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I. Flcury, of. cit., ■1'' purtic, p

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pas directement sur le parchemin : celui-ci recevait auparavant un premier trait au cinabre ou au carmin, destiné à la faire briller davantage ou à la faire adhérer plus solidement par le moyen des substances résineuses entrant dans la composition de ces couleurs; et quelquefois ce trait rouge est devenu apparent sous les ornements ou les caractères métalliques altérés par le temps. Même lorsqu'on recouvrait d'or des champs ou des fonds plus ou moins larges, on enduisait préalablement le vélin d'une couche épaisse de couleur blanche, rouge ou noire, ou au moins d'un encollage au blanc d'œuf, jouant le rôle de cette première assise que les peintres nomment l'impression. Les Byzantins se contentaient d'une légère application de colle quelconque ; aussi leurs fonds dorés ont-ils moins de relief. Le pinceau étendait ensuite l'or liquide sur toute la surface ainsi apprêtée ; mais certains enlumineurs préféraient découper dans une feuille d'or un morceau de la forme et de la grandeur voulues, le poser adroitement sur l'enduit, qui le fixait en séchant, et le brunir ensuite avec le polissoir. Ce procédé était renouvelé des Byzantins. Les Persans l'ont également connu ; ils ont même renchéri en collant par-dessus l'or de petites émeraudes et des moitiés de perles, de manière à donner à leurs miniatures l'aspect d'un véritable travail d'orfèvrerie.

Du reste, la manière d'appliquer et de préparer les couleurs en général faisait la grande préoccupation des artistes du moyen âge. Ils entreprenaient des voyages lointains pour se procurer les meilleures recettes; ils en formaient des recueils, qu'ils gardaient précieusement pour eux et leurs amis, et les allongeaient ou les

corrii^Ciiicnt à mesure qu'augmentait leur expérience. Rien de plus instructif, à cet égard, que le travail d'enquête auquel on voit se livrer, en 1409 et 14 10, un simple amateur parisien, maître Jean Le Bègue, greffier des maîtres généraux de la Monnaie du roi. Après avoir réuni d'abord et transcrit de sa main les livres techniques les plus connus, tels que ceux de Théophile et d'Héraclius, il s'en va en Italie, A Gènes, il se fait prêter par un frère Denis, appartenant au monastère del Sacha, de Milan, un cahier plein de recettes, qu'il s'empresse de copier. A Bologne, il découvre un brodeur flamand, appelé Thierry, qui avait travaillé à Pavie pour le duc de Milan et précédemment à Londres, où des industriels lui avaient appris les secrets de la fabrication de certaines couleurs : il en obtient la révélation et les ajoute à son manuscrit. Dans la même ville, il fait la connaissance d'un peintre italien, maître Jean de Modène, auteur d'un recueil analogue au sien ; il en prend encore la copie. Puis, revenu à Paris, il fréquente un enlumineur nommé Jean Larcher ou Archier, et celui-ci lui communique ses propres découvertes: un Normand, ayant demeuré chez maître Pierre de Vérone, habile en l'art de fabriquer et d'atfiner l'ouircmcr, lui avait livré tel et tel procédé ; un Flamand, Jacques Cona, qui était venu s'établir dans la capitale, lui en avait indiqué d'autres, et lui-même les avait perfectionnes d'après ses lectures et ses informations personnelles, en Lombardie et ailleurs; enlin, Antoine de Compiègne. un ancien du métier, dépositaire des vieilles traditions (illuminator librorum, antiqiius hoino), lui avait ouvert le trésor de son expérience, et il avait

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également contrôlé ses recettes au moyen de divers témoignages glanés dans les ateliers lombards et bolonais. Autant de sources nouvelles, où maître Jean Le Bègue se hâte de puiser; si bien que son manuscrit devient une des compilations les plus complètes sur la matière^. Indépendamment de son recueil peu connu, rintelligente curiosité des spécialistes nous a valu un assez grand nombre de manuels latins, français ou italiens, qui n^imposent pas, comme ceux de Byzance,des formules fixes pour la représentation de tel ou tel sujet, mais qui, laissant à Tartiste la liberté ci''user de son imagination, lui apprennent uniquement le côté matériel de son métier. Quelques-uns de ces traités embrassent tous les arts : la fameuse encyclopédie du moine Théophile, par exemple (Schedula diversarum artium), vCa que quelques chapitres consacrés à la manière de poser l'or ourargent sur le parchemin, de fabriquer les couleurs, de les délayer, de les mélanger pour Tusage des enlumineurs; il indique que la plupart doivent être détrempées avec de Peau de gomme, le vert avec du vin pur, le vermillon, le carmin, la' céruse avec du blanc d'œuf, et qu'il faut en appliquer une seule couche sur les lettres, deux sur les autres sujets. Le traité d'Héraclius. De coloribiis et artibus Romanoruin. tiré d'ouvrages plus anciens, celui de Pierre de Saint-Omer,Z)e colorJbus faciendis, et ceux de quelques anonymes italiens ne sont guère plus spéciaux^. Mais il en est un qui s'occupe exclusivement de l'enluminure et qui nous

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