rares, sans disparaitre complètement ; en voici quelques exemples encore : v. 12228; v. 12314 Ne ses amis, pour Jamais a.;.v. 19702 se. j'eschape et je, pour sè je lie. et: x. 13045-44 nus ne l'achat Qui pour n. qui l'a. N'i; v. 13300 leus, pour ses; v. 13468 Palainitus (Dij), Palamirus (M), pour Palinurus; V. 13576 s’ele est, pour come; v. 13630 Soit a, pour Ou tout en; v. 14301-9 intervertis. En général, Dij suit L; il lui oppose cependant la bonne leçon aux v. 14682, 16184, 17153, 18102-3, 18969, 19326, 20198.

4 Durant les 2700 derniers vers environ du poème, tout en suivant Z, ille modifie par de fréquentes variantes qui se retrouvent dans Ca, et par la plupart desquelles il rejoint À, M, N, à qui Ca est allié-: v. 19076 de trinité (aussi dans X, M, N), pour d’eternité; v. 19406 Zors escrit et cele li dite, pour L. e. cit el c. a. ; v. 19458 (aussi dans X, M, N); v. 19519 (aussi dans Æ, M, N); v. 19604 Donques li devroil (aussi dans Be, N), pour Dont li redevreil; v. 19713 Droitement (aussi dans Be, K, N), pour Reidement, v. 19803 Zarrenesse (aussi dans Min, Za), pour a revesche (1); v. 19937-38 intervertis (aussi dans Æ); v. 19937 Qui va (aussi dans N), pour Saillanz ; v. 19955 (aussi dans X, AN); v. 19954 (aussi dans Æ); v. 20021 {aussi dans Æ, N); v. 20785 Lors elle s'est haut escorcie (Dij), Adont Se. bien h. e. (Ca), pour Lors s’est Venus h.secorcie, etc.

Lr, qui, dans le poème de Guillaume de Lorris, fait d'abord partie de Æ, puis bientôt le quitte pour suivre N, se rattache plus spécialement à Z dans le poème de Jean de Meun. Il sembie n'avoir plus. fait d'emprunt direct à Æ ni à N: lorsqu'il se retrouve avec ces groupes, c'est toujours en compagnie d'un autre groupe, qui a pu être l'intermédiaire de la rencontre. Cet intermédiaire est le plus souvent Z, dont Lr reproduit en moyenne, réparties dans tout le cours du poème, sept fautes sur neuf. Au v. 4156, il a une variante spéciale de M, et l'on peut supposer qu'il doit à ce groupe deux fautes communes à X, M, N aux v. 9933 et 15714. Mais certainement ce n'est pas à M lui-même qu'il a emprunté ces rares variantes, mais à un parent éloigné de M.

(4) M: la rubesche; N: la rimesche.

Voici quelques fautes communes à Zr et à d'autres mss.; la plupart peuvent avoir la même origine que les précédentes : v. 6581 lo (Za, Ze, Zi, yv), pour pri; v. 6136 (K, M, N, etc.); v. 6749 (X, N, etc.); v. 8149 Pirotheüs (K, Lv, Lw, Za, Ze), pour Pirithous ; v. 40647 (N, My, Dii, etc.); v. 11172 jusqu’en ou jusqu'a (Be, K, N, Za, Ze, Ri, etc.), pour devant ; v. 13082 (K, M, N, etc.); v. 14235 Atant (Le), pour En teil; v. 15332 (K, B, etc.); v. 19307 (Le, Lw, Lœ).

Lz, considéré seulement dans sa partie ancienne, est du groupe Z, mais avec déjà des corrections empruntées probablement à Z ; aux variantes de ZL, seul ou accompagné de M, N ou X, il oppose la bonne leçon aux v. 4627, 5010, 7458, 9593-24 'omis), 9726, 10054, 10072, 10132, 10249-50 (omis), 10269 (D'angui, pour D'iluec; L, M, N : Doulenz), 11799, 11936, 13317, 14134,14316, 144592, 14559, 14681, 14703, 15447,17696 (savoit d'astronomie, pour sait par «.), 18498. Entre 5368-69, il interpole deux vers : Les pans noez a la seinture Tant con tu l'euves terre dure; ces vers existent, un peu différents, dans B, K, Za, mais placés entre 5382-83 (voir p. 462); leur déplacement dans Zz est l'indice d’un emprunt. Au v. 7348 il est avec B,X, N ; au v. 9936 avec Be, K, M, N; entre 10048-49, il interpole deux vers de B : Lors si aillent leurs pois purer Ci qui la l'ont fait enmurer. À partir de cette dernière variante, peut-être déjà antérieurement, le copiste suit directement un ms. de B, plus spécialement apparenté à Be, Bi, jusqu'au v. 10948 au moins, mais il le fait avec des hésitations; par exemple, s'il omet avec Be, Bi les vers 10141-230, il ménage à leur place un blanc de deux lignes ; les v. 10827-86, omis dans B2 (1), ne sont pas à leur place dans Zz, mais reportés entre 10948-49: ils sont selon la leçon de Be, bien que Be les ait à leur place; Bi ayant omis les v. 10943-11168, j'ignore si son ancêtre présentait le même déplacement que Zz:. Lorsque Zz suit B, il en corrige parfois les variantes, peut-être d'après Z, et c'est probablement à l’aide de Z qu'il corrige parfois Z. En outre, de nombreuses corrections, ajoutées au texte du copiste, sont empruntées à B.

Li fait partie de ÆÀ jusqu'au v. 8514 inclusivement, et entre les v. 14452-908. Il suit Z entre les v. 8314-14459, 15015-18769, et

(4) Bi omet en outre les v. 10821-26.

du v. 20153 à la fin du poème. Entre les v. 14908-15015 et 18882- 19582, il a généralement la bonne leçon contre Æ et contre Z. Même ailleurs, quand il suit plus régulièrement Z, il peut encore avoir contre lui la bonne leçon, par exemple aux v. 9181, 9897, 13317, 16009, 19562.

Urb a, dans tout le cours du poème, environ les deux tiers des fautes de Z; cependant, jusqu'au v. 4533, il a avec Æ de nombreuses variantes en commun, dont l’une est particulièrement instructive : ainsi que Æ (et 0x), il omet les v. 4445-46, mais, ce que ne fait pas X (ni 5%), il les donne entre les v. 4450-51, d'où cette conclusion que très probablement un de ses ancêtres les avait reçus en marge, empruntés à un autre groupe. Par l'intermédiaire de ces variantes de X, il peutse trouver associé à d'autres groupes : v. 4170 à M, N ; v. 4213 à Be ; v. 4969 à M; v. 4553 à N; v. 4405-6 (imervertis) à J'; souvent à 6x.

En même temps qu'il fait de nombreux emprunts à X, il en fait aussi à J; je signale notaminent les deux vers 4301-2 (voir p. 504). Il a aussi, concurremment avec J, et peut-être par son intermédiaire, des fautes de B : interpolation de deux vers entre 4228-29 (1) et entre 4420-21, variantes des v. 4271, 4338.

Dans Zm, il faut étudier à part les feuillets 72-111 (v. 10862-20396).

Jusqu'au v. 10861, er à partir du v. 20397, le ms. fait partie de Z, tout en lui opposant la bonne leçon aux v. 5551, 6581, 7034, 9181, 9792, 9897, 10500, 21080. II se rencontre, peut-être par hasard, avec N aux v. 4844 et 10647.

Les feuillets 12-111 forment cinq cahiers, dont les caractères de l'écriture ne se distinguent pas de ceux du reste du ms., mais dont l'encre est différente, et les colonnes de 35 lignes au lieu de 40. Le texte des feuillets 72 et 73 n'offre rien de particulier, mais dès le feuillet 74, à partir du v. 11235, commence une série d'omissions très nombreuses et souvent très étendues. Je ne citerai que les premières, à titre d'exemple : sont supprimés les v. 11235-40, 11251- 54, 11269-552, 11561-64, 11573-74, 11577-896, etc. Après le v. 14798, ces omissions cessent pendant quelque temps, mais elles recom-

(1) Aux deux vers de B, Urb en ajoute six autres : El me conseilleroilen foi, Par foi, fis ge, el je l'otroi. Si me mis du lout en sa garde, Car qui a Reson ne resgarde Mout Jet au siecle d'anemis ; Cerlainnement le vous plevis.

Üniv. de Lille, Trav. et Mem, Droit-Lettres. Tome VIi — 31

mencent de plus belle à partir du v. 1618 et se continuent jusqu'au feuillet 111. Parmi les omissions que je viens de citer, l'une supprime 284 vers, une autre 320; il y en à plusieurs aussi étendues ; la plus considérable est celle des v. 17263-874. Assez souvent l'abréviateur est obligé de modifier le vers qui suit une lacune, pour le raccorder au précédent ; c'est un travail qui n'a pas dû lui donner beaucoup de peine. Exemples : v. 12559-60 (v. 12347-58 omis) O7 dites sans dilation Briement s'avrés solution, pour Sans faire enjamais mencion Vous avrez m'assolucion ; V. 13095 (v. 13057- 94 omis) Encore el vous ferai entendre, pour Ça avant Sous voulez e. ; v. 13489 (v. 13481-88 omis) Ou elle s'en repentira, pour Sache qu'el s’e. r. Deux fois seulement il a remplacé les passages qu'il supprimait par quelques vers de sa composition : les v. 11901- 26 par Cia bonne religion Ou n'a fors regibion ; les v. 19579- 884 par Melés tous vos martiaus en vevre, Assez eschauffe qui bien oevre; N'aiés pas les bras enmouffiés, Martelés, forgiés et soufflés. Le texte qu'on retrouve à travers ce résumé représente plusieurs leçons ; souvent celle de Z, seul ou accompagné de M, N ou Æ (v. 11936, 12167, 19571-72 intervertis, 12656, 13317, 13628, 13692, 14667, 14924 à 16184 constamment, 19083, 19210) ; quelquefois celle de ÆX (de Æ seul aux v. 18298, 20209; de X, M, N aux v. 18587 est entre les, poursente. ses, 18409-10 omis, 18639- 40, 18712) ; ou bien la bonne leçon contre Z (contre Z seul aux v. 13394, 14703, 16904, 17034, 19396, 20183, etc. ; contre L, M au v. 14559 ; contre Z, N au v. 19307; contre ZL, M, N aux v. 12243-44, 13098 ; contre ZL, M, N, K aux v. 14134, 19502), et très souvent contre À.

Font partie de M, totalement ou partiellement, Ma, Me, Mi, Mo, Mu, My.

Il n'est pas rare, surtout vers la fin du poème, que Ma ait la variante de N, quelquefois de Æ, tandis que les autres représentants de M ont la bonne leçon ; dans ce cas, il est diflicile de dire qui est resté fidèle à la version de l’ancètre commun, qui lui a substitué celle d'une autre famille. Mais lorsque tous ces mss., ou la plupart, sont réunis contre M& par une faute spéciale, il semble bien que ce soit ce dernier qui ait changé. Le cas est assez fréquent ; mais étant

donné le manque d'intérêt de ce groupe, je m'abstiendrai d'en donner des exemples.

Me suit assez régulièrement M jusqu’au v. 8705 environ, maisil n'est plus avec lui au v. 8108; il y est de nouveau au v. 8798, mais pas au v. 8730, et ainsi de suite. Jusqu'à la fin du poème, il fait alterner les leçons de Z avec celles de M; il a aussi des variantes de N, par exemple, celles des v. 9695, 10647, 11157, 19393, 12470, 13466, 14682.

Le texte de Mi a pour base celui de M; cependant, quelquefois il remplace les leçons de ce groupe par celles de N. Il a même des lacunes de N, notamment celle des v. 9880-901. Étant donnés les rapports qui existent entre M et N, il est impossible d'affirmer, lorsque Mi se sépare des autres représentants, peu nombreux, de M, pour suivre N, que c’est lui, et non l'ancêtre de M, qui a quitté son groupe. Mais souvent aussi, dans la seconde moitié du poème, Mi a la bonne leçon à la fois contre M et N, et, dans ce cas au moins, il faut admettre qu'il a puisé à plusieurs sources. Il a la bonne leçon contre M, N et A aux v. 16144, 16317-18 (omis), 16364, 16648, 16769, etc.

Mu suit M jusqu'au v. 7808 inclusivement ; il le quitte au v. 7811, pour Z, jusqu'au v. 8058 ; du v. 8070 au v. 9798 il est de nouveau avec M; il n'y est plus entre les v. 9800-918 ; entre 9918 et 10058 il est avec M ou N ; de 10058 à 11876 avec N; de 11876 à 14084 avec L ; puis à partir de 14084 avec M. Quel que soit d’ailleurs le groupe qu'il suive, il lui fait des intidélités : v. 4405-6 intervertis (avec J, X); v. 6590 (avec N); v. 9469-70 omis (avec J, À); v. 9655 (bonne leçon contre M), etc.

My fait alterner les leçons de Z avec celles de M. II a, en effet, les fautes spéciales à Z aux v. 4844, 6862, 7818, 13317, 14315, 16108, 16127, 16156, 16680, 16750, 16761-62, 16858, 16904, 17696, 17814, 18262, 18342, 18344, 18394, 18655 (sachiez, pour sachent), 18687 (a, pour vers), 18739 (Et, pour Qui), 19326, 19562, 20198, 20595 (que a la, pour qu'en cele), 20823-24 (omis), 20938 (maistrises, pour devises). Des fautes communes à My et à M, en l'absence de Z, je ne citerai qu'un certain nombre, prises dans toutes les parties du poème : v. 4108, 4134, 4329, 4599, 5864 (envie, pour cegüe), 8607-8 (intervertis), 8700, 8892, 9719, 12164, 13188-89, 13352, 13548, 18986,

19038, 19499, 19636, 19699, 19812, 20613, 20660, 21365-66, 21367-68, etc. My a aussi des variantes spéciales à N : v. 6691 (Astalus, pour Athalus), 6808, 9880-901 (omis), 9957-58 (intervertis), 14057, 11621- 929, 19393, 13394, 13466, 13993 (aussi dans 2, C, He), 14682, 19854.

Des fautes communes à My et N qui viennent d’être mentionnées, Ma n'a que celle des v. 11621-22, et en partie seulement (1). Celle du v. 6808, qui ne se retrouve dans aucun des autres mss. de M, est peu importante ; elle consiste en l'addition de fout, qui rétablit dans N la mesure du vers faussée dans M ; il n’est pas impossible que l’auteur de My ait fait spontanément la même correction. Les v. 9880-901, omis dans My comme dans N, le sont aussi dans Mi, tandis qu'ils existent dans Ma, Me, Mu, et dans Dij, qui, en cette partie du poème, suit M ; les correcteurs empruntent si rarement des acunes qu'il est peu vraisemblable que celle de N ait été introduite en deux fois dans M5 et dans My : ou elle remonte à l'ancêtre commun de M,N, et les représentants de M qui ne l'ont pas l'ont corrigée avec le secours d'une autre version ; ou M? et My forment un groupement spécial dans M. Cette dernière hypothèse est appuyée par une autre omission, particulière à ces deux mêmes mss., celle des v. 134188-89 ; mais elle se concilie difficilement avec le cas, qui n’est pas rare, où Ma et M5 ont une faute commune qui n'existe pas chez les autres représentants de M (2); ni avec le cas contraire, où Ma et Mi ont la bonne leçon contre. une variante commune aux autres mss. (la variante commune à My et à N du v. 11057 existe également dans Me et dans Mu, tandis que Mi a la bonne leçon avec Ma) ; ni avec le cas, rare, où Ma et ‘Mi ont une variante, tandis que Me et My en ont une autre. Toutes les autres variantes que j'ai citées comme étant communes à My et à N seul se retrouvent dans Me, sauf celle des v. 11621-22 ; mais ici Me n’a pas davantage la variante des autres mss. de M; il a remplacé l’une ou l'autre par une correction que la rime rapproche de la bonne leçon : douloir Pour ce ne l’osent il mouvoir, au lieu de 4.P. ce fuient il lel vouloir (Ma, Mi : porter P. ce fuient il tel porter ; Mu, My,

(1) Voir ci-dessous.

(2) Ma, Mi, Mu ont, v. 4687, Des gens entiers (avec L), pour D. g. entr eus: My a D. g. amer (avec La et Læ, Jo); Me: Des gieus d'amer ; de même v.

18034 Alheten (My avec La), Alhetem (Me), Atheni (Ma, Mi avec N), pour Alhacen.

N':p. P. ce s'en veulent deporter). Mu a celles des v. 9957-58, 11057, 11621-22, 13394, mais pas celles des v. 9880-901, 12393, 13166, 13993 ; pour les autres, ce ms. fait défaut ; Mi, outre celles des v. 9880-901 (omis), a aussi celles des v. 6691, 9957-8, 13466, en partie celle des v. 11621-22 (1), mais pas celles des v. 6808, 11057, 19393, 13993, 19854.

Ainsi My a successivement des leçons de Z, de M etde N. II a la bonne lecon contre ÆX, Z, Net contre tous les autres mss. de M au v. 1034, contre Z, N et les autres mss. de M au v. 12943-44. Il à au v. 12079 pensee, pour fumee, avec C, Eb, He, Tou, Li, Za; je ne cite cette variante que parce que My se retrouve avec Za et d’autres mss. dans l’omission des vers cvin#-? du chapitre apocryphe sur Faux-Semblant (2) et dans l'interversion des v. 15015- 16 (3). Enfin, au v. 19210 Mout me repent quant je le fis, il fond, mais peut-être par hasard, la leçon de Z seul : Ainz m. 7. q.j. 1. f., avec la bonne : Mout m.r.q.omef.

Le prototype de N est très facile à reconstituer, grâce au nombre de ses représentants et surtout à la fidélité de la plupart d’entre eux : Na, Ne, Ni, No, Nu, Ny, Nb, NC, Nd, Nf, Ng, Nh, Nj, Nov.

Na, Ne, Ni, No, Nc n'appellent aucune observation particulière.

Je considère comme fortuite la rencontre de Ng avec d’autres groupes dans deux ou trois variantes que n’a pas N : v. 5560 seroët, pour vivreil; v. 9001 s'ele peust, pour s'27 15 pleust; v.16070 nature, pour malire.

Nb oppose une dizaine de fois, soit la bonne leçon, soit des variantes d’un autre groupe, au texte de N; ces modifications sont généralement minimes; il ne semble pas cependant qu'on ait pu les faire sans le secours d’un tiers ms. : v. 4996 pas vaillant maaïille (avec M, L), pour p. une m. (N : v. une m.) ; v. 8313-14 (avec Æ); v. 8600 (bonne leçon contre N); v. 8654 (avec L, M); v. 8711 Jupiler encline et honneure, pour Et J. enclins aeure (N : Et J. serf el h.); v. 9250 Ou chascuns vous hurle et defoule, pour O. c. v

) Voir ci-dessus (p. 484).

(1 (2) Voir p. 430, n. 6.

(3) Voir p. 433-34.

herce et ad. (N : C.v. hurte et gourfoule); v. 134385 (avec X, M); v. 13466 (bonne leçon contre N); v. 13486 (bonne leçon contre N); v. 14134 (bonne leçon contre N, X, L, M): v. 14528 fruiant, pour friant (N : frioit).

Nä et Nf ont quelques fautes, très rares, qui leur sont spécialement communes, par exemple l'interversion des v. 15245-46. La rencontre de Nf avec À dans l'omission des v. 8841-42 est probablement fortuite.

On a vu déjà (p. 447) que Nb, Nd, Nf se séparent des autres mss. du groupe un peu avant la fin du poème. Nd et Nf ont tous deux la bonne lecon aux v. 20787 (N, Ab, Eb, Ce et d'autres : bouzon, où boujon, pour brandon) et 20797 (N : d'ivoire, pour d'argent), tandis que Nb est encore avec N'; les trois mss. ont l'interpolation de N et de X, M entre les v. 20810-11, mais peut-être par l'intermédiaire de M: au v. 20819 ND a la bonne leçon contre N, K, M, tandis que Nd et Nf sont avec ces groupes ; au v. 20938 les trois mss. ont la variante de Z ; ensuite tous trois suivent M.

Ny a, de-ci de-là, corrigé des fautes de N, mais il ne s’agit en général que de variantes de mots : v. 4027, 7006, 7040, 8188 (N : ef, pour aus), 8600,9250 (Ov chascuns vous herche et gourfoule), 9402 (AN : apenser, pour pourpenser), 10440, 11793, 12656, 13205, 14528 (fruiant, avec Nb), 18456; il a aussi des fautes qui ne sont pas de.N et se retrouvent dans d’autres mss.: v. 5864 signe, pour cegüe; v. 1205 di, pour cri(N: pri), v. 1271 bel, pour bon (N : brief) ; v. 18216 ce sont, pour ce di. Ces erreurs peuvent avoir la même origine que les justes rectifications signalées plus haut, mais elles sont trop peu nombreuses et trop peu importantes pour qu'on puisse en déterminer la provenance. La même observation s'applique aux v. 13304- 500 environ et 15554-714 environ, qui ne suivent pas le texte de AN.

.. Nh, dans le poème de Guillaume de Lorris, a quelques rares fautes de M, mais, en général, il fait partie d’abord du groupe X, avec quelques leçons empruntées à N; puis du groupe AN, avec quelques variantes de Æ. Il a, en outre, des liens de parenté spéciale avec Nj. Dans le poème de Jean de Meun, il présente de nouveau toutes ces particularités. Il serait trop long et complètement inutile d'exposer tous les remaniements que son texte a subis: dans les grandes lignes, il suit d'abord N jusqu'au v. 6170 environ ; du v. 6208

au v. 6893 il est avec Æ, qu'il quitte pour jusqu'au v. 7010 à peu près ; de nouveau, il a pour base Æ jusqu’au v. 9056; après quoi il revient à Njusqu'au v. 18932; ensuite, il ne suit plus, sauf exceptions, ni l’un ni l’autre de ces groupes. Lorsqu'il suit l’un des deux groupes, il ne se prive pas d'emprunter des variantes à l’autre, et aussi à des tiers ; par exemple, au v. 4156 il a la bonne leçon contre N et contre À; au v. 44392, alors qu'il a encore pour base N, il emprunte la variante de Æ ; au v. 4687, il oppose à N, Æ la variante de Z, M, etc. |

La parenté de NA avec Nj se manifeste dans les passages où tous deux, ayant une même base, font les mêmes emprunts à d’autres groupes : elle est aussi attestée par des fautes spéciales : v. 4386 Ainz s art et delite et esprent (1), pour À. s'a. etse d. en tant; v. 0214 Qu'il angoissent en son courage (N : Qu'il en à. leur C.), pour Qu'il languissent en Son Servage; V. 944 espille, pour esparpille; V. 5199-60 devon : Mmoyon, pour doien : moien; v. 6654 penonchel, pour paonet.

Nj, qu'on vient de voir associé à NA, n'a cependant pas avec lui l'interpolation de X, M, N entre les v. 4400-1, bien qu'il suive d'abord N dans les mêmes conditions que lui, faisant exceptions comme lui pour les v. 4156, 4687. En opposition encore avec Nh, il n'a pas au v. 4432 la leçon de X. Lorsqu'aux v. 6208 et suivants NA quitte N pour X, Nj ne le suit pas; pourtant on peut à peine dire qu'il reste avec N, tant il lui oppose de bonnes leçons ; ainsi, v. 6392 il a presque la bonne leçon : T'ont ten achanor eschaufe ; v. 6438 Suetoines, pour Suetonius (N : Cossuemus). Lorsqu'après le v. 6593, NA est revenu à N, il'se retrouve avec N; mais, même alors, ils se séparent encore souvent. Il en est ainsi pendant tout le cours du poème.

Nu et No, qui dans la première partie du roman sont spécialement unis l’un à l’autre, ne le sont pas moins dans la seconde ; par exemple, tous deux omettent le v. 10426, tous deux ont : v. 16635 parla, pour pela de N (bonne leçon degela); v. 19307 bouterent, pour bolerei de N (bonne leçon vouloir); v.19736 et 19749 Caudins, pour Gaudins de N (bonne leçon Cadmus).

(4) Même leçon dans ra.

Manuscrits autres que X, M, N ayant la variante I.

Les mss. autres que X, M, N qui ont la variante 1 sont Mar, Li, Cu, Ye, 6.

Mar: a été étudié avec le groupe I (p. 418), Lt avec L (p. 480).

Eu. — ta, dans la première partie du roman, amalgame les leçons de I et de IL. Il en est de même dans la seconde partie. Il serait sans aucun intérêt d'exposer en détail la variété de ses leçons; il me suffira de donner quelques exemples typiques de ses incohérences. Il intercale entre les v. 4304-35 six vers de B, C, Eb, He (1). C'est très probablement à C qu'illes doit, car il lui a fait d'autres emprunts, par exemple, deux vers entre 5884-85 : Et contre fole amours le lieng Qu'autres ne faice ton cuer sien (2). Mais il est aussi le débiteur de B; il a de lui, entre autres, six vers entre 21082-83 (3). C'est entre les deux passages provenant de C qui viennent d’être cités que se trouve la variante I, empruntée à Æ, M, N, c'est-à-dire une interpolation de 106 vers entre 4400-1. Malgré ce rapprochement avec À, M, N, &« n’a pas les variantes II, IV, V de ces groupes: c'est qu'à partir du v. 8645 il suit surtout Z; il a dès lors, et jusqu'à la fin du poème, des fautes spéciales à Z; outre celles des v. 14169-74 et 15015-16 (var. IV et V), je citerai encore celles des v. 14682, 15701-2 (intervertis), 18342, 18344, 18394, 18906, 19210, 19569, 20467; mais il est loin de les avoir toutes. L'interpolation entre les v. 4400-1 n’est pas la seule qu’il ait en commun avec X, M, N, mais pour plusieurs, qui existent à la fois dans certains mss. de 2 et dans Æ, M, N, celle, par exemple, de 50 vers entre 20810-11, et celle de deux vers entre 21754-55, il est difficile de dire à qui il les a prises.

y — y: a la variante [; avec X, M, AN, la variante III6 avec X seul; comme X encore, il n’a pas la variante II: mais Æ a aussi les variantes IV et V, tandis que y: a la bonne leçon. On pourrait supposer que 7: est avec Æ pendant la première partie du poème et l'a quitté pendant la seconde moitié; il n’en est pas æunsi. Dans tout le cours du poème il a des leçons de X, il en a de Z, et il a aussi

(1) Voir ces vers p. 411-12.

(2) D'ailleurs j'ai déjà signalé, pour le poème de Guillaume de Lorris, des emprunts de £a à C.

(3) Voir ces vers p. 392.

de bonnes leçons contre X et Z. Je le montrerai en divisant, pour plus de clarté, le ms. en deux parties : avant le chapitre apocryphe sur Faux-Semblant et après.

Dès le v. 4086, il a une leçon spéciale à Æ : Quar conchié en sont li plusours (voir p. 435). Il est de même avec Æ seul aux v. 4401-4 (omis), 4405-6 (intervertis), 4432, 4561, 5951-52 (omis), 6566, 6663, 7430, 8607; il ajoute avec lui deux vers entre 7656-57, deux entre 10094-95, deux entre 10190-91. Il a aussi des fautes communes à Æ etàa M, N: v. 8824, 9993. Il a quelques fautes de M, N qui ont été remplacées par d’autres dans Æ : v. 6644, 6919, 8899 ; cette particularité, qu'on pourrait relever dans d’autres mss., témoigne que ces fautes existaient dans l'ancêtre commun à ÆX, M, N. Deux fois X oppose la bonne leçon à une variante commune à y: et M, N: v. 8943 et 9502; il est probable que Æ à corrigé la faute initiale à l’aide d'une tierce version. Sur quelques points, la comparaison de ysavee Æ mérite une attention spéciale, bien qu'on ne puisse en tirer aucune conclusion assurée : les v. 7119-20 manquent dans y: ; dans Æils sont précédés d'une interpolation de six vers, qui dans L, M, N suitle v. 1120; cette interpolation existe aussi dans :, comme dans Æ, à la suite du v. 7118, circonstance qui invite à supposer que les deux vers qui manquent à y: manquaient aussi à l'ancêtre de Æ. Les v. 10640-44 sont en désordre dans y: et dans X; dans y: : 10643-44, 10640-42 ; dans Æ : 10643, 10641-42, 10644, plus un vers nouveau : Que chascuns orra (ou oie) la sentence, qui remplace, pour la rime, le v. 10640. L'origine de cette faute peut être un bourdon, occasionné par la similitude des rimes des v. 10639-40 et 10643-44. La faute la plus ancienne est certainement celle de ec. Le texte de y: ne peut être tiré de celui de X, puisqu'il manque à ce dernier un vers de l'original qui se retrouve dans 7e; on ne supposera pas que l’auteur de ye ait rétabli ce vers d’après une autre version, car, s’il en avait eu une à sa disposition, il l'aurait simplement reproduite ; il n'avait d’ailleurs aucune raison de modifier la lecon de Æ, dont le sens est suffisant. Au contraire, on comprend très bien que l’auteur de Æ ait corrigé le texte de y:, puisque celui-ci est bizarrement construit, d’un sens à peine perceptible, et fait suivre quatre vers sur la même rime. y: représente donc, au moins dans &e passage, un état plus ancien de Æ. On pourrait croire qu'il en est de même pour tout le poème et expliquer ainsi le fait qu'un

très grand nombre des fautes de Æ ne se retrouvent pas dans 7: ; on irait contre la vraisemblance : ;<: a de nombreuses fautes de Z, auxquelles Æ oppose la bonne leçon : v. 4855, 5242, 5251-52, 6559, 6862, 7152, 7159-60 (intervertis), 7239-40 (intervertis), 1273-76 (intervertis), 7294, 7308, 7438, 1761-62 (déplacés), 7818, 8053, 8118, 8256, 8645, 8654, 8655-56 (omis), 9300, 10054; il a même une faute qui ne se trouve que dans quelques mss. de Z, l'omission des v. 8567-68. Il n'est pas absolument impossible que Æ ait corrigé toutes ces erreurs, mais c'est peu probable. D'autre part, y: peut avoir la bonne lecon à la fois contre Z et Æ : v. 3179, 9175, 9181, 9676, 9719, 9796, 9751, 9822, 10249-50 (omis), 10378. Il est donc extrêmement probable que < représente au moins trois versions : À, L et une autre. On n'oubliera pas que, pour le poème de Guillaume de Lorris, la juxtaposition de différentes leçons dans ce ms. est incontestable.

Après le chapitre sur Faux-Semblant, ;: continue à reproduire, jusqu’à la fin du poème, des fautes de Æ'; j'en citerai quelques-unes : v. 11988 (X seul); quatre vers entre 15764-65 (ÆX, N, J); v. 16144, 17045, 18936, 19350; cinquante vers interpolés entre 20810-11 (X,M, | N); deux entre 21754-55 (X, N). Dans cette partie encore du poème, la comparaison de ;: avec Æ laisse entrevoir un état plus ancien de ce groupe: v. 18692 De son corps et de son avoir (y:), Maint en a l’en veu douloir (K, M, N), pour Car nus trop n'est bons a voueir : très probablement le vers était omis dans le prototype de ces mss. On pourrait en dire autant du v. 16317 : ce vers et le suivant manquent dans X, M, N'; dans -<,ils sont devenus : £t ne leissiez pour rien a dire Ce qu'aciez commencié a dire, pour Et bien entendre a la matire Que vous m'avez empris a dire. On peut supposer que l'ancêtre de X, M, N a supprimé le v. 16318 parce qu'il était solitaire, et que l'auteur de y: lui a donné un compagnon.

7: a jusqu'à la fin du poème des leçons de Z, que n'ont ni K, ni M, ni N:v.15701-2 (intervertis), 16135, 16156, 16722, 16750, 16904, 18102-3 (1), 18262, 18342, 18344, 18394, 18906, 18969, 19083, 19210, 19326, 19562, 20156, 20467, 20823-24 (omis). D'autre part, il oppose souvent la bonne leçon aux fautes communes à Æ, Z. M, N:on en a vu deux exemples non douteux dans les variantes IV et V.

60. — 6a a la variante L'avec X, M, N; il n'a pas la variante Il,

(1) ye a remplacé au v. 18103 Ou cil de L par Illuec.

de Z, M, N: on peut donc s'attendre à le voir suivre À : maisil a la variante [IT de M, N et de quelques autres mss. très altérés, et, avec ces derniers (ZLæ, My, Za, Ze, Zi, ra), il omet les v. Lvm?s-? de cette variante. Cette constatation n'implique pas nécessairement une fusion de plusieurs leçons, parce que, l'écriture du ms. ayant changé avec le premier vers de la variante IIT, on peut supposer que 64 représente une version jusqu’au v.11222 inclusivement, et ensuite une seconde. L'écriture changeant de nouveau douze cents vers plus loin, on pourrait expliquer de la même façon le fait que £ n'a pas les variantes IV et V des mss. avec lesquels il est réuni à la variante IT. En réalité, dans chacune des tranches du ms. écrite par la même main, le texte est très mélangé : il a des fautes de Æ : v. 4207-8 (intervertis), deux vers interpolés entre 4228-29; v. 4247-50 (omis) ; v.4405-6 (intervertis), ete.; mais ils'en faut qu'illes ait toutes; illenade Z: v. 4301-2; v. 4465-66 (intervertis), etc.; il en a de communes à X, J, desquelles je eiterai seulement une interpolation de deux vers entre 5382-83 et une de 26 vers entre 6916-17. Au v. 5527, B, K,Ja et d'autres mss. ont dormoîlt, au lieu de iertlouz jourz ; 64 a réuni les deux leçons dans un vers dépourvu de mesure et de sens : Se Justice ert lousjours dormoil gisant; c'est peut-être une variante de même origine qu'il faut voir dans le v.5662 Ne pot nuls ensemble avoir (bonne leçon : N. p. n.e. voueir ; K,J:N.p.n. ons e. avoir); et peut-être encore dans les vers 6359-60, dont les deux mots de la rime seulement sont intervertis, tandis que X intervertit les deux vers entiers.

Il serait sans intérêt de suivre ce ms. dans toutes ses variations.

Manuscrits autres que Z, M, N ayant la variante II

Les mss autres que Z, M, N qui ont la variante IT sont Coc, Ke, tu, Mau, Min, Za, Ze, Zi, Fa. Fe, ya, r.

Coc a été examiné dans le groupe I (p. 422). Æe l’a été avec Æ (p. 466), z à propos de la variante T(p. 488).

Mau. — L'examen, dans Mau, des cinq passages d’après lesquels j'ai marqué une première division dans la famille IT avertit déjà de la multiplicité des leçons de ce ms.:il n'a pas la variante I, de X, M, N;ila la variante Il, de Z, M, N': on peut supposer que dans ces deux cas il suit Z; pour la variante III il est avec Æ, pour la

variante IV avec Z:'pour la variante V, qui porte sur deux vers, il a réuni le 4% vers du 4 groupe de cette variante au 2° vers de N, en altérant l’un et l’autre. En réalité, pour montrer ce que doit Maw aux différents groupes qu'il a mis à contribution, il faudrait le détailler ligne par ligne, jusqu’au v. 19686, à partir duquel il suit régulièrement Æ. Il donne alternativement, jusqu'au v. 16020 environ, des lecons de Z et de N, quelques-unes de X : après le v. 16020, je n'ai relevé qu'une faute spéciale à Z (v. 18344 gent, pour ceus), qui peut avoir été introduite indépendamment de part et d'autre. Jusqu'au moment ou Maw semble avoir quitté définitivement Z, il ne présente jamais une bonne leçon qui ne se rencontre au moins dans l’un des groupes Z, N ou X ; mais entre le passage où il laisse Z (v. 16020 environ) et celui où il se rattache à X, il lui arrive assez souvent d'opposer la leçon originale à la fois à Æ et à N, par exemple, aux v. 16317-18 (omis dans X, M, N, mais pas dans Mau), 16569, 16898, 16938, etc. Il est difficile de eroire qu'il ait emprunté ces leçons à Z, quand il ne lui doit plus aucune faute; du reste, il oppose aussi, pendant le même intervalle, la bonne leçon à ZL, À, N, M réunis : v. 18262, 18969.

Je ne citerai des fautes de Mau que celles qui ne se retrouvent que dans l’un des groupes Z, N, Æ; seules elles peuvent donner une idée des variations de ce ms., mais une idée très incomplète, puisque, la plupart des leçons qu'il leur doit étant communes à plusieurs d’entre eux, il est impossible pour celles-ci de savoir auquel elles ont été empruntées: v. 4561 (L), 4844 (N), 4884 (Æ), 5030 (N), 5047 (N), 5551(L),6862 (L), 6921-22 (N), 6940 (N), 7880 (N), 8327 (L), 8853 (Z), 8854 (L), 8892 (M), 9792 (L), 9894 (L), interpolation entre 11229-93 (Æ), etc.

En résumé, jusqu'au v. 16020 environ, Mau fond les textes de Z et de Net dans cet amalgame fait entrer quelques leçons-de Æ: il doit notamment à X la longue interpolation placée entre les v. 11222-93 ; du v. 16020 au v. 19686, il combine N. Æ, et une version qui n'a pas les fautes de ces deux dernières ; à partir du v. 19686: il suit Æ (1).

Min. — Le texte de Min a pour base celui de Z, mais il est

1) Au v.21471 il a la bonne leçon contre Æ ; c'est sa seule infidélité à Æ dans cotte dernière partie du poème.

altéré par de nombreuses leçons empruntées à ©. Je noterai seulement quelques-unes de ces dernières : v. 4684 que lu l'en desacointes, pour gar que plus ne l'acointes ; v. 4130 nul plus, pour di tierz ; v. 6031 destrempe, pour tempeste ; v. 6344 Chascun, pour Ca jus ; v. 6855 merveilleuse, pour semilleuse ; v. 9830 acoupleresse, pour charaieresse ; V. 10139 esteule, pour chaume ; v. 11217 embracier, pour embacler ; v. 12346 grant pec, pour pitié ; v. 13241. Troie, pour terre; v. 13707-8 com. s'il eust Plus acaté qu'il ne deust, pour ne si notee Con qui l’'avreil chier achelee ; v. 14298 A grant paour a morte chiere, pour Qui face peeureuse c.

C'est par l'intermédiaire d’un ancêtre de Ca, mais pas de Ce,que Min est allié à C ; ila en effet de nombreuses variantes de Ca que n’a pas Ce. A la vérité, la plupart de ces variantes sont insignifiantes, et pour celles-là on pourrait croire que la rencontre est fortuite ou que Ce a spontanément corrigé; mais quelques-unes se prêtent difficilement à cette explication : v. 4946 sait feinare, pour seit graindre ; v. 13353 discerne, pour descrive ; V. 14053 Qui un poulain nourri avroit, pour Q. nourrir u. p. savreit. Dans un cas pourtant, au v. 9498, Ce et Min semblent être réunis contre Ca, mais il est probable, ainsi que je l'ai montré précédemment (p. 407), que Ca n'a ici la bonne leçon que pour l'avoir empruntée à une autre famille. Enfin, Min a de nombreuses variantes de Ca jusqu’à la fin du roman, même quand ce ms. est séparé de Ce : v. 19307 | ostoir, pour vouloir ; v. 19693 cestui, pour cest bon; v. 19736 Com fist Gaudins dame Pallas, pour Cadmus au dit d. P., etc; par Ca ‘il se trouve alors allié à X, M, AN.

Za. — Za a les variantes If, IV, Vi avec ZL; mais avec M, N, contre Z, il a la variante II7; c’est la preuve qu'il combine les leçons de plusieurs groupes. Il a les variantes spéciales de Z aux v. 6862, 1818, 15701-2 (intervertis), 16127, 16135, 16156, 16680, 16750, 16761- 62 (omis), 16904, 20823-24 (omis) ; mais pas celles des v. 4561, 5551, 6581, 7152, 11799, 14682, 16108, 16858, 18102-3, 18262, 18342, 18344, 18498, 18906, 18969, 19083, 19210, 19326, 195092, 195692, 20156, 20198, 20467. Outre la variante III, qu'il a avec M, N, voici d’autres fautes (1) qu'il partage avec différents groupes, à l'exclusion de ZL: v. 4170 (B,

(1) De ces fautes, celles des v. 5469, 5864, 5962, 6392, 6643, 6689, 9456, 11155, 11172, 12079, 15355, 15640, 17708, 19307, 19743, 19849-50, 20122, 20124 se retrouvent dans Zu.

M, N): v. M98(B, C, K, M, N): v. 4935 (B, C, He, K, M, N); deux vers interpolés entre 5382-83 (B, X, Ja, etc.) (1); v. 5469 (B, He); v.” 5597 (B,/K1 Ja) ; N:780300(B, Ca; He ANNE 0561 (Be, M); v. 5962 (Æ); v. 6392 T'en ont ore si (ou ore si fort) eschaufé (Be, K, Jo) (2), pour T'ont lon athanor e.; v. 6643 Fu après (Ba; Be fait défaut), pour Est ore ; v. 6644 (K); v. 6689 (Ba, J, K); v. 6136 (Ba, K, M, N); v. 6149 (B, K, N); v. 6784 en lire (Ca, Min) (3), pour es livres ; v. 1923 L’en, pour Nus, et v. 1924 Jamais nt savroil assener, pour N'i par sei n'i peul a., avec interversion de ces deux vers (B); v. 8075-76 intervertis (Ba, Ja); v. 8100 Li mesdisant (Ja), pour Li mendiant; v. 8146 (Be, C, He, M, N); v. 8397-98 omis (Æ); v. 8662 (Be, Ka, M, N); deux vers interpolés entre 9156-57 (M, N); v. 9303-4 (M, N); v. 9409-10 omis (Be); v. 9456 (M); v. 9468 Que cil qui soloit (M), pour Si q. c. q. seut; v. 9957-58 intervertis (Be, K, yv); v. 10126 (Ba, X, N); v. 11039 (M) ; v. 111455 /inent (Be, Jo, Ri, Ro), pour cessent; v. 11172 (Be, K, N, Ri): v. 11980 (Be, 0, Li); v. 12079 (C, Eb, He, Tou, Li, My) ; v. 192694 (Be, Jo, Ri, Lv, Lw) ; v. 12985-86 omis’(Be); v. 13042 (Be, K, M, N); v. 13290 desrouz (B, He, K, M, N, Ri), pour touz rouz; v. 1351-12 omis (M) ; v. 13548 (M, Ri); v. 13923 (B, C, He, K,M, N, Ri, Ro, Jo, Ga); v. 14990 lost a la voie (Be, Jo, Ri), pour {antost a v.; v. 14331 combien (Be, Jo, Ri), pour coment ; V. 15350 doutoit(Be), pour cremeit ; v. 15355 angoisseus (Be), pour engoursez : V. 153170 n'eüst (B, Æ), pour e.: v. 15640 fussent (Be), pour Les eüst ; v. 16250 /ist(Ca), pour fu; v. 16414 plus d’une (N, Jo, Ri), pour demie; v. 16445 doit(Ca, M,N), pour peut ; V. 16562 Car bien a (Ca), pour Qu'ele a b. ; v. 16566 ja omis (Ca, Æ); v. 16670 Et font les (B), pour Entre 1.; v. 11483-6 intervertis (Be, K); v.17100 etement (K), pour ctimaz ; v. 17106 ainsi (K, Ca), pour si bien; V. 17125-26 omis (Rü, Jü) ; v. 17741 (K, M, N); v. 17153-54 omis (Æ, Ri); v. 11184 vient (Jo), pour naist; v. 11933-34 omis (Be); v. 11955 (Ca, He) ; v. 18016 couvrir (K, M, N), pour coëintir; v. 18034 Bucayn (Za), Buchaym (Ca), Buchayn (He), pour Æucaën ; vV. 18245 sont (Be, K\), pour ont; v. 18257 ieus (K, M, N, Ca), pour leus ; v. 18409-

(1) Voir p. 462, n. 3.

(2) ore sie. (Za, Jo, yu); or si fort e. (Be, Ze) ; T'o. en tour si f. e (Zi). (3) Ze, Zi : en lui.

10omis (X, M, N); v. 18444 Et par tout te monde ainsi queurent (X, M, N), pour £. p. 1. m. a. s’en q.; v. 18550 (Ca, He) ; v. 18567 miches (K), pour chiches; v. 18733 nomeroïe (M, N, Jo, Ri, RO), pour #rouveroie; v. 18753-54 omis (Ze, Lw) ; v. 19208 Quant it est de tel pourveance (Ca), pour-Q. je Le lruis d.t. prouvence ; v. 19307 (Ca, Jo); v. 19349 repete (Ca), pour recete (1); v. 19354 Tout semble ele estre charitable (Ca), pour T. s. ele humble et c. (2); v. 19743 Qui li (Ca, Be, K, M, N), pour Et li; v. 19803 (Ca, Di), v. 19849-50 omis (Ca, Æ, N) : v. 19852 Si Les craindroie je (Jo), pour Si sui je trop couarz ; v.19853 Se dire les nons (Jo), pour Se cez prevoz nomer ; v. 20192 tresfoi (Jo), pour cerfoui; v. 20124 plaisant (Jo, K), pour paisible ; v. 208259 en son regart (Za), en regardant (Be, Bi), pour en ses resiaus. Dans la suite, les fautes communes à Za et à Be et Bi (Ba manque) deviennent particulièrement nombreuses ; l'exemple qui précède et d'autres parmi ceux qui suivent prouvent que ce n'est ni à Be ni à B? que Za les a empruntées, mais à un ms. apparenté à Be et Bi: v. 20891 remplacé par 20892, et v. 20892 remplacé par Ne onques riens avoir n'en porent (Za), Ne 0. avenir nt p.(Be), Ainz tant bien pener ne se p. (Bi); v. 20908 Ma douce amie (Bi: dame) amendement, pour Merci d. a. en demant; deux vers entre 20910-11 : De vostre dous ris savoureus Et de vos biaus yeus amoureus (Bi : ti. delileus ; Be : E. d. v. t. rians et doux), etc. Cependant, Za n'a pas toutes les variantes communes à ces deux mss., même dans les pages où il est Le plus étroitement uni à eux ; c’est qu'en effet il n’a pas cessé d'utiliser plusieurs leçons. Les v. 20825-26 de la leçon commune : Se vout a pourtraire deduire Si fist une image d'ivuire, sont remplacés dans Be, Bi par Se v. a (Be : de) p. entremetre (Bi :p. de mestre)S.f.u.ti.si(Bi: tant) nete; Za a combiné les deux versions en faisant suivre les deux vers de la leçon commune des deux suivants : Si fist el portret l'ymagete Si bien compassee et si nete. Les deux v. 20825-24 étant omis dans Za comme dans Z, c'est apparemment la leçon de Z qu'il a réunie à celle de Be, Bi. Un autre exemple non moins curieux se retrouve un peu plus loin de la juxtaposition de la leçon commune à celle

(4) M, À : bien traite.

PIBMPENENTENS NEleNC RL TI FSoit clerc:

" de Bi; on a vu précédemment (p. 385) que B5, allongeant une lacune de Ze, avait dû remplacer le v. 20951 par un autre, afin de le faire rimer avec le v. 20962; Za a les v. 20951-61 de la version commune, qui manquent dans Bi, mais donne en même temps le v. 20951 de ce ms. : Por sembler de gentil parage, qu'il a intercalé entre les v. 20954-55 ; et comme il fallait à ce vers une rime, il l’a fait suivre de ceux-ci: Æumble, cortoise, sanz outruge, Et flame de haute lignie, Honorable et bien enseignie. Mais déjà au début du poème on trouve de semblables arrangements : le v. 5527, dans Za, a une variante de B,J, K : dormoit, pour iertlouz jourz; en outre, ce vers et le suivant sont encadrés entre deux vers apocryphes, Et si soies bien entendans et Que tu vas ci mout despisant(1) ; on à ainsi quatre vers consécutifs de même terminaison : entendans, gisans, soffisans, despisant. Ze (2), dont on verra que Za partage souvent les variantes, n’a que les deux premiers de ces quatre vers, c'est-à-dire un des vers apocryphes et un de la bonne leçon, celui-ci sans la variante dormoit. Il n’est guère croyable que ce soit l’auteur de ce ms. qui, utilisant une meilleure version pour corriger le v. 5527, n'aurait gardé des quatre vers en ans que les deux qui riment insufiisamment et se trouvent dénués de sens. Voici plutôt comment les choses ont dû se passer : un ancêtre de Ze avait la bonne leçon au v. 5527, mais il [ui manquait le v. 5528 ; un correcteur, pour donner une rime au v. 527, a fabriqué le vers Æt si sotes bien entendans, qu'il a placé avant lui. Ensuite l’auteur de Za, qui avait à sa disposition la leçon de Ze et celle de Be, J, K,se trouvant en face de trois vers en ans, au lieu d'en supprimer un, en a ajouté un quatrième. Je vois de‘même un amalgame de la leçon commune des deux vers 5693-94 : Or l'ai se bien l'as entendu Ce que lu m'as requis rendu, avec celle de B : 9. la. ce m'est avis rendu Le jugement qu'as entendu, dans celle de Za : O. la. c. m'e. a. r. Ta requeste se l'as entendu. Voici un autre exemple du même procédé : les v.17817-18 : Li raz neis l'estrangleroit Quant au berçueil peliz seroil, sont devenus dans Z : Li rat n. l'estrangleroient Q. a. b. le troveroient ; Za, avec estrangleroient : petit girrotent, a gardé le pluriel de Z, tout en prenant le mot petit à la leçon originale.

(1) xw a la leçon de Za, avec, au dernier vers, ainsi, pour ci moul. (2) De même Zx4.

Ze. — Ze S'arrête au v. 11950. Il est très intimement uni à Za, témoin les variantes suivantes (1) : v: 5018 Qu’a (Ze : Que) poi li est comment qu'il aut, pour Ainz vieignent li freil el li chaul; v. 9187 si forl enserrees, pour a usure prestees ; v. 5224 Et la despensent (2) et abatent, pour Qu'il s'en aaisent el esbatent ; v. 5286 entasse, pour amasse ; V. 581 cueillent et saient, pour content el raient; V. 5812 Et que bien envers, mot le prueves, pour Ja ne couvient qu'autrement euvres ; v. 5865 blasmoil (Za), amoil (Ze) (3), pour nieil; v. 58TL richece, pour destrece ; v. 5878 boute, pour bate (pour la rime, Za a changé au vers précédent abate en aboute; Ze ne l'a pas fait : il ne descend done pas de Za) (2 AV 6086 ne facent leans sofrir (5), pour ne li couviegne à $.; \. 6207 Mais ainz cele descovenue (Za : desconnete), pour M. àl F ot ainceis conete (6); v. 6215 par ertcrueus, pour iere poissanz ; V. 6313 oppose, pour ne pose ; v.6343 Or 0ez com, pour O.veiz coment; V. 6380 Æl saches-que par ce savras, pour Com mes anis estre vorras ; V. 6581 0, pour pri(T); v. 6626 grant eslat tenir, pour a g. e. venir ; V. 609% Et (Za: Tu) le (8) verras en poletique, pour E.®. e. policralique ; v. 6746 Seul ele, pour S. eënsi ; v. T104 Chimee, pour Thimee (9); v. 9840 Jamais n'ira a son commant, pour N'i. mais a s. mandement; v. 9972 tous a ce sens tournés (11), pour o tel sen touz jourz nez ; V. 10504 omis; v. 10851 Æt des puis qu’el n'ot mon huchier (Ze : volcha h.) (AL), pour £.p.qu'etne m'olpas ui chier. : |

L'omission d'un vers isolé (v. 10504) atteste une grande intimité entre les deux mss.; ni l’un ni l’autre des deux copistes ne s’est aperçu que 10503 était solitaire, parce qu'il rime, pauvrement, avec les deux vers suivants : estre pris : [entrepris], a mis : amis.

(1) Les variantes communes à Za et Ze mentionnées dans le présent alinéa se retrouvent dans Zi, sauf celles des v. 5286, 5581, 7104, 9840, 10504.

(2) Zi : Qu'il la despendent.

(3) Zi: n'amoil.

: Zi a au v. 5877 te boute.

5) Aussi dans yv.

Le v. 6207 a été laissé en blanc dans Z4.

De même Lr, yv.

(8 : Et le,

(9) Zi : Tumee.

(10) gi : tout a tels. lt.

(11) Zi: n'ol pas h.

Univ, de Lille, Trav. et Mem. Droit-Lettres. Tome VII. — 32.

Il ne pouvait en être de même pour le v. 9024, qui manque aussi dans Ze; cette fois, Za a supprimé 9093 (1). Cet exemple prouve, mieux encore que la variante du v. 3878, que Ze ne provient pas de Za. La même preuve est fournie par l'exemple suivant: Ze a supprimé les v. 6530 et 6532, sans s'apercevoir que la rime fournie par les v. 6599 : 6531 est insuffisante (eneurs : graigneurs); Za a omis, non seulement les v. 6530 et 6532, mais aussi les v. 6529 et 6531, bien qu'il ne soit pas en général très exigeant pour la rime (2).

J'ai cité précédemment (p. 496) un cas où Za semble avoir combiné la leçon de Ze avec celle de Be, J, X. De ce fait on pourrait conclure que Ze est étranger à ces trois groupes ; il n'en va cependant pas ainsi. À la vérité, des fautes nombreuses que j'ai citées (p. 493-95) pour montrer les liens qui unissent Za à ces mss., toutes n'existent pas dans Ze. Plusieurs cependant s'y retrouvent, à savoir celles des v. 4170, 4198, 4235, 5469, 6392, 6643, 6736 (où Ze a exactement la variante de Be), 8100, 11155, 11172. Ze a en outre avec plusieurs de ces mss., à l'exclusion de Za (3), v. 5326 (Be, Æ); v. 5592 Virgile (Ja) (4), pour Virgine ; v. 5969 Sans ce (Ja) (5), pour Sauce; v. 1168 entendemenz (C, Ja) (6), pour integumencz ; v. 8149 (K, etc.); v. 8588 omis (Ja); v. 9884 farciz et pleins de mençonges (Be, Ce), pour f. de plaisanz m.

D'autre part, Ze reproduit plus souvent que Za les variantes de Z; mais c’est peut-être l'indice d'une nouvelle irrégularité de sa part ; il est possible en effet que Ze ait reçu d’un tiers une partie de ces variantes; ainsi s'expliquerait pourquoi il place entre 8570-71 les v. 8567-68, qui manquent dans certains mss. de Z (1).

Zi. — Zi a la variante INT avec M, N, mais aux variantes I, IL, IV, V,ilest avec L; c’est le cas de Za, ce serait sans doute aussi celui de Ze si ce ms. était complet. Zi a, en effet, des aflinités avec ces deux mss., mais plus spécialement avec Ze. Dans le chapitre interpolé sur Faux-Semblant, Zi et Ze omettent les

Za : argumenz.

Ils manquent dans Zi.

vers LV (1). Voici quelques autres variantes communes à ces deux mss. : v.4681 {rové, pour mnué ; v. 5014 vieigne, pour tieigne : v. 495 sages (2), pour cignes ; v. 1160 Prent un autre qui moutla quasse (3), pour Et p. uw. à. ou m. s'abaisse ; v. 9185 Qu'en escripl truis el je recors (Zi), Quant'en e. t. e.r. (Ze),pour Qu'il est escrit el jou r. L'alliance de Za avec Ze a eu pour conséquence l'alliance de Za avec Zi; j'ai déjà signalé des fautes communes aux trois inss. (4); en voici quelques autres : v. 4687 demourance, pour descordance ; v. 5463 qui au monde, pour cui ti mondes ; V. 11761 Mais s'il set tant d'engin avoir (: savoir), pour M. ci se t. d'e. aveit (: saveil).

Les leçons de Z sont plus nombreuses dans Zi que dans Za; si l'on s’en tient aux variantes spéciales à Z, il ne manque à Z%, avant le v. 18082, que celles des v. 4561, 5551, 6581, 11799, 16184 ; encore a-t-on vu qu'au v. 658! il a une faute particulière, commune à Za et à Ze; et au v. 16184, l'exception est douteuse: saverient (Zi), savrions (L), pour savreient. À ce point de vue, la comparaison de Zi avec Ze, qui s'arrête au v. 11950, est peu concluante ; on remarquera cependant qu'au v. 7152 Z3 est avec Z, tandis que Ze a la leçon commune. En outre, Z? a quelques variantes de À qui ne se retrouvent ni dans Ze ni dans Za. |

Du v. 18906 au v. 20156, aucune leçon spéciale à Z; par contre, de nombreuses variantes de Æ, mais pas toutes. À partir du v. 20198, retour à Z. On a vu qu'il en est à peu près, mais pas exactement, de même de Za.

Fa, Fe.— Fa et Fe n'ont pas la variante I (X, M,N), mais ils ont les variantes IT (Z, M, N), H6 (X), IV! (X, L)(5), VW (L, M); ils appartiennent donc à plusieurs groupes. Ces deux mss., qui étaient déjà très intimement unis dans le poème de Guillaume, continuent à l'être dans celui de Chopinel. Leur alliance apparaitra suffisamment dans leurs relations, que je vais indiquer, avec différentes autres versions, pour qu'il me soit inutile de signaler les fautes, très

(1) De même Lx, My, Lmÿ, 6x, ra; Za omet les vers v-VI, XI-4, XXV-XXVI, LV11121-30,

(2) De même C, La, Ri, Ga.

(3) De même y».

(4) Voir ci-dessus, p. 493-97.

(5) En réalité, F'e n'a pas cette dernière variante, mais uniquement parce qu'il a omis le passage où elle se trouve.

nombreuses, qui leur sont spécialement communes. Parmi celles-ci, il en est une cependant qui mérite une mention : à partir du v. 18180 environ, leur texte présente un très grand nombre de petites coupures, dont je citerai, à titre d'exemple, celles qui portent sur les v. 19880 à 20080 : sont omis les v. 19883-84, 19889-90, 19897-906, 19911-14, 19919-22, 19929-34, 19943-50, 19979-80, 19985-90, 19997- 20000, 20041-12, 20019-%6, 20029-30, 20041-52, 20055-58, 20065-72. 20077-78 ; en outre, les v. 19915-18 sont réduits à deux : Qu'a tous ceus qui n'ont ci esté Soit introduit et recilé; par contre, deux vers sont interpolés entre 20074-75 : À fait pour voir mortel pechié Au mains a il de tant pechié.

Outre ces omissions communes aux deux mss., Fe en a qui lui sont particulières et qui résultent apparemment de la négligence d'un copiste, qui a passé une ou plusieurs colonnes de son modèle : V. 169-809, 6663-98, 7102-80, 8305-48, 14161-264.

Ces deux mss. suivent surtout le texte de Z; jusqu'au v. 9700 environ, ils lui sont rarement infidèles ; ils ont cependant sans lui la bonne lecon aux v. 4561, 5010, 5179, 5249, 5551, 7034, 9726. A partir d'ici, les infidélités à Z deviennent momentanément plus fréquentes : v. 9792, 9897, 10444, 11462, 11753, 11793, 11799; L reste néanmoins la base de leur texte. À X, ils doivent, outre le chapitre apocryphe sur Faux-Semblant, quelques autres leçons, par exemple, celles des v. 12158, 13221, 15194, 19629-30, 19692 Que n'est uns poissons noanz.

ya. — ya n'a pas la variante I, de À, M, N: il a la variante II, de L, M, N: enconclura-t-on qu'il fait partie de Z ? Mais il a la variante IT, de 37, N. Cette contradiction est expliquée par la variante IV#, où y« combine, semble-t-il, la faute de Z avec celle de N, en deux vers dépourvus de sens : ’

Car li dui amant qui tel honte Li dieu tindre de eus tel conte ;

dui est de L, amant de AN. Ces deux vers, si l’on peut les appeler ainsi, Sont bien représentatifs de y+, qui, à des leçons provenant de différentes familles, notamment de Z, et, peut-être indirectement, de N, mais d’autres aussi, dont Be, ajoute de très nombreuses fautes individuelles. Il omet les deux vers de la variante V.

Cette version étant absolument sans valeur, il est inutile que j'entre dans les détails de sa composition.

x. — Le poème de Jean de Meun est allongé dans x, comme celui de Guillaume de Lorris, de nombreuses additions (voir p. 149). A part ces interpolations, le texte suit irrégulièrement Æ jusqu'au v. 4842, puis Z jusqu'au v. 7910, revient à Æ pour quelques centaines de vers, et ensuite fait partie de N jusqu’à la fin du poème, mais avec des retours fréquents à Z et à Æ.

Manuscrits qui ont la variante III

Les mss. qui intercalent un chapitre sur les privilèges de Faux-. Semblant {variante IT) entre les v. 11222-93 se répartissent en 8 groupes, suivant l'étendue de l’interpolation :

10 J'(Jo, Ju, Jy) (A), By, Li, Maz, Ga, vv, Ou;

2% Bé;

3° Ac, Lk, Jl, Ca ;

4 Mar. Jon ;:

Page 1