I. A MINIATURE F. N l- R A N C E
lismodoni rinicrprctciiioii reiui hcsiiaiuslcs plus experts. Mais elle est surtout curieuse parce qu'elle nous montre Vliistiiirc ou le sujet historié arrivant de très bonne
Fie. } 7," INITIALE SYMBOLICiUE. IX" SIÈCLE.
(Tiré Ju sncrimontairc de Drogon de Metz, Bibl. nat., ms. Lit. 942S.)
heure à son plein développement, couvrant une page entière, et néanmoins toujours enfermé dans une init.ale. Ce procédé deviendra la mode favorite du moyen
i+R LES MANUSCRITS F. T LA MINIATURE.
âge, qui paraît l'avoir inventé; mais, à Tépoque corlovingienne, il n'est encore employé que par les enlumineurs de haut vol et dans les manuscrits de grand luxe. Autre innovation qui sera de plus en plus imitée : la peinture encadrée dans l'initiale emprunte ici son sujet au passage du livre dont cette majuscule forme le début; c'est ce qui constitue par excellence le texte illustré, c'est Yhistoire proprement dite.
Il n'y a déjà plus qu'un pas à franchir pour arriver au tableau pur et simple, et, à vrai dire, on rencontre à la même époque quelques figures détachées, dépourvues du cadre ordinaire. Telle est une grande image du Christ au trait noir, entourée d'une bordure noire également, qui couvre une des pages de l'évangéliaire de Godescalc jadis conservé à la bibliothèque du Louvre. Tels sont encore les quatre évangélistes représentés en peinture, avec plus ou moins de bonheur, dans le même volume et dans plusieurs analogues, comme l'évangéliaire d'Ebbon, resté à Epernay, ceux de Charles le Chauve et de Lothaire, exécutés à Siint- Martin de Tours, aujourd'hui à Paris, et le Livre du Sacre, qui servait au couronnement des empereurs, à Vienne '. Quelques grandes figures de cette catégorie ont passé pour des portraits. Mais, dans celle qu'on prenait pour Charlemagne, M. de Bastard a reconnu l'Ancien des jours du prophète Daniel, c'est-à-dire Dieu le Père. D'un autre côté, les similitudes qu'on observe entre les prétendus portraits de Lothaire et de Charles le Chauve, intercalés dans leurs évangéliaires,
I. Voy. de Bastard, Peintures et ornements des mss., t. III, pi. 8i, 1 19, etc.