VASALET DE ROMA ME FECIT
signature bien digne, dans sa brièveté, d'un marbrier romain fier de sa réputation et arrivé à l'apogée de sa gloire.
Le candélabre pascal n'a pas moins de mérite. Une colonne de marbre élancée, cannelée en spirale et
incrustée de mosaïque, avec une base délicatement moulurée porte sur le dos de deux sphynx couchés. Le nom : VAS- SALETVS, est gravé en beaux caractères sur la fece antérieure du socle.
Est-ce bien àVassaletus qu'il ftiut attribuer l'enfant placé au-dessus du chapiteau ? Certes , cette figure dénote beaucoup d'inexpérience dans la reproduction de la nature humaine, inhabileté en rapport, du reste, avec ce que nous savons des artistes de cette époque; cependant, cet enfant isolé, accroupi, levant les bras au-dessus de sa tète pour porter d'un geste élégant la vasque d'où s'élance le grand cierge, est une heureuse conception, bien digne de notre grand marbrier, si toutefois il n'en a pas puisé l'idée à quelque source antique. En tous cas, ce gracieux mouvement donne à l'ensemble un intérêt particulier et une singulière légèreté. Vassaletus a fait effort pour créer un meuble original, hors de pair, si on le compare à tous les candélabres avec base unie et chapiteaux à feuilles dont l'emploi était alors général.
On peut également attribuer à
Vassaletiis le bénitier placé près de la porte de l'église : c'est une vasque circulaire s'appuyant sur une colonne unique qui a pour base deux lions couchés. Le style et l'exécution ont un grand caractère de ressemblance avec ceux du candélabre ; mais il n'y a pas de signature.
L'œuvre la plus considérable exécutée à Rome dans les premières années du xiif siècle est sans contredit la reconstruction presque totale de la basilique de Saint- Laurent-hors-les-Murs \
A la suite de ces grands travaux, le pape Honorius 111 fit édifier le portique qui précède l'église. A peu près semblable aux portiques qu'Eugène III avait fait construire à Saint-Jean de Latran et à Sainte-Marie Majeure, celui-ci est formé de huit colonnes antiques en marbre blanc, de diamètres différents; six de ces colonnes sont cannelées en spirale, les deux autres, placées aux extrémités, sont lisses. Tous les chapiteaux, d'un style ionique assez pur, bien que trop chargés d'ornements, sont parfaitement semblables entre eux, ce qui serait déjà une preuve suffisante de leur exécution médiévale si la défectuosité de la sculpture ne faisait écarter toute pensée de leur attribuer une origine antique. Ces colonnes supportent un riche entablement dont la corniche est ornée de tètes de lions en haut relief réunies par des ornements courants avec fleurons et rosaces; la frise,