Variations intermédiaires
J’ai choisi à dessein les deux calcaires oolithiques dont je viens de faire brièvement la description ; j’en fais comme les deux chaïnons extrêmes de la série des calcaires oolithiques à structure entrecroisée, l’un ayant une matrice largement développée de calcite hyaline (calcaire oolithique grenu à structure entrecroisée, cf. PI. XXIII, fig. 109) — et l’autre une matrice à peu près inexistante (calcaire oolithique compact à structure entrecroisée, cf. PI. XXIII, fig. 110).
La compacité du sédiment par raréfaction de la matrice peut dépendre d’autres circonstances. C’est aïnsi que, dans les espaces laissés libres entre les oolithes, des éléments figurés de natures diverses peuvent se déposer, réduisant considérablement la matrice et transformant le sédiment en un calcaire d’aspect compact. Ces éléments figurés peuvent être des oolithes de petite taille, de menues gravelles, ou de fins grumeaux (cf. PI. XXIII, fig. 111) ; parfois, aux grumeaux et aux gravelles peut s’ajouter une certaine proportion de vase calcaire sous forme de calcaire granuleux. La compacité du sédiment peut résulter aussi de l'identité de nature et, par le fait même, d’aspect, de la matrice et des éléments figurés, tous deux pouvant être hyalins (cf. PI. XXIII, fig. 110) ou, au contraire, abondamment chargés de calcaire granuleux (cf. PL XXIII, fig. 111).
La calcite interstitielle est plus ou moins largement développée et plus ou moïns homogène. J’ai décrit sa manière d’être spéciale dans l’oolithe de Landelies, qu’il me suffise d’ajouter que, pour l'ordinaire, dans les sédiments du Carbonifère boulonnais, elle est réduite et de calcite en mosaïque ; ce qui n'empêche pas que, de-ci de-là, on constate que la calcite a pu s'orienter sur les fibres radiaires des croûtes oolithiques ou sur un fragment libre d’Echinoderme, matrice et fragment
formant un seul individu de calcite qui s’éclaire et s’éteint tout d’un coup.
B. —— Oolithes rubanées.
Les calcaires oolithiques rubanés sont essentiellement caractérisés par la présence, au sein du dépôt, de lignes plus ou moins épaisses, sortes de croûtes de même nature que les oolithes et divisant le sédiment en un certain nombre de rubans superposés (cf. PI. XXIITI, fig. 113 et 115). Les bancs rubanés sont nombreux dans le Calcaire carbonifère du Boulonnais, mais ceux qui ont un caractère oolithique franc sont localisés immédiatement sous la grande masse du « Calcaire Napoléon » (carrière Hénaux). On en trouve également un horizon dans le Viséen supérieur de la région de Namèche (parties oolithiques du niveau de la Grande Brèche, qui doivent correspondre à celles qui font le passage, dans le Boulonnais, du « Calcaire Lunel > au « Calcaire Napoléon ».