LA MINI A T U R F. EN !■ R A N C F
de Sicile, René LrAnjou, qui s'exerçait lui-même à manier le pinceau et qui entrcienait auprès de lui une troupe d'artistes, leur faisait cultiver aussi le portrait.
Celui de son père Louis II, celui de son fils Jean d'Anjou se voient dans un livre d'heures à Tembellissement duquel il a peutêtre travaille de sa main*. Sa propre image est reproduite, entourée de r a p p a r e i 1 royal, en têic d^un aveu à lui rendu, Tan 1468, par Jean de Sainte- Maure, baron de la Haic- JouUain : assis sur une chaière couverte de soie rouge
I. Le portrait de Louis II d'Anjou avait ctc pris pour celui de René lui-même. Un magnilique dessin de l'époque, qui, s'il n'a
F I G. fl I.
JEAN d'ANJOU, fils DU RUl RF. NI.,
XV* b I KC L K.
(Tiré du mcmc livre d'heures.)
frangée d'or, il reçoit Thommage de son vassal agenouillé, derrière lequel six officiers en différentes attitudes forment le fond du tableau. Ce morceau est une des pages les plus instructives et les mieux traitées de la peinture sur vélin au temps de Louis XI. René, prince chevaleresque s'il en fut, avait offert son image à sa seconde femme Jeanne de Laval; lui-même portait dans les combats et les tournois « la pourtraicture delà royne de Sicille sur un rollet de parchemin enfermé dans ung bois de lance creux* ». C'est sur le vu d'une peinture représentant cette jeune princesse qu'il s'était épris d'elle, dans le cours de son expédition en Lombardie; car les mariages royaux se décidaient par un simple échange de portraits : celui de Charles Yl avec la trop fameuse Isabeau avait été contracté ainsi, et la figure de l'infante de Portugal, fiancée du duc de Bourgogne Philippe le Bon, avait été peinte pour lui par l'un des frères van Eyck. Bientôt les riches marchands prétendirent se donner le luxe des grands seigneurs et se voir en peinture sur le vélin : « tout marquis veut avoir des pages! » En 1489, un négociant de Melun commandait à un religieux de cette ville, habitant le couvent de Saint-Pierre, un missel à miniature pour l'église de Sainte-Aspais, sa paroisse; et parmi les personnages représentés dans ces miniatures se trouve le donateur lui-même, suivant l'usage adopté pour les vitraux -. La vulgarisation des somptueux
pas servi de modèle à Tauteur de cette miniature, provient du moins d'un original commun, et qui vient d'être cédé à la Bibliothèque nationale par la veuve de M. Miller, de l'Institut, porte les mots : Loys, père du roy Régné.