‹ Les marchands de miracles: histoire de la superstition humaineChapitre 12 sur 37 · DE L'HUMANITÉ · texte numérisé non relu

DE L'HUMANITÉ

À partir de 1453, nous marchons à pas de géants vers une transformation politique et sociale dans la vie des peuples.

En France, nous avons d'abord le règne de l'un des rois que les historiens ont généralement traité avec le plus d'injustice.

Nous voulons parler de Louis XI, ce roi unificateur qui a créé une nouvelle France et fait naître la nation à la vie politique, en s' appuyant sur le peuple pour gouverner.

Si l'histoire nous représente Louis XI comme un prince superstitieux et peu scrupuleux de sa parole, elle nous le montre aussi travaillant toujours pour la gloire et le bonheur de la France.

Sous le règne de son fils : Colomb découvre l'A-

tlî M.S MARCHANDS DE MIRACLES.

mérique ; des vaisseaux par milliers vont désonnais sillonner les ondes.

François I er , Charles Quint, Henri VIII, occupent la scène du inonde, au commencement dii xvi 6 siècle.

L'an 1517 voit se formuler la réforme par Luther et Calvin : Une querelle de moines, à propos du denier de saint Pierre, nous dit Bossuet, et la paix du monde fut à jamais troublée.

Les excès amènent toujours des excès contraires, et au protestantisme, l'Église oppose bientôt l'inquisition.

La double contagion de l'hérésie et du zèle persécuteur gagne la France, que les mœurs peu sévères de François I er et la frivolité de sa cour auraient dû en préserver.

Les rois et l'empereur protègent, selon les besoins de leur politique, tour à tour, les catholiques et les protestants.

Un schisme naît dans le schisme même, et les calvinistes et les luthériens s'observent en ennemis, au lieu de s'unir en frères.

Les sectes se multiplient à l'infini; chaque homme d'un peu d'imagination se fait l'apôtre d'une

école nouvelle Toutes leurs professions de foi se

ressemblent ;

« Mes frères, disent-ils, Dieu est notre père commun, Jesus-Christ fut envoyé sur la terre pour vous parler au nom de Dieu, puis il est remonté au ciel.

« Mes frères, nous sommes tous égaux. . . seulement après Dieu et Notre-Seigneur, je suis le premier des hommes, et vous devez m' obéir comme à Dieu luimême. »

Au milieu de toutes ces réformes, de ces nouvelles confessions, l'intolérance joue un grand rôle ; les cœurs s'aigrissent et, l'esprit dé parti aidant, nous arrivons fatalement aux persécutions et aux massacres.

C'est au xvi e siècle, sous le règne de S. M. Henri II et de Catherine de Médicis, que nous allons retrouver nos faux prophètes, nos empiriques et uos sorciers.

Les xvn e , xviii 6 et xix e siècles sont trop connus de tout le monde pour que nous ayons à nous étendre snr la physionomie générale de l'époque, ou sur l'aspect particulier des personnages au milieu desquels vont se mouvoir les modernes marchands de miracles : de Michel de Nostredame (Nostradamus), jusqu'aux spirites, médiums, illuminés et autres charlatans, qui exploitent leurs petits talents de

société, eu Tau de grâce mil huit cent soixante-quatre. Car nous serons forcé de constater que .

Si, dans les deux derniers siècles qui viennent de s'écouler, à la fondation de l'astronomie véritable, ont succédé les splendides résultats obtenus par des études sérieuses faites sur les sciences de la physique et de la chimie ;

Si l'histoire naturelle rationnelle a été admirablement commentée et expliquée ;

Si ces siècles peuvent inscrire en lettres d'or au Panthéon de l'humanité les noms glorieux des :

Galilée, Kepler, Huygens, Newton, Leibnitz, Franklin , Prtestley , Lavoisier , Bertholet , Laplace, Volta, Linné, Buffon, Cuvier, Jenner, Réaumur ;

Et cent autres savants, chercheurs, moralistes, qui nous ont guidés à la recherche du beau et du vrai ; Si, disons-nous, tous ces faits se sont accomplis, toutes ces lumières se sont répandues sur l'humanité ,il n'en est pasmoins tristement vrai, qu'à chaque époque, la nôtre comprise, l'on ait à combattre des hommes qui se servent du peu qu'ils savent, non pour chercher à éclairer les peuples , mais pour essayer de les ramener au triste temps où le fanatisme et l'ignorance régnaient en maîtres sur le monde.

Page 1