‹ Les marbriers romains et le mobilier presbytéralChapitre 41 sur 96 · Ciampini: de Saoï's /Edifïciis, Rome · texte numérisé non relu

Ciampini: de Saoï's /Edifïciis, Rome

lequel il a pris soin de placer, apès son nom, les mots: qiiocl ipse fecit (qu'il fit lui-même) pour bien montrer que, s'il s'était fait aider dans l'exécution de cet ambon, il revendiquait pour lui seul l'honneur et le droit de s'en intituler l'auteur.

En dehors de Rome, on trouve le nom de Vassaletus inscrit sur une niche située à l'intérieur de la cathédrale de Viterbe. La baie carrée est entourée d'un encadrement en marbre blanc fait, semble-t-il, d'après le souvenir assez vague de quelque monument classique; deux colonnes engagées , cannelées en spirale , accompagnées de leur chapiteau, supportent un fronton et reposent sur un linteau ; les cannelures des colonnes, la frise de l'entablement ainsi que le linteau sont incrustés de mosaïques d'émail et d'or ; l'ouverture comprise entre les colonnes est fermée par un vantail en bois. Dans le tympan du fronton on lit :

S. OLEVM INFIRMORV.

Cette sorte d'armoire était donc destinée à recevoir les saintes huiles. Sur le linteau sont gravés les mots :

VASSALETVS ME FECIT.

Point de date, mais la simplicité des profils, le peu d'élévation des colonnes, le manque de légèreté de leurs cannelures, le défaut de proportion générale tendent à faire classer cette décoration parmi les œuvres de la jeunesse du célèbre mai'brier.

Siège épiscopal. — Cathédrale d'Anagni. — xuf siècle.

Le nom de Vassaletus se trouve également gravé sur l'ambon de l'église de Rocca di Botte. La cuve de cet ambon, ou plutôt, la tribune de ce pulpituni, est de forme rectangulaire, la face principale, beaucoup plus importante que les faces latérales, est protégée par un parapet élevé, composé de montants, de panneaux de marbre incrustés de mosaïques et de morceaux de porphyre; des colonnettes dégagées, cannelées en spirale, incrustées de mosaïques d'émail concourent à l'ornementation des façades et reposent sur des consoles en saillie ornées de têtes diverses ; une corniche sculptée d'une feuille répétée couronne le parapet en ressautant sur les colonnettes. Cette tribune est portée par quatre tronçons de colonne auxquels ont été adaptés des chapiteaux variés ; les bases reposent sur le dos de bétes aplaties du plus barbare aspect. Evidemment, colonnes, chapiteaux, socles, animaux, sont d'anciens matériaux utilisés par Vassaletus pour l'édification du nouveau pulpitum; les parapets seuls, avec leur belle décoration de sculpture et de mosaïque, peuvent lui être attribués. Mais, de même que la niche de Viterbe, cette œuvre est encore un peu lourde, incertaine, et, bien qu'elle ne soit pas datée, doit remonter aux débuts de l'artiste, alors que, jeune encore, il n'avait d'autre ambition que de suivre les traces de ses devanciers.

Il n'en est pas de même à la cathédrale d'Anagni, où, sous les auspices de l'évéque Landi, vers 12G3,

Vassaletus a signé le siège épiscopal et le candélabre pascal. Ici, Tariiste se montre dans la plénitude de son talent, avec toute la force et l'élégance qu'avait pu lui faire acquérir une carrière d'étude et de noble pratique.

La cathedra, simple banc de marbre à dossier circulaire, terminé par des pilastres droits incrustés de mosaïques, repose sur deux superbes lions couchés, dont la grande allure, les belles proportions, la fermeté de dessin et la franchise d'exécution, en rehaussent singulièrement la valeur et l'aspect. Pour tempérer ces formes un peu sévères et donner plus de richesse à l'ensemble, Vassaletus a orné le disque de marbre qui surmonte le dossier d'une belle étoile de mosaïque autour de laquelle se trouve gravée circulairement rinscription :

PRESVL.HONORANDVS.OPVS. HOC. DNI.

NOMINE.LANDVS;

et au dessous, sur le marbre du dossier:

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