‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 71 sur 144 · Puri^atorio, XI · texte numérisé non relu

Puri^atorio, XI

parisienne, et cette seule dénomination, entrée dans Tusage universel, atteste chez les miniateurs français, comme Fa fait observer Thistorien italien Denina, une véritable supériorité, soit pour le talent, soit pour le nombre, supériorité qui ne devait rien aux influences étrangères. Vers la mêiTte époque, le jurisconsulte Odofrède racontait, dans ses commentaires de droit, Panecdote suivante : « Un père (italien) donne à son fils le choix d'aller étudier à Paris ou à Bologne, avec cent livres par an. Le fils préfère Paris. Là, il fait embabouiner {babuinare) ses manuscrits de lettres d'or, et il se fait chausser de neuf tous les samedis : il estruiné^.n Si, dans quelques cas, le luxe des livres historiés pouvait nuire à la fortune privée, en revanche, il ouvrait une source de richesse à la classe toute nouvelle des enlumineurs laïques, protégés par les princes et les riches amateurs et grassement rétribués par eux. On s'explique bien moins de quelle manière il pouvait être funeste, comme l'a cru M. Renan-, soit à l'art de la peinture en général, qui dut à la miniature sa renaissance et son développement, soit à la calligraphie, qui naturellement était plus soignée dans les manuscrits illustrés. Quoi qu'il en soit, à l'aurore du siècle de Raphaël, l'Italie exaltait encore les enlumineurs français : on écrivait de ce pays, à propos de la construction du palais de Capoue, que ce monument avait une élégance « que le beau parler de maistre Alain Chartier, la sublimité de Jehan de Meun et la main

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