CALAMUS ANTIQUE AVEC ETUI
( D'.iprès une peinture de Porapéi,
reproduite
par Dar^mberg et SagHo,
DUt, des Antiques, p. 811.)
LES INSTRUMENTS DE L'ECRITURE. ^j
mes rémiges. On leur faisait subir une prc'paration spéciale, que les Hollandais -perfectionnèrent en les plongeant dans un bain de cendres chaudes; de là vint la célébrité des plumes hoUandées. Les plumes d'oie conservèrent dans tout le moyen âge une certaine valeur : on les vendait encore quatre sols dix deniers parisis le demi-cent, en 1524 *. Les plumes de pélican, de grue, de cygne furent employées par exception. Dès le xiv*^ siècle, on commença à fabriquer des plumes de fer ou d'airain.
Le crayon de plomb, pour régler ou pour écrire, était également connu des anciens; mais il avait chez eux la forme d'une plaque ronde et mince, qui dispensait de le tailler. Cependant les plus vieux manuscrits, jusqu'au XI'' siècle environ, sont réglés à la pointe sèche; quelques-uns, en très petit nombre, à l'encre rouge. Au xn", on commença à se servir de crayons en forme de lancette, et l'on en lit même des objets de luxe. Plusieurs de ces instruments, d'un âge un peu plus récent, ont été retrouvés au fond de la Seine : ils étaient surmontés d'un écusson ou d'un croissant, ornés de croix ou de fleurs de lis. Un d'eux porte même le nom de son propriétaire : Karoli scriptoris. M. Forgeais en a publié les dessins dans le Musée archéologique. Quant à la plombagine ou mine de plomb, on commença vers la fin du moyen âge à s'en servir et à l'enfermer dans un tube de bois. La réglure se faisait, pour plus de régularité, au moyen d'un compas ou d'une planchette de
I. Voy. Daremberg et Saglio, Dict. des Antiquités, au mot Calamus; le P. Cahier, Nouveaux mélanges d'archéologie, 11,88; Franklin, op. cit., I, 33 1.
44 LES MANUSCRITS ET LA MINIATUKt.
la largeur de Tinterligne {postis ad l'effulanditm). Souvent aussi la place de chaque ligne était déterminée à ses deux extrémités par des trous percés dans le parchemin avec un poinçon; on fixait de même Pétendue des marges et des colonnes. Sur le papier, lorsqu'il apparut, les lignes furent plutôt tracées en couleur et avec un tire-ligne.
Les instruments destinés à effacer étaient principalement réponge et le grattoir. L'éponge, avec laquelle on essuyait également le roseau, faisait disparaître l'écriture ancienne aussi bien que l'écriture fraîche, et sur le papyrus comme sur le parchemin. Les grattoirs ou canifs [rasoria^ scalpra) étaient, dès l'antiquité, composés d'un manche en os ou en métal et d'une lame se refermant dans une rainure. On en trouve d'autres tout d'une pièce et tranchants des deux côtés. Les scribes du moyen âge sont toujours représentés tenant le grattoir de la main gauche au moment où ils écrivent; de cette manière, ils pouvaient effacer ou corriger leurs fautes à mesure qu'ils en commettaient ^
L'étui ou la boîte oti l'on renfermait les roseaux, et plus tard les plumes, contenait souvent aussi le canif, le compas, des ciseaux et d'autres objets. Il devenait alors Vccritoire (scripturale, scriptionale) . Cet ustensile avait son importance dans le mobilier de nos pères. Ils le suspendaient volontiers à leur ceinture, et, de nos jours encore, il n'est pas rare de le rencontrer ainsi porté par quelque vieil écrivain turc ou juif dans les rues tortueuses de Constantinople. D'autres fois, ils