‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 50 sur 144 · DE LA MINIATURE EN GENERAL ET PARTICULIÈREMENT EN FRANCE · texte numérisé non relu

DE LA MINIATURE EN GENERAL ET PARTICULIÈREMENT EN FRANCE

PHASE HIERATIQUE

L'enluminure et la miniature; sens réel et conventionnel de ces termes. — Classification géographique et chronologique des monuments auxquels ils s'appliquent. — Phase hiératique et phase naturaliste; leur distinction. — Origine latine, et non byzantine, de l'enluminure. — L'ornementation des livres dans l'antiquité. — Caractères et spécimens des peintures de la première phase: période mérovingienne; période carlovingienne; période romane.

En abordant rornementation intérieure des manuscrits, nous entrons dans un champ beaucoup plus inexploré que celui d'où nous sortons. Malgré la faveur dont jouissent chez nous depuis un demi-siècle les vieilles peintures sur vélin, elles n'ont pas été, à beaucoup près, l'objet d'une étude aussi approfondie que les autres genres de l'art ancien : la science de l'enluminure est encore une sciente à créer, et ce ne sera pas

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une des branches les moins fécondes de Tarchcologic lorsqu'elle sera cultivée avec Tattention qu'elle mérite : riiisioire des mœurs, du costume, du mobilier, de la vie privée en général, y puisera, non moins que Thistoire du dessin, des ressources d'une richesse étonnante. Un homme de goût, d'érudition et de loisir (trois conditions indispensables pour une œuvre pareille) avait entrepris cette création, il y a une quarantaine d'années. Il avait commencé à publier un immense recueil de planches, qui devaient servir de pièces justificatives à un texte raisonné, formant comme une vaste synthèse de Fart*. Ce serait là, en effet, la vraie manière d'opérer : comparer les types avant de formuler des principes, aller de l'exemple à la règle. Malheureusement les événements politiques entravèrent l'œuvre si intelligente de M. de Bastard, et la mort vint ensuite l'arrêter définitivement. A part les quelques volumes parus de son grand album, devenus à près introuvables, et deux ou trois notices où il a résumé d'avance ses principales idées, nous en sommes réduits à des aperçus généraux d'un caractère assez vague et à des monographies trop peu nombreuses. Un de nos grands archéologues, Jules Quicherat, signalait naguère l'insufiisance de ces travaux et proclamait la « nécessité d'en venir à une exposition dogmatique par une suite d'études particulières, de créer une langue pour dénommer toutes choses, de classer les types infinis de cet art varié et fécond- ».

1. Peintures et ornements des manuscrits du iv' au xvi* siècle, par le comte de Bastard, 8 vol. grand in-f»., à la Bibliothèque nationale.

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