Archives de l'art français, V
livres d'heures allait fournir encore un nouvel aliment au talent des portraitistes et propager leurs œuvres dans toutes les classes aisées de la société.
Fie. 62.
RENK d'anJOO recevant l'hOMMACE d'uN VASSAL. l ^6<).
(Miniiturc placée en icle Je Tacte J'hommage, Archiveî nat., P 558.)
La représentation du corps humain est loin d'atteindre alors la même perfection que celle de la tète. Le
frangée d'or, il reçoit riiornmage de son vassal agenouillé, derrière lequel six officiers en différentes attitudes forment le fond du tableau. Ce morceau est une des pages les plus instructives et les mieux traitées delà peinture sur vélin au temps de Louis XI. René, prince chevaleresque s'il en fut, avait offert son image à sa seconde femme Jeanne de Laval ; lui-même portait dans les combats et les tournois « la pourtraicture delà royne de Sicille sur un rollet de parchemin enfermé dans ung bois de lance creux * ». C'est sur le vu d'une peinture représentant cette jeune princesse qu'il s'était épris d'elle, dans le cours de son expédition en Lombardie; car les mariages royaux se décidaient par un simple échange de portraits : celui de Charles VI avec la trop fameuse Isabeau avait été contracté ainsi, et la iigure de l'infante de Portugal, fiancée du duc de Bourgogne Philippe le Bon, avait été peinte pour lui par l'un des frères van Eyck. Bientôt les riches marchands prétendirent se donner le luxe des grands seigneurs et se voir en peinture sur le vélin : « tout marquis veut avoir des pages! » En 1489, un négociant de Melun commandait à un religieux de cette ville, habitant le couvent de Saint-Pierre, un missel à miniature pour l'église de Sainte-Aspais, sa paroisse; et parmi les personnages représentés dans ces miniatures se trouve le donateur lui-même, suivant l'usage adopté pour les vitraux -. La vulgarisation des somptueux
pas servi de modèle à l'auteur de cette miniature, provient du moins d'un original commun, et qui vient d'être cédé à la Bibliothèque nationale par la veuve de M. Miller, de l'Institut, porte les mots : Loys, père du roy Refçné.