‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 127 sur 211 · IL. — GISEMENTS · texte numérisé non relu

IL. — GISEMENTS

Il n’est pas rare de rencontrer des sections de ces petits Céphalopodes à l’état isolé dans certains facies spéciaux v. g. calcaires à organismes (végétaux problablement) et calcaires grumeleux.

Mais, ce qui est plus intéressant, on les trouve à certains niveaux par véritables nichées, par exemple au niveau du marbre Henriette et à la base de ce banc où certains individus sont encroûtés par des tubulures du type Polymorphocodium, et même par naïssains entiers (cf. PI. XIX, fig. 82) constituant un véritable banc (banc superposé au Lunel n° 1 ou Rubané Notre Dame). Ce dernier facies se retrouve à Namèche (Belgique) dans le Viséen supérieur sous la forme d’un calcaire noir compact et vacuolaire dans lequel grouillent de petits organismes analogues (cf. PI. XIX, fig. 83).

IL. — MICROSTRUCTURE ET MICROTEXTURE DE LA COQUILLE. A. — Faits d'observation.

Plusieurs cas sont à distinguer ; je me propose de les décrire et, s’il y a lieu, j'en essaierai ensuite l’interprétation et la synthèse.

1° cas :

Les deux couches, dont l’ensemble constitue la coquille, sont visibles et très distinctes l’une de l’autre. La couche interne, qui forme les cloisons et le revêtement des loges, est épaisse, opaque et d’allure chevelue ; son épaisseur, sa teinte et son allure la différencient aisément et au premier coup d’œil de la couche externe qui se présente, elle, sous la forme d’un fin liseré blanc, hyalin, et sans structure apparente (cf. PI. XIX, fig. 82 et 84).

155. « Die Querscheidewand bildet im Medianschnitte eine nach vorn convex gebogene Linie bei den Ammoniten, den latisellaten und einem Teile der asellaten Goniatiten. Nach vorn concav ist sie bei dem Reste (den meiïsten?) der asellaten Goniatiten, bei den Nautiliden, den Spiruliden und Belemnitiden.

« Die Siphonaldüte ist bei allen Goniatiten ebenso wie bei Nautiliden, Spiruliden und Belemniten nach hinten gerichtet ; bei dem Belemnitiden-Geschlechte Aulacoceras jedoch steht sie nach vorn. Bei den Ammoniten (ob bei allen?) ist sie in der ersten Jugend gleichfalls nach hinten, später aber nach vorn gerichtet ». cf. BRANCO. — Beiträge zur Entwickelungsgeschichte der fossilen Cephalopoden. Teil II, Palaeontographica, vol. 27, p. 78.

A un fort grossissement (7—500 diam.) et entre nicols croisés, la couche. externe se décompose en de nombreux petits individus de calcite de forme irrégulière et sans orientation définie. C’est à proprement parler une mosaïque et l’équivalent de la couche celluleuse dont parle M. CAYEUX 156 dans sa description du test de Nautilus (cf. PI. XIX, fig. 87).

La couche interne, à un grossissement de 265 diamètres environ, présente dans son épaisseur une succession de bandes alternativement plus sombres et plus claires, qui donnent à l’ensemble une vague allure lamelleuse. À un grossissement supérieur (7--500 dm), une de ces bandes m’a paru formée d’une mosaïque de petits cristaux masquée par des granulations de carbonate de calcium en forme de paillettes, droites ou ondulées en vermicelle ; c’est à l’accumulation et au tassement de ces paillettes que seraient dues les bandes plus sombres. Enfin, si l’on examine la texture au moyen d’un objectif à immersion, on voit se dessiner sur le tout, sans distinction de zones claires ou sombres, un réseau noir, assez flou et à mailles irrégulières qui peut être dû à la réfraction de la lumière transmise sur les bords des cristaux qui constituent la mosaïque du fond, mosaïque qui est masquée plus ou moiïns suivant les places par les granulations en forme de paillettes ou de vermicelle (cf. PL XIX, fig. 84 et les agrandissements 86 (lumière naturelle) et 87 (lumière polarisée).

C’est là, pour moi, la texture typique et normale de ces organismes. C’est celle que m’a fourni la section qui avait conservé intactes sa cloison et son goulot siphonal ; et c’est le cas le plus fréquent que m'’ait fourni, en lame mince, l’étude du naissain superposé au Rubané Notre- Dame.

2° cas. — Sections à test épais, homogène, et tout entier d’aspect hyalin.

Le test montre parfois une tendance accentuée à se dilaminer, à se réduire en multiples écailles (cf. PL. XX, fig. 88 et 90). A première vue, il semble qu’il n’y ait ici qu’une seule couche d’une certaine épaisseur et qui serait l’analogue de la couche interne décrite dans le premier cas. Mais un examen attentif de la limite extérieure de certaines coquilles m’a fait découvrir en certains points de sa surface une couche relativement mince, foncée et granuleuse, qui tranche par son aspect et par sa teinte sur la couche interne qui lui est sous-jacente (cf. PI. XX, fig. 90, la couche granuleuse, fine et plus foncée, qui limite extérieurement la coquille).

.. 156. CAYEUX L. — Introduction à l’étude pétrographique des roches sédimentaires., — p. 490 à 495.

Cette couche externe, qui est, en certains points seulement, bien conservée et bien individualisée, se distingue assez malaisément du calcaire granuleux de la matrice dont elle est séparée par une ligne foncée. À un grossissement de 500 diamètres et entre nicols croisés, elle m’a semblé constituée par une fine mosaïque de granules de carbonate de calcium. Au grossissement employé, cette mosaïque se distingue aisément de celle de la matrice dont le grain est plus grossier.

La couche interne, qu’elle soit d’une venue et homogène, ou de structure écailleuse et lamellaire, est hyaline et sans texture apparente en lumière naturelle, En lumière polarisée analysée, elle s’éclaire mal et donne l’impression d’une mosaïque dont les éléments ont pu, par places, s'orienter plus ou moins dans le sens radial (cf. PI. XX, fig. 91 en lumière naturelle et 92 en lumière polarisée analysée).

3° Cas :

Il existe enfin des sections dônt l’épaisseur se décompose en une série de zones alternativement hyalines et granuleuses en lumière naturelle. Entre nicols croisés, les zones granuleuses ne réagissent guère, comme c’est l’habitude. Quant aux zones hyalines, elles sont formées d'éléments de tailles diverses et irrégulièrement juxtaposés dont l’ensemble engendre une mosaïque de grains plus ou moins fins. Souvent, des lignes ou plages sombres parallèles à la surface jalonnent ces zones hyalines ; elles sont dues, selon moi, à un phénomène de réfraction provoqué par l’éclatement et la résolution en lamelles plus ou moins nombreuses et plus ou moins fines.

B. — Opinion de divers auteurs sur la microstructure et la microtexture des Céphalopodes.

1. — Tout ce que j’ai dit de la microstructure et de la microtexture de ces organismes ne coïncide pas absolument avec ce qu’en ont dit HYATT, ZITTEL et M. CAYEUX ; il y a néanmoins de nombreux points de rapprochement.

HYATT signale, chez le jeune Nautilus, l'existence de deux couches que j’ai indiquées : He

«La coquille du jeune Nautilus, au sommet du premier tour, se compose de deux couches : une couche interne, nacrée, et de structure imbriquée — et une couche de texture plus dense » 157. Suivent, concer-

157. « The shell of the young Nautilus, at the apex of the first whorl, consists of two layers, an imbricated internal nacreous layer, and a layer of denser texture». cf. HYATT A. — Fossil Cephalopods of the museum of comparative zoology. Embryology, Bull. of the Museum of comparative Zoology, Cambridge, 1872, vol. III, n° 5, p. 103.

nant la coquille, sa structure et son origine, de fort intéressants détails que la fossilisation a périmés et dont je n’ai pas, en conséquence, à tenir compte. Je ne retiendrai que ce fait général de la présence de deux couches dans les coquilles de Nautile, des Goniatites et des Ammonites.

ZITTEL 158, décrivant la coquille du Nautile, signale lui aussi l’existence de deux couches, l’une externe, opaque et porcelanée, l’autre interne et nacrée — la première composée de cellules calcaires, la seconde formée de minces lamelles parallèles, à striation transversale, fine et serrée, due à une texture prismatique.

L’auteur ajoute ce détail d'importance et qui confirme ce que j’ai dit plus haut (cf. III — Microstructure et microtexture de la coquille, 2° cas):

« On peut plus ou moins facilement retrouver les deux couches de la coquille du Nautilus chez tous les Tétrabranches fossiles. Il n’est pas rare que, chez ces derniers, la couche interne montre une tendance à se fendre en plusieurs lamelles » (p. 336).

Ce que M. CAYEUX 15? dit de la coquille du Nautile rappelle la description de ZITTEL : couche externe de texture celluleuse — couche interne formée de fines lamelles striées transversalement et engendrant un réseau orthogonal. L'auteur ajoute : « en aucun cas, je n’ai pu obser-

ver les caractères précédents, nettement exprimés chez les Nautiloïdes fossiles » (p. 491).

2. — Par contre, il y a une ressemblance frappante entre la texture de l’organisme carbonifère et la description que donne CARPENTER de la coquille du Nautilus pompilius ; il a signalé, chez cette espèce, deux couches, toutes deux « nettement celluleuses » 160,

Page 1