I. Bibl. nat., mss. grecs <j, 5 10, ci Coislin
tament, des œuvres des Pères, des philosophes et des poètes antiques. Tout ce qui concerne, au point de vue paléographique et calligraphique, ces précieux débris d'une longue et brillante civilisation a été dit par le P. Montfaucon et résumé plus récemment dans Touvrage de M. Gardthausen, publié à Leipzig ^.
Ce ne sont pas seulement les Hellènes et leurs descendants qui ont travaillé à multiplier les trésors de leur littérature ou les monuments de leur langue. En France, comme en d'autres pays, on s'y est évertué dans tout le cours du moyen âge, bien que la connaissance du grec fût alors peu répandue. Les moines de Saint-Denis, entre autres, pensaient rendre hommage à leur patron en cultivant cette branche de la science littéraire ; ils affectaient d'écrire son nom sous la forme originale AIONTCIOC; ils conservaient dans leur bibliothèque plusieurs livres grecs (ils avaient même des livres arméniens) et nous en ont transcrit quelquesuns 2. Les copistes qui voulaient faire montre de leur savoir terminaient les manuscrits latins par une souscription ou par un explicit en grec, et, lors même qu'ils ignoraient cet idiome, ils aimaient à prouver qu'ils savaient du moins l'écrire : aussi nous ont-ils laissé plus d'un spécimen de ces phrases curieuses dont les mots appartiennent à une langue et les caractères à une autre ^. Les paléographes ont observé, du reste, que les souscriptions ou signatures de copistes,
1. Montfaucon, PaLvographia grœca, 1708, in-f; Gardthausen, Griediische Palaographie, 1879, in-S".