Archives de Vart fra)iça'ts, I
2. Voy. à ce sujet le P. Cahier, op. cit., W, 190 el suiv.; de Laborde, op. cit., I, 8, 9.
pourrait y faire une tache irréparable ; mais il abandonnerait volontiers à leurs ravages les lettres et les dessins de fantaisie ajoutés par certains ignorants sur les marges des manuscrits, qu'ils ne font que déparera Vains regrets; plus on va, plus le caprice se donne carrière. Ce sont des majuscules de toute forme et de toute dimension, gothiques, onciales, capitales, de deux points, de trois points, de quatre points, etc. ; la nomenclature et la définition de leurs espèces rempliront plus tard tout un traité, dont Tingénieux auteur prétendra baser la proportion des lettres sur celles du corps humain 2, C'est surtout, c'est toujours la majuscule filigranée, mais accompagnée de raffinements inédits; puis la lettre à rinceaux, mais avec des ramifications de plus en plus audacieuses; enfin, l'initialecadre, enfermant dans ses lignes un dessin d'ornement ou de figure, mais empruntant à l'imitation de la réalité un intérêt nouveau. L'ornement qui remplit les panses se rapproche souvent de celui des verrières ou du carrelage des églises. Des dessins quadrillés, rappelant encore les vitraux, servent de fond au motif principal. La flore naturelle se mêle aux fleurons et aux feuillages conventionnels dans une proportion croissante. Au déclin du xiv« siècle, enfin, on voit s'introduire dans l'ornement de l'initiale des écussons, des armoiries complètes ; c'est une sorte d'ex-libris artistique, que les princes et les seigneurs font apposer sur les joyaux de leur bibliothèque. Quant à la couleur, tantôt le