‹ Les marbriers romains et le mobilier presbytéralChapitre 69 sur 96 · CV PATRE CEPIT OPVS · texte numérisé non relu

CV PATRE CEPIT OPVS

Qp. SOL' PERFECIT IPE.

Vassaletus noble et savant dans l'art commença cet ouvrage avec son père et le termina seul.

Cette inscription prouve en outre, ce que nous avons précédemment indirpié, que le talent et les mérites de Vassaletus le lils surpassaient de beaucouj) ceux de son père, puisque les (jualificatifs élogieux de « noble et habile » ne s'ap])liquent qu'à lui seul, tandis que la personnalité de son collaborateur semble à dessin repoussée dans l'ombre. Petrus Bassaletus, qui travaillait et signait ainsi à l'église de Ferentino en 1185, devait être fort âgé en 1217 ou 1218, époque probable à laquelle Honorius III fit reprendre les travaux du Latran ; il est à croire qu'il mourut pendant le cours de ces travaux ; son fils, encore jeune, puisqu'il travaillait quarante ans plus tard à la cathédrale d'Anagni, fut alors chargé de les diriger et de leur donner une vigoureuse impulsion. Vassaletus s'acquitta de cette tâche à la satisfaction générale, cependant, malgré ses succès, ainsi que les termes de l'inscription en font foi, il ne se croyait pas encore le droit de prendre le titre de Magister, cette appellation honorifique n'accompagne son nom que plus tard ; mais nous savons qu'arrivé au

faîte de sa gloire, Vassaletiis, se dispensant de tout qualiticatif, signe avec une fièreté et une brièveté toute romaine le siège épiscopal d'Anagni des simples mots: Vassnlet de Roina.

Le délicat portique dont Honorius III avait orné le cloître du Latran était arrivé, après six cents ans d'existence, à un état de dégradation voisin de la ruine ; le coup d'œil était pittoresque, il se dégageait de ces vieux marbres un charme délicieux, mais l'examen était peu rassurant pour la conservation du gracieux et délicat monument. Une restauration générale s'imposait. Cette restitution nécessaire a été exécutée sous le pontificat de Léon XIII, en 1879, à la suite des grands changements opérés à l'abside de la basilique. En rendant au cloître son ancienne splendeur, elle a fait disparaître les traces de vétusté dont la nature, aidée par l'incurie des moines, s'était plue à orner les finesses de l'architecture. Les grands herres, les innombrables plantes parasites ont été arrachés et ne mêlent plus leurs pousses désordonnées aux fleurs des lauriers et des rosiers cultivés dans le préau. Tout en rendant justice au sentiment de conservation qui a fait disparaître ces verdures, je m'efforce d'écarter mes souvenirs pour ne pas regretter cette palette si puissante et si variée, s'alliant avec un bonheur extrême à la chaude coloration des marbres, à l'éclat tempéré des vieilles mosaïques, et formant une harmonie générale qui semblait augmenter encore la grâce et le mérite de l'édifice.

LES CLOITRES DE MARBRE (XIIP SIËCLE) 439

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