FIG. II. ONC'IALE ANCIENNE. 5 I
(Tirii liu Sulpicc SiJvère Je Vcreiie, reproduit jur Watteiibach, Excmpla coJ., lut. n" 52.)
sieurs évangéliaires OU missels carlovingiens, parmi lesquels le splendidc exemplaire de Tévangile de saint Luc
PIC. 12. ONCIALE CARLO VI NC I ENNE. 781.
(Tiré de l'évangéliaire de Charlem.-xgne, Bibl. nat., ms. lat. 1203.)
copié par Godescalc, en 781 ou 782, pour Charlemagnc I. Voy. ci-dessus, p. 33.
rî+ LES MANUSCRITS ET LA M I NM A T U R E.
lui-même, et un recueil d'évangiles à peu près contemporain, provenant de Tabbaye de Fécamp, remarquable par ses caractères larges et carrés. On rencontre toutefois des exemples isolés de lettres onciales jusque vers la fin du xii" siècle, comme le bel E initial que M. Delisle a emprunté à un livre exécuté au nord de la France, en ii83'.
Mais le type le plus curieux de ce genre d'écriture est peut-être \e P entât en que de, Lyon, mis récemment en lumière par le même savant et publié, avec une notice détaillée et des fac-similés, par M. Ulysse Robert. Ce volume, très important au point de vue de la critique biblique et de la philologie, remonte, selon toute probabilité, au VI* siècle^ ; Pindistinction des mots, la disposition du texte sur trois colonnes, certaines formules antiques respirant encore Todeur des catacombes /'/e^e cum pacej^lni assignent au moins cet âge. 11 paraît Toeuvre de plusieurs mains. L'art calligraphique du temps y prend une tournure particulière : tantôt c'est une onciale à pleins traits (renflée sur certains points), tantôt c'est une onciale à traits obliques. Les alinéas s'ouvrent par des initiales en caractères semblables, mais plus grandes que le texte et placées en vedette. Des titres courants, inscrits en haut des pages, comme dans beaucoup de livres modernes, sont, au contraire, en onciales plus petites.
Un autre spécimen de haut goût, ce sont les extraits de saint Augustin réunis par Eugyppius, beau