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I. Voyage littéraire, p

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serve à Munich, est abrité sous un assemblage de lames d'or, les unes repoussées, les autres relevées de cabochons, de perles, d'émeraudes, de saphyrs et d'améthystes; la figure du Sauveur, entourée d'autres bas-reliefs, occupe le centre du panneau. C'est un ouvrage de joaillerie déjà très compliqué et de grande dimension. Le même prince possédait plusieurs volumes aussi somptueusement revêtus, que l'on montrait jadis à Saint-Corneille de Compiègne. Sur ces riches manuscrits, sortis des ateliers ouverts par l'initiative intelligente de Charlemagne et d'Alcuin, l'art de l'orfèvre s'unissait très souvent, comme il vient d'être dit, à celui du sculpteur sur ivoire. C'était le complémeat presque obligé de la chrysographie : il était bien rare qu'après avoir prodigué l'or ou l'argent dans l'intérieur d'un livre, on ne fît déborder au dehors ce ruissellement de splendeurs. Saint-Martial de Limoges avait, au xii" siècle, des missels dont la couverture comme les feuillets n'étaient qu'une combinaison de reflets argentés. Le luxe de l'orfèvrerie devint tel, que l'enveloppe de certains exemplaires de l'Ecriture sainte ne fut plus une reliure, mais une châsse; et, pour compléter l'illusion, on y inséra de véritables reliques. Une note inscrite sur la première page d'un évangéliaire de Laon nous apprend que les matières précieuses qui lui servaient d'abri enfermaient, avec les plus riches pierreries : in majestate (c'est le nom significatif donné au plat supérieur), des parcelles d'os ou de vêtements de saint Jacques, de saint Etienne, de saint Pancrace, de saint Florent, de sainte Odile, de saint Biaise; in cruce (dans l'ornement en forme de croix qui était sans doute

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au centre), diverses reliques de sainte Madeleine, des saints Côme et Damien, de saint Nicolas, de sainte Corduic, de saint Arbogaste, de sainte Mari^ucritc, de sainte Brigitte, de saint Cyriaque et de saint Trupert* ! Peu de grandes châsses, on en conviendra, étaient aussi richement garnies. Aussi le scribe fait-il suivre cette pompeuse énumération d'un anathème particulièrement terrible, et longuement formulé, contre quiconque osera porter sur ce monument unique une main sacrilège et en enlever le moindre fragment.

Sous saint Louis, le trésor de la Sainte-Chapelle reçut plusieurs évangéliaircs qui furent gardés à part comme des joyaux inestimables, et dont un inventaire nous a gardé la description. Trois d'entre eux devaient venir du fondateur de ce célèbre sanctuaire. Sur la couverture métallique du premier étaient figurés, d'un côté la Résurrection, de Tautre le Crucifiement, avec un accompagnement d'émaux ou de nielles. Le second était garni de tablettes d'or rehaussées de trente et une émeraudes, de quatorze gros saphirs, de treize rubis balais, de deux camaïeux et de quatre-vingt-neuf perles, sans compter plusieurs petites pierres ornant la tète et le diadème d'un crucifix. Sur le troisième, revêtu d'argent doré, se voyaient un Christ avec la Vierge et saint Jean, et, par derrière, le Seigneur jugeant les hommes, avec les quatre évangélistes ; autour de ces deux sujets brillaient des saphirs, des grenats, une grosse pierre verte, une améthyste gravée représentant une tête d'homme-. Les autres évangéliaircs de la Sainte-Cha-

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