‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 75 sur 211 · DR A DS · texte numérisé non relu

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l'organisme boulonnais, si ressemblant d’allure générale et qui en est totalement dépourvu. Frappant est le fait établi par l’auteur, sur l’examen des matériaux qui ont servi à établir le genre et les espèces types, de leur présence locale et sporadique — deux caractères qui ne conviennent guère, me semble-t-il, à un système canaliculaire coenosarcal et font lever un doute sur l’origine, la nature et l’appartenance réelle à l’organisme en question. À première vue du reste, la photographie donnée par M. GARWOOD suggère l’hypothèse que les petits tubes si différents d’allure des gros tubes sont des touffes étrangères d’un organisihe tubulaire qui se serait développé sur Mitcheldeania, lui démandant, à tout le moins, un point d’appui.

IV. — QUELLE PLACE SYSTEMATIQUE CONVIENT-IL DE DONNER À CES ORGANISMES ?

A. — WETHERED et NICHOLSON faisaient de Mitcheldeania un Hydrozoaire appartenant à l’ordre des Hydroïdes ; ils rapprochaient cet organisme, le premier ® des Tubulariés (Hydractinides), le second °6 des Hydrocorallines. Ils y étaient amenés l’un et l’autre par le double système de tubes, tubes zooïdaux et tubes interstitiels, et par l’allure particulière des tubes interstitiels. Il suffit en effet de jeter un coup d’œil sur les figures À et C de NICHOLSON ® pour être tenté de rapprocher Mitcheldeania des Stromatoporoïdes.

M. GARWOOD & s’appuyant d’une part sur le fait de l’absence de pores muraux et de planchers, d’autre part sur le mode d’occurrence et la structure générale suggère de rapprocher Mitcheldeania de Solenopora et autres formes similaires et d’en faire des Algues calcaires,

B. — Cette assimilation me paraît justifiée ; et la note de BORNE- MANN sur les Algues en général et Zonotrichites en particulier ne fait que la confirmer. Cet organisme, dont HIRMER a dit qu’il rappelle étrangement Mitcheldeania « erinnert stark an Mitcheldeania » ®, me paraît identique et se confondre avec le genre anglais, en tenant compte de ce qui a été dit plus haut touchant les tubes de petit calibre : de part et d'autre, même structure d'ensemble, même allure de l’organisme dans ses débuts et dans la suite de son évolution, même aspect des tubes, .

95. WETHERED E. — Geol. Mag., 1886, Dec. III, vol. IL, p. 556.

96. NICHOLSON H. A. — Geol. Mag., 1888, Dec. III, vol. V, p. 19.

97. NICHOLSON H. A. — Geol. Mag., 1888, Dec. III, vol. V, p. 17, fig. 1. 98. GARWOOD E. J. — Geol. Mag., Dec. V, vol. X, p. 446.

99. HIRMER M. — Handbuch der Palacobotanik, 1927, Bd. I, p. 39.

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même mode de division. La seule différence, c’est que Mitcheldeania est marin, tandis que Zonotrichites serait d’eau douce mais les exemples ne sont pas rares de genres présentant des espèces d’eau douce et des espèces marines. S

N'ayant pas en main le matériel de comparaison, je me contenterai donc pour l'instant d’insinuer l’identité possible des genres Mitcheldeania et Zonotrichites ; et laisserai ouverte cette question ainsi que celle de la priorité. Il y aurait en effet plus d’inconvénients à tenter la fusion des deux genres sur des matériaux de comparaison insuffisants, qu’à laisser les deux genres subsister côte à côte.

C.— Le genre Mitcheldeania étant plus universellement connu et ayant été l’objet de nombreuses observations et communications, je rattacherai l'organisme boulonnais, décrit dans ce chapitre, au genre Mitcheldeania et j'en ferai l’espèce Mitcheldeania zonata.

Mitcheldeania zonata n. sp.

Algue calcaire globuleuse, dépourvue de pédoncule d’attache, et formée de tubes verticaux à direction divergente. Ces tubes se multiplient tous au même niveau par dichotomie ; ce caractère joint au fait que les tubes sont alternativement réduits et réguliers, élargis et variqueux, confère à l’ensemble de l’organisme un aspect zonaire très net qui est caractéristique. C’est surtout sur ce dernier caractère que repose la différenciation de cette espèce des espèces déjà connues et nommées.

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